A peine reçue , déjà la tentation me guète..

Pourquoi... parce que certaines bouteilles ont une histoire...

Le syndicat des gentils alsaciens acheteurs de vins alsaciens particulièrement ZH (SGAAVAPZH) gronde depuis quelques mois, ne pouvant récupérer sa base : le fait est incontournable; les belges, ces étranges amateurs du Nord, ont résolument accès à des prix plus avantageux qu'en Alsace même. (ne parlons pas des Luxos...).

Faut avouer qu'on leur donnerait bien raison... à tel point que lors d'une récente braderie ZH chez un caviste belge (si, si!), je me suis senti un devoir d'avertir quelques collègues dégustateurs des plaines du Rhin au sujet de certains prix. A eux, je leur envoie ce message in a bottle : "le jambonneau est au frigo,... je répète, le jambonneau est au frigo!"

Revenons à l'objet de la dite tentation : un Riesling Windsbuhl 1999 du domaine Zind-Humbrecht...

Le Clos Windsbuhl est orienté du Sud au Sud-est. De pente moyenne à forte (entre 15 et 40%), la petite colline du Windsbuhl est à une altitude élevée pour l'Alsace (environ 350m). Les vignes reposent sur un substrat de calcaire coquillier (muschelkalk) riche en argiles et en roches calcaires. Le sol est par endroit très peu profond, et la roche mère affleure souvent au milieu du coteau. Il est remarquable de noter que le Windsbuhlest sur un terroir tout à fait différent du restant de la commune.

Le Clos compte aujourd'hui une superficie de 5.5ha.

  • Pinot-Gris (Tokay d'Alsace) est majoritaire

  • suivent le Gewurztraminer et le Riesling

  • il y a aussi une parcelle de Chardonnay qui rentre tous les ans dans le Pinot d'Alsace.


L'altitude du vignoble associé au climat plus tardif de Hunawihr, font que le Clos Windsbuhll est souvent l'une des dernières vigne vendangée sur le Domaine.  Ceci explique la qualité aromatique des vins du Clos et leur constant équilibre en acidité garantie d'un bon vieillissement. Récoltés souvent tardivement, les raisins du Windsbuhl ne botrytisent cependant que très rarement, sans doute grâce à cette situation en altitude, mais atteignent souvent des niveaux de maturité importants.


Passons à la bestiole...

La robe est est orange dorée, bien nette mais on perçoit de l'évolution. Au nez le vin se livre pas à pas pour lentement atteindre une grande complexité, et particulièrement sur des arômes plus évolués comme du thé (très tarjeeling) et de l'orange, en zestes, qui rappelle furieusement mais noblement le Cointreau.

En bouche, on retrouve une acidité sans excès qui confère suffisamment de fraicheur à un vin gras, minéral, avec à nouveaux ces notes d'orange en zestes. C'est très ample, amis d'une grande finesse et en finale, la minéralité domine, jamais perturbée par un quelconque alcool ou une quelconque amertume.

Bref, comme beaucoup de 99 sur de beau terroirs, la chose se livre avec panache.... pourquoi attendre ?

En attendant cette méga verticale à laquelle j'aspire depuis longtemps...