Dans le contexte de cette période de remise en question liée à ma lettre ouverte sur le Forum LPV, je reçois ce matin un appel téléphonique commençant par 0033, genre de séquence numérique qui provoque un réflexe pavlovien de mon bras droit plongeant vers le poste vibrant.

Au bout du fil, un de mes intervenants préférés sur LPV, un passionné ligérien de la première heure, Laurent "Chinbourg" Lalouette, qui de passage au pays des belges, propose de venir me saluer. S'il faut une seule chose dans une semaine assez gris-noir pour vous mettre d'humeur bucolique, c'est bien un truc comme cela.

De telles choses n'arrivent certes pas toutes seules, elles sont la résultante de l'énorme capacité d'un forum de relier tel un réseau les œnophiles passionnés du monde entier. Cela reste, pour moi, l'un des deux avantages majeurs de la structure forum par rapport à un blog.

Pour ce qui est de la rencontre avec Laurent, même la clientèle de l'officine avait décidé de momentanément nous laisser deviser en paix, à moins que les miasmes aient eu définitivement raison de la population environnante. L'occasion donc de partager quelques flacons....

Tout d'abord, je laisse à mon hôte le soin de terminer le Riesling Windsbuhl 99 ouvert la veille et qui n'a rien perdu de sa fraicheur et de sa finesse, l'oxydation n'ayant pas eu raison de lui....

On passe ensuite à un Gewürztraminer Zinnkoepflé 2008 d'Agathe Bursin, question de faire découvrir à Laurent la dernière moisson de la fée de Westhalten.

Il y a 3 mois, voici quel était mon commentaire :

Le nez reste assez variétal avec des notes de pétales de rose, de lychees et une pointe de levure. En bouche, on retrouve le paradoxe acidité/sucre par rapport au 2007 où, si l’acidité est bien présente en attaque, elle a tendance à s’éteindre de plus en plus en fonction du temps, et ce, au profit de sucres un peu trop pâteux. On retrouve toutefois de belles notes épicées en finale.

Aujourd'hui, les choses ont bien évolué. La fraicheur est plus longitudinale, elle porte mieux le vin jusque dans la finale et les sucres se sont déjà bien plus intégrés, le vin paraît sec désormais. Si on retrouve  les pétales de rose au nez, le côté variétal a aussi perdu beaucoup de terrain pour que chose de plus iodé, une marque du Zinnkoepflé...

Je tente ensuite de faire le comique avec mon honorable interlocuteur en carafant  subrepticement un Saumur Champigny Clos Rougeard "Les Poyeux" 2000 des frères Foucault que je parviens à lui mettre sous le nez alors même qu'il me parlait du "Bourg". Bon d'accord, c'est vendredi, c'est spaghetti et ce vin aurait pu trouver un meilleur accompagnant... certes ! Heureusement que ma moitié ne prépare pas la chose trop épicée...

Le nez est complexe, avec une identité cabernet franc, certes, mais un beau fruit, plutôt rouge que noir, avec beaucoup de fraicheur et de finesse. En bouche, on conserve cette fraicheur, le fruit est dense, les tanins sont soyeux et intégrés à souhait. Très belle longueur, sur la fraicheur pour un très beau vin, plus fin que mastodonte...

L'heure tourne, déjà temps de saluer mon hôte et de l'envoyer dans les griffes d'un de  Laurent Mélotte avec qui, il aura sans doute, des tonnes de bons mots à échanger !

Un petit mot encore pour vous renseigner l'adresse du tout jeune Blog de Laurent, "Ma Passion des Vins de Loire" et de vous inviter à suivre ses écrits sur le forum www.lapassionduvin.com .