participant

Fondé en 1854 par Aloyse Meyer, le Domaine Josmeyer est dirigé actuellement Jean Meyer petit-fils du fondateur.
Jean Meyer et ses filles exploite un vignoble d’une superficie de 25 hectares autour de Wintzenheim près de Colmar, applique la charte de la culture raisonnée (Tyflo) et traitent la vigne dans un respect biologique sous l’influence marquante de Christophe Ehrahrt, son beau-fils.
En dehors de sa passion pour les vins, Jean Meyer est passionné par l’alchimie des vins et des mets, ainsi que dans le domaine de l’art, qu’il relaye sur ses étiquettes.
Partager ne fut-ce qu’une heure avec ce grand Monsieur à deviser de ces choses est un plaisir inoubliable.
La particularité du domaine est de proposer une gamme très large de vins avec les Grands Crus Hengst et Brand en chef de file, mais où tous les vins même. d’entrée de gamme s’avèrent passionnants, à l’image de du Riesling Les Pierrets.

Les terroirs

Herrenweg - Lieu-dit

Il s'agit d'un terroir alluvial du cône de déjection de la Fecht situé sur les bans de Wintzenheim et de Turckheim. Les alluvions sableuses sont riches en
argiles (22%) et dépourvues de calcaire. Ces sols alluviaux-siliceux affleurent la vigne et sont localement recouverts de dépôts ou de limon lœssique.

Warstein - Lieu-dit

Terroir à granite porphyroïde situé au Sud Ouest de Wintzenheim. Exposé à l'est, il s'agit du seul secteur viticole où affleure le socle des Vosges cristallines moyennes.
Partie intégrante du socle précambien de l'Europe moyenne, il est constitué de granite porphyroïde à biotite et de grands cristaux de feldspath.

Rotenberg – Lieu-dit

Le Rotenberg est situé sur le versant Nord du Grand Cru HENGST. Son sol est constitué du même substrat de calcaire oligocène et marnes tertiaires. Sa forte concentration en fer oxydé, lui donne une couleur rouge brique, à l'origine de son nom qui signifie « colline rouge ».

Hengst - Grand Cru

Ce coteau culmine à 360m et se situe sur des terrains jurassiques et oligocènes, qui forment la meilleure partie du vignoble. Essentiellement constitué de conglomérats calcaires oligocènes (14% de calcaire actif) et de marines interstratifiées de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur. Ces formations conglomératiques sont puissantes et laissent s'intercaler des marnes rouges, brunes, vertes ou beiges. Tous les intermédiaires existent entre les éléments grossiers et les sédiments fins. Le pH du sol est de l'ordre de 7,8 à 8,3. La roche mère est de couleur jaune orangée. Ce Grand Cru représente une surface délimitée de 53,02 Ha de vignes.

Brand - Grand Cru

Relativement abrité et exposé sud, ce terroir situé sur le ban de Turckheim est siliceux. En contrebas le Schneckelsbourg contient du calcaire (pH 8,4) et est plus riche en matières organiques. Terroir granitique à deux micas qui culmine à 343m. Le terroir siliceux, d'acidité moyenne (ph 5,8), riche en phosphate et
pauvre en potasse et magnésium, est moyennement fertile. Dans une petite dépression à l'ouest Steinglitz se situent des sols colluviaux sablo-limoneux plus profonds que sur les flancs. En contrebas le Schneckelsbourg contient du calcaire (pH 8,4) et est plus riche en matières organiques.

Les vins

Le but de la dégustation est de faire un large tour d’horizon des vins que
propose le domaine à l’exception des vins d’entrée de gamme

Les vins proposés en dégustation se déclinent selon 3 axes :

• La Série Artistes
• La Sélection Prestige
• Les Grands Crus

La Série « Artistes »

Le Riesling « Kottabe »
Le Pinot Gris « Fromenteau »
Le Gewürztraminer « Les Folastries »

Ces vins se situent entre la gamme d’entrée et la sélection « Prestige ». Souvent faits pour être bu sur le fruit, ils se présentent à travers le regard d'un artiste.
Jeune et impulsif, il vous emporte dans sa poésie, et vous invite à partager son intimité. D'une façon subtile le vin se transforme en œuvre d'art: peinture, sculpture ou musique.
Chacun de ces vins provient du Herrenweg du Turckheim.

La Sélection Prestige

Le Pinot Blanc « Les Lutins »
Le Riesling « Les Pierrets »
Le Pinot Gris « 1854 Fondation »
Le Gewürztraminer « Les Archenets »

Les vins de cette gamme sont de parcelles sélectionnées composés de jeunes ou vielles vignes selon. Le Riesling Les Pierrets, le Gewürztraminer « Les Archenets » et le Pinot Gris Fondation proviennent d'une sélection de parcelles sur des sols calcaires de Wettolsheim et du Herrenweg de Wintzenheim. Ce sont
des Vieilles Vignes. Les parcelles pour le riesling ont un caractère graveleux..

Pour le Pinot Blanc Les Lutins, cela dépend du millésime. Avant 2007, c'était également une sélection de parcelles. Pour le 2007, il s'agit de jeunes vignes sur le Rotenberg.

Grands Crus

Cette gamme parle d’elle-même. Elle est concentrée sur les Grands Cru Hengst et Brand. (voir plus haut)

La Dégustation

Les vins ont été carafés au moins une heure avant la dégustation et conservés au frais au environs de 8-9 °C. Ils n'ont pas été servis à l'aveugle.

Pinot Blanc Les Lutins 2007 (13,3 euros)


Le vin est jaune paille clair avec un nez bien ouvert à la fois avec des nuances fruitées (poire, coing) et de belles notes florales (thé, fleurs blanches). En bouche, le vin est plaisant, assez aromatique avec une légère impression de sucre résiduel et un peu d’alcool en finale qui s’avère assez longue sur le fruit. Globalement, on a affaire ici à un beau pinot blanc à boire plutôt qu’à attendre, et bien que discuté, qui a reçu pas mal de faveurs du groupe. (13,4/20)

Riesling Le Kottabé 2007 (12,50 euros)

Le vin est à nouveau jaune paille très clair avec un nez d’abord assez fermé qui s’ouvre ensuite sur des notes de pèche et de poire, un peu de floral (menthe, thé) et une pointe de douceur qui marque la jeunesse du vin. En bouche, le vin est relativement équilibré, avec une acidité assez moyenne, un peu d’alcool et d’amertume en finale. Certains dégustateurs lui reprochent un manque de volume, d’autres le trouve agréable pour un vin qui se veut de fruit. (13,3/20)

Riesling Le Kottabé 2006 (15,60 euros)

Le vin est jaune paille avec des notes dorées. Bien qu’assez fermé, le vin développe des aromes de fruits (citron, amande) ainsi que des notes de cire, puis évolue sur plus de minéralité.
L’attaque est assez citrique, mais le vin s’avère bien équilibré en bouche avec une belle finale sur le fruit sans amertume. C’est un vin agréable qui ne semble pas devoir encore être attendu. (13,6/20)

Riesling Les Pierrets 2004 (18,80 euros)

La robe est jaune-vert doré avec un nez plus complexe que ses prédécesseurs avec des notes de cire, florales (lilas), de thé et un peu de craie ; à l’oxydation la minéralité domine.
En bouche l’acidité assez fraiche, plutôt serrée soutient un bel équilibre. La finale est assez fine, sur le fruit, mais pour certains dégustateurs, ce vin fait un peu preuve d’austérité. Il semble toutefois à boire. (14,7)

Riesling Les Pierrets 2003 (18,30 euros)

Le vin se présente avec une robe plus dorée que ses prédécesseurs. Son nez paraît très fermé, voire passé. A l’agitation les agrumes jaunes et l’alcool montrent du nez mais cela reste difficile de trouver une trame définie
là-dedans.
Malgré une acidité agréable, le vin est déséquilibré sur l’alcool et asséchant en finale après avoir montré une pointe de sucrosité. Globalement, le vin reste assez discret. Ce commentaire est celui qui émane de la majorité du groupe.
Quelques dégustateurs, lui ont trouvé, au contraire, énormément de finesse, tant au nez qu’en bouche avec une très belle finale, ce qui fait qu’il faut conclure à une certaine controverse avec ce 2003. (13,1)

Riesling Les Pierrets 2002 (23 euros)

Le vin est jaune doré, d’embleé avec un nez plus évolué que ses prédécesseurs avec beaucoup de minéralité et des notes de camphre, de cire et de thé.
La bouche est équilibrée avec une attaque assez citrique sans être trop acide.
Le vin serait très beau s’il ne manquait un peu d’ampleur et s’il n’était pas marqué par une finale un peu diluée, mais, en général, il emporte un avis très positif dans le groupe. (14,5/20)

Riesling Les Pierrets 2001 (18 euros)

La robe est dorée assez pâle et le nez s’avère d’emblée plus intense, évolué avec des notes de caramel et globalement beaucoup de complexité. En bouche, l’acidité est très fine sur un très bel équilibre avec une dominance de fruit, un peu de lacté, une larme d’alcool et, à nouveau, ce côté caramel qui fait penser qu’une partie a peut-être fait une malo, ce qui tempère les faveurs du groupe. Globalement, ce vin n’est pas marqué par son millésime (acidité fine) et semble à nouveau devoir être consommé assez rapidement. (13,2/20)

Riesling GC Hengst 2005 (33 euros)

Le vin est jaune paille et le nez paraît très fermé à beaucoup d’entre nous. Il est peut-être servi un peu trop frais. Au réchauffement, on trouve des notes minérales (silex, camphre), florales (thé) et des fruits exotiques. La bouche est tout en finesse, avec beaucoup de retenue et une belle acidité loin d’être dominante. Certains opposent un manque de complexité à la finesse, mais tous les éléments semblent présents pour faire un grand vin, l’austérité du Hengst demandant probablement un peu de patience. (15,3/20)

Riesling GC Hengst 2004 (33 euros)

La robe est semblable au 2005 en tous points. Le nez est à nouveau assez sérieux, austère, avec des fruits blancs et un peu de terre qui transparaissent. Il est clairement prometteur mais encore très en devenir (ce qui n’est pas très conventionnel pour un 2004)
La bouche est construite sur la minéralité, avec un très bel équilibre. Bien que marquée par une certaine austérité (à nouveau), la longueur est parfaite et finalement, c’est ce vin qui rencontrera le plus de faveurs du groupe qui le trouvent très prometteur. (15,9/20)

Pinot Gris Fromenteau 2006 (13,90 euros)

Passage aux pinots gris et retour à un vin de fruit, plus simple qui fait craindre au groupe un effet de séquence. Et effectivement, c’set une robe très claire qui enrobe un vin au nez très désuet aux aromes floraux et de fruits
blancs. La bouche, bien qu’équilibrée parît soit fermée, soit diluée, un peu suave avec une amertume pratiquement inexistante (ce qui est assez positif). Dur, dur de juger tout cela objectivement, mais on souhaite ici un tremplin pour la suite… (13/20)

Pinot Gris 1854 Fondation 2002 (22,50 euros)

La robe est or-vert et le nez assez complexe sur des notes forales, d’agrumes et un peu minérales. En bouche, il y a un bel équilibre entre l’acidité et le fruit avec une minéralité à nouveau bien présente, mais le vin pèche un peu par son sucre résiduel et son amertume plus prononcée en finale. Si le vin est plaisant, son prix fait un peu réfléchir pour la matière proposée. (14/20)

Pinot Gris GC Hengst 2002 (27,90 euros)

D’une belle robe jaune clair brillante ce vin propose un nez un peu fermé mais très plaisant, légèrement mûr avec de belles notes fruitées de pèche et d’abricot. La bouche est bien construite avec une belle minéralité plus dense que ses cousins rieslings. Un peu d’alcool en finale modère l’unanimité du groupe, mais pour les 5 euros de différence avec le précédent, faites le saut ! (15/20)

Gewürztraminer Les Folastries 2005 (18,50 euros)

Le vin est jaune doré assez soutenu. Le nez est exubérant avec beaucoup d’épices et globalement assez variétal avec quelques notes d’orange et d’abricot. En bouche, l’alcool-glycerol et les aromes variétaux dominent, créant un déséquilibre qui fait de ce vin un gewürztraminer sans trop d’intérêt et qui ne cadre pas avec la réputation du domaine. Et le prix… aie ! (12/20)

Gewürztraminer Les Archenets 2000 (20,80 euros)

La robe est très évoluée at le nez pour le moins surprenant avec des notes végétales sans beaucoup de noblesse. La bouche confirme le drame avec de l’alcool, de l’amertume et du clou de girofle. L’acidité est absente. Ou bien ce vin est mort naturellement, ou bien et c’est plus probable il s’est pris au transport un beau coup de chaud qui l’a transformé en vermouth sans grâce. Espérons vraiment que c’est un accident. (10/20 par politesse)

Gewürztraminer GC Hengst 2002 (33 euros)

Le dernier vin allait-il redorer la face du gewürztraminer alsacien ? Oui, que diable !
Avec une robe jaune ambrée, le vin propose un nez très complexe, floral, avec des fruits blancs racés, des épices et une certaine rondeur qui lui laissent des traces de variétal..
La bouche se caractérise par un très bel équilibre avec une belle acidité, pas mal de fruit, sans présence d’alcool. La longueur est très belle, un peu sur l’amertume en finale. On aurait pu souhaiter plus de minéralité (14,2/20)

En conclusion, une dégustation assez inégale, voire décevante en fonction de mes précédentes expériences de ces vins, mais il m’est difficile de reprocher au groupe une forme de sévérité puisque les vins n’étaient pas servis à l’aveugle, tant les cotes attribuées faisaient l’unanimité. Les deux grands gagnants de la soirée sont les Hengst en général et le riesling les Pierrets, ce qui était assez attendu. Mais, en fin de soirée, certains gardaient la nostalgie de ce Pinot Blancs Les lutins que je trouve parfait pour l’apéritif, là, comme il est.

Un deuxième avis qui vaut son intérêt et qui se dégageait assez régulièrement est que ces vins sont construits pour la gastronomie (le péché de Jean Meyer) et qu’ils mériteraient tous (sauf l’avant-dernier) leur chance sur un plat exotique.