Défauts...
... et du vrai

La présente image de tête a été travaillée à partir d'une image prise sur le site http://www.amicalementvin.com

Passé une semaine à lire le meilleur et le pire sur la notion de « défauts » avec pour commencer une mise au point, un peu buzz mais plein de vrai, de Michel Chapoutier  sur la petra oleum dans le riesling et, pour suivre, sous l’impulsion de l’élève Bizeul, voir certains quadricapelliculteurs des joutes sur forum jouer au pétard mouillés sur LPV (où je ne suis plus que lecteur occasionnel), en tentant sans succès de lancer un dialogue bien plein de controverses avec des gens qui ont envie de vivre leur passion du vin comme il la ressente, donc libre et « aware » ! Bref, fatigant, tout cela, mais, comme durent dire les arrière-arrière-arrière grands-parents de l’agitateuse de double-magnum alsacien, en arrivant à lembouchure du Saint-Laurent : après lô pluie, y a l’beau teimps.

 

 

Et l’beau temps, je l’ai retrouvé ce vendredi soir dans un coin de paradis à Bruxelles (de plus en plus Belle et vinique), dans le resto-bistrot à Jean-Yves, le bien nommé « Coin des Artistes », ou les acteurs sont le cochon, le beau le « vrai », celui qui est mon « copain » depuis des lustres et des vins tous aussi plus vrais l’un que l’autre, le plus souvent à l’épreuve du soufre. Pour résumer, y a Jean-Yves, son cochon et du terroir façon Sud-Ouest dans tous les sens du terme.
Bien sûr René Sepull disait de la cuisine de Jean-Yves dans son jouissif livre « La Belgique et le Vin » : « Bon je reconnais , ce n’est pas le genre d’endroit où l’on va tous les jours sauf si on doit se refaire une santé après avoir traversé l’Atlantique en radeau ou le Sahara en vélo, tant la cuisine est directe et généreuse »…  Bien sûr on pourrait, mais on pourrait aussi se faire quelques traversées hebdomadaires du désert, pour s’en remettre une lampée 52 fois l’année. Pour le reste, vous qui aimez la classe, la nappe bien propre renettoyée par une armée de petits gants blancs, vous qui aimez les décors post-modernes aseptisés de maison qui veulent briller sans éclat, fuyez cet endroit, et comme il est pas pour vous, ça tombe bien, y aura toujours de la place pour ceux qui recherchent un beau moment de vérité. (C’est vrai que l’endroit est certes plus grand que le pilum de mon ancêtre mais plus petit que le jardin de mon grand-oncle, le mot d’ordre étant, si tu réserves pas, tant pis pour toi.

Bon, pour parler pratique, j’avais fait dans la dentelle en démarrant avec un foie gras cuit, façon Jean-Yves, genre de truc où même 500 grammes passent d’une façon plus soyeuse qu’une soupe aux légumes.  Terriblement efficace et pas bourratif pour un sou même si c’est largement servi. Je suis sur un Cassoulet, que dis-je « le Cassoulet du Coin des artistes » une merveille même par 50 degrés à l’ombre, si Môssieur. Ma diététicienne préférée poussée au désespoir, perd vraiment patience sur la dame blanche qui cloture les débats…. Faut boire un coup là-dessus Madame, on oublie vite.

A chaque passage, c’est comme cela pour tout, alors si vous êtes dans la « capitale de l’Union » et que générosité et vins de plaisir vous tentent, ne ratez pas cela, les bruxellois de la glouglousphère, eux ils savent depuis longtemps !

 

 

Jean-Yves et son cochon

Et à propos de vin, justement, quel bonheur que les quilles que nous a proposé le fiston à Jean-Yves qui officie en salle. On a ouvert le feu, pour la soif avec le Chablis Domaine Pattes-Loup 2009 de Thomas Pico, espèce de merveille du 3e millénaire en termes de jus et de pureté et dont une bouteille ne tient pas  5 minutes avent de crier à sa ou ses petites jumelles. Sur le foie, c’est un demi -sec 2006 de Thierry Puzelat qui vient jouer les accompagnateurs, tout en finesse, sans jamais vouloir écraser. A nouveau une bouteille ne suffira pas… Remarquable qu’un vin avec du résiduel soit aussi passé très bien sur les asperges de Malines de ceux qui n’avaient pas voulu choisir trop « cochon ».

 

 

Sur le cassoulet (et l’agneau de certains de l’équipe), on entame les festivités par une Cuvée Sagesse de Gramenon 2008, superbe entre fraicheur et précision (ce que je ne ressens pas toujours avec ce domaine, avant d’attaquer le Crozes-Hermitage 2009 de Dard et Ribo, quatrième fois que je descends cte quille en un mois, quatrième tuerie, où si la syrah ne se cache pas, on est en droit de se demander si plus torchable existe. Enorme d’énorme. Y en a encore chez Basin & Marot 5comme pour les chablis de Thomas Pico), à Bruxelles, faut pas tâter ce machin, où alors, faut repartir dans le désert, et quand t’es dans le désert….
On pourrait se dire qu’après une telle bombe, y a rien qui va passer. Et pourtant, dans le registre tout aussi buvable à donf, mais moins tendu et un peu plus sur le sucre du soleil, on termine joyeusement les derniers haricots avec la cuvée Petit Jo 2010 de la Roche-Buissière. Belle façon généreuse de clore le débat. Et sur la glace, c’est une roussanne en VT de Cuilleron  avec sa cuvée Roussillière 2006 de jouer les offices. C’est bon, c’est frais, mais sur de la glace et du chocolat, c’est pas ma tasse de thé, obligatoirement. Je prends bien plus de plaisir avec le seconde bouteille, le dessert étant oublié de mes pailles depuis un temps.

 

 

Et comme il est clair que toutes ses nombreuses lignes sont odieusement « objectives » à souhait, je vous invite à continuer par une petite visite sur le site web et la page fessebouc de l’ami Jean-Yves, avant de craquer pour l’énorme tableau noir qui contient une des plus joyeuses cartes de vins. Pour les alsaciens, Jean-Yves, c’est notre Chistophe Andt à nous (Le Pont Corbeau à Strasbourg).

Le Coin des Artistes
5 Rue du Couloir
Ixelles (Quartier Flagey)
TEL : 02/647.34.52
Fermé Samedi midi, dimanche et lundi.