Première observation que Thierry Meyer m'avait suggéré il y a quelques jours : "Les salons, c'est super.... tu pourrais y découvrir des tas de choses et tu files toujours droit vers ce que tu connais, et prioritairement chez tes potes". Résultat, j'ai passé au moins une de mes deux journées chez les Alsaciens et les Italiens.

Deuxième observation : Vient-on encore au salon pour le vin? Je parle du liquide pas de la sphère... C'est vrai qu'ici le mot salon prend tout son sens... Rien que par les rencontres. C'est un vrai bonheur de mettre des visages sur des noms, Gunthard du matin et du soir, jeunes admirateurs de normale sup (un peu moins, maintenant), mon Arelate qui m'a cherché dans tout le salon pendant une bonne paire d'heures... J'en passe et des meilleures... Et puis, y a les potes des potes qui deviennent des potes, faut pas les oublier, ces zoziaux-là.

Troisième observation : C'est la conjonction des deux premières observations... T'arrêtes pas avec les potes de la deuxième d'aller chez les potes de la première, question de présenter les seconds aux premiers. Y en a qui apportent des bonbons, moi c'est des potes (un peu de chocolats quand même). Résultat, 5 passages chez mon Hervé, autant chez Petite Agathe, et, chez Sipp, je compte plus, c'est au dessus de ma base dix, va falloir que je me mette au Babylonien, paraît qu'ils étaient en base soixante!
Enfin, chez Valgiano et Roagna, là je dis pas, les deux petites dames ont du croire que j'en pinçais pour elles, surtout qu'elles, au début, z'étaient pas potes, mais mon acharnement soudain, c'est de la faute à Paulo et Elisabetta (Je me comprends).

Quatrième observation : Y a un truc à la mode, le gros Buzz chez les Français de France, ce sont les escaliers (non pas les Marches, c'est ailleurs), mais les escaliers, enfin, l'ESCALIER. C'est à tel point couru que samedi soir, on savait plus le traverser. T'étais en haut ou en bas, c'était un choix, mais quand t'y étais, tu changeais plus. Préparateurs physiques, alerte rouge, je dis !

Bon parlons quand même vin :

Alsace :

Passion oblige, fallait bien que je me fasse un max de la brochette rhénane présente.


Etienne

Chez Sipp, toute la gamme présentée par Martine et Etienne se comportait vraiment bien, au top même, avec un Kirchberg 2007 qui lentement s'affirme par rapport à l'Osterberg du même millésime, par la puissance et l'expression du terroir. Belle mention pour le PG du Kirchberg toujours en 2007, plus marqué par son sol que par le résiduel. Je trouve le GW Osterberg 2005, plus marqué, pour le moment, par le variétal, mais ça, c'est une question de goût. Enfin, pas oublier le Riesling Kirchberg 1999, d'un autre style, plus à l'ancienne, mais en pleine maturité !


Agathe

Chez Petite Agathe Bursin, comme d'hab, c'est compact, je veux fidèle à un style. Les résiduels du millésime 2008 sont peut-être plus marqués qu'en été, ce qui peut en contrarier certains, mais j'aime bien l'intensité et le fumé de ses vins. Mention spéciale pour le Sylvaner Eminence, le Riesling Zink classique, précis en diable et surtout la VT en Riesling GC Zink, très rafraichissante avec ses seuls 28,5 gr de résiduel.


Matthieu

Chez Marcel Deiss, content de retrouver Matthieu (dommage que Florian ne fut pas là aussi), toujours aussi disponible malgré le monde. Gros coup de cœur pour le Schoffweg 2005, au nez un peu pomme (mais pas oxydatif), mais surtout avec cette puissance dans l'acidité et le fruit. Un grand vin. Grassberg 2005 et Huebuhl 2002 sont plaisants à souhait, surtout le second, d'une superbe buvabilité. Mambourg 2006 est visiblement trop jeune, un peu fermé quand on sait de quoi la bête est capable.

Chez Blanck, la gamme présentée est énorme, très glacée comme l'année passée. S'il faut saluer l'effort de viser large, encore faut-il que tout ait la même précision, or, là, je reste sur ma fin. Si les Schlossberg s'en tirent bien, surtout le 2007, énormément de vins sont sous la coupe du millésime avec des résiduels pénibles sur 2006. Et puis, ca m'arrive rarement d'être acide en critique, mais la présentation de ces vins me laisse perplexe, tant l'animateur, sommelier de son état, refuse le dialogue ou la controverse et peine quand on va sur le technique du terroir. Maintenant, j'ai pigé, si j'y retourne, ce sera au domaine, en espérant tomber sur un vinificateur.
Découverte que je voulais faire, parce que totalement inconnu pour moi, c'est le domaine Paul Zinck. Alors là, chapeau bas, rarement vu une telle constance dans la médiocrité, avec des acidités qui risquent pas de réveiller qui que ce soit et surtout un pâteux généralisé. Et puis, tout cela est d'un flou. Indigne d'un tel salon. (là, je ne me suis pas fait un pote).

Pas eu le temps de passer à la Cave de Ribeauvillé, une bien belle maison pourtant, ce sera donc sur place, plus tard... parce que le Clos du Zahnacker, c'est souvent intéressant. Aussi intéressant de voir l'influence de D. Dubourdieu sur les vins.

Italie

On commence par le p'tit chéri à mon Paulo, la perle de Lucca, le Tenuta di Valgiano avec ses deux DOC majoritairement sangiovese (70%). Le premier vin présenté, le Palistori 2007 est fait avec les jeunes vignes du domaine. Si le fruit et la fraicheur s'y expriment déjà bien, les tanins sont encore un peu dur... mais cela promet. Le Tenuta di Valgiano 2007 est, par contre, beaucoup plus soyeux avec une finesse et une profondeur exceptionnelles, le tout avec beaucoup de fruit et une buvabilité étonnante pour un vin si jeune. Coup de Cœur des toscans présents.

Toujours en bonheur avec Sottimano, domaine piémontais récemment mis à l'honneur par le Paulo (toujours lui) sur Vins-Terre-Net. Bonne entrée en matière avec le Barbera d'Alba 2007 "Pairolero", droit comme un I et très buvable, mais les deux mentions, je les garde pour les Barbaresco 2007 "Pajoré" et Cottà 2006 où profondeur, finesse et longueur méritent l'attention de tous. Sublimes. Dommage que tous les vins n'étaient pas présents les deux jours.
Toujours sur la même table (et c'est pas fini), le domaine Luciano Sandrone avec un intéressant Nebbiolo d'Alba Valmaggiore 2007, plus sur la souplesse et le fruit que sur la structure mais surtout, le Barolo "Le Vigne" 2005 dont j'ai apprécié la puissance et la longueur, malgré le millésime.

Un pas de côté et on est chez Voerzio. Si le Barolo La Serra 2005 est trop dur (même impression que pour les Spinetta 2006 goûtés en Belgique), j'ai, à l'inverse de mes camarades, apprécié le Barolo Capalot 2000, encore un bébé qu'il faudra attendre 10 ans, mais une bête de structure.


Luca Roagna

Encore un pas de côté... et c'est à peine si je ne pleure pas de bonheur : Deux domaines co-représentés et non annoncés au programme, et pourtant, parmi les plus beaux : Foradori et Roagna. Les plus beaux, parce que nous sommes des êtres humains, avec notre sensibilité propre et quand le jeune Luca Roagna et sa splendide complice italo-franco-québécoise aux yeux à tomber vous présentent les choses avec tant de simplicité, de crédibilité et de passion, on est au paradis.

En dehors de leur magnifique culture et langue splendide, les italiens ont vraiment une chose importante à communiquer : la vie et le savoir-vivre.


Elisabetta

Chez Foradori, dois-je encore m'épancher sur la Grande Elisabetta, princesse des vins d'Italie, impératrice de la biodynamie mais surtout poétesse du vin? Heureux de pouvoir goûter le Teroldego Rotaliano 2007 (sans savoir qu'un de ses ancêtres me tomberait dessus le soir-même chez les Gunthards (voir post précédent), j'en connais un qui a du se marrer toute l'après-midi), très sur le fruit lui aussi, gourmand et épicé. Et puis, il y a le nectar, le Granato 2006, la perle : Philippe Barret en disait sur LPV : un très beau vin, toujours dans ce style fin, frais, tendu, avec de jolis arômes fruités très purs, une finale digeste et avec une nette sensation minérale saline qui fait saliver et donne envie de passer à table ! Rien à ajouter, il goûte bien cet homme-là. Le cépage Teroldego dans les mains d'Elisabetta, c'est le TRUC à découvrir d'urgence. Amusant, aussi, le samedi de goûter le Myrto blanc, une IGT, assemblage de Sauvignon Blanc et de Incrocio Manzoni, un vin à la fois tendu, plein de fraicheur et aussi fin, élégant.

Chez Roagna, toute la gamme présentée méritait le détour : Le Barbaresco Pajé 2003, tout d'abord qui se bois avec beaucoup de fraicheur pour un millésime pareil (bien que le piémont ait moins souffert en 2003) et si les tanins sont en retrait, le fruit offre énormément de buvabilité. Le Barolo Vigna Rionda 2004 est une petite bombe issue d'un superbe millésime quant à lui. S'il aura besoin de dix ans pour se faire définitivement il serait dommage de passer à côté de cette splendide structure tannique et de la complexité de la bouche, faite de fruits rouge et de fraicheur. Un tout grand vin ! Le Blanc Solea 2003, par contre m'a moins marqué, si ce n'est qu'en plus du chardonnay, il est assemblé avec du nebbiolo vinifié en blanc pour les 25% restant. C'est plaisant mais cela manque un peu d'ampleur.

Un autre grand moment, c'est la découverte chez Lucchetti (Marches) du Lacrima di Morro Superiore rouge 2006, un vin fait à partir du cépage indigène "Lacrima", étonnant de densité (proche d'un amarone), surmaturé avec des aromes de rose comme un GW ! Tuant !

Bonne impressions encore chez Albino Rocca avec des Barbera plus sur la fraicheur et le soyeux que sur la structure. Toujours intéressant de faire goûter des Sagrantino (Ombrie) aux collègues, surtout les Passito, mais ce qui était présent n'arrive pas à atteindre la qualité d'Arnaldo Caprai.

Le reste du monde

Hervé et Claudine Bizeul étaient donc une étape fréquente de cette catégorie... C'est marrant, les Fées me visitent pas mal ces temps derniers, mais Hervé, j'veux bien le rencontrer tous les soirs.... L'avantage d'y passer souvent (au stand), c'est de pouvoir goûter finalement toute la gamme présente sur et sous la table, les cloches et autres mots de passe aidant. tout se goûtait mieux qu'à Bruxelles, deux semaines plus tôt, surtout les Vieilles Vignes 2007, à nouveau sur la fraicheur et le croquant. Le Clos 2007 était lui aussi en grande forme, superbe de structure avec un bois civilisé et la Petite Sibérie 2007 entre structure énorme et fraicheur cathédralesque. Si Un Faune... propose un cabernet étonnant de fruit avec des tanins souples et un côté solaire évident, De Battre... est le seul qui m'a semblé fermé (à revoir, sûrement)

Et sinon : Superbe passage chez Ferraton qui était à la qualité présentée ce que Chapoutier était à la médiocrité (bizarre quand même), Richaud reste au top pour moi et je fais un petit salut à leur délicieuse représentante et à sa passion pour la biodynamie. De beaux Vermentino, encore et beaucoup de choses bues mais pas notées....

Allez hop !