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présentent

Le Vin qui aimait les Femmes

C’est donc grâce à l’ami Jacques Berthomeau que la grande tradition des Vendredis du Vin a pu prolonger sa flamme après des vacances pas toujours ensoleillées.
Occasion donc renouvelée pour notre club, les Vendredis du Vin Brusseleir, de se réunir à nouveau dans notre petite cour désormais mythique, cette même cour qui attend avec impatience de recevoir avec les honneurs la délégation tricolore qui va affronter avec nous l’idéologie « Glou Made in Bruxelles » fin octobre.

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Et si les mois traditionnels ne nous ont pas apporté soleil et chaleur souhaités, cette fin septembre est là  pour venger toutes nos frustrations et pouvoir enfin nous permettre de réadmirer à souhait les merveilleux galbes de ces jambes féminines, mises à l'honneur, dans un passé inscrit au patrimoine de l’art, par Charles Denner qui nous a si bien appris à rêver.

Car oui, comme Charles, Mesdames, je vous aime, particulièrement quand vous dévoilez vos plus beaux atours, cet habit corporel sous la jupe qui vous sied avec tant de grâce.

Il n’y a donc rien d’étonnant non plus à ce que notre Jacques, en sa présidence mensuelle, vous honore à ce point avec sa thématique « Le Vin qui aimait les femmes ».

Et je tiens à en rajouter, à l’occasion, pour dire à toutes ces jeunes filles qui ont rejoint notre groupe, combien leur présence parmi nous rend nos dégustations si vivantes, si émotionnantes, si peu techniques.

Alors oui, vraiment Mesdames, puisqu’une bande d’imbécile veut nous interdire l’usage de la damoiselle, vraiment Mesdames, je vous aime, et encore plus, le verre à la main !

De là, Mesdames,  à retrouver toute votre sensualité à travers ces divins liquides qui nous unissent à travers notre commune passion, il n’y a qu’un pas, certes, mais pas si, si facile à transcrire…

Il serait d'autant plus difficile à franchir, ce pas, s’il on devait être confronté à ces liquides merlotisant et formatés, à la structure carrée et le plus souvent surmaturée, ces vins qui se rapprochent du produit, de l’idéal parkérisant, ces vins qui ont perdu toute trace de féminité, de velours et de finesse.

Mais ça tombe bien, à Bruxelles comme ailleurs, pour les Vendredi du Vin, ce serait plutôt la version « Honni soit qui mal y Glou » qui est toujours à l’honneur, la version tendresse et volupté, tout comme ces galbes sous-jupons qui nous font tourner la tête.

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Pour revenir au divin liquide et aux chaleurs bienfaitrices de cette arrière-saison, faut avouer que le soir de notre petite réunion, c’était plutôt le sauna des tropiques, on frisait joyeusement les 30° avec une humidité qui rappelle les chutes du Zambèze en pleine mousson. Bref, pas l’idéal pour goûter, pas l’idéal pour délier les langues, pas l’idéal pour que Bacchus nous étreigne de son emprise… on a bien fini comme d’hab au bord des larmes jubilatoires… mais il a fallu attendre 5 heures pour atteindre cet état transi de bonheur.

Alors dans ces conditions, partir à la recherche de la féminité inhérente et onirique de nos flacons du jour, pas facile du tout, surtout qu’un helvetico-belgo-alsacomaniaque , que je ne nommerai pas, avait décidé de pas faire dans le détail, lui qui revenait très fraichement de ces contrées où le soleil se lève sur la vigne.
Dès lors de toutes ces bouteilles offertes à nous en cette soirée, je n’en citerai qu’une partie, non pas qu’elles n’avaient pas toutes les arguments pour nous séduire, mais parce que les conditions plus proches des forges de Mars que des jardins de Venus ne nous ont pas permis de dégager leur volupté. Que me soient donc pardonnées les ellipses dans ce qui suit.

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Il restera dans mon cœur tout d’abord un « Murmure », Muscat Ottonel 2010 de Jean-Pierre Rietsch qui frise le sommet de sa volonté d’aller au plus profond du nature avec ce vin. Car malgré la puissance du millésime, l’acidité souvent tranchante qu’il nous apporte, tout ici est effectivement en murmure, en inspiration de  fraicheur, l’aromatique du muscat apparaissant avec la discrétion voluptueuse d’une vision fugace mais divine au coin d’une rue.

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Toujours chez Jean-Pierre Rietsch, il y a son Riesling Nature 2010. Bien plus marqué par le millésime qui lui confère une tension  que seuls des mannequins au talons endiablés pourraient égaler, son gras, sa finesse et sa précision nous transportent dans le rêve de la grande couture, dans les plus beaux atours de la divine Inès, encre plus rayonnante aujourd’hui qu’elle ne le fut du temps de sa gloire démonstrative. Je pense, et je ne suis pas le seul au vu de l’unanimité rencontrée, je pense donc que l’ami Jean-Pierre tient là un de ses plus beaux vins depuis  qu’il s’est ouvert à la recherche absolue du fruit.

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On ne quitte toujours pas l’Alsace avec un voisin dans la Grande Rue de Mittelbergheim,  soit le surdoué Lucas Rieffel avec son Pinot Noir Kreutzel 2010 qui tout comme pour les 2009, nous étonne par la souplesse de ces tanins, la richesse de la palette aromatique, pleinement orientée fruit, mais sans débordement ni réduction, le tout, en fait, réalisé avec une maitrise totale. Les notes florales me ramènent aux traits de pinceaux de Renoir qui a donné aux femmes la part de rêve dans la complexité des couleurs que la complexité de leur être mérite tant. Lucas et son aventure nature sur les rouges, c’est de l’histoire liquide qui s’écrit.

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Avec le vin suivant, on touche à la Grâce, celle que Catherine Scott-Thomas possède naturellement et c’est encore grâce à un Pinot Noir, cette fois de Laurent Barth en 2005 que cette pensée me vient.  On pourrait dire finesse ciselée aérienne s’il fallait verser dans la technicité, mais je préfère m’attacher à l’aérien, celui dans lequel je me transporte quand je plonge dans l’immensité profonde du regard de la belle Catherine.
Laurent Barth, ce ne sont que quelques hectares à Benwihr, beaucoup de sueur, de peine, d’angoisses, de coups du sort pour ce jeune vigneron qui appréhende presque seul son métier, mais quand de la coquille tortueuse des chemins de la vie nait une nymphe, on atteint comme je le disais, il y a quelques lignes, à la grâce.

Dernier coup de cœur du jour, c’est le vin à Frédon avec sa, oui SA, Cuvée MLX.

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Bon, faut d’abord qu’on explique …. : Frédon, il tient le bistrot à vin « BHV » à Saint-Gilles, une commune de Bruxelles, bien plus « Glou » qu’ailleurs. Pour ceux de l’hexagone  qui sont férus d’infos d’outre Quievrain, BHV, c’est Bruxelles-Hal-Vilvorde, le truc à la con qui a paralysé le pays des Belges depuis plus d’un an et dont, à part les politiciens, tout le monde s’en balance. Mais, pour nous à Saint-Gilles, BHV, c’est Bistrot de l’Hôtel de Ville, l’antre à Frédon. Et Saint-Gilles, c’est une commune qui porte le code 1060, donc MLX, cqfd.
Tout comme son ami Cyril Alonso dont il distribue les vins, l’ami Frédon, s’en est allé en Languedoc, chez Jef Bouteloup au pied de la Montagne Noire pour y faire sa cuvée à lui, avec beaucoup de syrah, presque autant de Carignan et un poil d’autres machins. Et si la chose porte bien ses tanins que la structure est de la partie, aussi, ce vin nous rappelle combien le « Glou » peut être gourmand, même dans les tropiques bruxelloises. Il est bon ton vin, Frédon, il a pas le côté confituré de toutes ces syrah du Sud et il est plus long que les Finger de Monsieur Cadbury… (Pour la pub, Fred, c’est comme on avait dit, hein).
Moi ce vin-là, je l’offrirai à Yolande Moreau que je ne connais pas personnellement, mais qui me rappelle chaque jour au grand écran ce qu’est la sensualité.

Quant aux autres quilles, elles étaient toutes aussi très bonnes et on les regoutera, pardi, quand la saison sera en saison.

En attendant, la madame de la météo m’ayant dit ce matin que cela ne va pas durer, je m’enfuis de mon antre pharmaceutique, pour m’emplir une dernière fois de ces galbes qu’une fine brise ne manque jamais de soulever, non, sans au préalable remercier notre JF pour son accueil dans l’antre de Basin et Marot, tout le groupe des VDVs Brusseleir, et surtout les fiiiilles, pour ce qu 'elles nous apportent à chaque dégustation et enfin  l’ami Jacques, président d’un mois, de nous donner à tous l’occasion de nous brasser de toute cette féminité.

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Ceci n'est pas un Suisse