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Nom : Baraou
Prénom : Laurent
Profession : Dangereux alterviniste
Dernière profession recensée :
Président éphémère des 50e Vendredis du Vin
Dernière activité notable : Promotion des vins de 50 cl

Le titre, le dessin de Remy Bousquet et le Curriculum du Sieur Président en disent déjà beaucoup, je pense…. Car c’est bien Laurent Baraou qui emmène les troupes avides de glou à l’occasion des 50e Vendredis du Vin.
Mais où les emmène-t-il, au fait, ce disciple de l’ « autre vin » ?

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Et bien, pour fêter cet évènement notable que cette 50e, l’Autre, il nous emmène vers d’autres bouteilles, celle dont le volume théorique contenu est de cinquante centilitres, soit environ 12. 10(25) molécules d’eau et bien d’autres choses encore. Demi-portions diront certains, contenus de calvinistes, diront d’autres, c’est sûr que le choix d’un tel volume pour guider un peuple de doux dingues de la descente du jus ne pouvait pas laisser indifférent, d’autant plus que souvent, le dit contenant est choisi pour recevoir des liquides plus chers, pas facilement vendables en plus grands volumes : les vins à haute densité de sucre….
Et là, multipliées les « saccharose sur quille » par le nombre habituel qu’on appréhende dans la section locale bruxelloise des VDVs, euh…. on se dit qu’un brainstorming préparatif avec nos tubes digestifs est de haute nécessité.

21Mais, il faut aussi voir le bon côté des choses… ces p’tits flacons qui terminent nombreuses de nos dégustations chez les vignerons alsaciens, ligériens ou sudouestiens (et qui terminent ensuite dans les coffres de nos bagnoles), on a tendance, souvent par faute de volume, de les laisser croupir groupir dans nos caves. L’occasion était donc belle d’aller les saluer et de ne pas bouder cette thématique qui aura donc vu pas mal de vendredivinistes sillonner les routes de France et de Navarre à la recherche du désormais précieux contenant. Et on a intérêt à en profiter se dit-on, parce que la 100e, si tout se passe bien, c’est pour juin 2022 au plus tôt. Et des bouteilles d’un litre, ça court pas les rues (sauf quelques délicieux « Littrozo). Bon pour ceux dont les foies sont les plus débordants, peut-être que dans 10 ans, le seul flacon d’un litre qui nous sera permis par la faculté sera l’eau minérale. Et à part les p’tites jeunes Eva, Anne et consortes, je n’ose penser que pour la 150e (ce qui devrait nous amener en 2032, si tout va bien, j’angoisse que le seul liquide sucré qu’on nous tolère encore, c’est un baxter de sérum glucosé. Et pourtant, purée, là, quelle fiesta, on pourrait faire avec rien que des magnums.
D’où mon idée de faire désormais des
Vendredis du Vin 6 jours par semaine (le 7e étant réservé à la rédaction)…  Ça nous ferait une belle fête de magnums au Carnaval 2013… Allez, Iris, un effort, bon dieu !

Mais revenons à ces 50e probablement rugissants qui on même fait tourner la tête au Séguéla.

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Le défi du jour était donc de trouver des 50 cl et plus encore, pour les plus futés d’entre nous, des 50 cl secs ou assez secs, afin de modérer un tantinet la vague de saccharose qui risquait fort de déferler sur nos papilles en fin de dégustation (et au milieu aussi).
Les deux premiers vins répondirent fort heureusement à cette gageure….

Le premier de ces messieurs, un Vin de Voile 1999 de Robert & Bernard Plageoles à Mauzac ne cachait nullement ses origines oxydatives, au point de nous bluffer complètement en nous emportant, à l’aveugle, vers le Jura. Mais la noix n’est pas en monopole sur l’aromatique, il y a même une belle complexité ressentie avec des notes tourbées de quoi émouvoir un Highlander dépressif.

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La bouche est aussi plus qu’intéressante. Malgré la trame « très très sec », le vin possède un réel équilibre, cela grâce à un gras qui lui donne beaucoup d’amplitude. Le tout a une bien belle longueur.

Bref, un très bon début….

Et puis, ce fut le tour annoncé du Vieux Savagnin Ouillé ou VSO qu’un de nos membres les plus assidus s’était mis en devoir de nous offrir dès les premières secondes de l’annonce du thème de ces VDVs et non sans faire frétiller d’émoi un bloggeur assez connu du Jura.
La bestiole en question, c’était un Arbois Pupillin « VSO » 2000 d’Overnoy, un vin qui nous a littéralement renversé d’émotion !

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D’abord, il y a ce nez « autre » et complexe à la fois. Autre, parce que ce genre de pif de « croûte » de fromage, on a pas cela tous les jours (on en regretterait presque l’absence d’un certain Mont d’Or pour aller avec). Ne lisez pas ici, un machin genre « Vieille Copine », Nan, c’est de la croûte gourmande, envoutante ! Pas seule non plus, la croûte, parce qu’à côté, il y a un véritable « bouquet d’arômes », complexe comme pas deux, rehaussé par de très fines notes oxydatives. Bref… DEMENT !
En bouche, même topo… La conjonction de la puissance de l’acidité pure et tranchante avec le gras, la matière, les sensations de beurre salé, de caramel noble et toujours de cette impression de croquer de la croûte… c’est RE-DEMENT. Quant à la longueur, c’est sans fin, vraiment. Mon premier VSO, certes, pas le dernier.

18L’air satisfait du type qui a placé son VSO

Dur de passer ensuite…. On pouvait beaucoup espérer, toutefois, du Riesling Vendanges Tardives 2007 de Patrick Meyer qui suivait. D’abord parce qu’à mes yeux, le riesling est un des rares cépages qui par sa fraicheur et sa droiture permet de concevoir de beaux sucres, ensuite parce que l’ami Patrick ne fait que rarement des VT, mais quand il en fait, elles valent souvent le détour.
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Et on n’a pas été déçu par le nez, loin de là. Puissant, complexe, droit, pas oxydatif pour un sou, mais floral, mielleux, exotique, épicé avec une belle évolution qui fait pointer des hydrocarbures nobles et un peu de céleri. Trop top ! La bouche en rend quelques-uns un peu plus perplexes… Bien sûr, c’est équilibré, frais, droit, on retrouve les fleurs et le miel, le tout avec une belle buvabilité, mais le sucre n’est pas tout à fait encore intégré, ce qui donne une légère impression de dissociation…. Serait-on face à un infanticide ? J’en ai bien peur….

Autre vin notable et belle rareté de notre dégustation, la Clairette Beudelle 1995 du Mas Jullien.

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Un vrai beau vin, atypique du Languedoc qui nous a émoustillé par ses arômes de tabac blond et de prunes confites, mais surtout avec sa bouche d’une superbe  (et presque inattendue) fraicheur, un croquant sans pareil, avec une forte impression d’avoir sous la dent des raisins de Corinthe bien juteux et d’une jeunesse plus que convaincante pour ses… 17 ans ! Y a pas à dire, quand le Monsieur olivier, il touche à quelque chose, cela vaut toujours le détour. 

17air satisfait du buveur de Clairette juteuse

Autre sucre, autre genre avec le Sauvignon VT « Fruit Défendu » du Domaine des Sablonettes (Joêl Menard). Le nez est carrément exotique avec une forte impression de confit.

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On aurait pu s’attendre à de la lourdeur en bouche, mais la concentration en sucres y est très joliment contrebalancée par une très belle acidité. Au final, c’est juteux, crémeux, avec une amertume noble apportée en fin de bouche qui accompagne une grosse impression de sucer des zeste d’oranges confits.

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l’ambiance monte…

Un autre des vins goûtés en l’honneur de cette spéciale 50 cl a retenu notre attention, c’est la Cuvée Monica 2005 du Domaine Belles Pierres, un VDN rouge.

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Le nez est assez puissant avec une grosse sensation de pruneaux à l’alcool et de douceur. Il y a de quoi craindre un peu, à nouveau, pour la bouche. Or, cette fois encore, il n’en est rien, le vin est plutôt sec, assez amer et surtout tendu.

Un peu OVNI, quand même parce que dans le genre « Esprit des Carpathes », on fait pas mieux tellement le jus de sang ferrugineux est omniprésent en bouche. A réserver aux vampires et autres assoiffés d’hémoglobine. Moi, je m’en garde une pour la prochaine redif des « Freddy », non pas Roccosi, Brigitte.

Pour finir ce récit en beauté, finissons sur un petit air d’Alsace avec un monstre en termes de sucres (doit friser les 350g, la bête), d’image et de prix. Enfin, de prix, faut voir parce que les Dames Faller ont l’habitude d’offrir ce genre de quilles à leurs visiteurs habitués.
Voici donc venir un Riesling Grand Cru Schlossberg SGN 2004 du Domaine Weinbach.

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Certes, c’est une belle étiquette avant tout… et puis, je l’ai déjà souvent exprimé, s’il y a bien un cépage qui me captive en Alsace pour la confection de vins liquoreux, c’est le Riesling…. Et cela, parce qu’il est un des rares cépages à amener autant de pureté, de finesse et de fraicheur acide à un vin.
Et cette SGN ne déçoit pas, au contraire, elle tient drôlement bien son rang. Le nez est d’une merveilleuse complexité avec des notes florales, d’agrumes et d’hydrocarbures mais pas que…..
La bouche atteint l’exceptionnel avec une véritable sensation minérale (avec plus de 300gr embarqués, chapeau !), mais aussi un fruit très juteux, croquant, une tension admirable, une splendide amertume en finale, kilométrique, au demeurant, et le tout vous balance à la geule une de ces impressions de classe inouïe.  Très très grand vin !!!!!

Bon, pour être complet et qu’on ne s’inquiète pas d’une éventuelle perte de notre qualité de serial quilleurs à la belge, il nous faut mentionner les vins suivants qui ont donc participé à l’aventure mais pour lesquels la succession des sucres et des saveurs souvent puissantes ont fait qu’ils n’étaient pas au meilleur de leur forme et qu’on se fera un plaisir à les rencontrer une autre fois, dans d’autres circonstances, probablement plus gastronomiques :

  • ·         Le Vin de Table Passerillé du Mas Valensole, mis en 1998, et émanant d’un des premier grand adversaires du SO2
  • ·         Le « Vitriol » 2004 d’Olivier Pithon
  • ·         Le Muscat de Rivesaltes 2010, VDN  du Domaine des Mattouans
  • ·         L’Eloge d’Automne 2006, une Clairette passerillée du Domaine Terre des Chardons
  • ·         Le Vin de Table rouge « Nec’Tard » du Domaine des Mattouans

Merci pour eux….

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Voili, voilà, voilou, that’s all folks… On n’a quand même pas été vérifier nos gamma GT, la semaine suivante, on n’a pas fait attention au petit pincement  à droite sous la dernière côte (sauf Brigitte), mais personne n’est non plus sorti de cette aventure sirupeuse avec un entonnoir sur la tête, sauf Brigitte.
Au contraire, on aurait encore eu quelques quilles, que ca serait devenu assez « chaud », sauf Brigitte… Mais elle le savait, elle l’avait prévu la bougresse, au point de venir sans carte mémoire dans son légendaire Nikon et dieu sait s’il est préférable d’appréhender un faucon avec un Nikon qu’un vrai con avec un Canon…. (coyright MONSIEUR Franquin)

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Las, de par l’existence de ces téléphones multi-usages, toutes les preuves de forfaitures ne se perdent point ! Rien que pour cela, merci à toi, Laurent Baraou, président éphémère de ces 50e « cl »Vendredis du Vin !

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