Le Sylvaner est comme le pain et l'eau sur la table quotidienne, une base fondamentale sans laquelle rien ne peut se construire, ni culture, ni vie, ni plaisir!
André Ostertag – 06/2009


1. Introduction

Ce dernier 25 avril s’est tenue une grande dégustation en Allemagne pour fêter les 350 ans du Sylvaner en Franconie et en Europe. De très vieux vins de Sylvaner, dont certains d’avant guerre, y ont été proposés à la dégustation. Certains viticulteurs alsaciens y étaient aussi présents.
Sur un ordre plus personnel, un sylvaner servi à l’aveugle en mise en bouche d’une dégustation chez moi en février a déchainé les louanges.
Ces deux évènements m’ont poussé à organiser une dégustation où on pourrait montrer ce cépage que j’apprécie énormément sous tous ses aspects, du moins en Alsace. Vous trouverez donc les commentaires de cette dégustation plus bas.
Pour tenter de documenter cette dégustation au mieux, j’ai aussi donné la parole aux viticulteurs concernés par celle-ci. Une grande majorité de ceux-ci y ont participé. Vous trouverez leurs réactions à mes questions après quelques généralités et rappels sur le Sylvaner.

2. Généralités

Le Sylvaner, appelé aussi Silvaner ou Vert Silvaner, est un cépage blanc peu considéré.
Il provient d'Autriche et se serait répandu dans toute l’Europe Centrale jusqu’en Russie, Australie et Californie. La Transylvanie est parfois considérée comme la patrie de ce cépage du fait même de son étymologie. Il est actuellement cultivé principalement en Allemagne, en Autriche, en Suisse ou en Alsace, où son introduction remonte à seulement 2 siècles.
D’après des livres anciens sur l’œnologie (1932 – Source A. Bursin), il était très répandu en Alsace au début du 20e siècle, surtout dans le Bas-Rhin. Il était, à cette époque, principalement servi dans de nombreux bistrots comme blanc de table, léger, gouleyant, facile à boire et bon marché.
L’expression du Sylvaner est liée au terroir et de la nature du terrain. Sur des sols argileux, il devient souvent neutre, en revanche il réussit particulièrement dans les terrains légers, sablonneux et caillouteux. Dans certains terroirs, il produit des vins d’une très grande finesse.
Le Sylvaner est un cépage qui assure une production régulière. Ses bois sont sensibles aux gelées d'hiver et les bourgeons sont fragiles face aux gelées de printemps. Peu sensible aux maladies, il s’avère toutefois fragile face à l'oïdium et, dans une moindre mesure, face au mildiou et à la pourriture grise. Cépage vigoureux, il demande peu de travail en été et est assez productif. Conformément à l'ordonnance de 1945 qui définit les conditions de production de l'AOC "Alsace", une partie importante de sa production est utilisée en assemblage, notamment avec le pinot blanc, sous la dénomination "Edelzwicker".
A noter encore qu’il existe une variété de Sylvaner à baies rouges extrêmement peu cultivée et dont la vinification en rouge est totalement interdite.

3. Petite histoire récente du Sylvaner en Alsace

Premier cépage d'Alsace il y a à peine 40 ans, le sylvaner n'a cessé depuis de voir sa cote de popularité baisser, au point de ne représenter aujourd'hui qu'un peu moins de 10% de la production alsacienne.

La date du 20 novembre 1975 marque un tournant dans l’histoire de ce cépage. Le législateur désigne alors les riesling, pinot gris, gewurztraminer et muscat comme les seuls cépages à pouvoir bénéficier de l'appellation AOC Alsace Grand Cru.
Bénéficier de cette appellation qualitative a logiquement conduit les vignerons à favoriser ces cépages dits désormais « nobles » au détriment des autres.
Le sylvaner et le chasselas sont alors devenus souvent les vilains petits canards et des campagnes d'arrachage se sont succédé pour éliminer ces nouveaux indésirables.
Presque toute l'Alsace a suivi le mouvement. Sauf quelques irréductibles dont un groupe plus particulièrement situé à et aux alentours du village de Mittelbergheim en Bas-Rhin.
Contre vents et marées, les vignerons y ont poursuivi la promotion du sylvaner sur des terroirs qu’ils considéraient comme les mieux adaptés dont le Zotzenberg.
Bien que l’alliance du sylvaner et du Zotzenberg soit reconnue depuis des lustres, elle a de fait été exclue par les textes régissant les conditions de l'appellation Grand Cru, lorsque celle-ci s'est appliquée aux 36 hectares de ce lieu-dit. Une erreur historique qui a conduit certains vignerons à se mettre donc en résistance face à l'INAO. Parmi eux, Albert Seltz s'est retrouvé au tribunal il y a quelques années après un contrôle pour avoir mentionné " Sylvaner Zotzenberg " sur ses étiquettes. Cette affaire aura toutefois de mettre en valeur l’oubli de cette réalité œnologique par la loi et de faire évoluer la cause du Zotzenberg chez ses confrères.
L’aboutissement de cette lutte fut l’obtention de l'appellation Grand Cru Zotzenberg pour le sylvaner à partir du 21 mars 2005.
Cet évènement a un second souffle au sylvaner, et pas seulement à Mittelbergheim. Des vignerons, ici ou là, inspirés par cette reconnaissance, ont reconsidéré leur jugement sur ce cépage, en lui apportant des soins qu'ils ne lui avaient jamais réservés auparavant.
Il faut aussi reconnaître que certains viticulteurs n'avaient pas attendu 21 mars 2005 pour s'intéresser au sylvaner …. Seppi Landmann, René Muré, Agathe Bursin et d’autres ont énormément contribué à son développement sur les pentes du Zinnkoepflé et les terroirs voisins dans le sud de l’Alsace viticole. Seppi produit même lorsque les conditions le permettent, du sylvaner en vin de glace.
Etienne Simonis, à Ammerschwihr, a expérimenté la surmaturation sur ce cépage depuis une petite dizaine d'années. Paul Blanck et André Ostertag, enfin, se sont distingués très souvent avec leurs Sylvaner vieilles vignes.
Ces exemples démontrent que le cépage est en passe de retrouver une seconde jeunesse…

4. Ampélographie

La feuille est orbiculaire, unie ou légèrement bullée avec des dents ogivales et larges.
La grappe est moyenne, cylindrique ou cylindro-conique, compacte.
Les raisins, à grains moyens, sont serrés et d’une couleur verte caractéristique à maturité. Ils sont ponctués de points bruns, devenant jaune doré, à la bonne exposition.
La peau est assez épaisse, d’une saveur neutre, un peu acidulée.

5. Caractéristiques de la dégustation

La robe est claire, avec des reflets verts, soulignant ainsi sa fraîcheur caractéristique.
Le nez est souvent frais et léger. La bouche est franche et agréable, construite autour d’une fraîcheur désaltérante.

Le Sylvaner présente un registre aromatique varié et complexe :
- nuances végétales, verdure, herbes coupées, foin, herbes aromatiques, fougère, sureau …
- nuances florales, fleurs blanches, acacia, violette, chèvrefeuille…
- fruits secs et confits, raisin sec, figue sèche, abricot sec, botrytis…
- fruits frais, fruits en compote, poire, coing, pêche, agrumes…
- épicé, cannelle…

6. Accords mets-vins

Le sylvaner accompagne avec légèreté et délicatesse tous les coquillages (huîtres, coques, palourdes, etc.) mais aussi les poissons et les charcuteries. C’est aussi un délicieux vin d’apéritif, particulièrement en été

Parmi les plats à conseiller :

Aiguillettes de magret
Andouillette à la moutarde
Andouillette de sandre au beurre d'écrevisses
Choucroute Alsacienne
Croustade de pommes de terre
Escargots à l'Alsacienne
Escargots de Bourgogne en Nage persillée
Flammekueche Lapin à l'espagnole
Pâté de tête
Poulet au curry
Quiches
Soupe et tarte au chou
Vosgien Gourmand

7. Questions aux vigneron(nes)

« Pouvez-vous me décrire ce que représente le sylvaner pour vous ?»

Agathe Bursin : Le jour où vous aurez croqué dans une belle grappe dorée et juteuse de ce sublime cépage qu'est le Sylvaner, vous comprendrez pourquoi je l'aime tant. Il évoque tant de choses que l'on attend d'un vin.
Gouleyant, fruité, charnu, racé. Mais faut-il encore l'apprécier à sa juste valeur en découvrant ses différentes facettes qu'il n'est pas toujours évident de déceler. L'exercice est aussi difficile que de comprendre la plante, elle même. Pourquoi, se fait-elle autant attendre au débourrement? Ce retard à la sortie de la phase de dormance sera vite compensé par la masse d'inflorescences qui s'y exprime. Et gare à ceux qui se veulent trop gourmands: une récolte trop abondante ne donnera beau résultat. C'est pourquoi, le sylvaner demande une grande attention et du coup ... on s'y attache ... énormément.

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Agathe Bursin

Seppi Landmann : Le sylvaner représente pour moi avant tout un souvenir d’enfance. Le Zinnkoepflé était alors planté à 60% de Gewürztraminer et 30% de Sylvaners cultivé alors avec des rendements élevés.
Suite à législation de 1975, la grande majorité des vignerons se sont mis à arracher leurs Sylvaners pour les remplacer par les « cépages nobles » Riesling et Pinot Gris.
Bien que personne n’ait voulu croire avant 75 au potentiel du Riesling sur le Zinnkoepflé, l’accumulation de médailles au meilleurs Rieslings du monde pour ce terroir augmenta encore le mouvement d’arrachage.
De mon côté, en revenant de Bourgogne, j’ai rencontré Oscar Muré qui m’a un jour ouvert une bouteille de 1945… Elle était fantastique et, dès lors, mon intérêt fut avivé et j’ai voulu mener des expériences sur ce cépage, la première étant de les travailler avec des rendements faibles, la seconde étant de les produire en VT.
C’est ainsi qu’en 1992 la première cuvée Hors la Loi (VT) fut produite et puis parallèlement, une nuit, Bacchus me suggéra la cuvée Z qui équivaut à un Grand Cru sur le Zinnkoepflé.
Ces deux cuvées sont aujourd’hui parmi les symboles de mon exploitation.
Le drame, c’est que pour rivaliser avec des cépages comme le Riesling que l’on peut travailler facilement à 60hl/ha en proposant de bons vins, il faut travailler le Sylvaner à 30hl/ha, ce qui n’intéresse pas tout le monde…mais à ces rendements, le Sylvaner rivalise avec les plus grands cépages.

Etienne Loew : Il représente les origines et l'histoire de la viticulture alsacienne d'où notre cuvée "Racine de sylvaner". Il est pour nous également un vrai cépage et non un sous cépage d'où notre cuvée "sylvaner vérité".

Patrick Meyer : Avec le riesling un des meilleurs medias du terroir.

Guillaume Mochel : Le Sylvaner représente un vin léger et frais; facile à boire et d'une expression fruitée fine et peu exubérante. Il symbolise également une époque où le vin était consommé, bu !
Aujourd'hui forcément, ce n'est plus (ou moins) le cas...

André Ostertag : C'est comme le pain et l'eau sur la table quotidienne, une base fondamentale sans laquelle rien ne peut se construire, ni culture, ni vie, ni plaisir!

Jean-Pierre Rietsch : Le sylvaner fait partie des plus anciennes variétés européennes. Il a été malmené au cours de son histoire pourtant il faut le considérer à sa juste valeur car il possède tout le potentiel des grands cépages blancs. Il donne le meilleur de lui-même lorsqu’il y a une vraie adéquation entre un climat favorable, un terroir adapté, des rendements maîtrisés et un vigneron expérimenté…
Actuellement sa cote de popularité est légèrement en hausse. Les vins en vrac vendus à un prix moyen de 1.45 € hors taxe le litre, indiquent de manière significative que les consommateurs apprécient et redécouvrent ce cépage traditionnel. La mercuriale des vins d’Alsace à la propriété ( période du 16/03/09 au 15/04/09 ) indique aussi un prix moyen de 1.28 € pour l’Edelzwicker, 1.73 € pour le Pinot Blanc, 1.87 € pour le Riesling, 2.41 € pour le Pinot Gris et 2.68 € pour le Gewurztraminer. Le Pinot Noir se négocie à 2.34 €/L. Ces chiffres sont révélateurs de la demande des marchés pour des vins destinés aux ventes de grandes surfaces.
Le Sylvaner est connu comme un vin simple, frais, fluide, vineux et franc. Quand le terroir apporte sa richesse , le vin révèle un corps structuré, ample, puissant, corsé et massif, défini par une amertume, une acidité minérale et une salinité caractéristiques… Les Sylvaner du Zotzenberg paraissent souvent austères dans leur jeunesse mais ils développent leur bouquet et s’épanouissent pendant de longues années en conservant fraîcheur et persistance.

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Jean-Pierre Rietsch

« Quelle est son histoire dans votre domaine ?»

Agathe Bursin : Concernant l'historique dans mon domaine, il n'est pas difficile de deviner que notre famille l'a toujours pris au sérieux et que mon attachement pour ce cépage, je l'ai bel et bien hérité de quelqu'un (de mes aïeux) !!! Il est fabuleux tout seul mais il a également sa place dans les vins d'assemblage. Et tous vignerons qui le respectent (comme dans la région de Mittelbergheim) peuvent être considérés comme de bons vignerons, respectueux de leur métier, de la plante qu'ils chérissent et qu'ils soignent durant toute l'année.

Etienne Loew : J’ai repris en 1996 le domaine et la tradition viticole de ses ancêtres. Plein de passion et de projets j’ai toujours été soucieux de conserver le meilleur des legs du passé. Dans cette optique, mon premier objectif a été la réhabilitation du Sylvaner, vin décrié et méconnu, qui trouve à Westhoffen un lieu de prédilection avec des vignes entre 25 et 65 ans.

Patrick Meyer : Le sylvaner a été autrefois majoritaire dans notre région et le domaine a conservé ses plus vieilles vignes qui représentent à ce jour près de 20% de notre encépagement.

Guillaume Mochel : Le Sylvaner était très présent sur le Domaine par le passé, un peu moins aujourd'hui, vu que nous avons arraché la dernière parcelle en 2006.

André Ostertag : Présent de tous temps et surtout présent sur la table familiale aussi longtemps que je puisse me souvenir, le Sylvaner représente le vin au quotidien et la base de mon travail de vigneron car c'est une porte d'entrée formidable aux vins du domaine.

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André Ostertag


Jean-Pierre Rietsch : A Mittelbergheim, le Sylvaner est indissociable de l’identité du Zotzenberg. Au début du 20ème siècle, le Zotzenberg - et de toute évidence le Sylvaner, était réputé dans les « Winstub » strasbourgeoises et connu par-delà nos frontières. Les vignerons le chérissent comme faisant partie de leur patrimoine !

« Le sylvaner a-t-il eu plus ou moins de présence (toujours au niveau de la région et du domaine) aujourd’hui que dans le passé, etc... ? »

Seppi Landmann : Le Sylvaner, dans l’histoire de l’Alsace était le cépage le plus planté et a abreuvé de nombreux zincs pendant des décades. Plus particulièrement chez nous, le pourcentage de Sylvaners était si élevé que l’INAO ne classera le Vorbourg et le Zinnkoepflé Grands Crus qu’en 1994. Cette attente provoqua un arrachage encore plus massif des Sylvaners sur ces terroirs où seuls notre domaine et les domaines Muré et Frick gardèrent leurs vignes. Aujourd’hui, Agathe m’a rejoint sur le Zinnkoepflé.

Etienne Loew : Au niveau régional la surface a été divisée par deux en 15 ans. Elle passera certainement sous les 7% dans les cinq prochaines années. Au domaine nous possédons 8% de sylvaner et cela grâce à la reprise depuis l'automne de 20 ares de sylvaner planté en 1961.

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Etienne Loew

Véronique Muré : Sur le secteur de Rouffach, le sylvaner était plus cultivé autrefois

André Ostertag : Au niveau de la région en nette régression, le CIVA pourra vous communiquer les chiffres excactes,au niveau du domaine il a progressé car nous sommes passés d'un peu plus de 1 ha à 2 ha les 15 dernières années, la plus jeune vigne a une trentaine d'années et les plus vieilles ont près de 70 ans!

Jean-Pierre Rietsch : Sur notre domaine, le Sylvaner représente 11% de notre surface en production, soit 1,31 Ha, dont 41 ares en appellation Grand Cru. Il y a dix ans il représentait 20 % de notre encépagement. Nous avons remplacé certaines parcelles par du Pinot Noir, du Pinot Gris et du Riesling. Aujourd’hui nous conservons précieusement nos vieilles vignes de Sylvaner.

« Pourquoi ce cépage est-il donc si peu considéré alors que certains louent sa qualité? »

Agathe Bursin : Par suite de sa faible croissance, la plantation de cette variété était en constante régression dans la viticulture alsacienne, mais depuis l'introduction du greffage (c.à.d. depuis la crise du phylloxera), son importance va en augmentant, car le vin est ''pétillant et remarquable par sa fraîcheur''. Il est très estimé en Alsace comme vin de table mais il manque souvent de bouquet. Mais dans de bonnes situations et dans les années favorables, lorsque les ceps ne sont pas chargés, le sylvaner peut égaler en qualité les grands vins ! En Allemagne, il est par ailleurs fort apprécié.

Patrick Meyer : c’est le cépage le plus sensible aux engrais qui peu monter facilement au-delà de 100 hl /ha.Aucun cépage ne supporte ces niveaux de production pour faire des vins de qualité. C’est le cépage par excellence qui demande un juste équilibre du sol pour exprimer son caractère.

Guillaume Mochel : Lors d'une dégustation, les clients apprécient le sylvaner pour sa
simplicité... viennent ensuite le riesling et enfin gewurz... Finalement le souvenir du sylvaner est assez lointain et il ne subsiste que peu d'ambition pour ce cépage.

Véronique Muré : Il est souvent cultivé sur des sols peu qualitatifs et avec beaucoup de rendement

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La famille Muré

André Ostertag : Parce qu'à une époque pas très lointaine on s'est mis à faire une distinction tout à fait arbitraire entre les cépages dit noble retenus pour la production de GC et de VT/SGN et de cépages non-dit mais pensé roturier dont le Sylvaner a fait partie.Il faut tout de même dire que ce cépage est de nature productive et pas compliqué à cultiver ce qui évidemment a laissé porte ouverte à tous les débordements productifs dont je vous laisse aisément imaginer les cimes himalayennes que les talents de l' Alsace productiviste savent atteindre.Sans parler de la médiocrité étalée dans les vinifs et l'absence d'ambition marketing qui n'ont jamais permis à ce cépage de se sortir des bas-fonds où il était englué il ya encore peu...

Jean-Pierre Rietsch : S’il est peu considéré par certains, c’est parce que l’Alsace a produit trop de Sylvaner de piètre qualité. C’est un cépage productif capable du meilleur et du pire. Les viticulteurs alsaciens n’ont pas hésité à le planter en bas de coteau et en plaine pour profiter des ses rendements réguliers et généreux.
D’importants volumes se vendaient en vrac, au négoce, souvent pour être assemblés dans un Edelzwicker. Les vignerons étaient mal rémunérés. Il fut un temps où le cours du Sylvaner se négociait à moins d’un euro du litre hors taxe et couvrait à peine les coûts de production. Durant la dernière décennie, de nombreuses parcelles furent arrachées pour être progressivement remplacées par d’autres cépages jugés plus rentables.

« Pensez vous que l’appellation GC Zotzenberg cru peut tirer cet intérêt vers le haut et motiver d’autres vignerons à donner une place plus importante à ce cépage »

Guillaume Mochel : Le sylvaner, à l'origine est un vin sec et léger. Plusieurs collègues le
vinifient en faisant des vins plus structurés à petits rendements, en surmaturité, par exemple... Certes, cela fait parler du cépage, mais pas dans son style originel !

Patrick Meyer, Véronique Muré, André Ostertag : OUI, sans aucun doute

Seppi Landmann : A l’exception du Zotzenberg lui-même, je ne pense pas, non. Pourquoi les vignerons se battraient à produire du Sylvaner à 30 hectos alors que le Riesling à 60 hectos, c’est si facile…

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Seppi Landmann

« Quel type de sol correspond le mieux à ce cépage ? »

Agathe Bursin : les terroirs d'élection du ''Silvaner'' en Allemagne correspondent à des formations géologiques particulières (Muschelkalk et surtout Keuper) que l'on retrouve en Alsace ... et au Zinnkoepflé!!

Seppi Landmann : Les sols calcaires réussissent bien au cépage ainsi que ceux qui sont favorables au Pinot Gris.

Etienne Loew : Notre domaine possède tous ses sylvaners sur des marnes vertes. Nous possédions également des sylvaners sur des sols moins riches et moins profonds de type grès et Muschelkalk. Par expérience cela me semble moins intéressant.

Patrick Meyer : Tous types de sol , à partir du moment ou les sols sont travaillés convenablement dans un paysage de qualité ( pas en plaine )

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Patrick Meyer

Véronique Muré : argilo-calcaire ou calcaro-gréseux

André Ostertag : Des sols avec entre autre de l'argile car d'expression assez chétive il a besoin de nutriments au contraire du riesling qui pour être grand doit être ascète!

« Ce cépage est-il de maturation plutôt hâtive ou tardive ? »

Seppi Landmann : Il est plutôt tardif, du moins si on désire en faire de grandes choses…

Etienne Loew : Le Sylvaner a mauvaise presse parce qu'il est dit "tardif", "producteur de masse".... Dans les années 30-40 il faisait partie des cépages "nobles" en alsace. Il est devenu tardif et productif avec l'arrivée des engrais et du désherbage chimique. Le sylvaner de "sélection clonale" maintenu à une vigueur faible à moyenne n'est pas forcement productif. De plus un ébourgeonnage et la vendange en vert peuvent y remédier.

Patrick Meyer : Pour obtenir un équilibre dans la maturité, elle sera plutôt moyenne.

Véronique Muré : plutôt tardif (mais le Clos St-Landelin est précoce sur tous les cépages)

André Ostertag : Maturation moyenne après tout dépend de ce qu'on veut en faire!

« Ce cépage est-il un bon vecteur pour un vin de terroir ? »

Agathe Bursin : Dans certains terroirs, il produit des vins d'une très grande finesse ... et de grande garde. On peut donc dire que ce cépage est un bon vecteur pour décrire la noblesse d'un terroir.( il ne tolère pas de ''moyen'' ou ''petit'' terroir car un terroir riche en argile donnera un vin aromatiquement neutre).

Seppi Landmann : A tout petits rendements, le Sylvaner exprime splendidement le terroir, dès que l’on monte ceux-ci, le variétal domine.

Etienne Loew : Le sylvaner peut produire des vins de terroir. Le "Sylvaner Zotzenberg" ou mes "vérité de sylvaner" sont bien des vins marqués par le terroir. Je pense même que le Sylvaner marque mieux le terroir que parfois le pinot gris.

Véronique Muré : Oui

André Ostertag : Pas aussi parfaitement que le Riesling mais pas moins que le gewurz ou le muscat.

Jean-Pierre Rietsch : Pour ma part le Sylvaner est un excellent vecteur pour exprimer sobrement l’identité d’un terroir. Les crus issus des vieilles vignes révèlent pleinement toute la richesse minérale du sol sur lequel ils sont nés.

« Le Sylvaner est-il taillé pour la garde ? »

Seppi Landmann : Oui, bien sûr, mon anecdote avec Oscar Muré en est un témoin (voir plus haut) à condition que les rendements faibles soient respectés.

Etienne Loew : Tout à fait, le sylvaner est taillé pour la garde. Actuellement mes "vérité de sylvaner" 97 et 98 sont encore très jeunes et pourront encore vieillir.

Patrick Meyer : Tous les vins de beaux terroirs devraient être taillés pour la garde ; ce n’est pas un problème d’origine mais de travail de vigneron.

Véronique Muré : oui, si il est issu de grands terroirs et cultivé avec de faibles rendements

André Ostertag : Sans aucun doute si le rendement ne dilue pas sa minéralité, d'ailleurs très vieux il prend des allures de Pinot Gris avec sa dimension fumée. Mais personnellement je le préfère jeune, frais et vif ; c'est là que pour moi il est vraiment unique.

" Convient-il aussi bien aux assemblages que pris seul" ?

Seppi Landmann : Je ne vois pas l’intérêt de gâcher un beau sylvaner dans un assemblage…

Etienne Loew : Je pense que le sylvaner perd son âme dans un assemblage. Trop de subtilité et de finesse.

Patrick Meyer : Certainement ; mais je préfère laisser en monocépage les beaux terroirs et assembler les autres qui portent les assemblages par leurs amertumes paysanne.

Véronique Muré : Pas d’opinion

André Ostertag : No comment, je ne fais pas partie des mélangeurs.

8. Dégustation

8.1 Date

1ère série de 19 vins le mercredi 27 mai à Wezembeek-Oppem (Banlieue Bruxelloise)
2e série de 19 vins le mercredi 17 juin à Wezembeek-Oppem (Banlieue Bruxelloise)

8.2 Dégustateurs (1 = 1ère série ; 2 = 2e série)

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La 1ère session a réuni 20 dégustateurs, la seconde, 13.

1. Patrick Böttcher (1+2)
2. Luc Javaux (1+2)
3. Alfonso Di Pasquale (1)
4. Didier Dupont (DidierD) (1+2)
5. Bernard Arnould (2)
6. Xavier Erken (2)
7. Bart De Corte (1)
8. Philippe Haid (1)
9. Olivier Mottard (1)
10. Jef Heering (22degrés) (1)
11. Pierre Krier (Peterka) (1+2)
12. Patrick Decaigny (2)
13. Michel Brosteaux (2)
14. Marc Lotin (LPV (hedoniste) (1)
15. Frank Van den Bulke (fvdb) (1)
16. Jehan Delbruyere (Jehan) (1)
17. Marianne Paesmans (1+2)
18. John Villmer (1)
19. Marie-Thérèse Jorion (1)
20. Jacques Gorissen (1)
21. Edward Peeters-Dickie (1+2)
22. Laurent Attout (1+2)
23. Frederic Goffard (1)
24. Herbert Hansen (HerbertH) (1+2)
25. Vincent Lagneaux (Lagvin) (1)

8.3 Commentaires

Tous les vins ont été servis à l’aveugle, à raison de 2 bouteilles/vin/session et cela par groupes de 2, 3 ou 4, selon la nécessité.
Les bouteilles ont été ouvertes 4 heures avant la dégustation, testées pour le bouchon, puis recolmatées par un fin film extensible de paraffine (Parafilm) afin d’éviter la contagion d’odeurs indigènes liées au frigo à 6°C où elles furent entreposées avant la dégustation
Bien que servis d’une traite, les vins ont été divisés en trois catégories en fonction de leur identité théorique aux classes suivantes afin de ne pas trop prêter à confusion dans cette dégustation à faces multiples :
• Vins à tendance variétale
• Vins secs et légèrement doux ayant tendance à exprimer le terroir
• Vins moelleux et liquoreux

Pour chaque vin sont donnés le classement par catégorie (ordre de lecture), le prix d'achat, les appréciations sur 20 qui sont la moyenne du groupe et qui sont complétées de l'écart moyen qui permet de voir si le vin a fait unanimité ou non.
A la fin du commentaire, afin de donner une petite touche perso, je donne mon appréciation générale de Génial à... Pas Bon.

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8.3.1 Vins à tendance variétale

1er : Dom. André Boxler 2007 (Niedermorschwhir, Haut-Rhin) ; 6 € ; 13.5/20 (+/-0.6)

Le nez est assez intense et nécessite un peu plus d’agitation que d’autres vins de sa catégorie pour s’exprimer. Toutefois la complexité s’affirme un peu plus à l’aération avec des notes florales, citriques et de fruits secs. En bouche, on retrouve aussi plus d’équilibre avec une acidité tendue mais pas excessive, des fruits gras et une assez belle longueur de bouche. Un peu de sucre résiduel perturbe cependant et on n’atteint tout de même pas des galaxies de complexité. Mais, à nouveau, est-ce le but ? On a surtout tendance à penser qu’à 6 euros, c’st un beau coup pour découvrir le cépage. Bien

2e : Dom. Schueller 2005 (Husseren, Haut-Rhin) ; 7 € ; 12.5/20 (+/-1.3)

A nouveau une robe un tantinet plus jaune que le jaune-vert clair habituel. Au nez, cela s’avère étonnant, complexe, intense avec des aromes qui rappellent le minéral (silex, pierre à fusil), un peu de floral et d’agrumes. Il semble toutefois assez réduit et cela perturbe pas mal de dégustateurs dont certains y reconnaissent le style de la maison. En bouche, c’est assez équilibré assez pur, avec une acidité nettement moins marquée, une assez belle longueur mais le vin paraît ici beaucoup trop influencé par son géniteur, déjà, probablement par la quasi-absence de soufre. En tous cas, il est très controversé (écart moyen de 1.3). Assez Bien

3e : Dom. Schueller 2007 (Husseren-les-Châteaux, Haut-Rhin) ; 8,8 € ; 12/20 (+/-1.5)

On retrouve, comme pour le 2005, une robe un peu plus foncée tirant vers le doré. Le nez est très évolué, complexe avec une pointe de volatile, mais aussi pas mal d’agrumes murs et un peu de balsamique.
La bouche est bien équilibrée entre l’acidité, tendue, et les fruits (abricots, raisins secs) ainsi qu’une belle salinité. Belle longueur aussi, sur la fraicheur. Bien

4e : Cave de Ribeauvillé Cuvée Prestige 2007 (Ribeauvillé, Haut-Rhin) ; 4 € ; 11.8/20 (+/- 1.1)

La robe est vert clair très pâle et le nez moyennement intense. On y retrouve des aromes de citron vert, des notes florales un peu de notes beurrées et une pointe de verdeur, mais globalement cela reste très frais. La bouche est plus intense, avec une acidité marquée et des aromes fruités plus marqués accompagnés de notes salines, surtout sur la finale. Sans être complexe, c’est très plaisant. Lui en demande-t-on plus ? Bien

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5e : Dom. Louis Sipp 2007 (Ribeauvillé, Haut-Rhin) ; 5 € ; 11.4/20 (+/-0.9)

Ce vin a de nouveau un nez très puissant, très sur l’acidité citrique avec une pointe de fruits blancs. Un peu de perlant est perceptible. En bouche, on repart avec une acidité très (trop ?) droite. Le vin est plus équilibré que le précédent avec des fruits plus présents en bouche, mais on reste sur une complexité assez faible, surtout en finale, trop marquée par l’acidité. Moyen à Bien

6e : Dom. Sylvie Spielmann 2005 (Bergheim, Haut-Rhin) ; 5,5 € ; 11.3/20 (+/- 1.1)

La robe est légèrement plus jaune que le standard jaune-vert clair. Le nez est assez fermé sur les fruits blancs et le floral. La bouche est équilibrée sur la vivacité avec une acidité marquante, mais derrière cela manque un peu de complexité et de longueur. L’amertume, très pamplemousse marque aussi en finale. Un vin de soif , probablement, sans plus. Moyen

7e : Cave de Ribeauvillé V/V 2005 (Ribeauvillé, Haut-Rhin) ; 4 € ; 11.8/20 (+/- 0.8)

La robe est jaune vert assez claire. Le nez est sans défaut, frais, assez intense, nettement fixé sur les agrumes et un peu de floral.. En bouche, c’est moins noble : l’acidité citrique est très marquée, permanente et le fruit manque assez nettement à l’appel. On retrouve à la place une pointe de résiduel et de l’amertume en fin de bouche. Ce vin manque d’envergure mais lui en demande-t-on vraiment à ce prix-là ? Moyen

8e : Dom. Josmeyer Peau Rouge 2008 (Wintzenheim, Haut-Rhin) ; 7.5 € ; 10.3/20 (+/- 1.1)

Un des ovnis de la dégustation, puisque comme son nom le sous-entend, ce vin n’est pas issu uniquement du cépage sylvaner blanc classique mais aussi d’un raisin plus foncé auquel on attribué le nom de sylvaner rouge. En dehors de cette originalité, que nous propose ce vin ? Eh bien, vraiment pas grand-chose : un peu de floral au nez tout au plus mais le tout est vraiment trop léger, pas mûr avec une acidité vraiment trop dure. Cette faiblesse de perceptions positives découle probablement du fait qu’il s’agit de jeunes vignes et que le vin venait d’être mis en bouteille. Très très moyen mais à revoir plus tard en fonction de la remarque ci-dessous.

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Sylvaner rouge

Remarque : entre la dégustation de ce vin (1ère session) et la rédaction de ces commentaires, Christophe Ehrhart m’a contacté pour me donner plus de détails sur cette cuvée commencée en 2007. Deux parcelles (1/2 ha) situées principalement sur le Rotenberg (marno-calcaire) sont complantées en sylvaner blanc et rouge. Vu l’homogénéité de la maturité des deux cépages, les raisins sont vendangés ensemble et vinifiés pour faire un vin sec. Le sylvaner rouge est censé apporter plus de complexité aromatique. Les vignes sont jeunes (6 ans) et le vin a pour but actuellement de montrer un caractère variétal et rafraichissant. Les deux premiers millésimes s’avèrent avoir un caractère extrêmement sec qui peut, au même titre que l’acidité, perturber dans les premiers temps. Il est souhaitable d’attendre 8-9 mois après la mise avant de le déguster.

9e : Dom. Frédéric Mochel 2001 (Traenheim, Bas-Rhin) ; 4 € ; 10.0/20 (+/- 0.7)

Un vin végétal, terreux, complètement dissocié tant au nez qu’en bouche, avec une acidité mordante et de l’amertume en finale, probablement passé mais cela n’explique pas tout. Il faut noter qu’entretemps, les vignes de sylvaner ont été arrachées par Guillaume Mochel. Du réalisme ? Un vin, en tout cas à oublier d’urgence ! Pas Bon

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8.3.2. Vins secs et légèrement doux ayant tendance à exprimer le terroir

1er : Dom. J. Meyer Zellberg V/V 98 (Nothalten, Bas-Rhin) 15 € ; 15.8/20 (+/- 0.9)

Autant le dire tout de suite, LE 2e OVNI de la 1ère série. Mais forcément…. Ce vin est un des plus âgés de la dégustation, il provient de très vieilles vignes, et surtout, a été élevé sous voile.
Et autant le dire directement, à l’exception d’un ou deux dégustateurs perturbés par les aromes oxydatifs, ce vin est grandement apprécié. Son nez est splendide, complexe, mûr, pur, subtil et la bouche est encore mieux dotée d’un grand équilibre avec une formidable minéralité, du fruit, une pointe de sucre et une longueur phénoménale. Dommage qu’il soit si rare ! Très Très Bien.

2e : Dom. Rietsch GC Zotzenberg 2007 (Mittelbergheim, Bas-Rhin) ; 12 € ; 15.5/20 (+/-0.9)

Ce vin, par les qualités reconnues lors de dégustations précédentes est, en fait, à l’origine de cette découverte du sylvaner, tant il avait inspiré précédemment intérêt et avis favorables. C’est donc avec des dégustateurs ayant déjà eu l’occasion, en majorité, de le goûter que ce vin a été soumis aux velléités du groupe. Et autant le dire, toutes les impressions du jour ne font que confirmer les impressions très positives sur ce vin.
La robe est comme souvent jaune-vert clair. Le nez d’abord discret s’ouvre tout en finesse sur des fruits citriques, des notes florales, des fruits blancs et des notes iodées qui assurent une belle impression de minéralité.
L’acidité emballe une bouche très équilibrée avec beaucoup de fruit et une belle minéralité. On note sur la finale, splendide, une pointe de résiduel pas dérangeante du tout.
Un splendide vin... , dans le registre classique, probablement le plus beau des deux sessions, à découvrir de toute urgence !

3e : Dom. Agathe Bursin Eminence 2007 (Westhalten, Haut-Rhin) ; 14.5 € ; 14.9/20 (+/- 1.1)

Ce vin a déjà été fort médiatisé et commenté dans plusieurs forums, tout comme sa génitrice…. Et il est heureux de l’avoir servi à l’aveugle. Autant dire aussi qu’il est difficile de le classer sec ou moelleux…. probablement entre les deux ! La robe est plus dense que celle des vins plus secs, avec plus de gras. Au nez, c’est l’explosion dans l’expression des aromes : citron, fruits jaune, notes florales, épices et des notes iodées. C’est pur et aérien !
On perçoit une note de soufre que la bouche confirme. L’acidité est encore très tendue mais la complexité est là au rendez-vous, avec une belle longueur. Un beau plaidoyer pour le cépage. Très Bien

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4e : Dom. Paul Kubler Cuvée Z 2007 (Soultzmatt, Haut-Rhin) ; 7,5 € ; 14.3/20 (+-0.7)

La robe est classique (jaune-vert clair) et le nez met un peu de temps pour s’exprimer. A l’aération, on retrouve de la minéralité et du fumé, tout en restant assez strict. La bouche est très agréable, bien équilibrée entre l’acidité qui apporte de la fraicheur, le fruit et la minéralité où salinité et fumé dominent. A l’inverse de ce qui avait été annoncé, on retrouve une pointe de résiduel en finale, qui arrondit le vin. Globalement, on est ici face à un très beau rapport qualité-prix. Bien+

5e : Dom. Agathe Bursin Cuvée Eminence 2005 (Westhalten, Haut-Rhin) ; 9,3 € ; 14.3/20 (+-1.2)

La robe est de nouveau assez grasse, un peu plus évoluée que pour le 2007. On retrouve au nez des aromes de fruits jaunes, assez peu étoffée et des épices, le tout accompagné par une impression diffuse de soufre. La bouche est d’abord marquée par une belle acidité, puis évolue vers une impression assez sucrée, tout en proposant des aromes assez nobles de fruit et de fumé et d’épices. La longueur est belle, un peu massive et, sans l’impression relative de sucre résiduel, le vin aurait reçu plus de suffrages. Bien

6e : Dom. Agathe Bursin Cuvée Eminence 2006 (Westhalten, Haut-Rhin) ; 9,3 € 14.1/20 (+-1.1)

Ce troisième vin de la souvent plébiscitée Agathe Bursin se situe probablement entre le 2005 et le 2007, logiquement allez-vous dire sauf que 2006 est théoriquement un millésime bien plus difficile où les tries étaient de rigueur. La robe est semblable au 2007 avec des aromes aériens de fruits légèrement mentholés. Le côté champignon, quelquefois perçu sur d’autres sylvaners de 2006 est ici absent. La bouche est équilibrée, aérienne, elle aussi, avec une belle présence des fruits du nez. La longueur est très belle, tout en élégance. Assez étrangement, l’appréciation du groupe semble peu en phase avec les commentaires de chacun. Très bien

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7e : Dom. Ostertag Vieilles Vignes 2007 (Epfig – Bas-Rhin) ; 10,8 € 13.8/20 (+-1.0)

1ère bouteille :
Le nez est un peu fermé (il est vrai qu’il suit celui du Schueller) mais à l’ouverture, on part sur des notes très nettement plus nobles où la minéralité domine. Plus on aère, plus on gagne en complexité. On perçoit une petite pointe d’élevage, probablement, mais dans la série des vins secs, celui-ci nous fait à beaucoup d’entre nous penser plus à du terroir que du variétal.
En bouche on retrouve cette minéralité et une pointe d’impression de bois. Dès l’attaque, l’acidité est fort présente, ce qui amène une partie du groupe à trouver le vin plus dissocié qu’équilibré. C’est reflété par les cotes très variées. Personnellement, je fais nettement partie du clan de l’équilibre. Quoiqu’il en soit, tout le monde s’accorde au fait que la persistance de ce vin est plus importante. Bien +

2e bouteille :
Le nez est plus franc avec des notes de citron puis de miel, ensuite on retrouve des notes plus minérales. En bouche, l’élevage est moins perceptible que sur la 1ère bouteille. Le vin paraît aussi plus équilibré avec de la fraicheur, des agrumes et une belle salinité, très présente sur la longueur, plus qu’appréciable. Très Bien

8e : Dom. Rietsch GC Zotzenberg 2006 (Mittelbergheim, Bas-Rhin) ; 12 € 13.1/20 (+-1.1)

1ère bouteille :
Le nez est un peu fermé (mais on est derrière le Loew 2003) puis s’ouvre sur de belles notes minérales, iodées avec du fruit. C’est assez aérien mais certains y trouvent des notes évoluées de champignon qui les perturbent (liées probablement au millésime). En bouche, l’acidité domine d’abord puis on part sur un bel équilibre avec une pointe de résiduel et un soupçon d’alcool. La finale est longue, sur une plus grande impression de fruit. Globalement très apprécié, ce vin aurait probablement décoché un petit podium s’il avait fait l’unanimité. Bien+

2e bouteille :
Le nez est moins fermé mais il suit ici un vin moins « intense » aromatiquement.
On retrouve les notes minérales avec une impression très nette de fumé et aussi des agrumes. Cela reste très aérien. En bouche, on a un équilibre plus prononcé que sur la 1ère bouteille avec une acidité plus en retrait. Malgré une pointe d’alcool et une perception aromatique un peu plus courte que sur le 2007, la finale est agréable Bien

9e : Dom. Loew Vérité 2007 (Westhoffen, Bas-Rhin) ; 8.5 € ; 12.7/20 (+/-1.3)

Une des bouteilles étant marquée par le bouchon, il faut se satisfaire de moins de vin pour l’analyse de ce vin-ci. La robe est légèrement plus ambrée et au nez on part dans plusieurs directions que certains appellent ici complexité : on a des aromes floraux, citriques et minéraux avec un peu de gras… mais aussi une perception nette de soufre libre qui perturbe une partie du groupe. La bouche est encore assez dissociée, tendue avec du fruit et du gras et une belle persistance aromatique mais on note aussi un peu d’amertume et le soufre est à nouveau perceptible. Tout cela continue à alimenter la controverse sur ce vin (écart moyen de 1.3). Bien

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10e : Dom. Seppi Landmann Cuvée Z 2007 (Soultzmatt, Haut-Rhin) ; 9,9 € ; 12.6/20 (+/-0.8)

La robe est vert-clair comme souvent dans cette dégustation pour les vins secs. Le est très intense marqué par des aromes doucereux de champignon et de sucre. On retrouve aussi des agrumes, du fumé et des épices. Un nez encore un peu lourd probablement marqué par la jeunesse. En bouche, on retrouve cette impression doucereuse, beurrée, et le manque relatif d’acidité donne une impression en finale de lourdeur, probablement parce que l’acidité est un peu en retrait. A revoir. Bien

11e : Dom. Seppi Landmann Cuvée Z 2006 (Soultzmatt, Haut-Rhin) ; 9,9 € ; 12.6/20 (+/-0.9)

La robe est plus évoluée que celle du 2007, nettement plus jaune. Le nez est marqué par le champignon mais on retrouve aussi des notes fumées, iodées et des fruits jaunes. En bouche, l’acidité semble de nouveau un peu en retrait mais globalement cela semble plus équilibré. On retrouve le champignon et le fumé ainsi que des épices. Le manque de fraicheur dessert (actuellement) ce vin qui nos semble, de par sa finale sur le résiduel, plus proche d’une VT que d’un vin sec. Bien-

12e : Dom. Frick Cuvée Bihl 2007 (Pfaffenheim, Haut Rhin) ; 11.5 € ; 12/20 (+/-0.9)

Le vin propose ici une robe un peu plus évoluée vers le jaune. Le nez est à nouveau très intense avec des fruits jaunes, des agrumes citriques, une impression de minéralité mais aussi une pointe très fine d’oxydation. En bouche, l’acidité est moins marquée, le vin a probablement très peu connu le soufre et l’équilibre en bouche s’en trouve amélioré. La finale ne manque pas de fraicheur, mais le fruit n’est pas assez présent et la finale fait trop penser à un vin oxydatif. Bien, sans plus

13e : Dom. Rietsch GC Zotzenberg 1999 (Mittelbergheim, Bas-Rhin) ; 15 € 11.9/20 (+/-1.1)

L’intérêt de ce vin, comparé au 2007 et 2006 est avant tout de voir comment évolue les sylvaners secs, tout en sachant qu’entretemps le vignoble a entrepris sa conversion bio.
La robe est assez évoluée avec des notes jaunes tuilées. Le nez est très évolué avec un certain manque de netteté qui perturbe un grand nombre des dégustateurs. Les notes iodées sont aussi très marquées. La bouche est elle aussi un peu en retrait avec un peu de lourdeur et d’alcool et la finale présente un peu d’amertume pas très agréable.
Bien que le terroir soit manifestement présent (iode), globalement, ce vin semble être passé, ce qui nous fait penser que les sylvaners du Zotzenberg ne gagnent pas trop à une garde importante. Moyen

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14e : Dom. Loew Vérité de Sylvaner Barrique 2003 (Westhoffen, Bas-Rhin) ; 10.5 € ; 11.9/20 (+/-1.2)

Ce vin est proposé au groupe sous forme de 4 demi-bouteilles… hélas toutes différentes, dont une un peu marquée par le bouchon. Il faut se concentrer et se passer les verres de chacun pour émettre un avis, la cote proposée en est la résultante directe.
Globalement, on a une robe et un nez nettement plus évolués, avec une multitude d’aromes (coing, pomme, cannelle) qui sont perturbés de l’acidité volatile. En bouche, c’est assez équilibré avec pas mal de fraicheur pour le millésime, mais cela manque de longueur, et puis… il y a toujours ce côté volatile… Moyen et controversé

15e : Dom. Schmitt Cuvée Grand A 2004 (Bergbieten, Bas-Rhin) ; 10 € 11.7/20 (+/- 0.7)

La robe est jaune-vert clair. Le nez est assez fermé. A l’aération il s’ouvre sur des notes d’agrumes et florales. Ensuite, on perçoit des notes d’hydrocarbure ainsi qu’un côté végétal.
L’équilibre de bouche est sur l’acidité, très citrique et on perçoit à nouveau des notes un peu végétales (liées au millésime ?). la finale est assez courte et imprégnée d’amertume. Moyen

16e : Dom. Albert Seltz GC Zotzenberg 2005 V/V (Mittelbergheim, Bas-Rhin) ; 15,8 € ; 10.8/20 (+/- 0.8)

Ce vin n’est franchement pas net, ni au nez, ni en bouche sans que le bouchon ne semble responsable. Le nez est de plus marqué par l’alcool et en bouche le sucre résiduel, caramélisé est beaucoup trop dominant pour un vin annoncé sec. Très moyen

17e : Dom. Charles Muller Cuvée N°15 2007 (Traenheim, Bas-Rhin) ; 14 € ; 8.9/20 (+/- 2.3)

Un autre ovni… probablement ; mais à l’inverse du vin de Patrick Meyer, classé premier, ici l’unanimité est sur …les critiques ! Le nez est un mélange étrange et corsé de rose, de citronnelle et de notes oxydées mélangées à de l’alcool très présent. Dur de trouver de la noblesse là-dedans. La bouche conjugue à l’exponentiel l’acidifié, la chaleur et l’amertume.
Le vigneron a voulu faire ici une cuvée avec des raisins vendangés en surmaturité… certes, mais ou bien personne de notre groupe n’a rien compris, ou bien il y a lieu de revoir sa copie… Pas bon

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8.3.3. Vins moelleux et liquoreux

1er : Dom. Seppi Landmann Vin de Glace 2007 (Soultzmatt, Haut-Rhin) ; 39,6 € ; 17/20 (+/- 0.9) thumbs down

1ère bouteille :
Retour sur les pentes du Zinnkoepflé avec ce vin que beaucoup attendaient rien que du fait de sa médiatisation. Un sylvaner en vin de glace, ce n’est pas commun et son prix au tarif encore moins : 270 euros quand on rate les primeurs. Mais ceux qui connaissent Seppi savent que pour ce genre de vin, on peut lui faire confiance et foncer sur les primeurs… 40 euros, dans ce cas. Revenons au vin… qui comme « Vedette » mérite notre confiance. La robe est plus claire que pour les cuvées Z et Hors-La-Loi et le nez, au début plus discret. C’est en fait annonciateur d’une grande complexité avec de splendides expressions d’agrumes, de miel et de minéralité. C’est aérien, équilibré, tout comme la bouche qui touche au sublime avec sa tension tout en finesse, son croquant et sa finesse dans les sucres, moins dominant que sur une SGN. Le soufre est encore un peu perceptible. La finale est immense. Un très très grand vin qui recueille l’unanimité ! Splendide

2e bouteille :
Comme la 1ère bouteille, la robe est assez claire et le nez, tout en finesse offre des aromes floraux et de fruits confits (abricot, orange amère). En bouche, l’acidité bien présente rafraichit un sucre loin d’être envahissant et la finale très longue, rappelle les fruits jaunes compotés du nez. Excellent !

2e : Dom. Simonis Quintessence SGN 2005 (Ammerschwihr, Haut-Rhin) ; 14.9 € ; 16/20 (+/- 1.7)

Ce vin est à comparer avec une SGN avec 120g/l de résiduel. La robe rappelle la Cuvée Hors-La-Loi de Seppi et au nez, on est clairement sur un vin très riche où le botrytis domine allègrement sans gâcher le côté aérien et la fraicheur. On retrouve au nez une pointe de souffre, plus discrète en bouche où l’acidité domine intensément les premiers instants avant d’ouvrir la porte à un vin complexe, consensuel et très équilibré. La longueur est au diapason du reste… mais ce vin paraît résolument encore trop jeune… à attendre donc ! Certains lui trouvent trop de champignon, ce qui explique la variance importante (1.7). Très Très Bien

3e : Dom. Albert Seltz SGN El Diablo 2000 (Mittelbergheim, Bas-Rhin) ; 40 € ; 15,6/20 (+/-1.0)

A nouveau, on est sur un vin de l’acabit d’une SGN. La robe est « Or Rouge » (la marque du diable ?) annonciatrice d’une énorme concentration. Le nez est résolument sur les fruits confits, avec un coing omniprésent. Le botrytis est assurément présent, comme dans le vin du domaine Simonis.
La bouche est très onctueuse, marquée par le sucre mais sans fadeur avec beaucoup de fruit en bouche. La longueur est remarquable mais trop sur le sucre et le champignon pour certains et d’autres auraient voulu trouver plus de fraicheur. Un vin impressionnant de concentration à attendre encore. Très Bien

4e : Dom. Muré Clos St-Landelin Cuvée Oscar 2005 (Rouffach, Haut-Rhin) ; 14,4 € ; 15.1/20 (+/-1.3)

La robe est assez avancée, plus vers le jaune-orange sombre. Le nez est intense complexe, avec une légère pointe de volatile avec des aromes de fruits jaunes et rouges, des épices et une perception de douceur sucrée.
La bouche est structurée autour d’un très bel équilibre entre l’acidité (très présente) et le sucre. On retrouve sur la longueur, très belle, aussi le côté fumé, propre au terroir. Un vin encore jeune, à garder encore quelques années. Très bien +

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5e : Dom. Seppi Landmann Hors La loi 2006 (Soultzmatt, Haut-Rhin) 15 € ; 15/20 (+/-1.4)

La robe est la plus jaune foncé de tous les vins dégustés (sauf l’El Diablo de Seltz) et fait penser à plus dévolution. Le nez est puissant avec beaucoup d’agrumes plus sur l’orange que le citron, de la pâte d’amande et des notes miellées. En bouche, l’acidité est très présente, encore jeune, un peu piquante et le sucre domine ensuite avec beaucoup de fruit. C’est long et massif à la fois et certains auraient aimé plus de finesse et de complexité mais globalement tout le monde admet que ce vin vaut plus que le détour, surtout vu la difficulté du millésime. Très Bien

6e : Dom. Jean-Marie Haag l’Exception 2007 (Soultzmatt, Haut-Rhin) 12 € ; 14.8/20 (+/-0.9)

La robe est encore assez claire, nettement plus que pour les autres moelleux. Le nez est très beau avec de la fraicheur et du floral déjà souvent retrouvé plus haut. En bouche, on sent la jeunesse, avec une acidité encore un peu piquante, un sucre très présent, pas encore intégré, mais la matière est là avec du fruit et des notes épicées. La finale est sans amertume, mais encore un peu courte et certains la trouvent un peu molle. Très Bien et à redécouvrir dans 2-3 ans.

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7e : Dom. Loew Cuvée Racine « Le Préféré de Mathilde » 2007 (Westhoffen, Bas-Rhin) ; 11 € ; 14.5/20 (+-1.3)

La robe est assez claire et on retrouve le jaune-vert des vins plus secs. Le nez est intense, et on perçoit très rapidement des notes minérales avec une légère pointe soufrée. En bouche, le sucre domine, mais l’acidité, assez présente, donne un sentiment général d’équilibre. On retrouve la minéralité du nez à laquelle vient s’ajouter une perception très fruitée avec des épices. La longueur est intéressante mais un peu perturbée par une pointe d’amertume. Très Bien

8e : Dom. Rietsch Cuvée Sacré Sylvaner 2005 50 cc (Mittelbergheim, Bas-Rhin) ; 15 € ; 14.3/20 (+-1.3)

La robe est jaune-orange assez soutenu et fait tout de suite penser à une forte concentration. Le nez est très intense avec des fruits confits marqués par l’orange amère et quelques notes iodées. En bouche, bien que très sucré dès l’attaque, le vin reste équilibré grâce à une acidité sans excès. On retrouve les aromes de fruits auxquels s’ajoutent du fumé et une pointe de champignon qui rappelle le botrytis, le tout sur une belle longueur. Bien +

9e : Dom. Seppi Landmann Hors La loi 2007 (Soultzmatt, Haut-Rhin) ; 15€ ; 13.8/20 (+-1.4)

La robe est jaune-or assez soutenu et le nez très concentré de fruits jaunes et de grillé. On retrouve des notes fumées comme souvent dans le Zink et aussi du champignon qui fait penser à un vin nettement botrytisé. La bouche est marquée par le sucre, un peu trop au goût de pas mal de dégustateurs, cela probablement parce que l’acidité paraît fort en retrait pour un vin si jeune. On retrouve les aromes du nez ainsi que du caramel, du beurre qui augmentent l’impression de vin un peu trop gras. La finale manque aussi un peu de vivacité. A revoir. Bien-

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10e : Dom. Muré Clos St-Landelin Oscar 2004 (Rouffach, Haut-Rhin) ; 17 € ; 13.2/20 (+/-1.3)

La robe est jaune plus soutenu. Le nez est très intense avec des notes évoluées comme des fruits compotés et à nouveau cette pointe d’iode qu’on rencontre souvent sur le Zinnkoepflé et le Vorbourg. On retrouve aussi un peu d’amertume dans ce nez ainsi qu’une impression de soufre. En bouche, l’acidité est faible et l’équilibre assez mou, marqué par le champignon faisant plus penser à un pinot gris d’une année comme 2003. On aurait probablement espéré mieux… vu le prix ! Bien -

11e : Dom. R.Gassmann Weingarten de Rorschwihr 2003 (Rorschwhir, Haut-Rhin) ; 10 € ; 12.8/20 (+-1.2)

Annoncé comme un des vins avec un sucre résiduel plus important, on a clairement ici un vin évolué, tant au niveau de la robe que du nez où les fruits compotés dominent, avec aussi une pointe iodée. On le classe plutôt « terroir » mais avec assez peu de complexité. La bouche est aussi solaire avec une acidité plus discrète, pas trop d’alcool mais où le sucre résiduel sans complexité s’exprime trop, particulièrement en finale, le tout avec une pointe d’amertume. Moyen

12e : Dom. Frick Cuvée Bergweingarten 2003 (Pfaffenheim, Haut-Rhin) ; 10,9 € 12,5/20 (+/-1.4)

La robe est assez claire à dominance jaune. Le nez paraît un peu oxydatif avec de la pomme mais aussi des notes de miel et du fumé qui l’anoblissent. On imagine bien que le vin a reçu un minimum de soufre, probablement uniquement à la mise. La bouche est très concentrée avec une acidité intense qui perturbe une partie du groupe, mais aussi une belle complexité d’aromes avec du miel, du champignon et des notes iodées. Comme souvent, la note globale souffre d’un désaccord entre ceux qui sont perturbés par ce genre de vin qui propose des aromes oxydatifs. Une partie du groupe trouve la longueur en bouche assez stricte et un peu plate ; effet du millésime ? Bien-

8.4 Conclusions

En fonction de ce qui a été dégusté, on peut tenter de dégager quelques éléments :

Au niveau de la robe : Pour les vins variétaux et et jeunes, on retrouve souvent une dominante de robe jaune-vert très clair sans trop de gras. Plus on évolue vers des vins liquoreux, plus on va vers le jaune doré ; plus on va vers des millésimes plus anciens, plus on évolue vers une robe jaune-orange assez brillante.

Au niveau du nez : Il est souvent assez fermé et nécessite de l’aération. On retrouve une dominante de citron (vert) et de floral. A ces aromes, viennent souvent s’ajouter des aromes fumés, iodés et de fruits jaunes. Sur les années difficiles ou sur les liquoreux, le champignon est souvent perceptible.

Au niveau de la bouche : La bouche est souvent équilibrée, très marquée par l’acidité citrique et, dans le cas des vins moelleux, par le sucre. On retrouve généralement les aromes du nez, surtout le fumé et les fruits jaunes. Globalement, la bouche n’atteint pas la structure ou la complexité du riesling.

Au niveau de la finale : Quand le vin est long, il l’est souvent sur la fraicheur, sauf dans le cas des liquoreux où le sucre domine en finale. Dans ce dernier, une acidité puissante est nécessaire, sinon les vins paraissent souvent plus fades.

Plus généralement, les vins montrent plus souvent un caractère assez variétal. Toutefois sur des terroirs comme le Zinnkoepflé, le Vorbourg et surtout le Zotzenberg, on peut dire que le terroir est nettement plus marqué. Il n’en reste pas moins que les vins secs et légèrement résiduels se sont goûté mieux dans leur jeunesse. Le cas des moelleux est plus complexe et il semble que 5-6 années de garde ne leur font pas peur. Quand ils sont sur la finesse, comme le vin de glace de Seppi, on atteint des sommets et la garde semble assurée sur 10-15 ans.

Peut-on dire après tout cela qu’on a pu dégager une carte d’identité du cépage dans cette tentative de découverte. Oui, probablement sur les vins variétaux ; non sur les autres, tant le cépage semble, comme le riesling sensible à son terroir, mais encore plus, à la main du vigneron.

A vous, après ce long commentaire, de tenter de vous faire une idée. N’hésitez pas à réagir…

9. Remerciements

Ce post est un des plus gros machins que j'ai commis sur ce forum. Cela n'aurait pas été possible sans de nombreuses petites mains à qui je tiens à exprimer mes plus vifs remerciements à :

Philippe Bon (Blog Oenophil) qui m'a guidé dans mes choix, rassemblé plusieurs flacons et aidé à la conception de l'ordre de dégustation. Philippe, au fil des mois, nous sommes devenus amis et j'en tire énormément de fierté, tant ta gentilesse et tes conseils ont toujours été au top du top.

Thierry Meyer pour ses nombreux conseils dont le choix de vignerons que j'ai pu ainsi connaître,

... et bien sûr tous les vignerons dont les vins ont été présentés, pour leur accueil, leur gentillesse et les nombreux échantillons offerts en toute confiance, avec une mention toute particulière à Agathe, Martine, Etienne, Seppi et Jean-Pierre qui, à chaque fois que je les rencontre, nourrissent mon âme de cette Alsace que j'aime tant.

10. Adresses et coordonnées des vignerons cités : ICI

11. Addendum

A titre informatif, voici le classement global de tous les vins dégustés :

1er : Dom. Seppi Landmann Vin de Glace 2007 (Soultzmatt, Haut-Rhin) ; 39,6 € ; 17/20 (+/- 0.9)
2e :. Dom. Simonis Quintessence SGN 2005 (Ammerschwihr, Haut-Rhin) ; 14.9 € ; 16/20 (+/- 1.7)
3e : Dom. J. Meyer Zellberg V/V 98 (Nothalten, Bas-Rhin) ; 15 € ; 15.8/20 (+/- 0.9)
4e : Dom. Albert Seltz SGN El Diablo 2000 (Mittelbergheim, Bas-Rhin) ; 40 € ; 15,6/20 (+/- 1.0)
5e : Dom. Rietsch GC Zotzenberg 2007 (Mittelbergheim, Bas-Rhin) ; 12 € ; 15.5/20 (+/-0.9)
6e : Dom. Muré Clos St-Landelin Cuvée Oscar 2005 (Rouffach, Haut-Rhin) ; 14,4 € ; 15.1/20 (+/-1.3)
7e :. Dom. Seppi Landmann Hors La loi 2006 (Soultzmatt, Haut-Rhin) 15 € ; 15/20 (+/-1.4)
8e : Dom. Agathe Bursin Eminence.2007 (Westhalten, Haut-Rhin) 14.5 € ; 14.9/20 (+/- 1.1)
9e : Dom. Jean-Marie Haag l’Exception 2007 (Soultzmatt, Haut-Rhin) 12 € ; 14.8/20 (+/-0.9)
10e : Dom. Loew Cuvée Racine « Le Préféré de Mathilde » 2007 (Westhoffen, Bas-Rhin) ; 11 € ; 14.5/20 (+-1.3)
11e : Dom. Paul Kubler Cuvée Z 2007 (Soultzmatt, Haut-Rhin) ; 7,5 € ; 14.3/20 (+-0.7)
12e : Dom. Agathe Bursin Cuvée Eminence 2005 (Westhalten, Haut-Rhin) ; 9,3 € ; 14.3/20 (+-1.2)
13e : Dom. Rietsch Cuvée Sacré Sylvaner 2005 50 cc (Mittelbergheim, Bas-Rhin) ; 15 € ; 14.3/20 (+-1.3)
14e : Dom. Agathe Bursin Cuvée Eminence 2006 (Westhalten, Haut-Rhin) ; 9,3 € 14.1/20 (+-1.1)
15e : Dom. Ostertag Vieilles Vignes 2007 (Epfig – Bas-Rhin) ; 10,8 € 13.8/20 (+-1.0)
16e : Dom. Seppi Landmann Hors La loi 2007 (Soultzmatt, Haut-Rhin) ; 15€ ; 13.8/20 (+-1.4)
17e : Dom. André Boxler 2007 (Niedermorschwhir, Haut-Rhin) ; 6 € ; 13.5/20 (+/-0.6)
18e : Dom. Muré Clos St-Landelin Oscar 2004 (Rouffach, Haut-Rhin) ; 17 € ; 13.2/20 (+/-1.3)
19e : Dom. Rietsch GC Zotzenberg 2006 (Mittelbergheim, Bas-Rhin) ; 12 € 13.1/20 (+-1.1)
20e : Dom. R.Gassmann Weingarten de Rorschwihr 2003 (Rorschwhir, Haut-Rhin) ; 10 € ; 12.8/20 (+-1.2)
21e : Dom. Loew Vérité 2007 (Westhoffen, Bas-Rhin) ; 8.5 € ; 12.7/20 (+/-1.3)
22e : Dom. Seppi Landmann Cuvée Z 2007 (Soultzmatt, Haut-Rhin) ; 9,9 € ; 12.6/20 (+/-0.8)
23e : Dom. Seppi Landmann Cuvée Z 2006 (Soultzmatt, Haut-Rhin) ; 9,9 € ; 12.6/20 (+/-0.9)
24e : Dom. Frick Cuvée Bergweingarten 2003 (Pfaffenheim, Haut-Rhin) ; 10,9 € 12,5/20 (+/-1.4)
25e : Dom. Schueller 2005 (Husseren, Haut-Rhin) ; 7 € ; 12.5/20 (+/-1.3)
26e : Dom. Frick Cuvée Bihl 2007 (Pfaffenheim, Haut Rhin) ; 11.5 € ; 12/20 (+/-0.9)
27e : Dom. Schueller 2007 (Husseren-les-Châteaux, Haut-Rhin) ; 8,8 € ; 12/20 (+/-1.5)
28e : Dom. Rietsch GC Zotzenberg 1999 (Mittelbergheim, Bas-Rhin) ; 15 € 11.9/20 (+/-1.1)
29e : Dom. Loew Vérité de Sylvaner Barrique 2003 (Westhoffen, Bas-Rhin) ; 10.5 € ; 11.9/20 (+/-1.2)
30e : Cave de Ribeauvillé Cuvée Prestige 2007 (Ribeauvillé, Haut-Rhin) ; 4 € ; 11.8/20 (+/- 1.1)
31e : Dom. Schmitt Cuvée Grand A 2004 (Bergbieten, Bas-Rhin) ; 10 € 11.7/20 (+/- 0.7)
32e : Dom. Louis Sipp 2007 (Ribeauvillé, Haut-Rhin) ; 5 € ; 11.4/20 (+/-0.9)
33e : Dom. Sylvie Spielmann 2005 (Bergheim, Haut-Rhin) ; 5,5 € 11.3/20 (+/- 1.1)
34e : Cave de Ribeauvillé V/V 2005 (Ribeauvillé, Haut-Rhin) ; 4 € ; 11.8/20 (+/- 0.8)
35e : Dom. Albert Seltz GC Zotzenberg 2005 V/V (Mittelbergheim, Bas-Rhin) ; 15,8 € ; 10.8/20 (+/- 0.8)
36e : Dom. Josmeyer Peau Rouge 2008 (Wintzenheim, Haut-Rhin) ; 7.5 € ; 10.3/20 (+/- 1.1)
37e : Dom. Frédéric Mochel 2001 (Traenheim, Bas-Rhin) ; 4 € ; 10.0/20 (+/- 0.7)
38e : Dom. Charles Muller Cuvée N°15 2007 (Traenheim, Bas-Rhin) ; 14 € ; 8.9/20 (+/- 2.3)

Coordonnées des vignerons cités dans le CR Sylvaner : le Tour de la question

Domaine Albert Boxler

Jean & Sylvie Boxler

78, Rue des Trois-Epis
68230 Niedermorschwihr

Tel : 03 89 27 11 32
Fax : 03 89 27 70 14

Domaine Agathe Bursin

Agathe Bursin

11, rue de Soultzmatt
68250 Westhalten

Tél. : 03 89 47 04 15
Mail : agathe.bursin@wanadoo.fr

Cave de Ribeauvillé

Philippe Dry (directeur)

2, route de Colmar
68150 Ribeauvillé

Tél. : 03 89 73 61 80
Fax : 03 89 73 31 21
Web : www.vins-ribeauville.com
Mail : contact@vins-ribeauville.com

Domaine Pierre Frick

Pierre Frick

5, rue Baer
68250 PFAFFENHEIM

Tél. : 03 89 49 62 99
Fax : 03 89 49 73 78
Web : www.pierrefrick.com
Mail : contact@pierrefrick.com

Domaine Rolli Gassmann

Rolli Gassmann

1-2, rue de l'église
68590 Rorschwihr

Tél. : 03 89 73 63 28
Mail : rollygassmann@wanadoo.fr

Domaine Jean-Marie Haag

Jean-Marie Haag

17, Rue des Chèvres
68570 Soultzmatt

Tél.: 03.89.47.02.38
Web : www.domaine-haag.fr
Mail : jean-marie.haag@wanadoo.fr

Domaine Josmeyer

Jean Meyer et Christophe Ehrhart

76, rue Clémenceau
68920 Wintzenheim

Tél. : 03 89 27 91 90
Fax : 03 89 27 91 99
Web : www.josmeyer.com
Mail : contact@josmeyer.com

Domaine Paul Kubler

Paul et Philippe Kubler

103, rue de la Vallée B.P. 11
68570 Soultzmatt

Tél. : 03 89 47 00 75
Fax : 03 89 47 65 45
Web : www.lesvins.com/entree/Viticulteurs/Kubler_Paul.html
Mail : Kubler@lesvins.com

Domaine Seppi Landmann

Seppi Landmann

20, rue de la Vallée
68570 Soultzmatt

Tél. : 03 89 47 09 33
Fax : 03 89 47 06 99
Web : www.seppi-landmann.fr
Mail : seppi.landmann@wanadoo.fr

Domaine Loew

Etienne Loew

28, rue Birris
67310 Westhoffen

Tél. & Fax : 03 88 50 59 19
Web : www.azuros.de/domaineloew/index.html
Mail : mail@domaineloew.com

Domaine Julien Meyer

Patrick et Mireille Meyer

14, Route du vin
67680 Nothalten

Tél : 03.88.92.60.15
Mail : patrickmeyer67@free.fr

Domaine Frédéric Mochel

Guillaume Mochel

56, rue principale
67310 Traenheim

Tél. : 03 88 50 38 67
Fax : 03 88 50 56 19
Web : www.mochel.net
Mail : infos@mochel.net

Domaine Charles Muller

Charles Muller

89c, route des vins
67310 Traenheim

Tél : 03 88 50 38 04
Web : www.alsacemuller.fr
Mail : info@alsacemuller.fr

Domaine Muré

René, Véronique et Thomas Muré

Clos St Landelin
Route Nationale 83 (Sortie Soultzmatt)
68250 Rouffach
Tél. : 03 89 78 58 00
Fax : 03 89 78 58 01
Web : www.mure.com
Mail : rene@mure.com

Domaine Ostertag

André Ostertag

87, rue Finkwiller
67680 Epfig

Tél. : 03 88 85 51 34
Fax : 03 88 85 58 95

Domaine Rietsch

Jean-Pierre Rietsch

32, rue Principale
67140 Mittelbergheim

Tel : 03.88.08.00.64
Fax : 03.88.08.40.91
Web : www.alsace-rietsch.eu
Mail : rietsch@wanadoo.fr

Domaine Gérard Schueller & Fils

Bruno Schueller

1, rue Trois Châteaux
68420 Husseren-Les-Châteaux

Tél. : 03 89 49 31 54

Domaine Roland Schmitt

Anne-Marie, Julien et Bruno Schmitt

35 rue des Vosges
67310 Bergbieten

Tél : 03 88 38 20 72
Fax : 03 88 38 75 84
Web : www.roland-schmitt.fr
Mail : bruno@roland-schmitt.fr

Domaine Albert Seltz

Albert Seltz

21, rue principale
67140 Mittelbergheim

Tél : 03 88 08 91 77
Fax : 03 88 08 52 72
Web : www.albert-seltz.fr
Mail : info@albert-seltz.fr

Domaine René et Etienne Simonis

Etienne Simmonis

2, rue des Moulins
68770 Ammerschwihr

Tél. : 03 89 47 30 79
Mail : rene.etienne.simonis@gmail.com

Domaine Louis Sipp

Etienne et Martine Sipp

5, Grand Rue
68150 Ribeauvillé

Tél : 03 89 73 60 01
Fax : 03 89 73 31 46
Web : www.sipp.com
Mail: etienne@sipp.com

Domaine Sylvie Spielmann

Sylvie Spielmann
2, route de Thannenkirch
68750 Bergheim
Tél. : 03 89 73 35 95
Fax : 03 89 73 27 35
Web : www.sylviespielmann.com
Email : sylvie@sylviespielmann.com