LPV- Belgique
Rhône Nord 2006

 

ou « Quand l’Olivier persiflera 3 fois »

Chez les Belges, tout va bien, merci pour eux ! Nous connaissons depuis un mois des conditions méditerranéennes et ça chauffe dans tous les sens. Notre économie se porte mieux qu’ailleurs, le nombre de baraque à frites explose pour atteindre chaque jour un nouveau record, à croire que moins on a de gouvernement (autre record journalier), plus cela baigne dans l’huile !
Fait-il tellement chaud que cela ferait fondre les caténaires ? Nul ne le sait... Toujours est-il que quelques centaines de têtes blondes avaient ce mercredi décidé de s’en aller chercher neige et fraicheur vers le Sud (si, si !) et que, paf le train, un méchant caténaire a décidé qu’au moins un train ne dépasserait pas la ville de Louvain, heureusement sans soucis physique pour les petits nenfants. Audacieux pied de nez à l’histoire de voir de jeunes francophones désormais coincés dans la ville qui fut, il y a des décennies, le symbole de leur expulsion…
 

 

 

Vous me direz… mais qu’est-ce que cela vient fouttre sur une dégustation liée à LPV ?
Le sanglochon helvetico-alsaco-bruxellois n’aurait-il toujours pas digéré sa fouille en règle en Gare du Nord au gai Parisse ?

Que nenni, oufti ! Parce que s’il y avait des gugusses et des gogosses coincés dans les rames en terres brabançonnes flandriennes, il y avait forcément aussi en aval, dans la joyeuse bonne ville principautaire de Liège, un flot de bambini, coincés sur les quais de la Gare des Guillemins, splendeur architecturale du pays de « Papa ». Et à mon avis, attendre au moins 7 bonnes heures dans la 32e merveille du monde ou dans un trou à rat, cela reste « attendre » .

 

 

Quoique…

Faudrait quand même pas oublier les mamans et surtout les papas. Oui, surtout, car je m’associe largement à la détresse du père devant subir les jérémiades de son rejeton de dix ans (un des meilleurs âges pour cela), entouré de 300 autres « terreurs » dans le même cas.
Déjà là, c’est dur, dur. Mais quand dans la meute paternelle aux abois, il y a notre Olivier, dit Mottard et non Tégévé, qui doit subir à distance, par portable, l’avancement de ce qui s’annonçait une de nos plus grandes dégustations de l’année LPV-Belgique, alors, là, à côté de cela, JC sur sa croix, c’est une ballade. Car, la syrah du Nord, il aime cela, notre Olivier, et il a donc vu (enfin plutôt entendu), lentement mais sûrement 23 flacons dont 19 rouges (et pas des moindres), lui filer sous le palais, tout en entendant le vacarme de ses camarades persifleurs, qui ont eu de si charmantes pensées à son égard, attablés autour de cette manne céleste, proposé par notre Bart à nous sur LPV, le grand et gentil Bart, pas le gros mangeur de gaufres qui à travers sa passion culinaire croit bouffer du liégeois, du moins, je le présume.

Non, Olivier, crois-moi, nous n’avons eu à ton égard que des pensées émues et ce n’est pas sans émotions que nous avons pu reprofiter de ta mésaventure dès le lendemain, la chose faisant la une en radio et en télévision, of course (Non, Mathieu, pas Bart, ça, c’est tous les jours… les nenfants et le traintrain, I mean).

Au menu, donc, Rhône Nord 2006 rouge & blanc. A l’usage des distraits, béotiens et autres monomaniaques, petit rappel du millésime dans le coin :

Après un hiver sec, le printemps s’est avéré lui aussi particulièrement clément, mettant le vignoble à l’abri des gelées. Juin et Juillet continuèrent dans la même veine, soit, chaud et sec avant qu’Août apporte fraicheur et pluies. Le temps devait se remettre au beau pour les vendanges qui se déroulèrent dans d’excellentes conditions. Le millésime 2006 qui en résulte pour les Côtes du Rhône Septentrionaux, malgré une acidité moyenne et des tanins très structurés, peut être qualifié de grand, classique, puissant, concentré avec une très belle maturité de fruit.
 

 

 

Mais revenons au « gentil Bart » notre hôte qui nous proposa le menu suivant :

En attendant le train, euh pardon, Olivier, parce qu’à cette heure-là on croyait à un petit retard, juste conventionnel dans un pays presque aussi ferré que l’Helvétie : Un Saint-Jo blanc de Gaillard 2007.

Ensuite et en compétition, à l’aveugle, en melting pot, à parfaite température et en commençant par les rouges:

1. Cornas « La Gyenale » 2006 - Domaine Robert Michel
2. Hermitage « Le Gréal » 2006 - Domaine Marc Sorrel
3. Crozes-Hermitage « Christophe » 2006 - Domaine des Remizières
4. Côte-Rotie « La Comtesse en Côte Blonde » 2006 - Domaine Christophe Pichon
5. Cornas 2006 - Domaine Auguste Clape
6. Saint-Joseph « Sainte-Epine » 2006 - Domaine Romaneaux Destezet
7. Crozes-Hermitage 2006 - Domaine Alain Graillot
8. Cornas « Chaillot » 2006 - Domaine Balthazar
9. Côte-Rotie 2006 - Domaine Jamet
10. Saint Joseph « Silice » 2006 - Domaine Jérôme Coursodon
11. Saint-Joseph « Les Rouasses » - Domaine Vallet
12. Cornas « Confidence »2006 - GAEC du Lautaret
13. Côte-Rotie « Château d’Ampuis » 2006 - Maison Guigal
14. Côte-Rotie « Rose-Pourpre » 2006 - Domaine Pierre Gaillard
15. Saint-Joseph « Lieu-dit Saint-Joseph » 2006 - Maison Guigal
16. Hermitage « Emilie » 2006 - Domaine des Remizières
17. Saint-Joseph « des anges » 2006 - Domaine Louis Chèze
18. Cornas « Granit 60 » - Domaine Vincent Paris
19. Cornas « Empreinte » 2006 - GAEC du Lautaret

20. Saint-Joseph « Le Paradis Saint-Pierre » 2006 - Domaine Pierre et Jérôme Coursodon
21. Condrieu « Les Terrasses de l’Empire » 2006 - Domaine Georges Vernay
22. Hermitage « Les roucoules » 2006 - Domaine Marc Sorrel
23. Condrieu « Rouelle-Midi » 2006 - Domaine Vallet

Et bien sûr, le lot efficace des "after" de Bart dont un sublime Jamet 2004, hôte impeccable qui allie l’organisation flandrienne à la chaleur du Sud. Du tout grand art… merci mille fois !
Olivier, on t’a gardé les bouteilles.

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La dégustation

En attendant Olivier

0. Saint Joseph blanc - Domaine Pierre Gaillard

La robe est jaune doré assez soutenu. Le nez, assez, évolue doucement vers des fruits blancs et quelques notes plus exotiques comme de l’ananas. La bouche est assez fraiche avec une belle tension, qui soutient bien le gras du vin qui fait penser (sans l’aromatique) à un viognier. Les fruits bien présents rappellent le nez. Globalement si c’est frais, le volume, surtout en finale est un peu limité. Bien

Ca sent le roussi du côté de la gare... ou Les rouges

Côté robe, toutes étaient assez équivalentes, rubis foncé assez profond, sans marque d’évolution particulière.

1. Cornas « La Gyenale » 2006 - Domaine Robert Michel

Le nez est assez intense, d’abord alcooleux, puis vire à des notes plus classique de cuir et de boîte à cigare avant de devenir carrément piquant (étonnant). En bouche, l’alcool fait de nouveau assez le ménage, modérant la sensation d’équilibre surtout que le fruit est maigre et les tanins assèchants. La longueur de bouche fait aussi défaut. A la lecture de l’étiquette, c’est une décéption, alors mauvaise bouteille or not, that’s the question. (Moyen ; moyenne du groupe : 11,4/20 ; rang : 17e/19)

2. Hermitage « Le Gréal » 2006 - Domaine Marc Sorrel

Le nez est terriblement boisé et masque fort l’impression de fruit. Lentement, du fruit rouge devient toutefois perceptible. La bouche est marquée par une attaque vive, acidité qui rend le fruit rouge bien présent un peu suret. Les tanins sont très marqués et en fin de bouche, le vin s’arrondit, pour donner une impression légèrement sucrée. C’est finalement assez plaisant mais cela ne me renverse pas non plus. Mais où est l’austérité du terroir ? (Bien ; moyenne du groupe : 13,3/20 ; rang : 16e/19)

3. Crozes-Hermitage « Christophe » 2006 - Domaine des Remizières

Au nez, on a un sentiment immédiat de puissance avec une aromatique partagée entre fruits rouges frais et… des notes animales assez surprenantes pour un 2006. La bouche est très bien équilibrée entre l’acidité bien soutenue, le fruit assez rond, de belles notes sanguines (surtout en finale) et des tanins structurés mais pas excessifs, le tout sur la finale de bonne facture donnant pas mal d’élégance. (Très Bien ; moyenne du groupe : 13,9/20 ; rang : 13e/19)

4. Côte-Rotie « La Comtesse en Côte Blonde » 2006 - Domaine Christophe Pichon

Si le nez s’avère puissant et marqué par le bois, il ne manque pas de complexité avec des notes lardées, fumées, du fruit, surtout rouge, et une très belle sensation d’écorce d’orange. La bouche répond positivement au nez avec une très belle acidité tendue sans aigreur, un fruit rond et croquant mais sans chaleur, beaucoup d’ampleur en bouche et des tanins bien plus intégrés que sur les 3 premiers vins. En finale en plus du fruit, on a de beaux amers sur une longueur de très bonne facture. Seules les notes boisées présentes déjà au nez privent ce vin de l’excellence. (Très Bien+ ; moyenne du groupe : 15,2/20 ; rang : 10e/19)

5. Cornas 2006 - Domaine Auguste Clape

Le nez est assez intense. D’abord végétal et légèrement champignonneux, il évolue ensuite vers du bois sec avant de venir enfin sur le fruit. A part les tanins très marqués, l’équilibre de bouche est intéressant, même si cela ne paraît pas très dense en matière et que l’acidité est plus tenue. Mais sans impression d’alcool, ce vin, très buvable, s’en sort bien par son élégance. (Bien ; moyenne du groupe : 13,8/20 ; rang : 14e/19)

6. Saint-Joseph « Sainte-Epine » 2006 - Domaine Romaneaux Destezet

D’emblée, tous les regards se portent sur moi, le nez étant « pharma » de « pharma », genre sirop de bromoforme sucraillon qui fait peur ! La bouche est marquée par une acidité assez « vin nature un peu trop R’N’R et la finale est radicalement asséchante. A oublier. (Très Moyen; moyenne du groupe : 10,1/20 ; rang : 19e/19)

7. Crozes-Hermitage 2006 - Domaine Alain Graillot

Après une période de fermeture, le vin s’ouvre tout en finesse sur des notes de cassis, de boîte à cigare ; quelques notes lactées et florales viennent participer à la fête assez bien complexe. La bouche est splendide d’équilibre, d’unité avec une matière fruitée très précise, une droiture remarquable, des tanins superbement intégrés et une très belle longueur. Un beau vin, déjà très prêt à boire, plus élégant que puissant. (Excellent ; moyenne du groupe : 16/20 ; rang : 9e/19)

8. Cornas « Chaillot » 2006 - Domaine Balthazar

Le nez est réduit avec des notes de bestiole dépiautée et un vinaigre balsamique, très, trop présent. Si la bouche paraît assez équilibrée le fruit n’est pas là et il cède la place à une impression de viande crue dans un bouillon de légumes (je sais, on mange pas cela souvent !) avant de virer de bord sur du sucre voire du caramel. Si sur la finale, on a une certaine impression de matière, c’est terriblement décevant et à l’ouest de ce que j’écrivais sur ce vin il y a deux ans. (Bof ; moyenne du groupe : 11,3/20 ; rang : 18e/19)

9. Côte-Rotie 2006 - Domaine Jamet

Le retour du lardé-fumé, mais avec de trop larges épaules et un extrait de bois plus Parker, tu meurs. En bouche, on retrouve le jus de bois, bien asséchant, et seul l’acidité et certaines notes de cuivre pèsent positivement sur la balance. La finale est asséchante, forcément, et le fruit creux. Vraiment pas top. Mais lorsque l’on découvre l’étiquette, c’est à ne plus rien y comprendre. Ce vin qui jamais, mais jamais, ne m’a paru boisé, le voilà parkerisé beurk. Et où se trouvent le fruit et la matière légendaires ? Où se trouve la finesse des tanins. Où sont passées les gazelles ? Franchement, je parie que cette bouteille a du connaître un soucis, c’est presque pas possible autrement. (Moyen- (au secours); moyenne du groupe : 13,5/20 ; rang : 15e/19)

10. Saint Joseph « Silice » 2006 - Domaine Jérôme Coursodon

Un très beau nez, entre fruits rouges frais et petites notes animales aux griottes ouvre joliment le débat, aufwidersehen Herr Parker ! La bouche est bien équilibrée, fraiche et profonde, avec une pointe d’austérité comme je l’aime et une grosse sensation de minéral. C’est très classe, fin, surtout en finale. (Excellent ; moyenne du groupe : 16,3/20 ; rang : 6e/19)

11. Saint-Joseph « Les Rouasses » - Domaine Vallet

La robe est ici un peu plus évoluée, plus claire aussi. Le nez est intense, plein, et si un léger boisé subsiste, le couple fruit rouge et roche fait merveille, tant en profondeur qu’en précision.. La bouche est parfaite d’équilibre. Si une pointe de chaleur est perceptible, la tension la combat superbement et le milieu de bouche est fait de subtiles alternances entre une amertume fine qui rappelle le côté pierreux et un fruit rond très croquant sans lourdeur. Les tanins sont assez fondus, subtils. Le tout donne un rendu d’une grande finesse et la finale est remarquable de longueur et de classe… Grand vin ! (Superbe ; moyenne du groupe : 17,2/20 ; rang : 3e/19)

12. Cornas « Confidence »2006 - GAEC du Lautaret

Le nez est plus puissant que pour le précédent Saint-Joseph et on est envahi par des notes très variées à la fois de viande sauvage, de réglisse, de rhubarbe, du sang, du jus de viande et du cuir. A part le cuir, c’est assez dépaysant. En bouche, l’équilibre est bien présent, la matière très concentrée, le tout sur un axe tendu, très frais, avec du relief tannique. La réponse de la puissance à la finesse, mais avec beaucoup de réussite. (Très Bien+ ; moyenne du groupe : 16,4/20 ; rang : 5e/19)

13. Côte-Rotie « Château d’Ampuis » 2006 - Maison Guigal

La robe est noire, d’une densité inouïe. Sur le nez, on reste sur le registre de la puissance où de véritables meutes d’arômes se jettent à cœur perdu dans la tourmente finale de la bataille pour la Terre du Milieu… En lutte, le boisé puissant mais élégant, les fruits rouges explosifs, l’animal qui y va de ses notes de chairs fraiches et de la torréfaction. Puissance et complexité. En bouche, c’est tout aussi atomique de puissance, mais on peut largement parler d’équilibre entre cette acidité surtendue, le lacté, la fraise, le sang, la minéralité et le boisé. Les tanins sont assez soyeux mais donnent quand même du relief. On est face à un monstre et la longueur de bouche est au diapason. Mais ce qui fait mon coup de cœur de la soirée, c’est que tout cela est buvable, très buvable et… captivant. Et comme il y a unanimité, c’est tant mieux. (Superbe et coup de cœur ; moyenne du groupe : 18,4/20 ; rang : 1er/19)

14. Côte-Rotie « Rose-Pourpre » 2006 - Domaine Pierre Gaillard

Entre ces deux Côte-Rotie, il y a pas mal de recoupement et le commentaire du précédent conviendrait bien ici aussi. Alors qu’est-ce qui a fait la différence dans la qualité extrême ? Peut-être, une pointe de brutalité perçue dans le côté plus viandé, plus sanguin du nez, alors que je trouve le bois plus élégant. En bouche, le fruit et le sang sont aussi très présents, la matière est d’une grande concentration… c’est juste un poil plus chaud. Le côté « fer » du sang » est très présent sur l’énorme finale, c’est grand, très grand, un poil plus réservé en fin de bouche. (Superbe; moyenne du groupe : 17,7/20 ; rang : 2e/19)

15. Saint-Joseph « Lieu-dit Saint-Joseph » 2006 - Maison Guigal

Changement de cap ici où l’aromatique est assez fermée, serrée probablement parce que le fruit , présent à souhait, est littéralement pris en charge par le minéral très pierre à fusil. Une grande impression de complexité, aussi se dégage ici. En bouche la matière est très dense, sur un grand équilibre, l’acidité optimale, mais c’est avant tout à un vin de pierre qu’on a affaire ici. Je retrouve ici plus qu’ailleurs cette profondeur qui fait les grandes syrah ! La finale est la plus saline de la soirée. Je pense que sur la garde, on a ici le top absolu ! C’est juste un peu moins buvable, ici et maintenant, mais que de promesses ! Un tout beau St-Jo. (Superbe ; moyenne du groupe : 16,6/20 ; rang : 4e/19)

3, 5,1, 2 et 4… je reste pensif après coup, comment le sort a fait pour un tir aussi groupé alors que même notre autre ignorait la séquence finale. Les trois derniers vins ont-ils souffert d’une plus grande fatigue, je ne sais. C’est sûr que je bois plus de blancs, donc peut-être qu’un monomaniaque de la syrah aura une explication. Il y a aussi le bois que je ne recherche jamais et qui est présent sur les deux meilleurs vins à l’unanimité, aussi…. Que de questions… Et plus cela va, plus je m’étonne ou j’admire, selon, les avis si tranchés de ces gens qui vivent de ce nous ne faisons qu’apprécier, soit la critique du vin.

16. Hermitage « Emilie » 2006 - Domaine des Remizières

Fatigue ou réalité, toujours est-il que ce vin est complètement fermé au nez. En bouche, aussi, c’est l’ensemble est équilibré, sans chaleur apparente, avec une très belle fraicheur, cela reste assez dur, très ou trop austère, ce sentiment étant provoqué probablement par un bois très brut. Si la finale est marquée par l’amertume, par des tanins très en relief, il y a derrière un côté harmonieux, légèrement torréfié qui me plait. (Très Bien ; moyenne du groupe : 16,2/20 ; rang : 7e/19)

17. Saint-Joseph « des Anges » 2006 - Domaine Louis Chèze

Retour à la puissance ici avec, au nez, de l’animal et du sanguin déjà souvent rencontrés ce soir, de la torréfaction et une pointe de menthe fraiche. Puissance aussi en bouche, tant sur l’acidité que sur la matière, le côté très mûr du fruit. Juste que la finale tombe un peu et que c’est un peu « carré ». A revoir dans 2-3 ans, avec beaucoup de plaisir, je parie. (Très bien+; moyenne du groupe : 16,2/20 ; rang : 7e/19)

18. Cornas « Granit 60 » - Domaine Vincent Paris

Nez assez intense très varié ou s’impose le côté oxo, soupe légumes-viande. Est-ce vraiment ce que l’on recherche dans un vin ? Heureusement, à l’oxydation, il y a un peu de menthe fraiche et la classique boîte à cigare. La bouche est équilibrée, fraiche, un peu rugueuse, très extraite et boisée, sans gros défaut mais le manque de fruit et de précision est frappant. (Bien- ; moyenne du groupe : 14,3/20 ; rang : 12e/19)

19. Cornas « Empreinte » 2006 - GAEC du Lautaret

Nouveau nez très charnu auquel nous sommes confrontés. Le sang, c’est bon, mais quand il y a de la chair et du fruit en balance, alors que là, on est en pleines Carpates. Et pas qu’au nez, la bouche aussi est draculesque. A nouveau s’il y avait du fruit, c’eût été vachement plus bandant, mais là, sans vraiment avoir envie de jeter le bébé avec l’eau du bain, j’ai un peu de mal à rejoindre la bande de vampires qui apprécie. (Bien- ; moyenne du groupe : 14,5/20 ; rang : 11e/19)

Godot ne viendra plus, Olivier non plus ou Les Blancs

20. Saint-Joseph « Le Paradis Saint-Pierre » 2006 - Domaine Pierre et Jérôme Coursodon

La robe est jaune-vert assez clair, le nez, assez discret se livre sur des notes végétales, herbacées et fumées, avant de donner du fruit blanc. L’équilibre est beau, bien plus sur le fruit que la fraicheur, mais étonnamment, c’est long et gourmand ! (Bien+ ; moyenne du groupe : 14,5/20 ; rang : 4e/4)

21. Condrieu « Les Terrasses de l’Empire » 2006 - Domaine Georges Vernay

Le serment du Jus de Pomme, Granny Smith en l’occurrence. C’est bon, c’est frais, c’est équilibré, mais, est-ce encore du vin ? Et où est le gras du viognier ? Hein ? Les djeunes vont adorer… (Moyen ; moyenne du groupe : 14,5/20 ; rang : 3e/4)

22. Hermitage « Les Roucoules » 2006 - Domaine Marc Sorrel

Ce truc-là me fait vachement plus plaisir. La robe est brillante, dorée. Au nez, ça se joue entre fruits blancs et fruits jaunes (coing), pas mal ! En bouche, fraicheur et gourmandise sont bien présents, le tout sur une belle longueur très précise. (Très Bien ; moyenne du groupe : 15,4/20 ; rang : 2e/4)

23. Condrieu « Rouelle-Midi » - Domaine Vallet

Le viognier type, très bien réussi de surcroît, avec un ez intense de fruits blancs, jaune et l’incontournable violette. La bouche est marquée par une belle acidité et du gras, avec de la violette, again et un relief assez sucré… Du vrai viognier, quoi. Certains aiment bien plus que moi. (Bien+ ; moyenne du groupe : 16/20 ; rang : 1er/4)

Conclusions

Résultats très contrastés et surprenants certainement pour beaucoup vis-à-vis du gotha habituel et des coups de cœur. Tentative d’explication à travers les Crozes ou St Jo vs la Côte Rotie de Jamet : probablement que la dégustation se passe deux ans trop tôt, résultat, souvent les vins qui en ont le plus sous la pédale du potentiel sont fermés (phénomène typique avec la syrah après 3-4 ans), alors que des terroirs plus fruités se goûtent nettement mieux, les terroirs minéraux n’arrangeant rien par leur prime austérité. Toujours dans cet état d’esprit, si l’on regarde Château d’Ampuis vs Jamet, on voit que le bois a certainement eu un rôle très positif pour corriger le tir face à cette austérité mais il y a lieu de parier que dans 5 ans, cela pourrait bien être l’inverse !
Globalement, il faut savoir lire entre les lignes, les appréciations et les points, comme d’habitude et admettre que dans ce sport où la dégustation ne fait pas l’objet d’une série logique, souvent, on juge bas. Il faut donc bien ressentir que la moyenne générale est aussi élevée qu’on l’espérait, mais si les débuts furent difficiles. Il est clair que la finesse était au rendez-vous, bien plus que la puissance, et cela, c’est bien. Et en plus de la finesse, le fruit était là et bien là (à de rares exceptions), on ne retrouve aussi que peu de sensation de chaleur. Comme souvent, les tanins donnent du relief sans assécher, c’est très très prometteur tout cela et bienheureux sont ceux qui possèdent ces petits bijoux en cave.

Les blancs, j’accroche pas trop, sûrement la partie la plus bête de ma notion du plaisir, la plus bête, quoi ! Ou alors… ne serait-ce pas cette foutue acidité alsacienne qui me manque tant ici ? Allez savoir comment subconsciente un monomaniaque… ça fait 50 berges qu’il ne le sait pas lui-même.

Avant de fermer cette page, Bartje, nog hartelijk bedankt, c’était tof de tof, merci pour cet accueil !