Aborder une thématique « Mas Jullien », cela risque de paraitre un peu « bateau », tant le domaine est aujourd’hui largement reconnu bien au-delà des frontières du Languedoc, mais, une fois de plus, je dois reconnaître qu’en Belgique, nous avons été particulièrement gâtés en terme de découvreur de talents comme Pierre Ghysens (à l’époque « Vins du Rhône »), Roger Michel (« La Cave des Oblats ») qui ont depuis plus de deux décades mis à jour le talent d’Olivier Jullien à travers ses vins. Et des amateurs, depuis ces temps immémoriaux, il y en a eu ; Il y a quelques jours, c’est John V., un de mes meilleurs potes viniques et aussi fondateur du  délirant club « Les Vieilles Copines » qui nous ouvrait les portes de sa collection, soit 20 flacons du domaine en questions. L’occasion est belle, pour moi, de revenir un tant soit peu sur ma perception de ce domaine et de son maitre à penser, même s’il est plus que probable que pour de nombreux lecteurs, tout cela est matière bien acquise.

 

 

Le domaine et son mentor

Olivier Jullien, bien que ne se réclamant pas du statut d’intellectuel du vin, a dû au long de sa carrière de vigneron en irriter plus d’un « pur » terrien tellement sa démarche de permanente remise en question est impressionnante. Ce jugement paraîtra toutefois a beaucoup tant sententiel, car notre homme invoque presque systématiquement son étude et son travail des sols qui sont parmi les plus approfondis en Europe. Certains diront perpétuel insatisfait, d’autres, obsédé de la perfection, peu importe, finalement tant que le résultat est là.

Olivier Jullien, aidé aujourd’hui de son bras droit, Jean-Baptiste Garnier,  fonde, à Jonquières, le Mas Jullien en 1985 non loin de Montpellier et d’Aniane, au pied du mont Baudille dans le splendide secteur des Terrasses du Larzac (Lac Salagou) en Coteaux du Languedoc, sous-appellation qui est aujourd’hui revendiquée sur les étiquettes du domaine, par soucis de respecter quelque chose de plus évocateur que l’AOP Languedoc.

Si sa superficie active est aujourd’hui approximativement de 18 hectares, il est constitué de nombreuses parcelles étalées sur 20 kms d’Est en Ouest et 25 kms du Nord au Sud. Mais rien n’est jamais vraiment figé, puisque toujours à la recherche de l’expression idéale de terroirs à travers un millésime donné, Olivier Jullien n’arrête pas d’acheter et revendre des parcelles au point qu’il avoue en avoir revendu bien plus  en superficie qu’il n’en possède aujourd’hui.

Ce côté « je n’en fait qu’à ma tête », dans le sens noble du terme, se retrouve amplifié par le fait que s’il s’est longtemps réclamé du bio puis de la biodynamie, il se refuse d’en revendiquer tout statut, souhaitant, là-aussi rester le plus libre possible dans son travail. Aucune  certification ne sera donc à l’ordre du jour, celles précédemment acquises ayant été abandonnées assez récemment.

 

 

La volonté de rechercher en permanence le terroir idéal  fait que les parcelles relèvent de nombreuses disparités géologiques et si les cailloutis calcaires, sol qu’Olivier Jullien affectionne particulièrement pour son rapport favorable à la vie microbienne (70% du domaine), y est majoritaire, on retrouve aussi des silices, du grès et du schiste.
Une certaine hauteur d’implantation des vignes est aussi favorisée (de 200 à 400 mètres, le plus souvent) et la taille privilégiée est le gobelet, bien que certaines vignes soient palissées.
Adepte de la biodiversité, il favorise l’enherbement des rangs, rejetant les arguments de concurrence hydrique au profit de la biodiversité auquel il contribue. Les rangs font aussi l’objet de labours en totalité.

Restons toujours dans les vignes pour observer que cette remise en question s’applique bien entendu aussi à l’encépagement. Si on ne regarde que les rouges, au début c’est le grenache noir et la syrah qui mènent la danse, pour voir ensuite le mourvèdre prendre le pas sur le cépage emblématique du Rhône septentrional, puis voir le grenache nettement diminuer avant de revenir vers des vieilles vignes de grenache et de carignan, sans abandonner le mourvèdre pour autant. (voir détail des cuvées rouges plus bas).

 

 

En cave aussi, les expériences n’ont pas manqué : sans-soufre en 89, du bois plus jeune en 90, 100% de bois neuf en 93, micro-oxygénation en 95, arrivée du demi-muid dès 99, volonté actuelle de favoriser des conditions réductrices dans l’élevage et d’éviter de trop nombreux soutirages.

La production totale tourne autour de 8000 bouteilles de blanc et de 15 à 20.000 bouteilles de rouges.

 

 

Pour les blancs, assemblés autour du grenache blanc et du carignan blanc, principalement, de la roussanne, du viognier, du petit manseng et de la clairette, plus secondairement, les fermentations sont faites en fût et en demi-muid, de même que l’élevage qui se poursuit selon les millésimes de 12 à 18 mois. Les malos sont évitées sauf pour le carignan blanc.

 

 

Le domaine propose 3 cuvées : Le VDP  Mas Jullien Blanc (qui respecte l’encépagement précité), la Mejanne (issue pour certaines cuvées chenin, viognier et grenache blanc voire de petit manseng passerillé) et Carthagéne (à base de carignan blanc et de grenache gris).

Si l’on regarde de plus près les quatre cuvées actuelles de rouge, on retrouve la recherche de variété qui caractérise le maître des lieux :

 

 

Pour les Etats d’Âme, le vin est issu de 10 parcelles majoritairement argilo-calcaires. Si le grenache occupe 50% des débats, le reste est, en fonction des millésimes, partagé entre cinsault, carignan, syrah et mourvèdre. L’élevage se fait en demi-muids de 2 à 5 ans. Cette cuvée ne sera plus produite après 2008.

 

 

La plus récente cuvée Carlan est issue de vignes en terrasses situées en pleine forêt de chênes avec un sol très riche en schistes et en grès sur le terroir de Saint-Privat. La parcelle est exposée à l'Est (pour évitere le soleil couchant), entre 200 et 400 mètres d'altitude (donc 200m de dénivelé). Elevée un an en foudres neufs de 20 hl, elle est composée de 50 % de grenache, de cinsault, de vieux carignan et d’un peu de syrah si cela s’avère nécessaire.

 

 

La Cuvée Mas Jullien, ancienne fusion des cuvées Cailloutis et Depierre, vin aujourd’hui emblématique du domaine, a subi de nombreuses modifications quant à l’assemblage et l’élevage : Si en 99, ce sont 40% de syrah, 30% de mourvèdre, 20% de carignan et 10 de grenache qui étaient élevés 22 mois en demi-muid, pour 2007, on retrouve 25% de syrah, 40% de mourvèdre, 30% de carignan et 5 de grenache le tout issu de sols assez variés mais majoritaires en cailloutis calcaires et d’un élevage de 14 mois en demi-muids suivis de 12 mois en foudre.

Pour finir, le dernier né du domaine, pour 2008, la cuvée « Les Rougeos », à base de vieilles grenaches et carignans  issus des terroirs en altitude de Saint-Privat et des Salses.
A noter encore le délicieux « Rosé » ainsi qu’une cuvée dite Mas Canta Cigales en VDP de l’Hérault que seuls certains nobles jurassiens, privilégiés par l’ascendance de leur moitié. Ah que j’ai hâte de goûter ce nouvel objet du désir, pas l’ascendance de la moitié en question.

Pour Olivier Jullien, chaque millésime de chaque cuvée se crée de lui-même et ensuite, il y a lieu de voir ce que l’on va en faire, sans oublier sa destination la plus noble : la table.

Et… malgré, tout c’te bonheur d’exister comme vigneron béat des terroirs, ma bonne Dame et mon bon Monsieur, malgré tout ce succès, malgré une demande énôôôrme, kolossale, et bè, les prix, c’est à peine s’ils subissent l’index et restent donc étonnamment abordable.

 

 

La dégustation

Les vins sont tous servis carafés deux à trois heures ce qui semble plus qu’une nécessité pour les rouges, surtout les plus jeunes. Les premiers vins sont servis à l’aveugle, le temps que le groupe devine la thématique, surprise, à l’origine.
Les vins, en fonction de leur disponibilité ou de leur existence sont servis par millésime du plus récent au plus vieux, les 16 rouges avant les 4 blancs. Quand plusieurs cuvées sont présentées, celles-ci ne sont dévoilées que lorsque les vins sont clairement débattus. De plus, les cuvées ne sont pas servies dans le même ordre de sorte de favoriser au mieux la liberté de nos appréciations.

1. Les rouges

1.1. 2008

1.1.1. Les Etats d’Ame 2008

La robe est encore très jeune, rouge rubis foncé. Au nez, l’ensemble se livre peu, c’est très fermé ; quelques notes torréfiées et fumées sont perceptibles. En bouche, si l’alcool paraît un peu, il se dégage une belle sensation d’équilibre ou tanins et fruits sont parties bien prenantes. La finale est plus parlante avec un fruit de plus en plus généreux et une très belle buvabilité. Bien+

Pour info, cette cuvée sera supprimée à partir de 2009.

1.1.2. Carlan 2008

Les atours sont ici aussi de la plus grande jeunesse, un vin bien sombre. Comme pour les Etats d’Ame, le nez est très fermé et seules quelques fragrances végétales viennent se joindre à un fruit rouge tout de même présent. La bouche, dès l’attaque est très concentrée, structurée. Le fruit transparaît tout de même très bien et, sur les tanins encore très structurés, la fraicheur, alliée à une grosse sensation minérale presque austère, nous mène vers une finale, longue, étonnante pour un vin jeune, de buvabilité. Très Bien

Toujours pour info, au moment de la dégustation, Le Mas 2008 n’était pas encore disponible en Belgique.

1.2. 2007

1.2.1. Les Etats d’Ame 2007

La robe est pourpre très foncé. D’emblée, le nez se livre ici bien plus avec un festival de fruits noirs très murs, des épices et une pointe d’élevage. La bouche est marquée par une attaque très fraiche sur laquelle s’installe le fruit noir du nez accompagné d’impressions sanguines. Si cela paraît un poil fermé, l’équilibre et la matière proposés promettent la grande garde. Très Bien +

1.2.2. Carlan 2007

La robe est ici plus rubis que pourpre, toujours très foncée. Le nez est moins exubérant que celui des « Etats 2007 », on y retrouve quand même des notes de café adjointes d’une sensation pierreuse. Si le nez paraissait plus fermé que le vin précédent, en bouche, c’est plutôt le contraire : très vite le fruit très gourmand s’impose et la très belle acidité ainsi que l’intégration fine des tanins augmentent l’impression de grande buvabilité, et cela, sur une belle finale. Très Bien +

1.2.3. Le Mas 2007

Syrah 25, Mourvèdre 40, Carignan 30, Grenache  5; 14 mois en 1/2 muids, 12 en foudre

Si la robe est ici entre pourpre et rubis, toujours aussi affirmé, le nez est clairement le plus généreux et à la fois complexe des trois 2007 proposés.  Ça pète de fruits rouges, noirs (cassis), de caramel, de réglisse sur un registre très frais ! Si la bouche est marquée par une pointe de chaleur, le fruit rafraichi par l’acidité tendue est le grand gagnant. Sur la finale, très longue, s’ajoutent chocolat et marc de café pour procurer de jolis amers. Malgré tout cela, on a l’impression que le vin est loin d’avoir atteint son apogée et que quelques années lui sont encore nécessaires pour s’affirmer totalement sur le registre du plaisir. Très Bien

1.3. 2006

1.3.1  Les Etats d’Ame 2006

L’intensité de la robe s’assagit un peu ici avec une rubis encore dense. Le nez est fermé, un peu rustique dans un premier abord, puis cela s’ouvre sur des notes torréfiées et épicées, suivies d’une impression de fond de roche. En bouche, la fraicheur est bien présente, la matière à la fois fruitée, presque compotée et saline est très présente,… les tanins aussi, le donnant une impression de grande jeunesse. La noblesse de ces composantes sur une très belle longueur me fait encore monter mon impression qualitative d’un cran. Excellent

1.3.2. Carlan 2006

Premier millésime pour cette cuvée. La robe est encore d’un pourpre bien jeune. Par rapport au petit frère 2007, le nez est ici très ouvert, exubérant avec un fruit noir dominant, assorti de notes d’élevage sans excès et d’une pointe de cannelle. Même impression de spontanéité gourmande ou le fruit (cassis presque confit), mêlé à des notes de garrigue, rebondit littéralement en bouche grâce à la fraicheur perçue. Le soyeux des tanins participe à la fête gourmande, tout en donnant une impression permanente de finesse. Un très très beau vin. Superbe

1.3.3. Le Mas 2006

Syrah 25, Mourvèdre 40, Carignan 30, Grenache  5; 14 mois en 1/2 muids, 12 en foudre

Hélas, l’objet de notre désir est touché par l’ennemi liégeux, à notre grand désappointement.

1.4. 2005

1.4.1. Les Etats d’Ame 2005

La robe est rubis foncé avec des notes d’évolution. Au nez, on a droit à des états divers en cascade. D’abord fermé, à la limite du réduit, on évolue ensuite vers des impressions végétales puis braisées. Ensuite, le floral s’en mêle avant que le cassis concentré mette tout le monde d’accord, non sans s’accompagner d’un écuyer de sous-bois. Je pense qu’on peut parler de complexité !  Seulement, il ya aussi des notes bizarres d’ammoniaque qui piquent un peu et cela ne sert évidemment pas l’ensemble. Dommage parce que la bouche est clairement fraiche, minérale, fine et pure avec des tanins très soyeux, jamais asséchants. Très Bien

1.4.2. Le Mas 2005

Syrah 30, Mourvèdre 30, Carignan 30, Grenache 10; 12 mois en 1/2 muids, 12 en foudre

Si la robe est du même registre que le vin précédent, le nez est lui plus net, plus franc, plus axé sur un festival de fruits rouges et noirs très murs.. Dès l’attaque, l’impression de finesse s’impose avec un équilibre démentiel qui maîtrise le fruit gourmand, des tanins donnant encore du relief,  une forte salinité, pas de chaleur pour un sou et le tout se termine sur une finale longue à mourir, précise comme pas deux dans le plaisir. Superbe et plus et un des coups de cœur de la soirée (avec mille glou, glou, comme dirait l’autre)

1.5. 2004

1.5.1. Le Mas 2004

Syrah 30, Mourvèdre 30, Carignan 30, Grenache 10; 12 mois en 1/2 muids, 12 en foudre

La robe est pourpre encore très dense. Le nez est bien ouvert, précis, complexe avec de fabuleuses notes d’épices, de garrigue et de sous-bois. En bouche, même si c’est un peu plus solaire, on retrouve toute la trame du 2005, en encore plus sapide, avec des amers « tofs » en plus et après la finale longue à mourir, ici, on va encore plus loin, plus profond. C’est Magnifique avec un grand M et donc le second coup de cœur de la soirée.

Bon, là, oh fidèle lecteur, j’te voir venir et proférer : « Ca y est, l’Bisounours Böttcher strikes back et sur « people » en plus ». Mais oui, mais bon, que j’réponds, quoi moi pouvoir faire d’autre, j’essaye par tous les moyens d’être sévère… mais c’est trop monumentalement bon !

1.6. 2003

1.6.1. Le Mas 2003

Syrah 30, Mourvèdre 30, Carignan 20, Grenache 20; 24 mois en 1/2 muids

Paraît que cette vendange a fait l’objet de tri à outrance pour éliminer les baies qui séchaient. Bel effort, hélas, on n’atteint vraiment pas ici les sommets du 2004. Le nez est clairement plus vulgaire, sur le surmuri et le groupe « compoté-amer-asséchant » prend le pas en bouche sur la paire « fraicheur-gourmandise », surtout sur la finale où les tanins secs font le ménage. Bien-

1.7. 2002

1.7.1. Le Mas 2002

Syrah 30, Mourvèdre 30, Carignan 20, Grenache 20; 24 mois en 1/2 muids

Ben oui, suffisait de l’écrire pour qu’insatisfait, je le devienne coup sur coup. Sauf qu’ici par rapport au 2003, c’est le côté dur et piquant qui est au pouvoir. Pourtant la robe est bluffante de jeunesse pourpre. Pourtant, y a d’l’humus, des champipis sauvages, mais dfieu que c’est dur, surtout en bouche et l’amplitude n’est vraiment pas au rendez-vous. Bon d’accord, passer derrière 2004 et 2005, c’est un fameux problème séquentiel… donc du recul, toujours du recul. Moyen à Bien-

1.8. 2001

1.8.1. Le Mas 2001

Syrah 40, Mourvèdre 30, Carignan 20, Grenache 10; 24 mois en 1/2 muids 

Retour au mode « paf la claque » avec ce 2001 qui a tout, absolument tout, à commencer par de la jeunesse à la robe, au nez et en bouche. La puissance aussi, mais toujours incroyablement si précise et fine, comme une épée de Tolède qui fait mouche par une botte de Nevers exécutée à la perfection. Même l’élevage déjà un peu présent au nez, donne ici de la classe en bouche. Et puis au-delà de ces fraicheur et matière fruitée, désormais classiques, il y a cette minéralité, fascinante qui m’emmène au recueillement. 20/20, ni plus, ni moins et un de mes plus beaux Languedocs, pardon, Terrasses du Larzac !

1.9. 2000

1.9.1. Le Mas 2000

Syrah 40, Mourvèdre 30, Carignan 20, Grenache 10; 22 mois en 1/2 muids

Issu d’un magnum, ce 2000 présente, lui aussi une robe assez jeune. Le nez est très expressif, sur le cassis, le floral et les épices, sans toutefois présenter une grande complexité, probablement lié à un alcool assez présent. En bouche, la matière est concentrée, bien équilibrée par les tanins et l’acidité avec une impression renouvelée de jus de terroir. Il y a juste plus de dureté tannique en finale et le côté solaire qui nuit très légèrement à l’édifice et empêche ce sentiment de perfection déjà tant rencontré précédemment. Très Bien

1.10. 1999

1.10.1. Le Mas 1999

Syrah 40, Mourvèdre 30, Carignan 20, Grenache 10; 22 mois en 1/2 muids

Côté robe, si l’évolution est légèrement présente, le pourpre est soutenu. Que faut-il à ces vins pour réellement subir l’empreinte du temps ? Le nez est moins sur le fruit, mais c’e sont les côtés viande fraiche, sous-bois et caillou qui en profitent, et j’aime ça (comme disait la chanson) ! En bouche la structure parait toujours aussi énorme, avec des tanins encore jeune, la fraicheur, et un côté plus serré avec une finale plus droite sanguine qui me fait largement penser à un vin de grande gastronomie. Au fait, z’avez remarqué que dans toutes ces émissions de cuisine qui coulent désormais à flot en Prime time, on parle tant de gastronomie et si peu de vin. Quoiqu’il en soit, pour ce 2009 et dernier rouge de la série, je dis « Excellent », ben oui, une fois de plus.

2. Les blancs

2.1. le Mas Jullien Blanc 2008

La robe est jaune-vert doré Le nez est intense, entre floral et épices avec de la fraicheur. On retrouve cette fraicheur dès l(attaque de bouche où les fruits blancs et exotiques viennent s’épanouir. Le gras présent lui aussi donne un côté un peu sudiste, mais cela reste quand même en finale sur le registre de la fraicheur.  Très Bien

2.2. le Mas Jullien Blanc 2007

La robe est identique au 2008, mais le nez, plus tenu, joue plus sur la finesse et la complexité. Les notes florales et la minéralité en sortent gagnantes. La bouche, malgré une tension vive (presque alsacienne) est pure et juteuse, le fruit arrondissant bien les angles. La finale est ferme, précise, à des lieues d’un vin caricaturé sudiste. Excellent

2.3. le Mas Jullien Blanc 2006

Tout semble à nouveau s’orienter ici sur une fraicheur hors norme, du nez à la bouche, mais si l’ensemble rappelle aussi aromatiquement le 2007, on a l’impression que la complexité est un peu en dedans et qu’on est plus sur un côté passe-partout que sur un vin de caractère. Bien +

2.4. le Mas Jullien Blanc 2005

La robe est jaune doré très brillant. Le nez change ici, d’emblée très puissant, on part carrément vers un chardonnay, floral et beurré, non sans quelques agrumes. De l’élevage est aussi perceptible. En bouche on retrouve le fruit et le beurre, mais sur une acidité parfaite et avec une salinité surprenante, on atteint un équilibre sur lequel loucheraient de très nombreux bourguignons. Alors, identité Languedoc ou non, pas envie de rentrer dans le débat, ce vin après 7 ans est pur, frais et long. Que demande le peuple ? Excellent !

Conclusions

Bon d’accord, il y avait la surprise des premières cuvées (2008 et7) totalement à l’aveugle et ce qui est particulier, c’est que ces cuvées plus jeunes sont encore très fermées et pourtant, le Mas Jullien était déjà à e niveau devenu une évidence.

Et puis alors, quand on est sûr de ce qui nous attend, on espère voler haut, on espère trouver une trame commune même si on sait que de nombreux changement ont émaillé les millésimes au cours du temps.

Et, on est malgré tout, totalement exaucé. La trame commune et, principalement sur les millésimes de 10 ans d’âge, à l’exception peut-être de 2002 et 203 ; elle s’exprime sur la fraicheur jamais piquante ou aigre, les fruits noirs souvent gourmands, la minéralité des finales et cette redoutable capacité d’encaisser les années.

Si c’est là la volonté de la démarche obstinée d’Olivier Jullien, alors, vraiment chapeau bas, pas une fleur jetée dans telle ou telle revue, tel ou tel forum out rtel ou tel blog n’est imméritée. Chapeau bas, Monsieur Jullien.

Au-delà, il y a ce club, les Vieilles Copines, qui a partagé des bons et de moins bons moments, moments qui ont façonné, maçonné une unité rare et une joie d’être ensemble hors du commun. Alors quand son fondateur nous offre le meilleur de sa cave, un trésor construit sur presque 10 ans à coups de passion et de patience, on sait qu’on vit un tout grand moment. Merci vraiment à toi John ainsi qu’à Marie-Thérèse qui t’accompagne dans les épreuves de la vie.

Merci enfin à Jurassik Olif pour les belles images !