Domaine Laurent Barth

« Le vin est fait de raison..
... et d’imagination »

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S’il est vrai que je n’ai pas eu l’occasion jusqu’à ce jour de manière très exhaustive sur le domaine Laurent Barth, gageons que cela risque de ne plus être de règle dans les années à venir, tant ce domaine et son vigneron méritent la plus grande attention, je parlerais même du plus grand intérêt. Une dégustation avec le Gaspart Club à Bruxelles d’une partie intéressante de la gamme sur des millésimes récents a été le détonateur de la rédaction de cet article qui me titillait depuis plusieurs mois.

Généralités

Avant de devenir vigneron alsacien à part entière, Laurent Barth aura sillonné la planète pendant 10 ans (Australie, Afrique du Sud, Inde,  Californie, Liban), cela dans un besoin profond d’aller à la rencontre des diverses cultures des pays visités mais en gardant toujours comme objectif de le faire dans le domaine du vin, auquel il a toujours été fermement attaché. Si la vocation pure et dure  de vigneron n’est pas, pendant ces pérégrinations, une absolue évidence, celle de travailler dans le vin est donc très claire.

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C’est suite au décès de son père que Laurent Barth revient au domaine familial et que la vocation de vigneron  va se réveiller totalement pour se transformer très vite en passion.

Le domaine s’étend alors autour de Bennwihr en Haut-Rhin, en contrebas des Grands Crus Mambourg et Marckrain. Pendant cinq ans, Laurent va s’y faire la main en vendant ses raisins à des coopératives comme la « bien » connue Cave de Bestheim qui possède une antenne au village. Il va utiliser pleinement cette période pour aller à la rencontre de vignerons comme Marc Tempé,  le « Colosse » du village voisin de Zellenberg, ou Félix Meyer (domaine Meyer-Fonné), rencontre qui, sans être prescriptive, va tout de même le conforter dans la direction qu’il désirera donner un jour à ses vins. Le millésime 2004 marque le début de la vente de ses propres vins ainsi que l’achèvement de la cave nécessaire à cet effet. Si, depuis  ces débuts, les grandes lignes de culture et de vinification sont clairement établie, il désire ardemment évoluer, expérimenter, comme le marque cette volonté de faire de longues fermentations et  des élevages les plus longs possibles ainsi qu’une prise relative de risque au moment des vendanges sans pour autant chercher des surmaturités. Evoluer, se remettre en question sont des notions très perceptibles pour notre homme qui aime à proclamer qu’il n’y a aucune  certitude dans son métier. Vu la taille restreinte de son domaine (longtemps 3,7 ha et 4,5 ha actuellement en 2012),  Laurent Barth est le plus souvent amené à travailler seul, ce qui ne lui donne pas énormément de libertés et explique pourquoi l’homme n’a pas une visibilité énorme dans les salons hexagonaux ou plus lointains, ce qui toutefois ne l’empêche pas d’accueillir les visiteurs au domaine avec une grande simplicité empreinte d’une passion tout aussi grande dans sa petite salle de dégustation sobrement aménagée.

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Cette passion, les Caprices de Dame Nature n’ont pu en fléchir un atome et pourtant ils ne l’ont pas vraiment épargné. Le plus douloureux de ces évènements est certainement cette grêle de juin 2007 qui n’a laissé vraiment permis deproduire  que quelques hectolitres de Gewürztraminer sur le Grand Cru Marckrain, 80 % de ces parcelles étant gravement touchées. Sans l’aide de vignerons du Haut-Rhin (Eguisheim) et du Bas-Rhin (Hattstatt) qui lui ont permis d’acheter quelques raisins, l’aventure aurait pu se terminer là, mais il en a été heureusement autrement. En référence à ses pérégrinations sur les vignes du Nord, Laurent a appelé ses cuvées de 2007, les cuvées « Nomades », pour lesquelles, il a pu démontrer tout son savoir-faire de vinificateur. Si aujourd’hui, la réputation du domaine n’est plus à démontrer, élément normalement rassurant, il n’est pas rare de retrouver une véritable sensation de « nervosité à fleur de peau » chez ce vigneron lors des vendanges. C’était particulièrement sensible lors de ma dernière visite en septembre 2011 où la météo s’est avérée des plus capricieuses.

Culture et vinifications

Les parcelles du domaine s’étendent aujourd’hui autour de Bennwihr, entre autres sur le Rebgarten,  un des lieux dits du village, sur le Grand Cru Marckrain ainsi que sur quelques parcelles sur le Schlossberg qui composent ses cuvées « Granit ».

Depuis 2004, Laurent mène ses vignes en agriculture biologique.  Afin de ne pas tasser les sols, le travail manuel des vignes est largement privilégié. Il tend aussi à replanter ses parcelles à raison de 10.000 pieds à l’hectare. Les rendements moyens sont très faibles, de l’ordre de 40 hectolitres à l’hectare dans des années productives. Les vendanges sont elles aussi manuelles. L’objectif étant la conservation maximale de l’intégrité du fruit ; à ce titre les pinots noirs font l’objet d’égrappage de 80 à 100% selon les millésimes.

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Les raisins font l’objet  de pressurages doux et lents suivis de macérations longues (10-15 jours) en cuve inox. Après débourbages, les jus sont mis en élevage en foudre pour les blancs et en fût de deux ou trois ans pour les rouges. Les fermentations sont elles aussi prolongées le plus longtemps possible (jusqu’à 10-11 mois, si nécéssaire), un très léger sulfitage n’intervenant que peu de temps avant la mise. Gageons que quand la quantité totale de raisins produite ainsi qu’une plus grande sécurité  financière le permettront, les élevages devraient gagner encore en longueur, principalement sur les terroirs les plus marquants.  C’eût certainement été le cas sur 2009, pour lequel Laurent estimait que les vins le demandaient plus que d’habitude.

Les vins montrent toujours beaucoup de finesse malgré leur concentration ainsi qu’une splendide buvabilité. Ils  sont très marqués par le terroir, principalement sur les parcelles granitiques du Schlossberg et sur les cuvées issues du Marckrain, où la profondeur domine.  L’acidité est recherchée au maximum de l’équilibre afin de conférer de la fraicheur sur de nombreuses années.

Depuis 2008, treize cuvées différentes dont deux en rouge sont  disponibles mais il y a lieu de s’y prendre très tôt pour pouvoir en emporter quelques flacons, à moins, de façon chanceuse, de trouver son bonheur chez un caviste éclairé.

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Dégustation

Si la présente dégustation ne se veut pas exhaustive des vins produits au domaine, elle a pour but de faire découvrir toutefois toutes les facettes des vins de Laurent Barth

1. Pinot Noir M 2010
2. Pinot Noir M 2009
3. Racines Métissées 2010
4. Pinot d’Alsace 2010
5. Pinot d’Alsace 2008
6. Muscat « Granite » 2008
7. Riesling 2010
8. Riesling “Vieilles Vignes” 2010
9. Riesling “Vieilles Vignes” 2009
10. Riesling “Granite” 2010
11. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2010
12. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2007
13. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2009
 

Les bouteilles ont été ouvertes 8 heures avant la dégustation puis conservées à 10°C. Les rouges ont fait  l’objet d’un carafage de deux heures.

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1. Pinot Noir « M » 2010 

13 eur ; +-80 % d’éraflage ; vignes située sur le Grand Cru Marckrain

La robe est dense, rubis foncé. Le nez est net, puissant, encore très jeune avec de belles notes épicées et des fruits rouges. En bouche, la tension est directrice mais sans déplacer l’équilibre du vin. La sensation de matière est nette, principalement sur le fruit alors que les tanins sont plus discrets. Aucune note boisée n’est perceptible. La finale de très belle longueur garde beaucoup de fraicheur et de fruit alors qu’on y perçoit aussi quelques notes de belle amertume. Ce vin, pour le millésime, me surprend par son fruit, alors que globalement c’est sa belle profondeur qui en fait son atout majeur.

2. Pinot Noir « M » 2009

17 eur (caviste) ; +-80% d’éraflage ; vignes située sur le Grand Cru Marckrain

La robe est toujours très dense, légèrement plus que pour le 2010. Le nez est net, assez puissant, très frais avec du fruit et des notes animales, assez atypique finalement de ce qu’on peut retrouver en Alsace avec une impression d’une aromatique proche d’une très belle mondeuse. En bouche, la tension (pour un millésime plus chaud) est remarquable, elle relève littéralement une belle matière plus serrée autour des tanins, alors qu’un beau gras vient compléter l’ensemble. Ici aussi, le caractère pinot noir n’est pas toujours évident, marque du terroir, influence du vigneron ou les deux, je vous laisse juge…  La finale propose une longueur intéressante juteuse, avec des épices, des notes animales et végétales, aucune impression d’élevage  et surtout aucune impression de surmaturité ou de confit. Toujours est-il que c’est un très beau vin qu’on a ici alliant profondeur et buvabilité mais qui a encore besoin de quelques années pour s’exprimer pleinement. Il confirme à la fois que le millésime 2009 donne de très beaux pinots noirs et que la réputation qualitative de Laurent Barth sur ses rouges n’est pas usurpée.

3. Racines Métissées 2010

5,5 eur, assemblage de tous les blancs sauf GW et forte proportion de riesling ; terroirs alluvionnaires de Benwihr

La robe est nette, brillante assez claire avec des notes jaune-vert. Le nez est intense, frais et gourmand, son melting pot de fruits blancs, jaunes et de notes florales invite littéralement à  porter le liquide rapidement à la bouche.  Celle-ci s’avère  effectivement très gourmande, avec une légère sucrosité, certes mais complètement balancé par la tension et le croquant du fruit. On a une impression d’un très beau grain, très précis, précision qu’on retrouve pleinement sur la finale, bien plus longue que ce que l’étiquette et le prix pourraient suggérer. Un must à l’apéritif.

4. Pinot d’Alsace 2010

6 eur ; auxerrois issu de sols légers sur le terroir de Rebgarten, limoneux en surface, granitique en profondeur auxquels jusqu’à 15 à 20% de pinots noirs sont ajoutés.

La robe est plus marquée par le jaune que pour les « Racines Métissées » tout en conservant une très belle brillance.  Le nez est délicat, entre fruit blancs et floral.  La bouche est plus puissante, très marquée par la tension presque perlante sur l’attaque et  qui s’équilibre très vite sur un fruit très marqué par des notes exotiques.  La finale est droite, avec un caractère assez sec qui modère un peu le caractère gourmand retrouvé en milieu de bouche.

5. Pinot d’Alsace 2008

6 eur ; auxerrois issus de sols légers sur le terroir de Rebgarten, limoneux en surface, granitique en profondeur auxquels jusqu’à 15 à 20% de pinots noirs sont ajoutés.

La robe est encore plus dense plus jaune-or que pour le 2010 marquant ici une certaine évolution. Le nez est sensiblement différent du 2010par son évolution, ses agrumes plus juteux ainsi qu’une impression légère pré-liquoreuse  qui augmente la perception de gourmandise. Confirmation en bouche de cette impression avec un sucre résiduel présent, du fruit généreux, gras et croquant qui avec énormément de bonheur sont splendidement équilibrés par une tension très vive, de beaux amers et une grande salinité. La finale est droite, fraiche, juteuse avec de très jolies notes de caramel salé. Un vin splendide, à  nouveau atypique, très à l’image de son géniteur.

6. Muscat « Granite » 2008

12 eur ; 95 % de muscat à petits grains ; raisins issus  du GC Schlossberg (granitique léger)

La robe est brillante et très claire avec des notes vert-clair prononcées. Le nez est net, assez intense, pas variétal, plutôt, à nouveau sur le floral que sur le musc, avec des notes de raisins de Corinthe à l’aération. La bouche est très droite, pure avec de fortes notes minérales dopées par une impression tannique et une très belle amertume, presque aérienne. Le fruit est légèrement plus présent en milieu de bouche. L’absence de sucres résiduel confère au vin un caractère très sec surtout la finale de très belle facture. Comme pour le reste de la gamme, un vrai muscat minéral à découvrir absolument.

7. Riesling 2010

8 eur ; raisins issus de sols alluvionnaires légers autour de Bennwihr favorisés en années humides.

La robe est très jeune, classiquement jaune-vert clair. Le nez est lui aussi classique citrique principalement avec quelques fruits blancs. L’impression de jeunesse est aussi très nette.. Sans surprise, la bouche est très tendue, puissante avec des agrumes citriques très marqués, le tout agrémenté d’une certaine rondeur qui rend la bouche plus gourmande. En finale, tout cela est confirmé, la fraicheur domine sans atteindre des longueurs incommensurables. Le riesling typique d’entrée de gamme, bien fait  et qui rassurera ceux qui sont en quête de perception de cépage.

8. Riesling “Vieilles Vignes” 2010

10 eur ; raisins issus de sols légers sur le terroir de Rebgarten, limoneux en surface, granitique en profondeur.

La robe montre la même jeunesse  et la même tonalité que pour le riesling classique. Le nez est plus discret de prime abord et gagne de la puissance ensuite avec un caractère fruit blanc bien plus marqué que le variétal citrique. En bouche, l’acidité est imposante et donne une structure très élancée au vin, sans impression de maigreur, au contraire parce que le fruit juteux tempère cette puissance. Mais l’élément remarquable de cette bouche, c’est cette minéralité perçue, principalement  sur les côtés salins très  évidents surtout sur la finale à la longueur très prononcée. Ce vin ferait certainement la nique à beaucoup de grands crus en dégustation horizontale, il est en tous cas d’un rapport qualité-prix inébranlable !

9. Riesling “Vieilles Vignes” 2009

10 eur ; raisins issus de sols légers sur le terroir de Rebgarten, limoneux en surface, granitique en profondeur.

Ils ne sont pas nombreux les 2009 qui peuvent prétendre apporter autant de plaisir que les 2010 ou les 2008 à des amateurs de vins de pierre comme moi. Celui-ci ne déroge  hélas pas à la règle d’autant qu’il souffre certainement d’un effet de séquence avec son prédécesseur. Si le nez est d’emblée plus puissant, c’est pour aller vers des notes nettement plus solaires avec du coing, du menthol quelques notes florales mais surtout une impression d’alcool. En bouche, même topo, l’acidité n’étant pas suffisante pour empêcher une impression d’étalement. Côté positif, la matière et un certain équilibre  restent perceptibles. La finale n’est pas particulièrement emballante, non plus, bercée d’amers solaires et d’une rondeur que je ne recherche pas mais qui devrait ravir 80% des béotiens qui débarquent en alsace à la chasse au saccharose sauvage.

10. Riesling “Granite” 2010

20 eur ; raisins issus  du GC Schlossberg (granitique léger)

La robe est jeune, classique, très claire. Changement de cap à 180° avec ici un nez magnifique, puissant, complexe, un véritable bouquet floral où le lys domine, quelques notes de fruits blancs et une impression de silex mouillé. Un vrai nez de méditation. En bouche, la très grosse tension dirige un équilibre sucré/salé comme trame de fond parce qu’au-devant de la scène, on sent très vite la pierre prendre le dessus sur le tout. L’impression de densité de matière est maximale. Si la finale est encore un peu dissociée sous l’effet de la jeunesse et de la concentration de ses composants, on sent une énorme race et un potentiel de vieillissement gigantesque. Un vin exceptionnel qui vaut très largement ses 20 euros, ce prix s’expliquant par la rareté de cette cuvée.

11. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2010

15 eur (50 cl) ;  sols  marno-calcaires plus lourds et très ferrugineux

La robe est  dorée encore assez claire. Le nez est très puissant avec beaucoup de caractère, complexe et à des lieues du banal duo rose-lichees, avec, de plus,  une certaine austérité qui donne de la noblesse. La bouche est très équilibrée entre une belle tension, des raisins de Corinthe pour le fruit, du gras avec une légère impression de rondeur qui doit encore être complètement intégrée, une matière très présente et enfin et surtout cette minéralité profonde qui nous amène complètement sur la pierre au bout d’une très belle finale. Un de mes meilleurs GW des 12 derniers mois qui ne peut qu’encore gagner qu’en profondeur avec les années.

12. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2007

20 eur ;  sols  marno-calcaires plus lourds et très ferrugineux

Sauvé des eaux grêleuses, ce gewürztraminer montre plus d’évolution à la robe que son cadet de 2010. Le nez est tout aussi puissant, complexe, avec en plus des notes perçues en 2010, une impression d’aller plus sur le pinot gris avec aussi  quelques belles notes végétales. En bouche, l’acidité est toujours aussi bien marquée, elle équilibre parfaitement une matière fruitée et ronde où le raisin de Corinthe est à nouveau très présent, la minéralité conférant enfin à l’ensemble une austérité très noble. La finale est très longue, fraiche, très balancée entre sensations de terroirs et fruit gourmand. L’évolution de ce vin le rend encore plus accessible, plus buvable que le 2010 ; on atteint ici clairement des sommets, avec le seul bémol que sur la grande durée, il devrait se faire doubler par son cadet.

13. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2009

20 eur ;  sols  marno-calcaires plus lourds et très ferrugineux

Si la robe est encore jeune, on n’atteint pas ici les niveaux des deux vins précédents. Le nez est plus végétal, plus mentholé. Plus sucré, plus boudeur, plus féminin, ce vin est toutefois bien plus équilibré que le riesling V/V de par son acidité plus franche et sa minéralité plus sensible. Un côté métallique me perturbe sur la finale de bonne facture. Si on n’e touche pas les sommets, ce vin confirme que 2009 a été plus généreux pour les Gewürztraminer.

Conclusions

Le groupe qui a participé à cette dégustation a pas mal d’expérience et n’a pas l’habitude  de  s’enthousiasmer avec des notes généreuses sans raison, mais ici, on ressent une véritable unanimité sur la qualité de la gamme entière  proposée : 14,5/20 de moyenne et un écart-type moyen minimal  (

Laurent Barth est vraiment  un des nouveaux visages les plus attachants du vignoble alsacien. Très certainement, il faut lier cela, au-delà de la qualité des vins, à sa timidité, sa simplicité, sa sincérité et sa grande sensibilité alliées au sentiment énorme de passion qui se dégage de sa personnalité.  Rien que l’étiquette sobre et superbe à la fois en est une belle image.

Je suis intimement persuadé que le vignoble alsacien tient là un de ses plus grands vignerons, mais vu le personnage, les medias auront probablement fort à travailler pour en faire une star… n’est-ce pas mieux ainsi ?

Pour en savoir plus visitez l’excellent site http://www.vinht.tv/Laurent-Barth.html  et ses vidéos instructives.

Coordonnées

Domaine Laurent Barth
3, rue du Maréchal de Lattre
68630 Bennwihr
Tél/Fax: 03 89 47 96 06