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Domaine Zind-Humbrecht
Horizontale "Multiple" de 2008 sur 10 cuvées


A toi, John Villmer, instigateur avec Olivier Humbrecht de ce beau projet, et qui nous a quitté bien trop tôt, bien trop jeune, les "Vieilles Copines" te dédient cet article.

Avertissement

Cet article est un texte évolutif, il reprend chaque année les éléments d’un texte précédent auxquels viennent s’ajouter de nouvelles observations. Il est aussi terriblement technique, trop peut-être diront certains, il est toutefois très difficile d'entrependre ce qui suit autrement. Cet article contient aussi des cotations de dégustation, type d'appréciations duquel je me suis très fortement désengagé ces derniers temps, tant j'estime qu'il n'y a pas lieu pour l'amateur de faire preuve de subjectivité en dehors du fait de communiquer sa passion.
Cependant, comme Olivier Humbrecht note lui-même ses vins, pour aggréer au souhaît du reste du groupe et par respect pour le défunt initiateur de ce projet qui va se prolonger sur 10 ans, je continuerai ici à faire part de ces notations.

Préambule

On se pose régulièrement la question de comment évoluent nos vins en cave et à part quelques coups de sonde à l’occasion de telle ou telle dégustation, on est trop souvent dépourvu de pouvoir donner une appréciation régulière sur tel ou tel crus. Seule une bonne expérience de tel ou tel cru permet de pallier tant bien que mal à cette problématique. Autrement, il y a lieu de se tourner vers sur la littérature, les forums afin de trouver une réponse à nos questions, mais pas toujours avec succès. Pourtant, le schéma de vieillissement semble assez simple à définir dans le sens où chaque vin suit une courbe de vieillissement souvent reproductible incluant une montée vers une certaine forme d’apogée, un plateau plus ou moins grand à ce sommet et ensuite une courbe descendante cette fois. Ce qui semble déterminer la qualité d’un grand cru, c’est qu’en dehors des facteurs spécifiques d’influence telles les conditions météorologiques du millésime, la phase plateau est souvent largement étendue sur plusieurs années, de même, la pente de la courbe descendante est nettement plus faible en valeur absolue que pour un vin à consommer rapidement. Ce concept qui ne vous est certainement pas étranger a été, il y a quelques années, splendidement illustré par le livre de Jancis Robinson, « Le temps d’un vin » dont le seul défaut actuel est de ne plus avoir été réédité avec des millésimes récents et cela depuis 1990.

Suite à une suggestion de notre ami John Villmer, notre club de dégustation « Les Vieilles Copines » s’est donc proposé de tenter l’expérience sur 10 vins du domaine Zind-Humbrecht, et cela, sur le splendide millésime de garde 2008 en imaginant de nous retrouver chaque année ou du moins à intervalles réguliers pour redéguster un des huit flacons de chaque crus, le mode de conservation des vins et les dégustateurs devant idéalement rester constants. Si les premières dégustations nous donneront une information qualitative sur les vins jeunes, nous pensons qu’à terme l’information peut être intéressante à utiliser par rapport à d’autres millésimes de la même qualité, si l’on tient compte du cépage, des sols, des conditions météorologiques et des autres données qu’Olivier Humbrecht nous propose chaque année. Ce sont ces données qui sont reprises ci-dessous en tête de chaque commentaire par type de vin dégusté.

Les vins qui seront ainsi dégustés, dans l’ordre souhaîté par Olivier Humbrecht, sont :

1. Riesling Clos Häuserer 2008
2. Riesling Grand Cru Rangen de Thann “Clos Saint-Urbain” 2008
3. Riesling Clos Windsbuhl 2008
4. Riesling Grand Cru Brand 2008
5. Muscat Grand Cru Goldert 2008
6. Pinot Gris Clos Windsbuhl 2008
7. Pinot Gris Grand Cru Rangen de Thann “Clos Saint-Urbain” 2008
8. Gewürztraminer Grand Cru Hengst 2008
9. Gewürztraminer Clos Windsbuhl 2008
10. Gewürztraminer Grand Cru Rangen de Thann “Clos Saint-Urbain” 2008

2. Le millésime 2008 au domaine Zind-Humbrecht

Jusqu’à avril et après un millésime 2007 où les vignes n’ont pas été stressées, la situation est classique, tant au niveau de l’évolution que du climat. Le printemps, particulièrement chaud suivi d’un refroidissement net à la mi-juin étale la floraison. Une nouvelle période chaude et sèche succède jusqu’au début août où le temps s’humidifie et surtout refroidit nettement, ce qui eut pour effet de conserver des acidités élevées tout en reculant la maturité des raisins. La combinaison de ces caractéristiques à un superbe début d’automne, particulièrement pendant les vendanges a produit un millésime de très grande garde, marqué le plus souvent par des acidités impressionnantes et très tartriques (principalement sur les vignes en bio et biodynamie), elles-mêmes parfaitement contrebalancées par des sucres résiduels très présents accompagnant de grandes concentrations de matière.

3. Commentaires de dégustation

3.1. Riesling Clos Häuserer 2008

Mise en bouteille:2/2010, Alcool acquis : 12.8°; Sucres résiduels: 7.3 g/l ; 5.8 g/l H2SO4, pH: 3.1, Rendement: 54 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2013-2028+ ; Vignoble planté en 1973. 100% Riesling ; Surface : 1.2 ha ; Terroir : Marnes calcaires de l’oligocène. Coluvium de pente. Exposé est, très faible pente. Indice 1.

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3.1.1. Dégustation du 08/09/2010

La robe est jaune-doré, légèrement vert. Le nez est puissant, frais avec beaucoup de fruits, agrumes, fruits blancs (pêches des vignes), le tout avec une complexité assez moyenne, ce qui semble en décalage avec les notes d’Olivier Humbrecht qui, à la mise, conférait à ce vin des notes bien plus minérales (pierres mouillées) et moins de puissance. La bouche, après une attaque très tendue se relâche un peu, gardant un côté citrique un peu monolithique avec de fortes notes d’écorce de citron et d’orange. La finale est assez longue, tendue, à nouveau sur le citrique mais les notes pierreuses y deviennent plus perceptibles. Finalement, une petite sensation de fermeture domine le groupe que ce vin divise pas mal. (Note personnelle : 14,5/20 – Note moyenne du groupe : 15/20 +/- 1,5)

3.1.2. Dégustation du 05/10/2011

La robe est jaune-doré soutenu. Le nez ne manque pas de puissance, de caractère. On y retrouve pas mal d’agrumes à la limite du confit, des notes florales et épicées, le tout avec une forte impression de fraicheur et une aromatique secondaire qui n’est absolument pas encore présente. La bouche est marquée par la puissance, principalement sous l’effet de l’acidité très dominante à la limite du perlant. On retrouve les fruits du nez sur le milieu de bouche et la finale d’une longueur appréciable est quant à elle bien plus sous l’influence de l’amertume et du fumé. Le manque relatif de salinité et la sucrosité très faible confèrent à ce vin une impression monolithique, déjà relevée sur la dégustation précédente. (Note personnelle : 14/20 – Note moyenne du groupe : 14,5/20 +/- 1,1 ; acidité perçue (moyenne) : 3,6/5 ; sucrosité perçue (moyenne) : 1/5 ; minéralité perçue (moyenne) : 2,8/5)

3.1.3. Dégustation du 12/12/2012

Coome en 2011, la robe est jaune-doré soutenu. Le nez assez ouvert file assez vers des arômes secondaires dans le registre de l'hydrocarbure, avec un peu de cire et de floral. Globalement cela paraît relativement monolithique.
En bouche, on est face à une belle
tension avec une acidité plus intégrée qu'en 2011, ce qui procure plus d'équilibre Côté arômes, les agrumes dominent bien plus qu'au nez. On a tout de même l'impression que la matière est un peu en retrait, avec en finale, moyenne à longue, une assez forte amertume citrique. (Note personnelle : 14/20 – Note moyenne du groupe : 14,5/20 +/- 0,6)

3.2. Riesling Grand Cru Rangen de Thann “Clos Saint-Urbain 2008

Mise en bt: 2/2010; Alcool acquis : 13°; Sucres résiduels: 4 g/l ; 4.2 g/l H2SO4, pH: 3.2; Rendement: 30 hl/ha ; Optimum dégustation: 2015-2033+; Age moyen des vignes : 46 ans ; Surface : 2.1 ha ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente. ; Indice 1.

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3.2.1. Dégustation du 08/09/2010

La robe est jaune-vert brillant. Le nez est ici moins intense que pour le Clos Häuserer, du moins au service, puis s’ouvre et se referme sur des notes très prenantes de pierre à fusil qui écrasent tout sur leur passage. La bouche, bien que d’attaque toujours aussi tendue et légèrement perlante, propose plus d’équilibre avec un caractère sec, salin, pierreux mais aussi avec des notes citriques. C’est nettement plus complexe. La finale est très longue sur les notes pierreuses et la caractère sec et salin du milieu de bouche se conserve infiniment avec l’apparition de quelques épices en toute fin de bouche. Si ce vin paraît austère à beaucoup, on devine son formidable potentiel de vieillissement qui devrait en faire une star dans quelques années ! (Note personnelle : 17/20 – Note moyenne du groupe : 16,3/20 +/- 1,2)

3.2.2. Dégustation du 05/10/2011

S’attaquer au Riesling Rangen dès le 2e vin n’est certes pas commun, son placement résulte toutefois de sa sucrosité annoncée, très faible pour le millésime (4g). La robe est très jeune, d’un beau jaune-vert brillant. Le nez est un peu plus fermé mais les notes minérales font le ménage : pierre à fusil, principalement mais aussi iode et fumé dominent les débats. Toutefois la palette aromatique gagne en complexité avec l’aération ce qui permet aux épices et aux fruits secs de venir se mêler aux débats. La bouche est terriblement structurée tendue par une acidité puissante, minérale à souhait, et tapissée par les notes pierreuses qui lui confèrent une prodigieuse austérité, particulièrement sur la finale kilométrique. Malgré l’impression de puissance et de concentration, la finesse domine et la salinité, presque au sommet, donne énormément de digestibilité à ce tout grand vin, déjà très accessible. (Note personnelle : 17/20 – Note moyenne du groupe : 17,1/20 +/- 1,3 ; acidité perçue (moyenne) : 3,6/5 ; sucrosité perçue (moyenne) : 1,2/5 ; minéralité perçue (moyenne) : 4/5)

3.2.3. Dégustation du 12/12/2012

La robe, encore très jeune marque un soupçon d'évolution. Le nez est ouvert, plein, avec des oranges confites qui dominent, alors que la pierre à fusil reste bien présente. Pas de traces hydrocarburée ici.
La b
ouche est équilibrée malgré une acidité encore élevée. Le soucis (si soucis, il y a) c'est que ce vin nous paraît complétement fermé à ce stade avec, ici aussi, une matière en retrait par rapport à ce qu'on attend d'un tel terroir. Aromatiquement aussi, malgré un floral assez inréressant, on ressent des notes poivrées, légèrement alcooleuses, avec enfin une fin de bouche assez courte par rapport à 2011. Mais cela reste très fin avec beaucoup de classe. Plus que probablement, le vin est en train d'hésiter entre jeunesse et maturité, tombant dans une phase de légère hibernation avant d'exploser ensuite. (Note personnelle : 15/20 – Note moyenne du groupe : 15,2/20 +/- 1,1)

3.3. Riesling Clos Windsbuhl 2008

Mise en bouteille: 2/2010; Alcool acquis : 12.7°; Sucre résiduel: 9 g/l ; .5.2 g/l H2SO4, pH: 3.0; Rendement : 45hl/ha ; Optimum de dégustation: 2014-2030+; Age moyen des vignes : 34 ans ; Surface : 0.9 ha ; Terroir : Calcaire Muschelkalk exposé sud, sud-est. Indice 1

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3.3.1. Dégustation du 08/09/2010

La robe est vert-jaune très claire. Le nez de prime abord assez fermé s’ouvre à l’aération sur une superbe complexité d’arômes où l’on retrouve du minéral (assez dominant), des fruits jaunes et blancs et quelques belles notes florales. La bouche, d’abord marquée par une attaque vive à l’acidité perlante, propose ensuite un superbe équilibre entre droiture et rondeur où minéralité, fruit et gras se disputent joyeusement la part belle, le tout avec une très grosse impression de matière. La finale est d’une longueur impressionnante entre fruit et pierre et ce vin aurait atteint chez moi la cote maximale absolue si les sucres ne venaient pas un peu faire parler d’eux en toute fin de bouche. Cela n’en reste pas moins un tout grand vin, assurément de grande garde. (Note personnelle : 18/20 – Note moyenne du groupe : 17,5/20 +/- 1,1)

3.3.2. Dégustation du 05/10/2011

La robe est jaune-vert avec des nuances dorées. Le nez parait assez fermé, voire très fermé à une partie du groupe. A l’aération, les fruits citriques assez verts sont très présents, non sans être accompagnés de notes miellées et une pointe d’aromatique secondaire où on devine les hydrocarbures se présenter au portillon. La bouche est très droite, tendue comme un arc de samourai, tranchante comme son sabre ce qui procure une fraicheur inouïe à ce vin, surtout sur l’attaque. Dès le milieu de bouche, l’acidité perçue se fait toutefois moins intense parce que la rondeur et le fruit équilibrent bien cette tension alors que la salinité très intense complexifie le vin. En fin de bouche, si la longueur atteint les niveaux espérés, la sucrosité est plus nette, légèrement plus lourde et pour certains (pas pour moi), le vin perd un peu en buvabilité. Personnellement, je ressens un vin encore très, voire trop jeune, mais qui contient toutes les promesses des grands Windsbuhl. (Note personnelle : 18,5/20 – Note moyenne du groupe : 16/20 +/- 1,4 ; acidité perçue (moyenne) : 3/5 ; sucrosité perçue (moyenne) : 2,4/5 ; minéralité perçue (moyenne) : 3/5)

3.3.3. Dégustation du 12/12/2012

La robe part plus nettement vers le doré, abandonnant ses verdeurs de jeunesse. Le nez, d'abord fermé, se complexifie à l'aération pour offrir beaucoup de complexité où le floral n'est pas un vain mot. En plus de la sensation iodée adjacente, apparaissent quelques nuances hydrocarburées. On ne doit pas être loin de la maturité.
Confirmation à la bouche de l'état de faveur de ce vin, où malgré l'aci
dité toujours énorme, la sensation d'équilibre est magistrale, la matière pleine, sèche, et la longueur énorme, le tout avec une salinité explosive. Du tout grand artgrand vin de pierre, longueur énorme, saline.(Note personnelle : 19/20 – Note moyenne du groupe : 18/20 +/- 0,8)

3.4. Riesling Grand Cru Brand 2008

Mise: 2/2010 ; Alcool acquis : 13.7°; Sucres résiduels : 10 g/l ; 4.8 g/l H2SO4, pH: 3.1; Rendement : 32hl/ha ; Optimum dégustation: 2015-2032+ ; Age moyen des vignes : 58 ans ; Surface : 0.7 ha, Terroir: granite biotite exposé sud, sud-est. Forte pente. Indice 1.

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3.4.1. Dégustation du 08/09/2010

La robe est jaune-or brillant. Le nez est modérément intense et offre très vite de la complexité à la fois dans les gammes fruitées (agrumes), florales et minérales. Une petite pointe doucereuse fait penser à la présence de sucres. L’attaque de bouche est moins tranchante que pour les trois autres rieslings et assez vite, on a une belle impression d’équilibre entre l’acidité, le fruit, le gras et… la rondeur ; toutefois, toutes ces composantes pariassent encore peu intégrées entre elles. En plus de cette impression de dissociation en milieu de bouche, le sucre s’installe un peu trop au pouvoir et si la finale reste longue, cela l’alourdit un peu, une pointe d’amertume venant aussi un peu jouer les trouble-fête. Il n’en reste pas moins que ce vin montre beaucoup de potentiel, rien que par les éléments prometteurs de sa structure. (Note personnelle : 15,5/20 – Note moyenne du groupe : 15,6/20 +/- 1,2)

3.4.2. Dégustation du 05/10/2011

Tout comme l’année précédente, la robe a gardé ses atours jaune-or brillant. Le nez est assez ouvert, très frais et complexe, avec des notes beurrées, iodées, florales, pierreuses, légèrement végétales, le tout avec une légère pointe de chaleur mais surtout une poussée d’arômes secondaires plus évidente. En bouche, là, où pour le Windsbuhl, la sucrosité s’intensifiait avec le temps, elle est ici, malgré une intensité indéniable, totalement intégrée dans l’équilibre avec l’acidité et la matière saline, le tout étant relevé de notes de fruits secs, de tisane douce et de fleurs d’oranger. Malgré une amertume plus marquée sur la finale, l’équilibre persiste et est le mot-clé d’une persistance aromatique et structurelle énorme. Indéniablement, le riesling qui m’a le plus marqué en plaisir à ce moment précis. (Note personnelle : 19/20 – Note moyenne du groupe : 16,7/20 +/- 1,9 ; acidité perçue (moyenne) : 3,2/5 ; sucrosité perçue (moyenne) : 3/5 ; minéralité perçue (moyenne) : 3,1/5)

3.4.3. Dégustation du 12/12/2012

Le doré de la robe reste étincellant, l'âge ne semble donc pas encore avoir de marques. Le nez puissant, terriblement complexe malgré un floral très présent, mais on trouve pas mal de monde au bouquet :fruits jaunes, fruits blancs, fleurs blanches, un peu de chair, de levures de pain, et même quelques micro-touches oxydatives. Vraiment top.
En bouche, l'attaque est énorme, fraiche à souhaît, la minéralité domine mais globalement on hésite un peu entre profondeur et fermeture. Finesse, équilibre et belle longueur sont touefois de la partie. Vivement l'année prochaine, je le sens bien.
(Note personnelle : 16/20 – Note moyenne du groupe : 15,5/20 +/- 0,6)

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3.5. Muscat Grand Cru Goldert 2008

Mise en bouteille : 2/2010; Alcool acquis : 13.7° ; SR: 2.7 g/l ; 4.7 g/l H2SO4, pH: 3.3; Rendement : 39 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2023+ ; Age moyen des vignes : 21 ans ; Surface : 0.36 ha, Terroir : calcaire oolithique exposé est, 90 % Muscat d’Alsace, 10 % Ottonel. Indice 1

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3.5.1. Dégustation du 08/09/2010

La robe est jaune-vert avec des reflets dorés. Le nez est fermé au service et il faut pas mal d’aération pour faire ressortir à la fois les arômes du cépage, mais des notes très minérales, de la truffe, des fruits blancs, du floral (rose fanée) qui complexifie bien ce nez. L’attaque est finement tendue et le caractère minéral, sec domine en milieu de bouche. La finale est très longue, toujours avec cette impression de sec avec une belle amertume qui fait de ce muscat, un vin sérieux et passionnant à découvrir. Du vrai terroir ! (Note personnelle : 16/20 – Note moyenne du groupe : 14,9/20 +/- 1,0)

3.5.2. Dégustation du 05/10/2011

La robe a évolué vers des notes plus dorées en un an Le nez par contre, est toujours aussi fermé et le débat de savoir si l’impression de muscat se ressent ou non n’est pas clos. Personnellement, je ressens moins de variétal et plus de notes exotiques comme de l’abricot, du fruit de la passion et des amandes grillées. En bouche, si la tension reste bien marquée, que l’on se croirait presque face à un viognier, l’équilibre penche plus sur le gras et surtout s’accommode d’une assez forte impression de champignon, le tout en gardant une impression de vin très sec, surtout sur la finale, qui avec des amers nobles et de beaux épices, est tout en complexité. Dommage, ces aromes de champignon, c’est le seul bémol de ce vin. (Note personnelle : 15/20 – Note moyenne du groupe : 14,2/20 +/- 2,1 ; acidité perçue (moyenne) : 3,1/5 ; sucrosité perçue (moyenne) : 1/5 ; minéralité perçue (moyenne) : 2,3/5)

3.5.3. Dégustation du 12/12/2012

La robe paraît de plus en plus évoluée. Si le nez est terriblement fermé au service, quand il finit par s'ouvrir il part sur une complexité innouie, dense, profonde où sortir un arôme particulier est bien compliqué à moins de terminer en sketch d'Audiard. Ce qui est certain, c'est que du variétal musqué, et bien, on n'en ressent pas.
La bouche est fraîche, résolument sur le registre du très sec avec une impression presque de sherry dry en texture. Côté perceptions, le 
minéral, le fumé et la tourbe dominent, et ce qui pourrait être ressenti comme une légère austérité est joyeusement rebondi par une sensation de lyme. C'est très équilibré, très long et profond, en fait un des plus beaux muscats que j'ai pu rencontrer à ce jour.... la classe ! (Note personnelle : 18/20 – Note moyenne du groupe : 16,3/20 +/- 2,2)

3.6. Pinot Gris Clos Windsbuhl 2008

Mise en bouteille : 9/2009 ; Alcool acquis : 13.3° ; Sucres résiduels: 37 g/l ; 4.5 g/l H2SO4, pH: 3.5, Rendement : 35 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2014-2033+ ; Age moyen des vignes : 31 ans ; Surface : 2.2 ha ; Terroir : Calcaire muschelkalk exposé sud ; sud-est, Indice 4.

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3.6.1. Dégustation du 08/09/2010

La robe est jaune vert très clair et le nez est à nouveau assez fermé. A l’aération, des notes grillées et des fruits exotiques se font doucement ressentir, sans grande complexité. Par rapport aux premiers vins dégustés, l’attaque est ici beaucoup plus tendre et si l’acidité, un peu perlante, est bien présente, elle a du mal à tendre les fruits, tellement la sucrosité est ici trainante, rendant le vin finalement peu précis à ce stade, surtout que l’impression de dissociation est très nette. La finale corrige un peu cette impression mitigée avec de belles notes de caramel salé et un fruit prometteur. A revoir, évidemment. A noter (voir le tableau) que les avis ici différent pas mal, certains étant moins sensibles à la sucrosité non intégrée que moi. (Note personnelle : 14,5/20 – Note moyenne du groupe : 16/20 +/- 1,1)

3.6.2. Dégustation du 05/10/2011

Non seulement la robe, par ses reflets dorés a gagné en évolution, mais le nez, en un an s’est considérablement ouvert : Très expressif avec des côtés solaires riches, des notes florales et de fruits blancs, mais aussi beaucoup de fraicheur qui invite à croquer. L’acidité est très marquée, toujours un peu perlante mais elle procure beaucoup de nervosité à la matière suave du fruit, le tout étant rehaussé par de belles notes minérales et épices. L’équilibre sucré-salé est ici parfait, léger, pur et la finale, bien longue, est très salivante. Ce vin a énormément gagné en plaisir et en buvabilité durant cette année passée depuis la première dégustation… s’il progresse encore, on va se l’arracher ! (Note personnelle : 17/20 – Note moyenne du groupe : 16,8/20 +/- 2,1 ; acidité perçue (moyenne) : 3/5 ; sucrosité perçue (moyenne) : 3,5/5 ; minéralité perçue (moyenne) : 3,3/5)

3.6.3. Dégustation du 12/12/2012

Retour à une robe plus jeune, très dorée qui n'a pas évolué depuis l'année précédente. Le nez est puissant, riche, complexe, avec à nouveau du floral et des fruits blancs, alors que les notes solaires perçues en 2011 ont disparues.
L'attaque de bouche est ultra-puissante, presque brutale, pleinement sur le registre du 
sucré-salé tout en restant sèche dans le noble sens du terme et ce, malgré les sucres embarqués. La longueur est belle, fumée mais le vin a encore besoin de temps pour s'affiner et atteindre sa chrysalide. (Note personnelle : 15/20 – Note moyenne du groupe : 16,2/20 +/- 1,4)

3.7. Pinot Gris Grand Cru Rangen de Thann “Clos Saint-Urbain” 2008

Mise en bouteille 2/2010 ; Alcool acquis : 12.55° ; Sucres résiduels: 46 g/l ; 5.7 g/l H2SO4, pH: 3.0; Rendement: 21 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2016-2035+ ; Age moyen des vignes : 39 ans ; Surface : 2.9 ha ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente. Indice 5.

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3.7.1. Dégustation du 08/09/2010

La robe est jaune, profonde avec de beaux reflets dorés. Le nez est une petite bombe à la fois en termes d’intensité que de richesse d’arômes. Tout semble être de la revue : minéral (très silex), fruit jaune frais, floral et terriblement frais. La bouche est à la hauteur du nez. Si une légère impression de dissociation demeure, le sentiment d’équilibre est impressionnant avec une superbe acidité portante, des fruits jaunes au croquant superbe, le tout vraiment sur le registre de la pureté cristalline… envolés les sucres trainants du vin précédent ! La finale est « déjà » somptueuse, longue, saline et tout le monde s’accorde à qualifier la buvabilité de ce vin époustouflante malgré ses 46 grammes de sucre embarqués ! Génialissime ! (Note personnelle : 19/20 – Note moyenne du groupe : 18,6/20 +/- 0,6)

3.7.2. Dégustation du 05/10/2011

La robe a encore gagné en notes dorées luminescentes depuis l’année passée, mais bizarrement (est-ce un effet de séquence), le nez s’est, lui, très fermé. Quelques notes pierreuses et de fruits blancs se démarquent tout de même à l’aération. L’acidité est très marquée, surtout à l’attaque. Ensuite, c’est la minéralité qui prend le pouvoir mais elle est malgré sa puissance tempérée par une légère impression de creux, de perte de cristallinité et les notes de champignon sensibles çà et là amollissent un peu le vin. Ce genre de pinot gris se ferme-t-ils à certaines phases de leurs vieillissement, j’ai pas trop de réponse, mais il est certain qu’avec plus d’intégration des sucres, on devrait retrouver plus d’équilibre et de fraicheur. Rendez-vous dans un an. (Note personnelle : 16,5/20 – Note moyenne du groupe : 17,6/20 +/- 1,2 ; acidité perçue (moyenne) : 3,5/5 ; sucrosité perçue (moyenne) : 3,1/5 ; minéralité perçue (moyenne) : 3,6/5)

3.7.3. Dégustation du 12/12/2012

La robe est dense, concentrée et brillante. Le nez est bien plus fermé que pour le Windsbuhl, assez minéral, ce qui lui confère une impression de puissance en léthargie.
On retrouve en bouche la notion 
sucré/salé avec ici une acidité certes poignante, mais pure, cristalline et l'impression d'équilibre et de buvabilité est bien plus intense surtout que l'orange confite et la mandarine perçues arrondissent joyeusement la matière. Il n'en reste pas moins que si buvabilité il y a réellement, personne n'est dupe, la structure de ce vin est énorme, la longueur en atteste. Top ! (Note personnelle : 18,5/20 – Note moyenne du groupe : 17,1/20 +/- 1,4)

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3.8. Gewürztraminer Grand Cru Hengst 2008

Mise en bouteille : 9/2009; Alcool acquis : 14.2° alc ; Sucres résiduels : 47 g/l ; 4.1 g/l H2SO4, pH: 3.6; Rendement : 28 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2013-2033+ ; Age moyen des vignes : 57 ans ; Surface : 1.42 ha ; Terroir : Marnes calcaires de l’oligocène, exposé sud sud-est, pente moyenne à forte. Indice 4.

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3.8.1. Dégustation du 08/09/2010

La robe est nettement sur le registre du doré encore légèrement pâle. Le nez est assez intense et très vite les notes citriques et les arômes variétaux font le ménage avec une impression, déjà, de manque de fraicheur. La bouche est tout sauf précise, à ce stade, les sucres trop présents, la dissociation évidente des composants ne faisant rien pour sauver ce soldat « Hengst ». La fin de bouche est au diapason, avec l’amertume qui vient en plus s’en mêler. Heureusement que l’on perçoit de la concentration et que la confiance dans l’art du maître nous fait garder confiance dans l’avenir de ce vin, cela modère la note. Autre facteur à tenir compte, difficile de passer aussi derrière le sublime Pinot Gris Rangen… l’effet de séquence est plus que probable. (Note personnelle : 13,5/20 – Note moyenne du groupe : 14,5/20 +/- 1,1)

3.8.2. Dégustation du 05/10/2011

Si l’or était pâle l’année passée, ici, il s’est considérablement densifié dans la robe, tout en conservant un superbe brillant. Le nez n’est pas vraiment marqué par  le variétal, il est plus proche d’un nez de pinot gris avec ses fruits blancs, auquel viennent se surajouter des notes de musc,  d’écorce d’orange et des épices un peu piquants. En bouche, si à l’attaque, l’acidité équilibre assez bien le gras du sucre et l’amertume proche du coing, plus on évolue, plus cela sucraillonne, particulièrement en finale, grasse, alcoolisée et poivrée. A noter, sur cette même finale, l’apparition de notes plus variétales de pétales de rose. Les soucis rencontrés l’année passée ne se sont pas envolés, ce vin reste à ce stade une énigme, mais son géniteur nous invite à la patience… donc attendons ! (Note personnelle : 13,5/20 – Note moyenne du groupe : 12,8/20 +/- 1,4 ; acidité perçue (moyenne) : 2,2/5 ; sucrosité perçue (moyenne) : 3,8/5 ; minéralité perçue (moyenne) : 2/5)

3.8.3. Dégustation du 12/12/2012

Si la robe reste brillante, elle marque ici un peu d'évolution. Par rapport à d'autres vins de cette troisième dégustation, le nez est clairement ouvert, puissant, assez marqué par le cépage non sans une impression de gourmandise.
La b
ouche est fraiche, pure, équilibrée malgré la puissance, fumée, on ressent des impressions presque tourbées plus proche normalement du Rangen. La finale est très vibrante, saline, aussi. On serait assurément devant un superbe vin, si les notes variétales étaient gommées. La patience devrait permettre d'atteindre l'état de grâce. (Note personnelle : 15,5/20 – Note moyenne du groupe : 14/20 +/- 0,8)

3.9. Gewürztraminer Clos Windsbuhl 2008

Mise en bouteille: 9/2009; Alcool acquis : 12.8° alc ; Sucres résiduels: 56 g/l ; 3.4 g/l H2SO4, pH: 3.7; Rendement : 35hl/ha ; Optimum de dégustation: 2015-2033+ ; Age moyen des vignes : 38 ans ; Surface : 0.9 ha ; Terroir : Calcaire Muschelkalk exposé sud, sud-est ; Indice 4.

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3.9.1. Dégustation du 08/09/2010

La robe est dorée claire. Le nez est légèrement ouvert avec pas mal de complexité offrant de la fraicheur, de fines notes fruitées, du floral… mais aussi une petite perception de rondeur. La bouche est nettement plus tendue que pour le Hengst, plus précise aussi mais la sucrosité semble à nouveau partiellement intégrée, ce qui perturbe alors que les autres composantes de ce fin sont nettement plus sur la finesse. La finale confirme cette impression de finesse attaquée sur les flancs par un sucre pas très sapide. A revoir, comme pour le vin précédent. (Note personnelle : 14,5/20 – Note moyenne du groupe : 15,3/20 +/- 1,3)

3.9.2. Dégustation du 05/10/2011

La robe est dorée mais plus clair que pour le précédent Hengst. Si le caractère variétal est aussi plus présent au nez, il est très bien complexifié par de belles notes de fleurs, de petits fruits non sans ressentir de la fraicheur. En bouche, toujours par rapport au Hengst, on retrouve plus d’’équilibre, cela grâce à plus de vivacité apportée par une acidité plus marquée ainsi que des sucres bien mieux intégrés. Si aromatiquement, on retrouve du variétal, la salinité très présente rappelle le terroir calcaire du Windsbuhl. La longueur, sans atteindre des sommets est à la hauteur de nos attentes. Un vin qui paraît surtout encore en devenir. (Note personnelle : 15,5/20 – Note moyenne du groupe : 16/20 +/-1,3  ; acidité perçue (moyenne) : 2,8/5 ; sucrosité perçue (moyenne) : 3,7/5 ; minéralité perçue (moyenne) : 2,8/5)

3.9.3. Dégustation du 12/12/2012

La robe est très dorée, brillante, sans nulle trace d'évolution. Si le premier nez est assez fermé, il se complexifie à l'aération pour évoluer nettement vers le floral, sans pour autant parler de rose, ici, l'impression variétale perçue en 2011 s'est effacée, semble-t-il.
La bouche est fantastique. Sur un registre sucré salé croquant et très puissant, les composantes fruitées et minérales s'en donnent à coeur joie, d'autant que la très belle acidité fait briller l'édifice par la tension pure qu'elle apporte. Entre jeunesse et terroir, du pur bonheur.
(Note personnelle : 17,5/20 – Note moyenne du groupe : 14,7/20 +/- 1,6)

3.10. Gewürztraminer Grand Cru Rangen de Thann “Clos Saint-Urbain” 2008

Mise en bouteille : 9/2009; Alcool acquis : 12°; Sucre résiduel: 64 g/l ; 6.1 g/l H2SO4, pH: 3.5; Rendement: 27 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2016-2033+ ; Age moyen des vignes : 45 ans ; Surface : 0.5 ha ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente. Indice 4.

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3.10.1. Dégustation du 08/09/2010

La robe est d’un or resplendissant. Au nez, après une impression fugace d’ammoniaque à peine perceptible 1 à 2 secondes, le minéral se développe tout en finesse, réduisant à néant les notes fruitées variétales éventuelles et rappelant furieusement l’impression donnée par le riesling du même terroir. L’attaque de bouche est marquée par une acidité très vive qui vient porter la salinité et les notes minérales tout au long de trajet buccal et bien après, écrasant les sucres résiduels au rang d’insectes microscopiques sous un bulldozer qui a décidé de jouer en délicatesse (vous me suivez ?). Bref, c’est excellent et on est heureux que ce vin vienne, à ce stade, bien entendu, sauver la maison gewürztraminer. (Note personnelle : 17,5/20 – Note moyenne du groupe : 16,7/20 +/- 1,0)

3.10.2. Dégustation du 05/10/2011

L’or resplendissant de l’an passé n’a pas terni d’un iota. Le nez est intense, bourré de notes tourbées et fumées si caractéristiques du Rangen. Viennent s’ajouter à cela des fruits mûrs et un soupçon de beurre. En bouche, l’équilibre atteint la perfection entre la tension très vive, le fruit et ses notes un peu confites, l’intégration superbe des sucres et cette salinité gigantesque. Un sommet !  La finale est au diapason énorme, pure, cristalline, croquante, sans amertume. Un très très grand vin qui a encore gagné des galons en un an. (Note personnelle : 18,5/20 – Note moyenne du groupe : 17,9/20 +/- 1,3 ; acidité perçue (moyenne) : 3,7/5 ; sucrosité perçue (moyenne) : 2,9/5 ; minéralité perçue (moyenne) : 3,5/5)

3.10.3. Dégustation du 12/12/2012

La robe reste dorée sans montrer plus d'évolution qu'en 2011. le nez n'est pas explosif, mais on ressent une concentration profonde où minéral et fumé s'en donnent à coeur joie. Désolé d'être trivial, mais ça pue la classe !
Pas de retenue pour la bouche, par contre. A côté de la tension énorme, de la sensation extrême de matière, on est époustouflé par cette jeunesse qui vibre de salinité, de pureté. Et puis, il y a ces envoûtantes notes balsamiques sur l'infinie longueur.L
a quintesscence du gewürztraminer ! La perfection même. (Note personnelle : 20/20 – Note moyenne du groupe : 17,6/20 +/- 1,3)

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4. Conclusions

4.1. Dégustation du 08/09/2010

Pour les besoins de cette sorte d’étude que nous entreprenons en ce mois de septembre 2010, une première dégustation était forcément nécessaire. Il est certain que l’on est fort tôt pour donner un avis très objectif au vu de la moitié des vins goûtés où les sucres résiduels ne sont pas encore intégrés, principalement sur les pinots et les gewürztraminers. Mais certains enseignements peuvent malgré tout être tirés. Quand les sucres sont maîtrisés, comme sur la majorité des rieslings et le muscat, l’impression de pureté et de lien au terroir par la minéralité domine. La concentration des vins est souvent impressionnante et il est heureux que l’acidité soit aussi importante. Les Rangen sont déjà flamboyants de précision et de pureté et on y retrouve beaucoup de buvabilité alors que ce n’est pas forcément le cas pour les autres crus dégustés, et cela est assez discordant par rapport aux 2007 qui étaient, eux, globalement très buvables dans leur prime jeunesse. Vivement la prochaine dégustation, dans un an, pour remettre tout cela en question…. Et un énorme merci à John pour avoir imaginé tout ce concept de dégustation, merci aussi aux « Copines » pour l’ambiance… toutefois un peu plus dans le recueillement que d’habitude.

4.2. Dégustation du 05/10/2011

Un an après la première dégustation (qui correspondait à la fin de la période de vente moyenne des 2008 du domaine Zind-Humbrecht), on peut déjà facilement avancer que les choses n’ont que très peu évolué en l’état. En effet, très peu à aucune note aromatique secondaire ne sont perceptibles, les robes des vins ne marquent pas d’évolution marquante et certains vins paraissent encore même à la limite de la mise en place. Les acidités sont encore globalement, elles-aussi, très jeunes, très strictes et tendues, particulièrement sur les rieslings, ce qui permet aux vins avec une sucrosité perçue de l’ordre de 2 à 2,5/5 de proposer une plus grande buvabilité que les vins plus sévères. Les amertumes, nobles le plus souvent, sont quant à elles assez bien présentes. Il est aussi très intéressant à ce stade de remarquer que les Rangen continuent à faire le plein des voix de préférence… Doit-on dès lors s’étonner qu’ils mènent largement la danse pour ce qui est de la perception de minéralité et pour ce qui est de l’équilibre entre l’intégration des sucres et l’acidité ? C’est particulièrement sensible au niveau des gewurztraminers où le Rangen se détache par le côté pur et intégré de ses… 54 g de sucres ! A l’exception du Clos Haüserer, une forte impression de matière, d’extrait, nous a aussi animé tout au long de la dégustation. On reste clairement sur un niveau exceptionnellement élevé. Enfin, il reste l’énigme du Gewürztraminer Hengst, déjà relativement déprécié lors de la première dégustation, qui ne progresse pas 12 mois plus tard, au contraire, et cela, particulièrement dans le sens de l’intégration de ses sucres. Olivier Humbrecht nous garantit toutefois que la patience des années nous fera changer d’avis… laissons-lui plus que le bénéfice du doute, qui mieux que lui à l’expérience de l’évolution de ses propres vins ?

4.3. Dégustation du 12/12/2012

Cette troisième année de dégustation marque un virage très clair sur les riesling, plus timide sur les 3 autres cépages.
Les rieslings, en effet, paraissent un peu en dedans, fermés, quelquefois à la matière plus serrée, moins expressive. L'apparition de notes hydrocarburées, en sus mais sans excès, fait penser que doucement, on migre ici vers les arômes secondaires, que les vins sont en train de partir vers la complexité de la maturité, mais restent encore entre deux eaux, sensations d'ailleurs plus rapidement ressenties sur les riesling de 2007. Mais la fraicheur omniprésente nous rappelle qu'on est sur un millésime qui en a derrière le pantalon. Les 12 mois qui viennent vont plus que probablement livrer la réponse.
Le muscat est magique de classe réservée, mais sa texture proche d'un vin de voile, tellement originale, en surpendra probablement. Comment évoluera-t-il, voilà quelque chose qui garde tout son suspense....
Les pinots et les gewürztaminers sont étincelants de matière, de fraicheur et de croquant fruité. Buvabilité est en fait leur maître-mot. Si je me réfère à ma mémoire (et plus encore à mes notes), on est toutefois encore clairement sur de la jeunesse pure, et même si le terroir est sensible, il va certainement encore plus s'affirmer avec le temps.

Mais c'est avant tout, à travers ces 10 vins, les gewürztraminers qui me laissent pantois. De plus en plus, je comprend la fascination que ressent Olivier Humbrecht pour ce cépage.... sur de grands terroirs.

5. Addenda technique : Résumé des notes de dégustation et appréciations diverses

Les tableaux ci-dessous donne les notes par dégustateur, la moyenne l'écart moyen et le classement pour chacun des vins dégustés. Il résument uniquement des valeurs personnelles, donc subjectives.

5.1 Première dégustation : 08/09/2010

Les bouteilles ont été servies aux environs de 8°C, sans carafage. Douze personnes d'un groupe créé pour l’occasion à Bruxelles ont constitué le groupe de dégustation.

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5.2 Deuxième dégustation : 05/10/2011

Les bouteilles ont été servies aux environs de 8°C, après un léger carafage d’une demi-heure. A l’exception d’un dégustateur supplémentaire par rapport à la première dégustation, ce groupe demeure inchangé.

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5.3 Troisième dégustation : 12/12/2012

Les bouteilles ont été servies aux environs de 8°C, après un légere ouverture d’une demi-heure. A l'exception de John Willmer et de sa compagne qui ont été remplacés par la force des choses, le reste du groupe est demeuré inchangé.

2012

5.4. Analyses sensorielles

Sur la seconde dégustation de 05/10/2011, en plus de l’appréciation globale des vins, nous avons essayé de percevoir les acidités, sucrosités et minéralités pour chacun des vins. Il s’agit donc bien de valeurs perçues et non théoriques. L’intérêt de l’exercice est de voir si un vin se dégage fort par rapport à un autre dans la sensibilité moyenne des dégustateurs et si l’écart-type des valeurs est important ou non. Plus accessoirement, cela permet à chaque participant de situer ses perceptions par rapport à la moyenne et de montrer combien les percéptions subjectives de chacun font de l'art de la dégustation une scinence très peu exacte.

5.4.1 Acidités perçues

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5.4.2. Sucrosités perçues

 zh20082s

5.4.3. Minéralités perçues

 zh20082m

TO BE FOLLOWED....