Les images de ce compte-rendu sont utilisées avec l’agréable agrément du domaine Bernhard et de Pierre Radmacher (Forum DC)

Beaucoup parlent en bien et de plus en plus de ce domaine, coup de cœur de l'édition millésime 2008 de la RVF en juin, d'autant plus que l'on y est remarquablement accueilli.
L'occasion après 3 passages de faire une thématique sur ce domaine était belle, surtout que Frédéric Bernhard m'a permis, à l'occasion, d'acheter quelques plus vieux ou plus rares flacons.

A propos du domaine

Le domaine familial Jean-Marc Bernhard se situe à Katzenthal, en Haut-Rhin à 10 minutes à l’ouest de Colmar, blotti depuis 1802 dans une des vallées encaissée entre Kaysersberg et Niedermorschwhir (Turckheim).
Frédéric, son père Jean-Marc et leurs charmantes épouses représentent l’épine dorsale actuelle de la gestion du domaine.
Le vignoble de 10 hectares est réparti sur 5 communes, où l’on retrouve les Grands Crus Schlossberg, Wineck Schlossberg (attenant au village), Mambourg, Furstentum, Florimont et le récent Kaefferkopf. Pour mieux découvrir « LE » Grand Cru du village, soit le Wineck-Schlossberg, un détour par
ICI s’impose.


Une tradition de générations en générations

La culture de la vigne est basée sur le respect du terroir et des sols. Tout est fait pour favoriser la vie de ceux-ci : labours réguliers, enherbement renouvelé un rang sur deux, apport de compost, entretien des vieilles vignes. Globalement, la plupart des parcelles sont travaillées en bio sans que l’agrément ai été demandé à ce jour.
A la récolte, les raisins murs sont favorisés sans vouloir rechercher de la surmaturité (densités de 1095 à 1100 maximums sur les rieslings du Wineck), ce qui confère à leurs vins une tradition de caractère sec.

La vinification est basée sur la même philosophie, limitant les intrants au strict minimum, non interventionniste, favorisant les fermentations longues avec l’aide de levures naturelles.
Les malos se font parfois mais elles ne sont jamais recherchées ni favorisées. Les élevages se font en foudre pour les rieslings, les pinots gris et les pinots noirs, les autres cépages sont élevés en cuves inox thermorégulées.
De nombreux investissements sont réalisés sur la modernisation du matériel de vinification à la pointe du progrès afin de garantir le maintien qualitatif des raisins.

Les terroirs dégustés

Grand Cru Wineck-Schlossberg (Katzenthal)

Le cru s’étend sur 27 hectares entre 270 et 420 mètres d’altitude avec une exposition sud, sud-est et des pentes importantes. Son sol, pauvre, est de nature granitique, presque exclusivement, à 2 micas désagrégés. Il contient cependant un peu plus d'argile que son illustre voisin du Schlossberg. Plus protégé des vents que les autres terroirs granitiques, ce terroir donne des vignes précoces avec des vins solaires souvent résiduels si on ne tient pas compte de cette capacité à murir plus tôt. Le riesling sied particulièrement à ce terroir.


Katzenthal et le Wineck

Grand Cru Schlossberg (Kaysersberg-Kientzheim)

Le Cru s'étend sur 80 hectares exposés majoritairement plein sud entre 230 et 430 mètres d'altitude sur un sol exclusivement granitique plus friable du côté de Thannenkirch, plus compact du côté de Kaysersberg, mais globalement, il laisse bien filtrer l'eau. Les vins sont le plus souvent très minéraux, d'une grande finesse et de grande garde. Si le riesling est le cépage roi du Schlossberg, les Gewürztraminers sont des plus intéressants pour leur finesse.

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Le Schlossberg

Grand Cru Mambourg (Sigolsheim)

Le cru s'étend sur 62 hectares entre 205 et 340 mètres d'altitude. Exposé au sud et particulièrement pentu, son sol est marno-calcaire avec des argiles inclus de galets calcaires du tertiaires. Bien que bien aéré et hydraté, il s'agit-là d'un des terroirs les plus solaires de l'Alsace, très favorable au Pinot Gris et au Gewürztraminer pour lequel il donne des vins aromatiques aux senteurs souvent orientales, avec des notes fumées pour les pinots gris.


Le Mambourg

Grand cru Florimont (Ingersheim - Katzenthal)

D'exposition Sud-Sud-est ce coteau s'étend sur 21 hectares entre 225 et 290 mètres d'altitude. de couleur marron, ce terroir est formé d'un substrat calcaire inclus de marnes avec des parties plus argileuses en bas de coteau. Il s'exprime mieux sur des années fraiches, car il a tendance a souffrir facilement de la sécheresse. Bien que le riesling y soit bien planté, c'est le Gewürztraminer qui domine ce cru. Tendant entre épices orientaux et aromes floraux, ce dernier cépage donne des vins souvent gras et puissants.


Le Florimont

Grand Cru Furstentum (Kientzheim - Sigolsheim)

De nature calcaro-marno-gréseuse avec un peu d'argile, le terroir est riche en fer en en pierres calcaires jaunes. Les 30 hectares du cru sont exposés au Sud, Sud-ouest sur des dénivelés importants. Le Gewürztraminer y est le cépage le plus planté, et paradoxe par rapport à la richesse relative des sols, il y donnes des vins très fins et de grande garde. Le riesling y est aussi bien planté, donnant aussi des vins fins. Le pinot Gris, enfin, s'exprime souvent avec force et richesse sur ce terroir mais il y profite d'acidités élevées qui lui garantissent une belle fraicheur et une garde importante.


Le Furstentum

Le vignoble autour de Katzenthal

Les sols autour du village sont de nature plus argileuse que sur le Wineck-Schlossberg, avec des parties, en plaine, plus sablonneuses, et sont souvent très précoces.


Katzenthal

Questions à Frédéric Bernhard

Sur votre site web, vous prônez une identité d’agriculture « raisonnée » avec respect des sols sans vous identifier « bio » comme tel alors que de nombreuses parcelles sont cultivées comme tel. Pensez-vous aujourd’hui qu’aller vers une démarche encore plus bio est logique, programmée ou non ?

Oui, programmée et déjà entamée par la conversion progressive du domaine dès le millésime 2010.

On sait l’alsacien fort attaché à sa terre et, à l’inverse des nouveaux viticulteurs, comme certains dans le Languedoc, accrochée à celle-ci depuis des générations, au point qu’il pourrait être facile de considérer l’Alsace comme la patrie des viticulteurs les plus terriens. Vous considérez-vous comme digne héritier de cette lignée ou pensez-vous que le vignoble doit être envisagé aujourd’hui par une démarche plus intellectuelle ?

Plutôt terrien et respectueux du travail de nos ancêtres, comme les Bourguignons…

L’association des Grands Crus d’Alsace a été marquée par des récents débats houleux autour des appellations. Sans vous demander de vous  positionner, que pensez-vous de la complantation ?

Les grands vins peuvent avoir un Nom et un Prénom...

En dehors des 4 cépages dits « nobles », avez-vous un petit coup de cœur pour un autre?

Le Pinot Noir sur certains terroirs calcaires, mais ceux-ci sont plus difficiles à valoriser pour ce cépage

Pouvez-vous nous décrire vos impressions sur les trois derniers millésimes, chez vous, au domaine, plus principalement pour 2009,  dont, à l’heure où ces lignes sont écrites, nous n’avons que peu de recul ?

2007 : précoce, beaux équilibres, bonne garde, botrytis et concentration. Mention spéciale aux Gewürztraminers.
2008 : très grand millésime de garde, tardif et frais, avec des raisins très propres et denses. Deuxième millésime très ''Alsacien''  avec une  mention spéciale aux Rieslings.
2009 : plus de fruits, de rondeur, d’acidité tendre, et donc, des vins gourmands et opulents, peu de botrytis. Mention spéciale aux Pinot Gris.

Une certaine augmentation de la demande du public favorise depuis quelques années la production de vins structurés sur plus de sucres résiduels, la résultante en étant la présence croissante de VT et SGN sur les tarifs des viticulteurs de votre région. De votre côté, on associe souvent à vos vins, un caractère très sec. Pensez-vous que l’on peut garder le respect de l’expression du terroir en le travaillant à la fois pour les vins secs, VT, SGN et autres voisins de glace ?

Oui,  tout cela est possible, mais attention à bien distinguer les genres. Effectivement, nous essayons de trouver dans le style sec notre voie, notre style et nous tentons de nous y tenir au maximum, quelles que soient les variations de la demande générale.

Voyez-vous personnellement ces dernières années une évolution de la clientèle ?

Oui nous avons plus de clients œnophiles, de cavistes et d'importateurs qui demandent nos vins spontanément.

Notre club, DCVD, a une forte appartenance au monde des forums de vins. Etes-vous plus ou moins sensibles aux réactions face à vos vins, et ce par rapport à la presse professionnelle ?

Oui, j’y suis plus que sensible, même si je ne lis pas tout par faute de temps ; votre avis est complémentaire à ceux des guides pros car vous êtes également acheteurs et consommateurs, et aussi plus sensible à la notion de rapport Qualité/Prix.

Quelle serait pour vous, aujourd’hui, la plus belle reconnaissance à laquelle vous aimeriez aspirer (encore ?)…

Peut-être que notre production continue à être demandée à long terme, et notre style reconnu et recherché.

C’est bien parti….

Les vins dégustés

  • Sylvaner Katzenthal 2007

  • Riesling V/V 2006

  • Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 1996

  • Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 1999

  • Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 2004

  • Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 2006

  • Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 2007

  • Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 2008

  • Riesling Grand Cru Schlossberg 2006

  • Riesling Grand Cru Schlossberg 2007

  • Riesling Grand Cru Schlossberg 2008

  • Pinot Gris Grand Cru Furstentum 2002

  • Pinot Gris Grand Cru Furstentum 2008

  • Gewürztraminer Grand Cru Florimont 2005

  • Gewürztraminer Grand Cru Florimont 2006

  • Gewürztraminer Grand Cru Florimont 2007

  • Gewürztraminer Grand Cru Mambourg 2005

  • Gewürztraminer Grand Cru Mambourg 2006

  • Muscat VT 2005

  • Riesling VT "Jus de Jules" 2004

  • Gewürztraminer Grand Cru Mambourg VT 2001

  • Pinot Gris SGN 2005

  • Gewürztraminer SGN 2005

Les vins n'ont pas été dégustés à l'aveugle mais dans un ordre qui se rapproche de celui du domaine, à une température de 8-9 degrés, température extérieure du moment. Chaque bouteille a été ouverte vers midi pour tester les défauts éventuels avant d'être refermée par un bouchon de verre jusqu'au soir.

Sylvaner Vignoble de Katzentahl 2007 (4,5 euros)

Belle robe jaune-vert très claire. Le nez est intéressant, complexe avec des aromes de bonbon aux fruits d'abord, puis des fruits plus citriques et de la poire. En bouche, on retrouve le côté citrique, très appuyé par l'acidité droite et pure. Le vin est long, frais, très sec et aromatiquement pur, très loin du côté variétal du cépage. A 4,5 euros, ce serait un crime de s'en priver. Très Bien (14,5/20)

Riesling V/V 2006 (6 euros)

La robe est doré-clair, sans défauts. Le nez est plus fermé, moins expressif que pour le sylvaner, puis à l'aération il parsur des notes variétales citriques ainsi qu'un peu de fruits blanc et de floral. La bouche est à nouveau très droite, marquée par l'acidité qui masque un peu trop le fruit. Cela pourraît paraître aussi yun peu plus complexe, surtout que la finale, assez courte est marqué un peu par l'amertume. Moyen. 13,5/20

Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 1996 (12 euros (anciennement 10)

Intéressant de commencer la série des Wineck par un vin plus ancien, d'un beau millésime, dans un style annoncé plus germanique. La robe est jaune-or sans l'impression d'une évolution prononcée. Le nez est d'abord très fermé puis s'ouvre sur des notes très citriques, puissantes et un côté viandeux. On sent transparaître la fraicheur. L'acidité ouvre, porte et ferme la bouche comme un sabre affuté donnant à ce vin une rectitude énorme et qui paraît au yeux de sa longueur, indestructible. Si ce style semble avoir disparu du domaine et même de l'Alsace, plusieurs dont moi (qui ne craignent pas le soufre) s'en délectent. Très Bien. 15/20

Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 1999 (12 euros (anciennement 10)

La robe est semblable au 96. Le nez est assez intense, plus sur l'orange et les agrumes exotiques que sur le citron. On reçoit aussi une certaine chaleur. Bien que la bouche paraisse encore droite, l'acidité est plus en retrait au profit d'une certaine rondeur confortée par la présence tactile de résiduel. La finale qui en résulte est un peu molle et plus courte Moyen. 12,5/20

Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 2004 (12 euros (anciennement 10) 

La robe est jaune-vert clair, et aura cette constance pour les trois millésimes suivant dégustés en Wineck. Le nez est net, intense, avec une belle élégance hormis une toute petite pointe de verdeur (gentiane). Il s'en dégage aussi beaucoup de minéralité. La bouche est fraiche avec une acidité bien plus tranchante à nouveau tout cela en bel équilibre avec le fruit et la salinité et cette fraicheur persiste sur la finale de façon très vivace en faisant ressortir de beaux épices sur la longueur. Très Bien. 15,5/20

Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 2006 (12 euros (anciennement 10)

Le vin paraît d'abord fermé au nez qui lentement s'ouvre sur des aromes citriques, floraux et un peu mentholés. En bouche, on retrouve un bel équilibre entre le fruit et l'acidité sans perception tactile de résiduel, ce qui est notable pour le millésime. La finale pourrait être plus longue et est un peu perturbée par une pointe d'alcool et une structure un peu asséchante. Bien+. 14/20

Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 2007 (12 euros (anciennement 10)

On passe à un millésime plus réussi avec 2007 et c'est très perceptible. Le nez redouble d'intensité et on y retrouve les notes d'agrumes et de menthe du 2004, renforcées ici et là par une touche de bonbons, une toute petite pointe d'alcool et de la pierre. La bouche a de quoi réveiller Horst Tappert (Inspecteur Derrick) tellement on en prend plein les papilles. De l'acidité tranchante comme un sabre (presque perlante)  aux aromes citriques en passant par la salinité, la concentration est là, omniprésente, sans pour autant manquer d'élégance et de finesse. Un très très beau vin. Ce vin se goûte très sec, de plus. 17/20

Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 2008 (12 euros)

Pour ce 2008, on prend le 2007 et on met un petit exposant en plus. Tout s'exprime effectivement avec un plus, à commencer par le nez, qui bien que jeune exprime les aromes du 2007, sans l'alcool toutefois, mais avec une complexité inouïe avec des aromes supplémentaires de thé, de miel et du floral. La bouche est gigantesque avec l'acidité à nouveau tranchante et légèrement perlante, un fruit et de la salinité très présents, compacts. Ce n'est pas un pic, c'est un roc!. La finale est somptueuse, dense et fraiche promettant un tout grand avenir à ce très très grand vin sec. Et vu le prix, cela paraît totalement incontournable. 18,5/20

Riesling Grand Cru Schlossberg 2006 (12 euros)

A la robe, on évolue un peu par rapport aux Wineck, avec un jaune-or plus intense et une légère impression de gras plus présent. A nouveau, sur les 3 millésimes considérés (06-07-08), on ne peut qu'être frappé par l'uniformité de ces robes.
Le nez est d'abord fermé (comme pour le Wineck) puis il s'en va chercher des aromes assez évolués, lactés, miellés et mentholés. C'est très plaisant. En bouche, on retrouve moins d'harmonie et de complexité, parce que, si l'acidité reste appréciable, on note une rondeur un peu chaude qui perturbe l'équilibre. La longueur est aussi un cran en dessous, même si cela reste agréable globalement. 14,5/20

Riesling Grand Cru Schlossberg 2007 (12 euros)

On repart sur un nez très intense, puissant avec des notes lactées, fumées avec un côté viandeux, animal, du fruit, bref, une grosse complexité. La bouche est droite, façonnée par l'acidité (un peu moins tranchante que sur Wineck) qui maitrise le fruit et le résiduel pour donner un vin frais et ample avec un volume de bouche qui paraît aussi plus important que pour le Wineck. Sur la finale, très longue, on note plus de rondeur avec une fine pointe de chaleur et d'amertume qui avec l'âge se fondront pour donner un très beau vin. 16,5/20

Riesling Grand Cru Schlossberg 2008 (12 euros)

La robe est un peu plus claire que pour le 2007 et au nez, on reprend les même aromes avec un fruit plus expressif et une densité minérale plus notable. Equilibre, pureté et fraicheur sont à nouveau au programme, avec ce petit plus du 2008 par rapport au 2007. La matière structurale est en effet énorme en milieu, comme en fin de bouche avec la salinité qui ne se discute pas et un relief de bouche presque tannique. Grand vin de grande garde au programme. 17/20

Pinot Gris Grand Cru Furstentum 2002 (10 euros)

Ce vin était hélas marqué par du bouchon à l'ouverture et même si celui-ci s'était largement effacé le soir, le nez et la bouche manquaient de netteté et nous n'avons pas estimé cette bouteille.

Pinot Gris Grand Cru Furstentum 2008 (12 euros)

La robe est claire, jaune -vert et le nez est puissant et frais avec des aromes plus exotiques de mandarine, de macédoine de fruits jaunes avec un note d'orange amère. En bouche, on ressent un bel équilibre avec un beau rapport entre l'acidité, le fruit et les sucres. Sur la finale toutefois, le côté sucré a tendance à s'affirmer avec une amertume qui se développe lentement. C'est bien mais a réserver à une cuisine asiatique, selon moi. 14,5/20

Gewürztraminer Grand Cru Florimont 2005 (10 euros)

La robe est plus dorée que jaune sans un excès de concentration. On retrouve celle-ci de façon très cohérente sur les millésimes 2006 et 2007. le nez est intense sur des notes beurrées et lactées d'abord, puis on évolue sur des notes plus variétales de rose mais celles-ci sont tempérées par une forte impression de terroir que, avec mon vocabulaire, j'appelle perception de minéralité. Si fraicheur acide et fruits sont au programme surtout sur le milieu de bouche pour donner un vin très plaisant, la finale dérive un peu sur des vagues amères ou sucrées. Bien+. 14,5/20

Gewürztraminer Grand Cru Florimont 2006 (10 euros)

Le vin est d'abord fermé au nez puis celui-ci s'ouvre sur des aromes variétaux, épicés, presque caramel, avec une netteté qui perturbe un peu. En bouche, le vin paraît un peu passé, sans vigueur dans la fraicheur et une finale trop courte, plate et sucraillonne. effet de millésime ou défaut de bouteille; je préfère la seconde option, surtout que j'ai de meilleurs souvenirs au domaine. 12,5/20

Gewürztraminer Grand Cru Florimont 2007 (10 euros)

Ce nez-ci est nettement plus complexe, moins variétal et plus sur le floral et le minéral avec une belle finesse aromatique à peine perturbée par une petite invasion d'alcool. La bouche est plus fraiche, plus équilibrée, sapide et saline avec du fruit et nettement moins de sucre et d'amertume sur la finale, bien longue aussi. J'aime vraiment beaucoup et je trouve ce vin idéal, dès maintenant, pour un apéritif. 16/20

Gewürztraminer Grand Cru Mambourg 2005 (13 euros)

Passage à un terroir plus marquant généralement que le Florimont. La robe est un ton de concentration au-dessus, toujours dans la gamme du doré clair. Le nez est agréable, riche et varié avec des mandarines et d'autres petit fruits, des notes de café et le variétal très en retrait. Une pointe d'alcool vient s'ajouter à cette fort belle exubérance. La bouche est équilibrée avec une tension perceptible mais pas dominante. On n'a pas une grosse perception tactile de résiduel et je trouve la finale très classe, si ce n'est des amers un peu envahissants sur la fin. A nouveau, un très beau vin, nettement plus accompli que le Florimont. 16,5/20

Gewürztraminer Grand Cru Mambourg 2006 (13 euros)

Ce vin est le dernier gewurztraminer de la gamme des vins secs de la soirée. Par rapport au 2005, il semble avoir subi de plein front les assauts du millésime, chaleur estivale et humidité sur les vendanges. Le résultat est tant au nez qu'en bouche quelque chose de bien trop souple pour rivaliser avec le 2005, tant sur la structure que sur la tension. Très moyen. 12,5/20

Muscat VT 2005 (50 cl - 20 euros)

Petit détour par un vin qui nous avait "accroché" au domaine, Jehan et moi, pour commencer les "sucres". La robe est très claire, plus verte que jaune. Le nez confirme d'emblée notre impression de l'été passé avec une splendide finesse, des aromes aériens de violette et de muscat croquant. La bouche est tendue à l'attaque, puis équilibrée, complexe sur le fruit, avec des épices qui se marquent sur la très belle finale avec des équilibres de sucres qui font plus penser à un vin de glace frais qu'à une vrai Vt, fraicheur qui apporte beaucoup de sapidité. a ne pas rater si vous passez au domaine. 16,5/20 et Coup de Coeur.

Riesling VT "Jus de Jules" 2004 (50 cl -15 euros)

Ce vin a été nommé ainsi pour célébrer la naissance du petit Jules en 2004. La robe est jaune-or assez clair. Le nez est riche, pur et complexe, comme souvent sur les riesling en VT, avec de beaux aromes de pomme, d'orange et de mandarine. L'attaque de bouche est vivace, mais le vin semble un peu étroit. Si les sucres ne débordent jamais, seule la fraicheur marque le vin et la finale paraît asse courte. C'est bien mais on aurait espéré un peu plus de densité et de longueur. 14/20

Gewürztraminer Grand Cru Mambourg VT 2001 (50 cl -15 euros)

On s'attendait à un grand vin sur un beau terroir et un grand millésime. En finale, on est déçu parce que le vin est trop marqué par les sucres, l'amer, la faiblesse de la longueur et surtout la fraicheur en retrait. On a peut-être mal compris ce vin , on commençait à fatiguer, il est vrai, mais l'avis objectif de Frédéric m'intéresse sur ce coup-là ! 12,5/20

Pinot Gris SGN 2005

On monte d'un échelon dans la sucrosité avec ce premier "Grain Noble". Si le nez est plus complexe que le vin précédent avec un lacté botrytisé intéressant sans fadeur du champignon, la bouche manque de vivacité et le sucre domine trop la finale. Les prédiabétiques apprécieront. 14/20

Gewürztraminer SGN 2005

L'enfant se présente mieux avec une robe bien dorée, grasse mais nette. Le nez aussi assure plus de netteté bien qu'un peu de volatile est présent. Des aromes de fruits croquants se dégagent tant au nez qu'en bouche, très sur la mandarine, le variétal est pratiquement absent et la bouche ne manque pas de fraicheur pour assurer une belle longueur à ce vin. Très bien, même si ce n'est pas ce type de vin que je recherche particulièrement.

Conclusions

La réputation du domaine de faiseur de vin secs fins et précis, surtout sur les Rieslings est loin d'être galvaudée, et si les Schlossberg sont marqués plus par l'amplitude tout en gardant de la fraicheur et de la longueur, c'est aux Rieslings Wineck-Schlossberg que vont mes louanges. Ces vins sont purs, droits et longs, rafraichissants dans les beaux millésimes et d'une très belle salinité. Au prix où ils sont commercialisés, il serait criminel de passer à côté. Si j'ai eu moins facile avec les pinots gris, secs, VT ou SGN, je trouve que les Gewürztraminer s'en tirent avec les honneurs, avec souvent plus de terroir que de variétal, et c'est tant mieux. Je ne voudrais pas oublier le sylvaner dont je regrette de ne pas l'avoir incorporé à notre marathon de juin sur ce cépage et puis... il y a ce muscat VT dont mes papilles frétillent encore et qui me permet de croire que le domaine peut assurer autant de maitrise sur les sucres que sur les secs.
Je dirais pour finir que la majorité des vins, surtout les secs sont à l'image de cette famille, tout en accueil, charme, finesse et élégance. J'ai hâte d'y retourner, mais cela personne ne l'ignore !

Coordonnées du domaine

Domaine Jean-Marc BERNHARD
21, Grand'rue
F-68230 KATZENTHAL

TEL : +33 (0)3 89 27 05 34
FAX : +33 (0)3 89 27 58 72
WEB : www.jeanmarcbernhard.fr