Domaine de Courbissac
Marc Tempé

A propos du domaine 

Marc Tempé est principalement connu pour ses vins alsaciens de haute volée (dont je ne vais pas trop tarder à causer, tellement, j’aime ça) produits autour du mamelon de Zellenberg près de Riquewihr et connus pour ses élevages très longs en fûts.
Sa rencontre avec le producteur de cinéma Reinhart Brundig et l’amitié qui en a découlé l’a motivé, à l’aube des années 2000 d’investir dans un domaine du Sud de la France pour produire les vins rouges dont il rêvait.

C’est à Cesseras en Minervois que les compères ont trouvé le terroir désiré, majoritairement calcaire et marneux, qualitativement très prometteur. Le domaine de Courbissac, puisque tel est son nom est grand de 30 hectares et se situe précisément dans l’aire délimitée de La Livinière au bout d’un chemin escarpé perdu dans les vignes, dans la région dite du Petit Causse sur les contreforts des Cévennes.

 

 

L’encépagement, multiple (mourvèdre, syrah, carignan, grenache, roussanne, marsanne), bénéficie d’un ensoleillement très important (un des plus importants de France) mais aussi de la fraicheur des nuits.
Membre actif de l’association «Renaissance des Appellations», Marc Tempé a voulu que son nouveau domaine réponde au plus vite aux principes de la biodynamie et des travaux titanesques ont été d’emblée engagés afin de redonner aux sols les conditions de vie nécessaires à l’expression maximale des terroirs à travers les vins produits.

 

 

Aujourd’hui, les sols sont labourés et traités uniquement avec des préparas compatibles avec la biodynamie. De même une taille sévère est menée et la densité de plantation, 8000 pieds/ha, est élevée afin de limiter les rendements à 30 hectos/hectare. Les raisins sont vendangés manuellement et transportés à la cave en caissettes de 20 litres refroidies en camion frigorifique.
La vendange est triée à la cave, égrappée et macérée au moins un mois en foudre ou en cuve ciment, avec de légers pigeages.

Les deux cuvées parcellaires, Pandora et Orphée, sont élevées en barriques. L’élevage est d’au moins 18 mois pour ces deux cuvées en bois, alors que le reste des vins fait l’objet de douze mois d’élevage en cuves ciment.
A la mise, les vins ne sont ni collés, ni filtrés et le sulfitage est réduit à son minimum.

A la fin 2010, ce sont les millésimes 2006 de la cuvée classique et 2004 des deux grandes cuvées qui étaient commercialisés.

Les vins dégustés

 

 

1. Minervois 2006

25% Grenache, 40 % Syrah, 35 % Carignan. 13,5 % d’alcool. Rendement : 25 hl/ha. Macération de 3 semaines avec pigeages. Elevage en cuve ciment de 1 an. 8,2 eur (domaine)

La robe est rubis très foncé. Pour profiter amplement du nez, un carafage semble nécessaire, la première approche semblant plutôt réduite. A l’aération, fruits rouges et noirs sont bien présents, sous un côté solaire que ce vin ne peut renier. En bouche l’équilibre est assez sur la rondeur du fruit avec un côté solaire glycérolé, marquant le vin sur la gourmandise. La finale est fraiche, très buvable avec des épices et une minéralité plus marqués. Globalement, cela reste un de soif, idéal pour les premiers déjeuners sur l’herbe ! Bien

 

 

2. Minervois La Livinière « Pandora » 2004

50 % Grenache, 30 % Syrah, 10 % Mourvèdre, 10 % Carignan. 14 % d’alcool. Rendement : 25 hl/ha. Macération de 2 à 3 mois selon cépage en cuveau bois tronconique. Pigeage au pied. Élevage de 18 mois en barrique bourguignonne de 225 et 300 l. 13,5 eur (domaine)

La robe est à nouveau rubis très soutenu, sans traces d’évolution. D’emblée, le nez se livre beaucoup plus, avec de la fraicheur, des fruits noirs légèrement compotés, de la réglisse et quelques notes plus évoluées comme du floral et des sous-bois. Si l’ensemble ne renie à nouveau pas son côté sudiste ainsi qu’une pointe d’élevage.

En bouche, la fraicheur est bien présente. De prime abord, les tanins, structurés, rendent l’impression un peu austère avec une grosse sensation d’extrait. Lentement le fruit prend place et le vin en devient nettement plus harmonieux. La finale est de bonne longueur, assez gourmande avec des tanins toujours bien présents, mais le côté solaire du nez s’efface nettement au profit de sensations minérales fines et austères, très prometteuses. Très Bien et très beau rapport Qualité/Prix.

 

 

3. Minervois La Livinière « Orphée » 2004

40 % Mourvèdre, 40 % Syrah, 20 % Grenache. Rendement : 25 hl/ha. 13,5% d’alcool. Macération de 10 semaines en cuveau bois. Pigeage au pied. Élevage de 18 mois en barrique bourguignonne de 225 et 300 l. 24 eur (domaine)

La robe a le rubis foncé de la cuvée Pandora, mais, ici, l’évolution est plus marquée. Le nez paraît à la fois plus en retenue mais plus complexe aussi. Si les notes solaires sont toujours présentes, les aromes secondaires comme le sous-bois sont plus en place, donnant une impression de beaucoup de profondeur et de classe. La bouche est très équilibrée, toujours marquée par la fraicheur à l’attaque, puis, si les tanins sont toujours très marqués, le fruit, très concentré et légèrement surmuri prodigue une superbe impression de gourmandise. En fin de bouche, les tanins se polissent, reste le fruit et la fraicheur sur une très très belle longueur. Un vin qui réussit à allier classe et plaisir, clairement gastronome, nettement un cran au-dessus. Excellent

Conclusion

Si les vins semblent réellement ne pas bouder leur appartenance solaire mais il n’y a jamais de lourdeur, plutôt de la gourmandise. Au contraire, la fraicheur équilibre toujours bien les vins, surtout en finale. La matière est-elle aussi visiblement recherchée mais on ne se situe pas du tout sur des vins surextraits ou surdopés.
Une belle découverte, un domaine qui gagne à être connu.