Alors qu’en Belgique, la présence conjointe aux postes de l’armée, de l’intérieur et de l’immigration de trois ministres de la NVA (traduisez nazis flamands anti-Belgique) devrait encore plus noircir qu’elles ne le sont mes visions d’avenir, l’homme, oui, l’homme avec un grand H, parvient chaque jour à m’épater de son ingéniosité et me fait croire qu’au bout du tunnel, il y a toujours une lueur d’espoir !

Non, Sandrine Goeyvaerts, je ne vous ferai pas le plaisir de m’épancher sur ce pas si nouveau mais toujours aussi rigolo concept de Vins de Femmes, j’ose imaginer que vous le ferez bien mieux que moi (Je vouvoie parce qu’il parait que dans les medias, même si tu baises ensemble, ça fait bien de se vouvoyer (#onnestpascouché)).

Non, je m’attacherai à une autre histoire où le côté pathétique est littéralement occulté par l’humour aussi puissant que probablement involontaire.

Petit glossaire sous forme de préambule

A ce jour, afin de segmenter à tous prix le vin dans le but le plus souvent de tirer à boulets rouges sur le clan d’en face, on avait créé deux grandes subdivisions, les Classiques dit les « bon vins » et les Naturels, aussi dénommés « Vins de Merde ».
Et, comme de bien entendu, dans le no man's land entre ces deux mondes impitoyables (surtout le second) était condamnée à errer, telles des âmes perdues sur le Styx, une foule de bios et biodynamistes qui n’avaient pas encore trouvé ou avaient perdu le trousseau de clés permettant d’accéder au Walhalla des Classiques pur et durs.
Cette zone fourre-tout était un peu comme une forme de purgatoire de la treille où le message bien clair pouvait s'illustrer comme « on t’ouvrirait bien la porte mais on doit encore vérifier quelques éléments, en attendant fais dix Ave Marie et vingt Paters tous les matins ».
En ces temps de quarantaine de 21 jours, pas trop difficile de comprendre.

Donc..., si j’ai bien compris (ce qui sera certainement erratico-elliptique aux yeux de beaucoup), je définirais les vins classiques par des vins qui ont fait depuis deux cents ans la gloire de LA France, qui étaient largement élevés (en cave) comme tous les autres vins depuis l’aube des temps, mais qui depuis le milieu des années 80 ont vu que leur avenir se situait dans la l’évolution, la modernité, in vitro, in vivo et à la bourse. Ne voyez pas de critique en cela, les vins classiques ont largement fait partie de mon éducation et on ne crache pas sur ses parents.

Côté en face, tous les autres pinards mais avec en leur sein, une hérésie appelée « Naturel ». Cette phrase-là est importante, je vous invite à l’avoir bien mémorisée pour la suite de ce délire.
Le côté amusant de la chose est que ces anticlassiques d'en façe se voyaient principalement reprocher de ne pas avoir choisi la modernité technologique, et donc de sentir très mauivais de par ce fait.

La grande tradition de la viticulture française

Bien que je tienne à vous épargner mes échanges épistolaires avec le grand Michel Bettane, il me parait utile d’enfoncer ce clou sur sa définition du classique et donc de porte-drapeau de la grande tradition de la viticulture tricolore comme un ensemble presque mathématique incluant tout ce qui date depuis au moins 1855 en Bordeaux et en Bourgogne (et plus si affinités) et qui vers les années 80 a décidé de faire des vins «encore plus grands ».

Je cite because j'aime bien citer les grands auteurs : "Monsieur Böttcher, vous êtes un crétin, votre aveuglement est désepérant, et en voyant votre manière d'aborder les vins du Domaine Trimbach, vous n'avez visiblement strictement aucune connaissance de ce qu'est la grande tradition germaniques du riesling alsacien."

Marrant... vu que je ne juge pas, invitant même tout un chacun, s’il le peut, de déguster un Château Bordelais comme Lynch-Bages sur 1970 et 2005 (ou plus si affinité) pour interpréter comme il se doit comment la grande tradition a cette fantastique capacité … à évoluer.

Mais.. après tout, si tout un chacun trouve son bonheur dans les vins classiques ou dans ceux qui ne le sont pas, je trouve cela très bien et cela ne m’empêchera jamais de dormir.

Moi, non !

Mais d’autres, si, et c’est là qu’intervient l’ingéniosité de l’homme, celle de Monsieur Nicolas de Rouyn, à la fois grand érudit de la treille et organe porte-parole sur le Web 2.0 du parti de son père philosophique et mentor, Michel Bettane.
En l’occurrence, l’activité ingénieuse de ce noble et dévoué porte-parole du parti me fait plutôt penser à ces pauvres tirailleurs sénégalais à qui, après leur avoir appris qu’ils étaient français, on leur avait fait l’honneur du premier rang, ce qui au spectacle de la vie ne se refuse évidemment pas. Mais bon...
Et donc, après une bonne page de diarrhée verbale (oui, Nicolas, j’imagine que vous soutiendrez qu’il n’y a aucun espoir de traitement), j’en viens enfin … au fait.

Born to be Wild

A force de restreindre cette image classique de grands vins de la tradition viticole française aux seuls superbordeauxgrandscrus (appelez-les super) et à quelques « grands » Bourgogne, ça commençait méchamment à gronder chez les barons de la cour, pour peu qu’ils n’étaient point de haute naissance… on commençait souvent même à les entendre s’écrier, tels des Cicérons des temps modernes : « Et quoi, sire, jusqu’à quand, du fait de notre modeste lignée, auront nous à souffrir d’être associés à ces vils individus qui ne soufrent pas ou plus ? »

Et le bon roi et son écuyer de les entendre et d’ainsi créer la catégorie tampon la plus ingénieuse de tous les temps : les Vins Sauvages, Ze New Frontier*.

Comprenez tous les vins qui ne sont pas dans la première catégorie mais (et là, je cite l’inventeur) qui sont quand même bons.
Et ainsi voici Chave, Bizeul et tant d’autres versés sur la Chypre du vin, en attendant d’un jour atteindre la Palestine promise.
Enfin, pas trop vite quand même parce ce que si Hervé se verra honoré de voir ses syrah ainsi chavisées, il faut quand même bien qu’il prenne le poids de sa catégorie : les « Sauvages ».
Vous savez moi qui aime bien les références historiques, ça me fait quand même penser à cette xénophobie rémanente made in SPQR qui offrait, sous forme de lopin de terre, la récompense de bons et loyaux service aux Barbares devenus légionnaires…

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Sauvages, oui, mais plus Barbares

Du pur génie !

Donc, merci à vous, Nicolas, pour ce qui va rester comme un de mes plus grands éclats de rire de cette année… Je me ferais bien telle une mouche pour aller voir mes sauvages amis Bizeul, Deiss, Sipp et j’en passe tant, affublés de peaux de bêtes au futur Grand Tasting… J’espère que le comité organisateur ne me décevra pas.

Quant à moi, concernant le salon que je coorganiserai à la même époque, Vini, Birre, Ribelli pour ne pas le nommer, je ferai, en respect de ce grand moment, en sorte de quémander à mes invités vignerons et brasseurs de se présenter de tenue d’Eve ou d’Adam, le poil bien présent (ça tombe bien, il fête son retour), car tel de vrais « Barbares » devront ainsi bien assumer leur image de pithécanthropes de la vigne.

Des vins sauvages... trop top... non Lou, ne te retourne pas dans ta tombe...

Et probablement que cette bafouille vous sera trop d'honneur, Monsieur de Rouyn, de la part de ce que vous appelez si bien, un imbécile. Car c'est sur bienheureux qualificatif que je concluerai en citant votre prose :" Spontanément, il vote « sauvage », l’imbécile, sans rien savoir des miracles que cette notion encourage, s’agissant de vin. Quand l’idée d’un vin civilisé, cette chance, le révulse absolument, lui fait penser à son ascendance honnie, des bourgeois, pfuit."

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* : Frontier : terme utilisé dans l'article de référence par son auteur, le bien nommé Nicolas de Rouyn, de façon bien maîtrisée. Je dis cela parce que je pars du fait qu'il est un grand érudit.
Ce terme fait plus probablement appel à la notion américaine (d'où l'emploi de la langue de Georges Washington) pour désigner la limite de l'avancement de la civilisation par rapport aux terres encores peuplées par ces sanguinaires barbares d'amérindiens.