Vins Libres

04 juillet 2015

Fuori Mondo : Au bout du monde, le destin !

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"Il faut suivre son destin
car il est la seule entité sur la planète
qui nous veut vraiment du bien à 100%"

Au fil de mes rencontres viniques, ce sont comme les pages de récits aventureux qui s’ouvrent sans jamais se fermer, car en dehors de la mémoire des ineffaçables moments d’humanités partagés, il reste des traces moléculaires de ces contacts à travers les vins que j’emporte chez moi
Ces bouteilles, on prend alors un plaisir Proustien à frôler du regard, puis de la main avant d’entreprendre de les déflorer ; elles vont bien au-delà d’une simple boisson, elles sont l’empreinte d’un destin, d’une aventure des temps modernes.

Cet article parle d’une nouvelle empreinte de l’extraordinaire, dans le sens littéral du mot. Il nous parle du destin d’Olivier Paul-Morandini, qui par passion pour l’Italie, a fondé sa première génération d’apprentis vignerons, après qu’un beau jour de 2003, la dégustation d’un vin rouge de la Maremme ait façonné son destin, ainsi que celui de son domaine viticole, au bout du monde, Fuori Mondo.
Dans ce domaine, il s’épanouit aujourd’hui avec Priscilla son épouse et Matteo son fils, ses plus grands amours.

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Pourtant, je dois l’avouer, rien, au début, ne me portait sur les vins de ce domaine que je percevais à tort comme une pâle copie des stars de la voisine Bolgheri, rien ne me portait sur son cabernet sauvignon travaillé en bois neuf, mais surtout, rien ne me portait vers son propriétaire, ce personnage « que tout le monde connaît en Belgique », au physique de jeune premier et que de surcroît, on m’avait présenté comme lobbyiste à l’Union Européenne, chose qui a tendance à m’hérisser le duvet.
Une belle somme d’apparences qui se sont avérées toutes plus trompeuses l’une que l’autre, raison pour laquelle, je prends un plaisir encore plus grand à écrire cette article, parce qu’au rayon personnage exceptionnel de mes rencontres, Olivier figure assurément en très bonne place !

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Historique

L’histoire de Fuori Mondo est donc intimement liée à son apprenti, autodidacte vigneron, une histoire pas cousue de fil blanc, à laquelle, même si cela s’avère un peu long, il me semble bon de s’arrêter.
Tout simplement pour comprendre une fois de plus que derrière une bouteille de vin se cache bien plus que du vin.

De l’adolescence turbulente au 112

Petit-fils d’immigré italien en Belgique par Lino, son grand-père maternel, Olivier Paul-Morandini est irrésistiblement tourné dès son enfance vers l’Italie, d’autant que pour son père, tous les prétextes sont bons pour y retourner autant que faire se peut.

Rien ne destine pourtant Olivier à son avenir vigneron.
Originaire de Liège en Belgique, il passe son adolescence à « visiter » de nombreux collèges où son refus inné de l’autorité, son esprit de contestation lui font faire autant de kilomètres que d’institutions scolaires qu’il fréquente, au point qu’il eut pu facilement en écrire un « non-guide ».
Malgré tout, il accède à des études supérieures, plus précisément à l’IHECS, l’Institut des Hautes Etudes de Communications Sociales de Bruxelles où il va à nouveau faire parler de lui, surtout quand il s’agit d’organiser une contestation ou autre manifestation.
De cette période, il va conserver effectivement une énorme capacité de communication et une obstination à vaincre dans tous ses combats.
En 1996, à l’occasion de son mémoire, il part avec son père une première fois au Tibet. Trop « organisé » pour être aventureux comme il le souhaite, ce voyage lui fiche quand même une belle dose d’adrénaline, tant ce pays le fascine.
A sa grande surprise, comme il aime à le plaisanter, le voilà diplômé en 1997, année à partir de laquelle il exerce des activités très diverses, presque toujours à but social, comme Mandala Organic Growers, ce projet agricole regroupant des producteurs de la Sicile au Pays de Galles.

Il n’en a toutefois pas fini avec le Tibet où il retourne cette fois vraiment à l’aventure, à l’occasion d’un reportage sur l’exil d’enfants tibétains qui traversent ainsi l’Himalaya, dénués de tout.
Et côté aventure, il va être servi, frisant plusieurs fois une issue fatale, atteint maintes fois par le découragement et le désespoir, mais parvenant à s’en sortir, grandi humainement et ayant ainsi acquit très grand tropisme pour l’autre.
De cette traversée au bord de l’enfer, il emportera dans son cœur l’image de Pemà, une petite fille luttant de tout son être contre le froid et qui donnera, bien plus tard, son nom à une des cuvées de Fuori Mondo.

A son retour, il part, entre autres, à Montréal afin de tenter de développer un marché pour les petits producteurs de produits de terroir européens dans le continent Nord-Américain. Si, de par le protectionnisme ambiant, cette tentative s’avère un échec, un fait divers majeur survient pendant ce voyage quand un canadien lui demande où en est le développement du numéro d’appel 112 en Europe.

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Bien incapable de répondre, Olivier fait alors comme pour chaque chose qui lui agite les méninges, il va visiter dès le lendemain les installations de ce 112 à Montréal et revient fissa en Belgique, avec dans ses bagages, la volonté obstinée de développer ce service en Europe en établissant une plateforme de discussion avec tous les acteurs, fournisseurs et citoyens.
Mais c’est à une vraie galère qu’il s’attaque, une galère qu’il financera seul, à coups de petits boulots nocturnes en restauration grâce auxquels il va tout de même voir naître les semences de sa passion pour la bouffe et, plus encore, pour le vin.
Il faudra le Tsunami en 2004 pour que son projet réussisse à trouver vraiment audience auprès de l’Union Européenne et des partenaires industriels, alors que Coffee Annan, au lendemain de la catastrophe, pointe du doigt le manque d’un service d’appel d’urgence coordonné en Asie.
Sans que les choses deviennent plus faciles pour autant, le travail de lobbying d’Olivier se voit couronné de plusieurs victoires dont l’aboutissement d’une plainte contre 16 états de l’Union qui refusent obstinément de participer au projet.
A partir de succès divers, comme l’installation du service d’abord aux îles Canaries puis dans les pays scandinaves, l’année 2008 voit l’arrivée définitive d’une directive européenne qui régit le numéro 112.

Cette organisation (www.eena.org) qu’il créa un beau jour de 1999, compte aujourd’hui plus de mille membres dans 80 pays, emploie plusieurs personnes et réunit gouvernements, Union Européenne et acteurs industriels comme Siemens, Microsoft, Nokia, EADS tout en gardant une grand indépendance citoyenne.
Un accès standardisé en cas d’urgence avec un service de haute qualité est donc ainsi né de l’acharnement d’Olivier, un acharnement qui va le doper à Fuori Mondo, cette nouvelle aventure qui commence, signe du destin, parallèlement à la réussite du 112.
Si aujourd’hui, Olivier est vigneron à plein temps, il garde encore un rôle de conseiller stratégique dans cette affaire.

De Volpaiole à Fuori Mondo

Comme déjà souligné, dès l’âge de huit ans, Olivier accompagne son père dans ses nombreuses pérégrinations italiennes, et, son diplôme acquis, il ne change pas un iota de la tradition, arpentant désormais seul ou avec des amis les routes de la grande Botte.
Ces voyages et les rencontres qu’il y fait concrétisent petit à petit son envie d’y vivre un jour.
De plus, ces séjours sont pour lui un véritable bol d’oxygène alors qu’il galère en Belgique avec le projet 112.
Et c’est justement lors d’un de ces voyages qu’avec un couple d’amis, dans un restaurant du village de Suvereto, au cœur de la Maremme toscane, il goûte un millésime 1999 du domaine Volpaiole, une dégustation qui l’émeut profondément de même que ses amis.
Apprenant du restaurateur que le domaine est perché sur une colline qui domine la petite ville de Campiglia Maritima toute proche, comme il l’avait fait à Montréal pour le 112, il décide de pousser une visite à ce domaine dès le lendemain.
Il y tombe sur Armin et Liliana, un sympathique couple de retraité zurichois qui a construit à « Volpaiole » une petite maison entourée d’1,2 hectare de vignes de Sangiovese, Cabernet Sauvignon, Merlot et un peu de Ciliegiolo qu’ils cultivent et vinifient pour occuper leurs vieux jours.

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Armin et son Volpaiole

De cette rencontre, une amitié naît, immédiate, et Olivier y retourne chaque année pour y assurer un achat mutualisé d’environ 300 bouteilles qu’il partage avec ses potes de Belgique.
Et plus les venues au domaine se répètent, plus un lien indéfectible nait entre Olivier et ce lieu magique qui, au pied du plateau de la Maremme, domine la plaine, la mer et permet un spectacle permanent de vue sur les îles toscanes comme Giglio, Monte Cristo et l’île d’Elbe, voire même, quand le temps le permet, la Corse et ses pics enneigés, un spectacle qui assurément le change de son appartement aux abords d’une place très jet set de la commune bruxelloise d’Ixelles.

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Le 6 décembre 2008, lors d’une de ces visites annuelles, arrive l’évènement majeur qui change la vie d’Olivier : faute de voir un de leurs trois enfants vouloir reprendre le petit domaine, Armine et Liliana proposent à leur ami de racheter Volpaiole.
Tel un fonceur qu’il est, il accepte, sans trop réfléchir, et, à 40 ans, le voilà apprenti vigneron.

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Le hic, c’est que notre liégeois n’a, à ce moment, pas un balle en poche, ni à la banque, ni sous le matelas. Mais tout ce qu’il a vécu jusque-là est une véritable pulsion à le faire accepter ce qui est financièrement une folie douce, et en bon négociateur, il parvient à persuader le couple de les payer en 3 traites annuelles.
Pour la première traite, avec l’accord de sa famille il vend une petite maison près de la place Saint-Job à Uccle qu’il avait entièrement retapé, particulièrement le jardin qui avait accueilli une des premières vignes bruxelloises.
Pour la seconde traite, il s’appuiera tant bien que mal sur les trois millésimes qui s’affinent au domaine et qu’il parvient à vendre, partiellement, avec l’aide désintéressée de son ami, le truculent Eric Boschman, qui ne va pas hésiter à accompagner Olivier jusqu’au States pour l’aider dans cette entreprise.
Enfin, pour la troisième traite de 2010, toujours sans un balle et n’ayant pas réussi à pouvoir percer la froideur complexe des banques italiennes ou belges, il fait appel à la création d’une société dans laquelle le rejoignent deux associés.

Olivier débarque donc à Volpaiole un beau jour de 2008, une année où il va littéralement apprendre le métier aux côtés d’Armin.

Fuori Mondo

Pour marquer sa reprise du domaine, Olivier lui donne un nom, comme pour préfigurer d’une nouvelle naissance : « Fuori Mondo », soit « Au-delà du Monde », pour rappeler que ce bout de terre se situe sur des hautes collines, difficiles d’accès, où à part les vignes des propriétaires précédents, la garrigue, la forêt et quelques propriétés éparses sont les seuls maîtres.
Comme emblème du domaine, il choisit « Il Filetto », un pictogramme d’origine égyptienne qu’il a découvert dans les ruines du proche village fortifié de Rocca San Silvestro, un pictogramme qui signifie « Au plus profond de la terre », alors que comme logo, il choisit une tête de renard stylisée qui rappelle l’étymologie du mot Volpaiole, la tanière aux renards.

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Un peu comme un gars qui dès son premier jour de ski se lance tête la première dans une piste noire, il va donc falloir à Olivier apprendre vite pour ne pas trop se casser la gueule, apprendre à devenir vigneron à la vigne, à la cave et à la représentation… démarche qui se serait avérée impossible sans le grain de folie nécessaire, sans l’obstination, sans les amis et sans l’intégration de nombreux conseils.
Une mission donc presque herculéenne, d’autant qu’Olivier convertit d’emblée ses vignes en agriculture biologique, mode de culture qui lui parait une évidence.

Après avoir entamé son écolage en 2008, il réalise le vrai premier millésime de Fuori Mondo en 2009, même si il ne s’occupe alors vraiment que des vignes, Armin gardant la main mise, de commun accord, sur les vinifications.

Le millésime 2010 voit Olivier gérer l’entièreté du travail pour la première fois, Armin se retirant désormais définitivement.
A l’époque, les vins du domaine sont assez toastés, un goût qu’Olivier aime de son père, et c’est par intérêt pour le style des vins de Macchiole et Le Pupille marqués par ce style qu’il fait aussi appel à Luca d’Atoma, l’œnologue de ces domaines.
Ce millésime 2010 est clairement empreint de cette collaboration, mais, très vite, Olivier doute, parce que ce type d’enrobage moderne s’éloigne de plus en plus distinctement des vins qu’il ressent l’envie de produire dans l’avenir.
Petit à petit, il va donc s’éloigner des indications de Luca d’Atoma, pour finalement se séparer des services de ce dernier en 2012, un millésime qui signe un nouveau départ, un départ qui coïncidera avec l’approche de la biodynamie, cela avec l’aide d’un conseiller, le passionnant Adriano Zago qui collabore avec des domaines comme Foradori, Ampelaia, Avignonesi, Fonterenza et bien d’autres.

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On peut, à ce stade, s’interroger sur le fait qu’encore « citadin » début 2008, Olivier entame, en autodidacte, si rapidement une conversion vers la biodynamie. Certes, mais cela s’explique très largement par son parcours. Que ce soit à Montréal, avec Valdibella ou à d’autres occasions, que ce soit face à la mort au cours de son trip dans l’Himalaya, notre homme a toujours évolué dans un lien étroit avec la nature, un lien qu’il
veut thésauriser afin d’évoluer de plus en plus en harmonie avec celle-ci, en pleine contemplation.
Ce lien profondément contemplatif sonne comme une évidence, quand, au détour d’une discussion,  il affirme : « Mon rêve absolu est de mettre mon cul dans un siège, regarder le ciel et être capable de le lire ».
Ce lien, il se l’est aussi renforcé lors des premières années passées à Fuori Mondo, parce qu’il s’y est retrouvé seul, Priscilla, sa compagne, n’ayant pas trouvé la force ou le courage de l’accompagner en Toscane pour ce nouveau départ, cette nouvelle aventure.
A cette même époque, seul, il le sera aussi, face à la désaffection croissante de ses associés qui ne croient plus en Fuori Mondo ou s’en désintéressent, au poids d’hypothéquer gravement la poursuite de l’exploitation du domaine.
De cette solitude vécue difficilement et en s’y abandonnant parfois avec tous les excès que cela comporte, seule cette relation fusionnelle avec cette nature parvient à le garder debout et indemne. Cette nouvelle « traversée de l’Himalaya » s’achèvera vers 2011 avec, in fine, l’arrivée de Priscilla au domaine et la naissance de leur magnifique petit Mateo dont les yeux bleus et la toison blonde émerveille les locaux.

Mais c’’est aussi durant ces moments de solitude qu’Olivier trouvera « le temps » de lire et s’intéresser aux idées, entre autres, des Joly, Boucher et surtout Pierre Masson.
Et très vite, la biodynamie est ainsi devenue pour lui la seule réponse évidente pour avancer dans son travail en cultivant ce lien indéfectible entre l’homme et la terre, construit depuis l’aube des temps.

Parallèlement, Olivier se rend compte que le domaine d’origine, par sa taille, ne lui permettra jamais d’en vivre.
Ayant fait, dans la plaine voisine du Val di Cordia, la connaissance d’Alessandro Socci, un agriculteur qui possède 2,7 ha de magnifiques cabernets sauvignons exposés plein Sud, il lui propose un fermage des vignes sur une période de 25 ans et le persuade aussi de convertir ses vignes en bio puis en biodynamie. Chose étonnante mais remarquable en soi, si Alessandro montrera certaines réticences au passage en bio, pour la biodynamie, il y plongera particulièrement goulûment !
Et comme dans toute relation humaine, l’échange est profitable, alors qu’Olivier mène son agriculteur à la biodynamie, ce dernier lui offre toutes ses connaissances de la terre de Maremme, tout ce patrimoine générationnel de savoir qu’aucun livre ne remplace.
Alessandro est probablement le premier vrai ami sur qui notre belge a pu compter à Fuori Mondo et grâce à qui il n’a pas abandonné, alors que dans ces premières années, il était assailli par la solitude et le doute.

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Mais rien ne fait décidément peur au maître de Fuori Mondo. La fin de l’année 2014 voit ainsi l’arrivée d’une nouvelle décision capitale car il décide d’acquérir, en fermage pour 60 ans, un peu plus de trois nouveaux hectares de parcelles situées sur les proches collines au Nord de son domaine, des terres qui ont besoin d’être complètement nivelées, préparées. Pas un souci majeur pour Olivier, le financement mis à part, par ce qu’il sait qu’elles en valent le coup, ces nouvelles parcelles, désormais que Lydia et Claude Bourguignon, venus sur place pour en analyser les sols, déclarent un verdit plus que positif !
Pour ses futurs plants, le néo-vigneron en profite pour faire appel à un autre incontournable en la personne « Lilian Bérillon », un vrai pro !

Le domaine est ainsi porté à 8 hectares, l’objectif de son propriétaire pour qu’il soit un jour bien rentable est donc enfin atteint.

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Future parcelle de schiste au-dessus de Campiglia Maritima

Et comme si ça ne suffisait pas, Olivier décide d’arracher après les vendanges de 2014 presque tous les pieds de vignes originaux sur les parcelles autour de la maison, des pieds trop vieux et surtout plantés trop anarchiquement à son goût.
L’étape suivante, dès la fin des vendanges 2015, sera donc de planter ou de replanter, sur ces nouvelles et anciennes parcelles, du Sangiovese (cuvée Lino), du Ciliegiolo (cuvée Libero), mais aussi de l’Alicante Nera (cuvée D’Acco), en proportions suffisantes pour permettre de produire des cuvées différentes, toutes « In Purezza », soit en monocépage. On retrouve là le côté « contradictoire des codes » d’Olivier qui se fiche pas mal de la tradition locale qui prône de travailler en assemblage.
Bref, voilà lancé un nouveau pari osé qui le force et le forcera une fois de plus à trouver les financements nécessaires.

Pour assurer la transition et avoir des vins à vendre, Olivier compte s’appuyer sur des raisins qu’il récoltait déjà, en moindre quantité, au pied du Mont Amiata, dans la zone de Montecucco, chez un autre ami, Leonardo Salustri, un spécialiste local de la viticulture, qui, pour l’étude de ses vignes, collabore avec les universités de Florence et de Milan (ciliegiolo à partir de 2013, sangiovese à partir de 2014).
De cette manne salvatrice, en plus des cépages précités, Olivier compte aussi faire des essais sur le Colorino, Foglia Tonda et le Mammolo, essais qu’il a déjà tentés auparavant de manière plus discrète, notamment pour sa cuvée « D’Acco », qui est son laboratoire permanent.

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Future parcelle argilo-schisto-calcaire près du chais

Et à côté de tout cela, il faut encore ajouter près de 360 oliviers et des tas d’autres envies, comme ce cheval de trait dont l’intérêt est déjà probablement presque réalité, parce que, chez Olivier, l’envie et la réalité se confondent, tant son opiniâtreté, sa passion lui permettent de déplacer des montagnes, au sens propre comme au figuré.
Mais, qu’on ne s’y trompe pas, opiniâtreté et passion ne sont pas synonyme d’entêtement ou de déraison, au contraire, les nombreuses collaborations d’Olivier le prouvent, il ne considère jamais rien comme acquit. Dans ce cadre, il passe désormais pas mal de temps à aller visiter ses collègues de Renaissance Italie, afin d’apprendre, échanger, encore et toujours…. « L’avantage de l’ignorance », avouait-il récemment à la Revue le Rouge et le Blanc.

C’est certainement la somme de toutes ces qualités et questionnements qui ont permis à Fuori Mondo d’exister, d’être reconnu par ses pairs et d’avoir un avenir qui chante, tout cela en à peine sept années, un véritable tour de force !

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Géographie

Fuori Mondo se situe sur les hauteurs de Campiglia Maritima, au Sud de la Toscane, au pied du plateau de la Maremme, cette ancienne région marécageuse dont il y a encore deux cents ans, personne ne voulait mais qui après avoir été drainée, fait la joie de tant de nouveaux vignerons, au grand dam de l’aristocratie du Chianti et de Montalcino.
Plus exactement, le domaine est situé, à vol d’oiseau, respectivement à huit kilomètres de la mer et du Mont Amiata, le plus haut sommet toscan… mais ceux qui connaissent la région savent que ce que l’oiseau fait, l’homme a besoin de dix fois plus de distance pour l’accomplir.

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Argilo-calcaires

Le climat est typiquement montagneux et méditerranéen, avec des étés modérément chauds et des hivers tout aussi modérément froids parce qu’ils sont atténués par les omniprésents brises marines du mistral et les vents de l’Ouest, des vents qui soufflent avec une moyenne annuelle de plus de 7 heures par jour et qui participent largement au fait que le mildiou ne s’implante que très difficilement dans la région.
Les précipitations s’élèvent en moyenne à 600 mm par an, mais ceci est un facteur très variable si on considère la pluviosité abondante de 2014 ou la sécheresse de 2012, année « Arabiata » où il n’est pas tombé une goutte entre mai et septembre.

La nature des sols est très variable de parcelles en parcelles avec des schistes qui affleurent dans certaines alors qu’argilo-calcaires plus profonds ou même couches plus sablonneuses en caractérisent d’autres, ce qui permet à Olivier Paul-Morandini de trouver pour chaque cépage son assise idéale, d’autant que les déclivités des pentes sont très variables.

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Schiste

Le vignoble Fuori Mondo bénéficie à la fois de cette luminosité flashy des vignobles de bords de mer et de l’apport en biodiversité d'une flore abondante où une faune diverse se complait.
On y retrouve des parfums typiques de garrigues mais aussi de fleurs comme la menthe, la violette ou le fenouil sauvage.

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Viticulture

Les vignes sont plantées à raison de 4000 pieds par hectare et sont taillées majoritairement en Guyot-Poussart et plus rarement en simple cordon.
La hauteur moyenne des parcelles est située entre 150 et 200 mètres au-dessus du niveau de la mer sur des expositions aussi variées que Sud pour les cabernets d’Alessandro, Sud/Sud-Est pour les parcelles argilo-calcaro-schisteuses autour du domaine initial ou encore Nord-Nord-Ouest pour les parcelles les plus hautes et les plus éloignées, là où le schiste domine à fleur de peau.

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Les rangs ne sont pas irrigués sauf pour les toutes jeunes vignes non encore productives, mais sont labourés trois fois l’an sur 15 à 25 cm pour éviter un stress hydrique trop important.
Seuls les rangs dans les parcelles de Montecucco sont moins travaillés et enherbés un rang sur deux, l’humidité de la montagne voisine le permettant.

Tous les travaux sont manuels ; les traitements sont principalement ceux liées à la biodynamie, le 500, le 501, les solutions dynamisées, les tisanes, et, en supplément, algues, cuivre et soufre qui sont utilisés en doses infimes, la pratiquement absence de mildiou aidant.

Au fil des millésimes, les rendements ont été divisés par presque six pour atteindre aujourd’hui 20 à 26hl/ha.

Les vendanges ont lieu de début septembre à mi-octobre, selon les années. Elles sont, elles-aussi, manuelles et font l’objet de plusieurs passages avec une sélection sur pieds presque obsessionnelle. Les grappes récoltées sont ramassées et amenées au chai dans de petits cageots de 10 à 12 kilos.

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Vinification

Après transport et passage sur table de tri, les raisins sont stockés une nuit dans une pièce plus fraiche entre 16 et 18°C.
Dans le cas de la cuvée « D’acco », l’Alicante est pressé sur le champ, avant d’être vinifié en barriques et ne connaît donc de macération.

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Pour les autres cuvées, les grappes sont versées par gravité dans des cuves en acier où les macérations sont poursuivies le temps de la fermentation alcoolique, soit, en moyenne 4 à 10 jours, à raison d’environ un remontage par jour. Aucune pompe n’est utilisée.
Les raisins sont ensuite pressés et mis en élevage en barriques de chêne neuf où elles feront leur fermentation malolactique.
Il n’y a normalement plus de contrôle des températures sur les fermentations.

Pour le cabernet, le merlot et le sangiovese, l’élevage est variable en fonction des millésimes, 8 mois pour 2010 qui était assez frais et 11 à 12 mois pour 2011 et 2012 qui étaient plus solaires.
Pour l’Alicante et le Ciliegiolo, l’élevage se restreint à 6 mois, puis, ces vins sont assez vite commercialisés après leur mise, répondant ainsi à la philosophie d’Olivier qui aime à ce qu’un vin puisse être consommé rapidement, « en buvabilité ».
Pour les autres cépages plus classiques, un affinage en bouteilles d’environ 12 mois est de mise.

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Comme on a pu le comprendre, le domaine est en permanente et rapide évolution. Témoin de celle-ci, le soufre utilisé à la cave s’est vu diminuer drastiquement au fil des millésimes, tombant de 80 mg ajouté en 2010 à 25 mg en 2012. Olivier préfère aussi l’ajouter au moment des transvasements plutôt qu’à la mise. Autre évolution du virage philosophique amorcé en 2012, cette année marque la première vinification en levures indigènes.

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Reste le débat que peut susciter le travail d’élevage en barriques neuves, surtout chez les plus naturistes des naturistes.
Là, je dois admettre que tant qu’en bouteille que sur fût, j’ai été surpris par l’énorme intégration du bois et l’absence de toastage, du moins pour les vins d’après 2010-2011.
Cela est dû au fait qu’Olivier travaille avec des barriques à chauffe très longue et cela, à basse température, soit deux heures à 120-130°C ou encore plus longtemps à 115°C, ce qui s’éloigne énormément des chauffes classiques d’une demi-heure à 200 degrés ou plus et qui confèrent aux vins le toasté tant redouté des adeptes du Bordeaux-Bashing.
De plus, Olivier, fidèle à sa réputation d’afficionado de l’empirique, porte un choix méticuleux quant à l’origine de ses futs et aime comparer l’effet sur ses vins de différents bois et producteurs comme la tonnellerie Orion de Franck Monteau et Christophe Garcia qui le fournit en Jupille, Tronçais ou mixte, ou encore la tonnellerie Selmer de Francis Miquel qui préfère des assemblages de chêne 70% autrichiens et 30% français, la tonnellerie Chassin ayant aussi quelques pièces dans la cave.
Le maître-objectif ainsi poursuivi est de donner aux vins de la structure, de la finesse et de l’élégance sans jamais tomber dans le piège de la domination du bois.

La production totale avoisinait les 10.000 bouteilles en 2014.

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Vins

La production de Fuori Mondo se décline en cinq vins; Lino, Pemà, Amaë, Libero et D'Acco.

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D’Acco

Dénomination : IGT Toscana
Cépages : Alicante nero 100%
Sols : argilo-calcaire
Pourcentage d'alcool : 13,00%
Méthode de vinification : Fermentation en cuves d'acier
Maturation : 6 mois en tonneaux de 400 litres
Affinage : néant
Production : +/- 1.500 bouteilles.
Première année de production : 2012
Température de dégustation conseillée : 12°C

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Libero

Dénomination : IGT Toscana
Cépages : Ciliegiolo 90 à 100 % (Merlot et Carmenère pour compléter)
Sols : schiste
Pourcentage d'alcool : 13,2%
Méthode de vinification : Fermentation en cuves d'acier
Maturation : 6 mois en barriques de 500 litres de chêne français
Affinage : 3 mois en bouteille
Production : +/- 650 bouteilles
Première année de production : 2013
Température de dégustation conseillée : 16-18°C

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Amaë

Dénomination : IGT Toscana
Cépages : Cabernet Sauvignon 90 à 100 % (Merlot et Carmenère pour compléter)
Sols : argilo-calcaire
Pourcentage d'alcool : 13,5%
Méthode de vinification : fermentation en cuves d'acier
Maturation : 8-12 mois en barriques de 225 litres en chêne français
Affinage : 12 mois en bouteille
Production : +/- 2.800 bouteilles
Première année de production : 2009
Température de dégustation : 18°C

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Pemà

Dénomination : IGT Toscana
Cépages : Cabernet Sauvignon 60%, Merlot 30%, autres cépages 10%
Sols : argilo-calcaire
Pourcentage d'alcool : 13,5%
Méthode de vinification : fermentation en cuves d'acier
Maturation : 8-12 mois en barriques de 225 litres en chêne français séparément par cépage
Affinage : 12 mois en bouteille
Production : +/- 3.800 bouteilles
Première année de production : 2008
Température de dégustation conseillée : 18°C

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Lino

Dénomination : IGT Toscana
Cépages : Sangiovese 100%
Sols : schiste
Pourcentage d'alcool : 13,5%
Méthode de vinification : fermentation en cuves d'acier avec température contrôlée.
Maturation : 8-12 mois en tonneaux de 400 litres
Affinage : 12 mois en bouteille
Production : +/- 1.080 bouteilles
Première année de production : 2010
Température de dégustation conseillée : 18°C

Prix indicatifs des cuvées : de 25 à 50 euros

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Dégustation

La dégustation des vins a eu lieu au domaine, à la fois sur fûts ainsi que sur toutes les bouteilles disponibles actuellement…. Une première, paraît-il !

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Dégustation sur fûts

On a commencé par une petite surprise, un Carmenère 2014 issu d’une parcelle de 1000 pieds. Le vin dégage un fruit incroyablement suave, avec de la structure et des tanins présents sans excès. C’est un vin qui me paraît surtout doté d’une énergie hors normes… à suivre.
A noter que ce cépage est assez « courant » au domaine, parce qu’en plus de produire des raisins, Olivier l’utile comme support de double greffe.

On passe ensuite au Sangiovese 2014 qui se montre encore très fermé sur une barrique de Chassin, beaucoup plus ouvert, vif et juteux sur un fût de chez Orion, avec une très belle intégration du bois, alors que chez Selmer, les tanins sont un peu plus secs mais le reste de la structure est assez comparable.

Le Ciliegiolo 2014 est probablement le vin le plus abouti de cette dégustation en cave, avec un fruit juteux, plein, une acidité vibrante au couteau et une très belle impression de matière sur la longueur. Un vin à suivre absolument !

Les cabernets sauvignons sont moins finis, quel que soient les barriques. S’ils possèdent déjà une structure évidente, une belle longueur et une acidité appréciable, ils se montrent un peu fermés voire encore limite terreux. Le meilleur fût est clairement le second goûté de chez Selmer.

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Dégustation des bouteilles

D’acco 2014 (Alicante)

D’Acco, ce sont les deux premiers mots de Matteo. Olivier a donné ce nom à ce vin conditionné en bouteille d’un litre, parce qu’il se veut exprimer la jeunesse, l’insouciance dans la buvabilité, un vin aussi à peine sulfité, le plus proche des vins naturels de France.
Objectif pleinement atteint  avec un vin de pur jus, croquant et juteux. La finale est très aérienne et salivante. Clairement, un truc comme ça, un litre c’est bien, mais vive les magnums.

Libero 2013 (Ciliegiolo)

J’avoue, j’ai un faible pour ce cépage depuis que je l’ai découvert pour mes 50 piges dans une quille de 2008 du domaine Caspri, ici aussi « In Purezza ». Et comme pour le 2014, encore en fût, c’est une petite bombe de fruit qui est ici balancée, avec des tanins polis, un bois nettement plus intégré que pour son jeune frère, mais surtout un vin vif, frais, totalement en buvabilité.

Lino 2012 (Sangiovese)

On passe ici à quelque chose de plus sérieux avec une structure nettement plus dense, mais les sévices du caniculaire millésime y sont étonnamment maîtrisés, avec un fruit qui domine tout en restant frais, évitant totalement les tentations de la surmaturation, malgré un choix d’Olivier de le récolter assez tardivement. A côté des arômes de fruit et de chocolat, on retrouve en finale cette marque du sangiovese, le sanguin !
Très chouette réussite !

Pemà 2011 (Cabernet Sauvignon, Merlot)

Bien que ce Pemà respire encore les influences d’un passé plus boisé, il reste très propre sur lui-même, net, avec un fruit qui parvient à dominer l’élevage, surtout en finale. Un poil de tension supplémentaire aurait été heureux, mais c’est une histoire bien subjective de goût.

Pemà 2012 (Cabernet Sauvignon, Merlot, Cabernet franc (70/15/15))

Si le vin conserve les caractéristiques globales du 2011, il gagne à la fois en matière, en fruit et surtout en fraicheur, vraiment étonnante pour le millésime. Et comme le bois est un fifrelin moins présent, il y a fort à parier que cette quille a de quoi faire sourire pas mal de restaurateurs et sommeliers qui cherchent la quiétude en répondant à la demande de vins modernes, bien faits.

Amaë 2012 (Cabernet Sauvignon)

Là, clairement par rapport à Pemà, cet Amaë qui embarque 90% de cabernet sauvignon et 14,6° d’alcool a besoin encore de pas mal de temps pour intégrer toutes ses composantes, surtout les épices et les fruits mûrs qui sont littéralement explosifs.
Mais, la très grande qualité de ce vin est, pour un millésime pareil, d’avoir conservé non seulement de la fraicheur, mais surtout de la minéralité. Et puis, il y a ici un grand équilibre avec des tanins vraiment soyeux.
Alors, même si ma subjectivité est en train de beugler comme un  chien à qui mes plus de 100 kilos ont écrasé la queue, ce cabernet sauvignon est assurément un grand vin du Sud !

Amaë 2011 (Cabernet Sauvignon)

Tant le 2012 me laisse sul’cul, le 2011 répond du coup beaucoup moins à mes attentes, parce que plus sec, à la limite de l’oxydation et surtout beaucoup plus marqué par l’élevage.

Lino 2010 (Sangiovese)

Ce Lino 2010 servi en magnum s’avère une très intéressante curiosité.
Si on s’attache à l’historique du domaine, on aurait pu craindre un « machin » qui ressemble à ces Brunello ultra –classiques aux extraits de chêne neuf, aussi secs que maigres.
Eh bien, que nenni ! Même si on sent que le style est différent des 12 et 14 précédemment goûtés, l’équilibre, la fraicheur et surtout la buvabilité sont au rendez-vous, avec autre bonne surprise, un bois nettement moins marqué que sur l’Amaë 2011.
Un vin qui en a encore largement dans la culotte, j’en verrais bien une bouteille sous la table, à Vini, Birre, Ribelli 2015 !

Conclusion

Clairement, j’ai l’impression, au moment d’écrire cette conclusion d’avoir eu affaire avec Olivier Paul-Morandini à un mutant, vous savez, ces espèces qui s’adaptent au milieu pour s’y fondre encore mieux tout en marquant leur différence, ce qui ici comme souvent est une expression très dense d’une intelligence profonde, réfléchie, celle de ce Gladiator, ce légionnaire baroudeur qui a trouvé la paix dans ses vignes en fusion avec la nature avec sa femme et son fils.
Si Olivier s’avère très discret, humble, évitant systématiquement le « moi je », il n’en a pas moins vécu en 45 ans, ce que certains mettraient trois vies à réaliser, et au ressenti de cette force tranquille, il est clair que c’est loin d’être fini.
Passer du temps avec cet homme, c’est aussi ressentir comme une assurance que face au désespoir, il faut, comme le chantait ELO, s’accrocher à ses rêves, et foncer à la rencontre de son destin, parce que c’est la seule manière que ces mêmes rêves puissent trouver une voie de réalisation.
Mon hôte de ces quelques jours possède aussi deux autres qualités primordiales : l’observation silencieuse et l’écoute des autres.
Le résultat est dès lors impressionnant ; tout comme un Florian Beck-Hartweg en Alsace, Olivier nous livre millésime après millésime des vins, plus fins, plus profonds, plus vivants, au fruit de plus en plus généreux de buvabilité, sans jamais quitter le domaine du vineux, positivement parlé.
Ses 2014, malgré une année de merde absolue sont presque tous à leur sommet presque aussi énormes que les 2013, alors que là, le millésime était facile.

Ce domaine va assurément faire parler de plus en plus de lui, c’est indubitable et en bien….
Mais je suis prêt à parier qu’Olivier pourrait bien encore nous réserver des surprises en dehors de ses vins…

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Coordonnées

Fuori Mondo
Olivier, Prisicilla et Matteo Paul-Morandini

Via di Fontanella, 13
57021 Campiglia Marittima (LI)
TEL : +39 3 284 518 458
Mail : info@fuorimondo.com
Web : www.fuorimondo.com

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"Première et deuxième génération d'apprentis vignerons"


28 juin 2015

Vigneto Altura ou la renaissance par la beauté

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« Notre travail à Giglio est intimement lié à notre joie et notre reconnaissance de vivre en ces lieux, des sentiments qui ont fait naître en nous une vertu presque chevaleresque, une vertu faite d’un amour sans bornes pour la vigne, pour la vie et pour cette île qui nous a permis de surmonter toutes les épreuves dont la pénibilité de notre travail sur ces terrasses ancestrales. »
Francesco Carfagna – Vigneto Altura – Isola di Giglio

Qu’est-ce qui explique que tant de mes amis vignerons parlent, avec tant de lumière dans le regard, de leur un séjour sur l’île de Giglio au domaine Altura de Francesco, Gabriella, Mattia et Irène Carfagna ?
Qu’est ce qui fait que la personnalité si particulière de Francesco et de ses vins agissent comme un aimant surpuissant face à tous les passionnés des vins vivants ?
La réponse à ces questions se résume à un seul mot : l’amour !
Car, assurément, côtoyer Francesco et sa famille en dehors mais surtout dans leur île revient à s’exposer à une incroyable dose irradiante d’amour, une dose telle qu’à moins d’avoir perdu tout espoir dans la vie, on en sort toujours renforcé, parce qu’inévitablement quelque chose de meilleur s’y est réveillé en nous.

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Je suis aujourd’hui empli de bonheur quant à vous parler d’une famille qui s’est engagée passionnellement à affronter un énorme travail nécessaire afin de reconstruire et faire revivre un vignoble ancestral hors normes, véritable témoin de centaines d’années de la relation entre l’homme et la vigne.

L’île

Giglio est une petite île de l'archipel toscan en mer Tyrrhénienne rattachée à la province de Grosseto. Encore préservée du tourisme et de la spéculation immobilière avec plus de 95% de sa superficie livrée à la nature, elle ne comporte que trois bourgades, le port (Giglio Porto), le Château (Giglio Castello) et la crique de Campese (Giglio Campese).

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Située au sud, face aux iles d’Elbe et de Montecristo, elle est une des îles les plus méridionales de l'archipel toscan, séparée de la presqu’île promontoire de la commune de Monte Argentario par un espace maritime de 16 km de large.
Son nom vient du mot grec αἰγύλιον, qui signifie « chèvre » en rapport à une population ancestrale de chèvres sauvages s'étant développée sur l'île.

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D’une circonférence de 27 kilomètres de long et d’une superficie de 23,8 km2, l’île compte aujourd’hui approximativement 1600 habitants.

Giglio est un bloc montagneux de granite qui culmine au Poggio della Pagana à 496 mètres d’altitude. Quelques incrustations calcaires sporadiques à deux ou trois promontoires de l’île font exception à la domination de cette roche granitique qui affleure en tous points.
Le climat y est sec, venteux, solaires et l’élément « sel » y est très présent.

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Giglio Castello

Aujourd’hui l’île est couverte à 90% par de la garrigue faite de chênes ainsi que de bruyères arborescentes et d'arbousiers qui alterne avec des forêts de pins.
A noter encore une proportion notable de châtaigniers dont la population est hélas en régression, victime d’une maladie qui semble intraitable.
Mais, pour le promeneur, il est toutefois aisé de voir à l’œil nu comment ses pentes douces étaient autrefois couvertes essentiellement de vignes en terrasses, vignes qui glorifiaient l’Ansonaco, le cépage blanc local.

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Giglio Porto

Vivant principalement de la pêche, en dehors des vins qui y renaissent, Giglio produit, comme souvent en Toscane, des olives, des agrumes, des confitures et un miel réputé.

Habitée depuis le néolithique, comme beaucoup des îles toscanes, l’île fût tour à tour occupée par les Etrusques, les Romains, les familles de Sienne et de Florence et la maison de Lorraine avant d’être englobée dans l’Italie.
Comme ses voisines, elle fut aussi victime de nombreuses invasions pirates dont le célèbre Barberousse.

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Giglio Campese

Avant Giglio

Francesco Carfagna naît à Rome d’un père professeur élémentaire, originaire de la province de Campobasso et d’une mère originaire de Trieste. Sous l’influence paternelle, il part à 21 ans à Florence pour y étudier le métier de professeur de mathématiques.
Ce premier contact avec la Toscane va le marquer profondément d’autant qu’il y rencontre la mère de Mattia, son premier enfant.
Le couple s’installe ensuite à Bologne où Francesco y donne cours. Suite à sa séparation d’avec sa compagne, il se retrouve seul à élever son fils et y acquiert, comme il se plaît à le répéter, cette nature de demi-maman qui fait probablement de lui cette être si polarisant.
A 34 ans, il décide de quitter l’enseignement pour suivre une expérience d’entrepreneur rural (en italien, Capomastro Rurale) qu’il va poursuivre pendant un an avant de partir tenter une nouvelle aventure sur l’île de Giglio, pour retrouver cette Toscane qui l’émerveille.

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De Giglio à Vigneto Altura

Peu à peine arrivé à Giglio, il y rencontre sa seconde et actuelle compagne, Gabriella, jeune femme volontaire chez qui coule un sang à la fois italien et russe (Odessa).
Malgré la difficulté pour Francesco de prendre régulièrement un bateau, alors qu’il souffre d’un terrible mal de mer, il décide de s’installer dans l’île avec Gabriella.
La vie y nécessitant de nombreux trajets vers le continent, notre homme me confiera que cette souffrance vécue si régulièrement sur les flots est pour lui comme un remerciement à la vie de lui procurer tant de bonheur sur la terre ferme.

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Ensemble, avec l’aide de Mattia, ils ouvrent alors l’Arcobalena, un restaurant à Giglio Castello, la petite citadelle médiévale qui domine l’ile.
Spécialisé dans le poisson, ce restaurant va très vite devenir la coqueluche gastronomique de Giglio et va permettre à Francesco et sa famille de s’intégrer au milieu très fermé à l’époque, typique d’un petit microcosme insulaire.
C’est aussi dans le cadre de son restaurant que Francesco va se lier de plus en plus à la passion des vins naturels et se focaliser sur l’Ansonaco local, un cépage presque disparu en cette fin de vingtième siècle et qui le fascine totalement.

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Parallèlement, le couple s’installe à une bonne centaine de mètres sous la forteresse, dans une petite tour isolée, voisine du cimetière du Castello, un lieu étriqué, s’étirant de bas en haut sur deux niveaux, un lieu pour beaucoup improbable mais qui domine la mer et qui respire une sérénité incroyable.

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Gabriella et Francesco y vivent encore aujourd’hui, dans un fouillis inouï (casino en italien), où s’entassent, sur l’escalier en colimaçon, sur les rares tables et sur les murs, tous les témoignages d’une vie pleinement vécue dans la passion et le partage.
L’état de dénuement qui règne ici, surtout par rapport au luxe de certains « agriturismo », pourra surprendre, mais c’est le fruit d’un choix de vie totalement porté par l’affection et l’amitié.

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Mais, en fait, après quelques secondes, on comprend qu’il ne pourrait en être autrement…

C’est dans cet environnement un peu fou que va naître Irène, le second enfant de Francesco, qui aujourd’hui termine ses études avant de venir rejoindre dans un futur proche ses parents pour les aider au travail de la vigne.

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La vigne… le mot est lancé !

Francesco est un insatiable amoureux de la nature et il a cette capacité de s’arrêter lors d’une randonnée à peu près tous les dix mètres pour nous parler d’un rocher, d’un arbre, d’une vigne abandonnée, comme si ces éléments faisaient partie intégrante de son âme.
Il est aussi féru d’histoire et s’est très vite attaché à étudier celle de la viticulture de l’île, qui sous les coups du phylloxera et de l’industrialisation a bien failli disparaître totalement de Giglio.
Ces deux passions vont le rapprocher de ces terrasses séculaires et de ce cépage Ansonaco, au point de le voir passer à l’étape suivante, celle de refaire revivre un vignoble qu’il nomme Vigneto Altura pour son caractère altier et aérien.

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Vigneto Altura

C’est donc en 1999, après seize années sur l’île, que Francesco réalise son rêve en se portant acquéreur de 4 hectares de vignes en terrasses exposées principalement au sud-ouest.
Ces terrasses sont situées dans la partie méridionale de Giglio, à quelques encablures du phare qui domine la pointe du Capel Rosso, à environ dix kilomètres de Castello.
Parler de vignes est alors un bien grand mot ; seules quelques lianes rampantes y subsistent et se disputent les ruines des terrasses avec la garrigue dominatrice.

Francesco sait alors qu’il va affronter un travail d’Hercule. Et en plus, tous les habitants de l’île lui mettent la pression en le traitant de fou et en aimant à l’interroger pour savoir qu’est-ce qui peut bien intéresser un prof de math dans une vigne aride.

De fait, la tâche s’avèrera bien plus ardue que prévue d’autant que les Carfagna s’engagent dans quelque chose qu’ils ne maitrisent absolument pas.
Francesco avoue sans détours : « Plus tu essaies de comprendre, plus tu te trouves perdu face à l’immensité de ton ignorance… j’ai l’impression d’être un grain de poussière qui se réduit sans cesse, même si je viens de grossir de six kilos ! »

Mais en complète contradiction par rapport à l'abandon qui règne sur ces terres, le travail commence fort et bien, difficile, complètement manuel, et pourtant, comme le dit Francesco, «si appréciable, vénérable là où il existe, d’autant que plus il s’avère ardu à exécuter, plus il donne l’impression de se sacrifier pour une viticulture qu’on appellerait « héroïque », comme la symphonie du même nom ».

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Et c’est ainsi que parviennent à se redresser des kilomètres de murs à sec, des terrasses qui, à l’origine, furent dressées dans le sang de deux ou trois vies, dans la peine, oui mais aussi à travers la beauté de ces pentes face au soleil et à la mer.

Ainsi, après avoir rebâti ces murs, préparé les sols, arraché tous les arbustes capables de concurrencer la vigne, tout en gardant un maximum de plantes autochtones pour favoriser la biodiversité végétale et animale, après avoir installé toutes les canalisations d’eaux nécessaires au travail contemporain du terrain, après avoir planté les piquets pour accueillir la vigne, une année avait passé.

Les premières vignes sont donc plantées en 2000 sur ce sol granitique sévère, seulement légèrement recouvert d’une couche sablonneuse acide, mais très riche en oligo-éléments.
Si l’Ansonaco y est prépondérant, Francesco désire l’accompagner d’autres cépages blancs et rouges, tous connus de l’époque romaine tel un clin d’œil empli de respect pour l’histoire, des cépages comme les procanico, malvasia, sangiovese, malvasia nera, cillegiolo, canaiolo, grenache, aleatico, mammolo, corinto nero, nero calabrese, trebbiano nero, pizzutello, muscats (blanc et noir), biancone giallo, empolo grecanico, etc…

Parallèlement aux travaux de la vigne, une partie du niveau inférieur de la tour de Castello se voit consacré au chai (cantina).

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Il y a deux ans, parce que le travail de la vigne se faisait trop dur et trop prenant, Francesco a décidé de vendre son restaurant, pour s’occuper uniquement de sa vigne, laissant au passage la liberté à son fils, si présents aux fourneaux, de partir s’instruire à Paris où il fait aujourd’hui le bonheur de mes potes locaux.

Bien plus que le poids de l’âge qui rendait les deux travaux conjointement presque impossibles, il faut voir, dans ce choix, le suivi d’un conseil que donna le père de Francesco à son rejeton : «Rappelle-toi, mon fils, que pour faire bien les choses, tu ne dois jamais te tromper, tout comme un assassin, s’il veut bien faire son travail, doit apprendre à bien tuer».

Toutefois, encore aujourd’hui, Francesco reçoit des tas d’appels d’anciens clients du restaurant, et dès lors, sa générosité l’oblige à les inviter à la maison, dans sa minuscule cuisine, pour y partager à nouveau cette gastronomie qui fait transpirer notre peau d’émotion.

Plus que tout, alors que les mots se couchent sur cet article, au fond du cœur de Francesco brille, comme un soleil, la satisfaction, d’avoir, au-delà de la souffrance, pu être un exemple pour tant d’autres qui se mettent aujourd’hui  à faire renaître la vigne à Giglio, tout en conservant une fantastique dose d’humilité quand il dit, conscient qu’il n’a jamais été un vigneron «autodidacte» : « Vous savez, quand je suis arrivé sur ses vignes avec mes idées un peu folles et mon manque d’expérience, on m’a traité de « stupido », et aujourd’hui, il y a des gens plus professionnels, mieux formés que moi qui travaillent la vigne mieux que moi, et… pour qui, probablement, je suis « stupido » pour la seconde fois de ma vie ».

C’est ainsi que fut sauvé, à Giglio, un extraordinaire patrimoine…

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Montecristo

Le travail de la vigne

A Altura, les vignes sont plantées à raison d’environ 8500 pieds/ha, avec des racines qui s’enfoncent profondément dans le granit allant jusqu’à le fendre.
Les regreffages sont l’objet de sélection massale ou alors, originalité des lieux, la vigne est redistribuée par une méthode héritée des romains qui a pour but d’enterrer un bras du cep pour le faire réémerger à proximité du cep mère. Cela a pour résultat d’amener à une situation un peu « visuellement » anarchique, d’autant que les pieds « filles » peuvent ressortir à travers un muret même, mais c’est quelque chose de tout à fait traditionnel comme travail.
Le mode de taille est manuel et en Guyot ou en Albarello Basso (petit arbuste entourant un pieu directeur).
La viticulture est menée en bio et ne sont donc utilisés ni désherbants, ni fertilisants chimiques, ni insecticides. On fait uniquement appel au fumier de vache, quand cela s’avère possible, ou à d’autres moyens de fertilisations végétales.
Les sols ne sont pas labourés mais juste raclés. La taille est manuelle et l’enherbement des rangs est fait de fleurs et d’herbes sauvages, périodiquement aidé par de trèfle et des orties.

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Les herbes sont aussi taillées manuellement, de toutes manières, la structure des terrasses ne permet pas un autre travail que manuel.
Le traitement de la vigne constitue en deux seuls passages au soufre pulvérisé entre avril et juin, il faut dire que ces traitements ne concernent pratiquement que l’oïdium, le mildiou étant absent de l’ile de par la présence de vents permanents.
Les vendanges ont lieu d’août à septembre, elles sont évidemment manuelles et les grappes sont transportées en tous petits cageots jusqu’à une brouette qui attend au-dessus des rangs de terrasses, sur un petit sentier (l’autoroute de Francesco, comme il l’appelle), la brouette étant le seul moyen efficace d’amener les grappes jusqu’à la route bien plus haute que les vignes.

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L'autoroute d'Altura

Pour les rouges, les raisins sont stockés une très courte période en petites cassettes dans un petit bâtiment voisin des vignes, où ils subissent un léger flétrissage.

Les rendements moyens tournent autour de 15 à 25 hectolitres à l’hectare, selon la bonne volonté de la nature.

Le travail à la cave

Pour le blanc, le pressurage est immédiat et, après un premier passage en cuve, le moût est débourbé après 12 à 18 heures.
Depuis à peine un an, un peu de raisins blancs sont macérés et ajoutés ensuite au moût classique, afin de renforcer un peu la structure des vins. Et, comme le résultat s’est avéré positif en 2014, l’expérience sera rééditée en 2015 à une échelle un peu plus importante… toujours sur le mode autodidacte qui ne prétend jamais tout savoir.

La vinification, la malo et l’élevage se font en cuve d’acier, sans contrôle des températures et sans autre intervention.
Plus en détails, un nouveau transvasement a lieu à la fin de la fermentation alcoolique (10 à 15 jours) et le vin est alors disposé en petites cuves en acier de 5/10 hl avant de subir 4 à 5 autres transvasements au cours des mois suivants jusqu'à la mise en bouteilles.
La fermentation malolactique apparaît de manière assez précoce et constante dans ce processus de vinification.
Comme pour le rouge, le vin blanc est prélevé des cuves et mis en bouteille quand la demande se fait sentir, Francesco ne possédant pas la place pour se permettre un stockage de bouteilles important, et, afin d’éviter une oxydation importante, il dispose de très petites cuves lui permettant un ouillage régulier des plus grandes.

A l’inverse du vin blanc, où l’Ansonaco domine, le vin rouge d’Altura est fait d’un généreux melting pot de cépages divers rouges ou blancs, ceux qui furent énumérés plus haut et avec très longue macération toujours en cuve d’acier et toujours sans contrôle des températures.
A la fin de la fermentation alcoolique, les mouts sont transférés avec les peaux dans de nouvelles cuves en acier où ils évolueront ainsi pendant 6 à 7 mois.
Ensuite, après un nouveau transvasement pour séparer peaux et lies, le vin évoluera naturellement jusqu’à sa mise, toujours « à la demande ». Le processus d’élevage moyen dure ici environ 24 mois, mais dans la mesure du possible, il est conseillé de le laisser s’affiner au moins un an en bouteille.

Vins blanc et rouge ne font l’objet d’aucune clarification, filtration, stabilisation ou autre, uniquement de transvasements. Leur degré d’alcool avoisine en générale les 14°.
Une petite quantité de soufre peut être ajoutée, au cours de la vinification, mais on respecte ici le côté naturel des vins et on excède que très rarement 50 mg de soufre total.

Les vins de Francesco grandissent comme leur guide, naturel et libre, confié à sa seule force de vie!

La production totale avoisine les 6000 bouteilles par an.

Les vins

Deux vins sont donc produits au domaine, le rouge Rosso Saverio et le blanc Ansonaco Carfagna, ce dernier étant largement majoritaire.

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Rosso Saverio

Côté rouge, tout a pratiquement été dit plus haut. L’idée d’en produire au côté du blanc est venue après quelques années, afin de respecter une tradition locale, relatée par Andrea Bacci ayant déjà dès 1595 qui écrivait dans son livre « l'Histoire Naturelle des Vins » : “L’isola produce tuttavia vini rossi Migliori dei bianchi…..”, c’est-à-dire, très simplement, sur Giglio, il y a pas mal de vins rouges qui sont meilleurs que les blancs».
Fait de l’entièreté des cépages complantés sur ses parcelles, il s’agit d’un vin profond, structuré, mais qui reste doté d’une très grande fraicheur et surtout d’une énorme buvabilité. Francesco, à ce titre, et non sans malice, écrit sur ses étiquettes « vin qui se boit ».

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Ansonaco Carfagna

Le blanc, même s’il fait l’objet accessoirement de l’ajout de très faibles quantités de Procanico et de Malvasia, est donc essentiellement à base du cépage Ansonaco.
A nouveau, presque tout a été dit plus haut mais il est utile de revenir sur ce cépage très peu fréquent.

Ansonaco est le nom traditionnel du cépage le plus enraciné et cultivé de toujours à Giglio, mais aussi sur l’île d’Elbe. On le retrouve aussi en Corse.
La nature de la viticulture en terrasses, la proximité de la roche souvent affleurant, la sécheresse, le vent omniprésent et souvent très fort en toutes saisons, et la présence de sel font que les racines sont poussées à aller chercher nourriture et fraîcheur en profondeur sous la roche et dans les rares fissures du granite.
De fait, par rapport à de nombreux autres cépages, l’Ansonaco, par cette capacité de survivre en milieu hostile, s’est vu l’objet d’une attention particulière, au cours des siècles, des professeurs des écoles de viticulture.

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Au nez, l’Ansonaco est un caméléon  qui sait jouer avec la fraicheur et le fruit avec ses notes d'abricot et de confiture d'orange amère pour ensuite partir vers une plus grande rondeur sudiste où viennent émerger des notes florales d'oranger, de genêt, de rose et de mirabelle jaune mûrit.  En bouche, c’est un vin qui se démarque pars son équilibre, son élégance et sa complexité tout en ayant une typicité très différente d’un vin blanc sec classique.
Il convient le déboucher en avance, pour qu’il s'entrouvre au fur et à mesure. Il accepte la valeur des années à merveille, avec un optimum vers les 10 années de vieillissement en bouteille.
Par sa structure, il s’associe à merveille aux assiettes de terre ou de mer.

C’est un vin qui a aussi « un prix », mais ce prix est celui de la sueur, d’efforts surhumains, celui d’une lutte pour faire survivre une tradition.

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Mais aussi…

Francesco aime à produire, pour les amis de passage et pour les divers salons où il est présent, un vrai vin de soif, une petite tuerie qui désaltère mais n’enivre pas, un vin qu’il propose en version blanc ou rosé, sans étiquette en cruche ou en magnums, selon le lieu!
Deux vins, aussi, qu'il aime à accompagner de ses rougets favoris !

Conclusion

Il y a dans les vins d’Altura cette complexité qui se projette dans toute l’humanité de Francesco. A la fois bourré de tendresse et de pugnacité, cet homme exceptionnel peut passer en une fraction de seconde de la mélancolie des temps anciens à la joie du moment présent, de la diatribe avec une langue très bien pendue aux libations, aux chants entre amis, et cela,jusqu’au bout de la nuit, toujours autour de la table, toujours en mangeant. En vérité, ce personnage à la truculence sans pareil peut s’avérer être tantôt un démon bondissant, tantôt une mère attendrissante.

Jamais, dans le monde du vin, je n’ai ressenti une telle identité, une telle force, mais plus que tout, jamais je n'ai pu à ce point admirer un sacrifice aussi total pour une passion pour une vigne, une vigne qui ressemble encore et toujours à une jungle face à l’image des vignobles de carte postale.

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Mais le plus important, c’est qu’au-delà de leur plaisir et de leur souffrance, à travers leurs vins et leur travail, Gabriella et Francesco font renaître, redécouvrent et cultivent ce patrimoine viticole pour donner un signal très fort, un signal en opposition au pouvoir excessif de la « monoculture », ce pouvoir du marché au profit commercial immédiat qui n’a créé que destruction des paysages par l’immobilier touristique, désertification des terres et dépeuplement des campagnes.
Ils nous envoient un message de lumière dans la nuit !

Je laisserai les derniers mots au père de Francesco qui lui aussi eu des vignes et suscita peut-être ainsi cette passion chez son fils :

Travailler, c’est faire de toi un éternel,
dans un présent éternel,
uniquement parce que toi, tu y crois,
pour toi,
et pas pour les autres ou parce que quelqu’un d’autre te le demande.
Voilà ton futur !

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Coordonnées

Francesco Carfagna
Vigneto Altura

Località Mulinaccio
58012 Isola del Giglio (GR)
Italie

TEL : 00 39 0564 806 041
Mail : altura@arcobalena.net
Web : http://www.vignetoaltura.it/

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02 juin 2015

Les Racines du Goût

01

Dans la recherche de l’authenticité et de la qualité des produits qu’ils proposent à leur clients, certains restaurateurs semblent comprendre les choses bien plus vite que d’autres, même si pour cela, il faut travailler souvent plus, sans pour autant gagner moins….
Même si ce qui est dès lors proposé est moins conventionnel et certainement plus risqué.
Pour arriver à une forme de perfection dans le genre « Slow Food », une fameuse dose de passion est nécessaire, passion qu’ont souvent plus souvent les italiens, parce que celle-ci leur a été véhiculée par ce qu’ils ont de plus chers : leur mère.

09

Il fallait donc bien s’attendre qu’à Bruxelles, là où tant de nouvelles idées fleurissent chaque jour, ce soient deux italiens entourés d’une belle équipe qui allaient littéralement crever l’écran.

Cette nouvelle explosion s’appelle « Racines », elle vous est comptée sur le site de Slow Food Metropolitan Brussels à l’adresse suivante : http://slowfoodmetropolitan.be/fr/story/racines

Mes plus fidèles lecteurs me pardonneront ce genre « d’infidélité » en lisant l’article, tant ils comprendront que cette superbe histoire avait plus sa place chez Slow Food que sur Vins Libres.

Bonne lecture !

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Racines
Ugo Federico  & Francesco Cury

Chaussée d'Ixelles, 353
1050 Ixelles
Info et réservations : +32 (0)2 642 95 90
Mail : info@racinesbruxelles.com
Web : www.racinesbruxelles.com
Facebook : https://www.facebook.com/racines.gastronomia

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31 mai 2015

Tronche de Vin 2 à BioVitis - Ottignies

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Les prochains 6 et 7 juin se tient le salon BioVitis d'Ottignies qui est certainement un des plus intéressants évènements viniques belges, en termes de vins bio, biodynamiques et naturels.

L’objectif de ce salon et de ses 25 exposants est de promouvoir une viticulture saine, de sensibiliser les consommateurs que nous sommes, à un produit alimentaire qu'on pourrait croire naturel mais sur lequel finalement nous se connaissons pas toujours grand-chose au lu des tempêtes qui persistent à agiter les réseaux sociaux, ces dernières semaines.

L’occasion pour moi de retrouver des vignerons qui me sont chers comme France Crispeels (Vignoble Réveille - Roussillon), Sylvie Spielmann (Alsace), Jean-Claude Rateau (Bourgogne), la famille Guccione (Valdibella -Sicile) et Philippe Richy (Stella Nova  Languedoc).

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En plus, toute la journée du dimanche 7 juin, vous aurez l'occasion de me croiser au Stand « Tronches de Vin », où je dédicacerai le deuxième opus de l’anti-guide le plus incontournable depuis la sortie du petit livre rouge.
Il y aura même quelques mythiques « Manifeste pour le Vin Naturel » !

Alors, si vous avez l'occasion, vous savez comment bien occuper votre prochain week-end, cela fait DEUX bonnes raisons d'y être !

Plus d'info, ici : www.biovitis.be
Facebook : https://www.facebook.com/events/1073800489350347/

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27 mai 2015

Non à l'arrivée du lait de "la Ferme des Milles Vaches" en Belgique ! Signez la pétition

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L'info émane de la RTBF ce jeudi 27 mai 2015 : le groupe de Michel Ramery au travers de son usine à lait, "la Ferme des Mille Vaches", jette le gant de la distribution de son précieux liquide... en France.
Après un premier revers qui l’a contraint à limiter l’exploitation à 500 vaches, la Ferme des Mille Vaches s’est vue dans l’impossibilité pratique de distribuer son lait, barré en masse par de nombreux mouvements populaires agricoles, par la société civile française et par la presse.
Et devinez quel est le bon pays qui lui ouvre les portes de la délocalisation du lait produit dans son usine... Et oui, la Belgique !

Pour rappel, la Ferme des Mille Vaches a ouvert son exploitation il y a près de 8 mois et est le modèle agro-alimentaire poussé à son paroxysme de fonctionnement hyper intensif de production laitière, une atteinte absolue du bien-être de l’animal.
En effet, des centaines de vaches y sont condamnées à un enfermement à vie, sans aucune sortie à l’air libre possible, le tout contrôlé par des robots incapables de faire la différence d’une bête à l’autre avec un personnel minimum et peu qualifié.
De plus, toujours selon les sources de la RTBF, « le risque d’épidémie chez les bêtes serait très présent et le taux de mortalité particulièrement inquiétant ».

Plus d'info ici : http://www.rtbf.be/info/societe/detail_la-ferme-des-mille-vaches-s-exporte-en-belgique?id=8991200  

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Mais, finalement rien de plus logique que le pays de la tolérance zéro pour les artisans accueille le fruit du plus odieux projet de production laitière industrielle. S’acharner contre un petit producteur fermier de Herve au lait cru, tuer un produit authentique, c’est une chose, laisser rentrer et commercialiser en Belgique du lait de pareille origine qui n’est même pas contrôlé à la source par nos instances légales, c’en est une autre.

Ces deux poids, deux mesures, ça devient lassant !

Alors, ce coup-çi, la société civile belge et les autorités politiques auront-elles le même courage que nos voisins français ? A suivre.....

Oui, mais ..., en attente du développement de l'information, je vous appelle, vous, membres de Slow Food, sympathisants de la bonne bouffe et toute la société civile à vous transformer en sentinelle contre cette horreur et faire entendre vos voix d'électeurs auprès vos élus pour montrer votre indignation !

Signez dès maintenant ma pétition en cliquant sur le lien ci-dessous pour montrer aux pouvoirs publics votre indignation !

Non au lait des

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 Merci de partager au maximum !

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20 mai 2015

Affaire du Herve au lait cru : un compromis est-il possible avec l'AFSCA ?

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Permettez-moi encore de revenir sur l’affaire du fromage de Herve de Monsieur Munnix et du désaccord qui l’oppose à l’AFSCA (Agence Fédérale (belge) pour la Sécurité de la Chaine alimentaire). Peut-être ce combat vous paraît très éloigné de l’objet de ce blog, et pourtant, il n’en est rien, car la volonté que poursuivent les grands lobbies agro-industriels de voir disparaître les dérivés de lait cru ne sont pas du tout éloignés de ceux qui ciblent émaillent le Mondovino.

Si donc je reviens vers vous, et qu’alors que je vous écris se joue l’avenir de l’exploitation de Monsieur Munnix à Herve, j’avoue avoir été un peu mal à l’aise de voir l’AFSCA vilipendée plus que nécessaire, entre autres sur la page Facebook de Slow Food Metropolitan Brussels, convivium dont je suis administrateur.

Je rappelle que ce que nous souhaitons, en tant que défenseurs militants du fromage de Herve au lait cru, un produit unique de l’artisanat agricole belge, c’est que l’AFSCA acceptent une situation de compromis d’une tolérance de 10 CFU de listeria/25 grammes à l’inverse de celle du zéro absolu, maintenant de rigueur. Pour rappel, il y a m^me pas trois ans, la tolérance était de 10 CFU/25 grammes (et même 20, précédemment).

Cette demande s’appuie sur le fait, premièrement, qu’à l’inverse de ce qui est défendu par l’AFSCA, l’Union Européenne conseille la tolérance zéro mais lui admet des exceptions justement pour les produits artisanaux, et deuxièmement, que selon des études publiées, entre autres par l’INRA, la présence de listeria dans des fromages à pâtes molles ou dures n’est pas pathogène (à des doses sous les 50CFU).
En effet, ces bactéries y voient leur pathogénicité, et en premier lieu, leur capacité à se multiplier, inhibée par la présence d’autres bactéries commensales et par la nature du milieu spécifique, à commencer le pH.
Un test coûteux (5000 euros) qui a démontré cela pour d’autres types de fromages en France, devrait être pratiqué très prochainement pour le Herve au lait cru, avec l’aide probable des pouvoirs communaux.
Ce test dit de « vieillissement accéléré » a prouvé, sur d’autres fromages au lait cru, que sur une période excédant la limite de leur consommation, la présence de listeria à des doses inférieures à 20 CFU/25 grammes ne parviendra pas à faire doubler sa population bactérienne sur la période considérée et donc, ne jamais, au grand jamais, dépasser la fameuse tolérance de 100 CFU/25 grammes que s’octroie la grande distribution.

Mais ce n’est pas parce que nous demandons à l’AFSCA un compromis pour cette situation précise que nous remettons en cause son existence et son droit d’exister et d’agir. Au contraire !

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La seule chose que j’aimerais envoyer comme message général  à l’AFSCA, c’est que si ses fondations sont bien la conséquence de la demande populaire, cette demande a été occasionnée par une des plus grosses crises alimentaires que la Belgique a connue, celle de la dioxine, au point d’en faire tomber un gouvernement.

Serais-je vraiment à ce point pernicieux de lui rappeler que cette affaire de dioxine ainsi les autres affaires du top 10 des grandes merdes récentes et médiatisées de l’agro-alimentaire européen sont toutes du fait de l’industrie, directement dans l’aliment proposé ou indirectement, via une intervention dans la chaine alimentaire ; je vous laisse juge des meilleures :

  • La vache folle (toute l’Europe)

  • Le lait maternel frelaté (affaire Sanlu – France)

  • Le poulet à la dioxine (Belgique – Allemagne – Pays-Bas)

  • Les graines germées à la bactérie E-Coli (Allemagne)

  • Les steaks hachés à la bactérie E.coli  (France)

  • La substitution par la viande de cheval

Et là-dedans, pas une trace d’un artisan au lait cru qui aurait flingué ne fusse qu’un de ses clients…

Alors, comme je suis certain qu’à l’AFSCA, il y a plein de gens très bien, je me permettrai de rappeler que l’ennemi est souvent celui qui fait le plus de bruit pour imposer sa vue économique et qu’en ce qui nous concerne, et depuis l’aube des temps, le lait cru a, au contraire, comme le prouve l’INRA, favorisé notre immunité et n’a pas éteint la race humaine.

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12 mai 2015

Les animaux malades du lait cru

Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Un fromage au lait cru! Quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Depuis quelques jours le patrimoine agricole belge est secoué en son sein le plus profond par une bien triste affaire au centre de laquelle se retrouve un fromage historiquement produit à base de lait cru.

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Et quelle tristesse d’entendre au journal télévisé de la RTBF, ce mardi midi, que José Munnix, un des deux producteurs de la région d’Herve persistant à garder vivante la tradition de ce fromage au lait cru, laisse tomber le gant, fin de cette année, las de ne pouvoir lutter contre des pouvoirs publics dont l’intolérance a eu raison de sa passion, son âge aussi ne lui permettant pas d’entamer une résistance que d’autre Emmanuel Giboulot a accepté dans le secteur du vin.

Comment en est-on arrivé là pour un fromage dont pourtant, le mouvement Slow Food avait fait une « Sentinelle », c.-à-d., avait ainsi reconnu son caractère unique et intimement lié à la culture et au patrimoine agricoles de notre pays, une reconnaissance bien plus forte qu’une AOC ou une AOP ?

Tout simplement par hygiénisme.
Plus les décennies passent, plus les nombreux scandales agro-alimentaires ont rendu le politique et les administrations qu’il nomme terrorisés par la plus petite aspérité qui pourrait éloigner un produit alimentaire d’un standard lissé, appliquant chaque jour un peu plus la tolérance zéro, rendant ainsi la vie impossible à une exploitation réellement artisanale et de petite taille.

Que les choses soient claires, pointer ici, dans la fermeture de la ferme Munnix, la seule responsabilité de l’AFSCA (Agence Fédérale (belge) pour la Sécurité de la Chaine Alimentaire) serait bien trop facile, l’agence ne faisant qu’appliquer la loi que le législateur dans sa paranoïa croissante a édictée.

Et le problème est bien là, cette paranoïa ambiante qui fait que là où la loi permet encore à la vente en grande surface un degré de contamination en listeria maximum de 100 unités/gramme, elle ne permet aujourd’hui plus de conserver et vendre un produit à la ferme contenant analytiquement 4 ou 5 unités/gramme sur la même échelle partant du principe prophylactique que rien ne dit que ce qui est dosé à 4 ou à 5 aujourd’hui ne dépassera pas les 100 un jour ou l’autre.
Et comme ni l’AFSCA, ni le producteur ne possèdent une boule de cristal pour infirmer ce doute, on préfère fermer les vannes et irrémédiablement condamner à mort ce type d’artisanat.

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Après on aura beau se retrancher derrière le bon sens, faire des enquêtes prouvant que José Munnix n’a jamais empoisonné personne, insister sur le fait qu’il ne vend ses produits qu’à la ferme, dans un univers qui restreint à son minimum l’impact de la chaîne alimentaire, on aura beau dire que si le lait cru et ses dérivés étaient toxiques, on serait tous morts depuis longtemps, ce sera toujours le principe de précaution qui sera gagnant à partir du moment où il engendre une responsabilité politique.

Parce qu’en vérité, le contrôleur de l’AFSCA, vous l’imaginez fouttre en l’air sa vie professionnelle par sympathie pour un patrimoine auquel il ne croit probablement plus depuis longtemps ?

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Tout cela est bien triste….

Mais le grand drame, tous les allergologues du monde vous le diront, c'est qu'à force de tout aseptiser autour de nous, nous nous fragilisons, nous devenons petit à petit incapables de lutter nous-mêmes.
Les allergies chez le bébé sont devenues épidémiologiques et la seule arme dont nous disposons aujourd’hui, c’est de traiter ces allergies de plus en plus lourdement, et surtout aseptiser toujours plus au fur et à mesure que notre immunité s’effondre.

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A force de vouloir tuer par hygiénisme toute diversité alimentaire, c’est en fait dans des bulles stériles que nous nous condamnons à terminer à long terme, si aujourd’hui, on ne secoue pas une fois pour toutes le cocotier politique de la peur ambiante.

Tout comme l’opinion publique a défendu Emmanuel Giboulot dans le cadre de l’affaire de la flavescence dorée en Bourgogne, nous pouvons par la pression populaire arrêter ce drame ou au moins le freiner, et nous pouvons redonner à José Munnix le courage de lutter pour préserver son activité.

Cela commence ce jeudi 14 mai, à la journée du fromage de Ciney… TOUS ENSEMBLE ?

José Munnix, n'abandonnez pas, vous êtes notre héros !

Signez aussi la pétition :  https://lapetition.be/en-ligne/Nous-vous-demandons-de-sauver-la-derniere-exploitation-fermiere-15719.html

Plus d'infos : http://www.televesdre.eu
Voir aussi le documentaire : "Ces fromages qu'on assassine" : http://www.montparnassevod.fr

Ferme Munnix
Rue de Maestricht, 122
4651 Battice
Belgique
TEL : +32 (0) 87 67 40 01
Web : http://fromageriemunnix.skyrock.com/

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08 mai 2015

Manifeste contre la peur, l'inconnu, manifeste pour le vin naturel

"Le vin naturel sera l'eau douce de nos révolutions (A. Iommi-Amunategui)..."

Comme à peu près tous les trimestres sur ce blog, il me faut revenir à nouveau sur le « vin naturel » et les débats passionnés qu’il soulève bien plus que ses défauts.
Oui, des défauts, la « nébuleuse » naturelle du jus de la treille en a, et même plus souvent que d’autres types de production du vin.
Aucun de ses adeptes n’a prétendu, ne prétend et ne prétendra le contraire, à l’exception, bien entendu d’une frange infime correspondant à une extrémité d’une courbe de gauss de la passion.
Mais, rien à faire, même si on parle ici d’un infime pourcentage de la viticulture, même si les tentatives de dialogue et de bien vivre « ensemble » se créent bien plus qu’avant, la « res natura » continue à susciter la tempête, et cela de plus en plus fréquemment.

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Un récent et incandescent exemple en date de cette fureur est le post du surnommé « Rosebud » dans le forum La Passion du Vin, un post titré « Salon rue 89 des vins natures, militants passionnés mais des vins déroutants et dénaturés » et qui fait référence à la visite de l’auteur au récent Salon Rue89 des vins de Paris, visite qui s’apparente à une adaptation vinique de la jungle de Deer Hunter ou autre Apocalypse Now.

Bien que le lien ci-dessus vous permettra de juger de l’entièreté de la prose de ce chevalier des vins droits, je ne résiste pas à vous en citer quelques extraits, qui vous l’avouerez, proférés pour une autre catégorie de vins seraient assimilés à des propos proches de la haine, d’autant que sans nommer le moindre vin ni domaine, ils s’attaquent à la fois au vin, mais aussi, et c’est plus relevant de ce type d’attaques, au vigneron :

… A part des échanges sympas et intéressants autour de cigarettes ce fut une perte de temps (quelque 5 heures sur place) et de gouts. Une forte déception, une grande amertume et acidité de voir tant de moyens déployés pour de si faibles rendus qualitatifs…
… Si des blancs furent corrects pour certains, les rouges furent en grande majorité impossibles, troubles, déséquilibrés, non structurés, simplistes ou alcooleux, trop solaires, oxydatifs...
Tous se ressemblant plus ou moins d’une région l’autre. Beaucoup assommés par un élevage marquant et suspect, pour masquer certains raisins?
Mais où certains ont-ils appris à vinifier?
Certains devraient prendre des cours du soir ou de rattrapage sur internet…

Le sommet du genre étant «assommés par un élevage marquant et suspect », parce que là, j’avoue que, par rapport à d’autres prestigieuses manifestations comme le Grand Tasting, j’ai du mal à comprendre où, à Rue89, ces vins furent aussi nombreux, mais cinq années de sévices au naturel ont dû certainement provoquer sur mes papilles des nécroses aux retombées irréversibles.
Comme quoi, quand on n’aime pas ou ne veut pas aimer, on peut tout reprocher, tout et son contraire !

La seule éclaircie du post concerne une bière que je présentais à ce salon, soit une Jambe de Bois de la Brasserie de la Senne à Bruxelles, et je vous avoue en être bien marri, car ceux qui connaissent mon caractère sanguin imaginent bien que vis-à-vis de ce Monsieur, le gosier n’était probablement pas la destination idéale.

Je sais, dans ce cas, comme dans nombreux autres, il faudrait laisser couler…

Mais, rien à faire, il faut que je (re)prenne la plume, car cela fait maintenant trois jours, que, de retour du salon précité, cette attaque en règle n’a de cesse de me faire réfléchir au pourquoi de tant de virulence si souvent rencontrée alors que nous parlons bien ici de 3% du monde vinique en terme de superficie, alors qu’en terme de cols, cela doit ressembler à une aiguille dans une botte de foin.

En fait, deux raisons à cela, je pense :

La première, c’est que ces vins sont bien plus médiatisés que ce qu’ils ont de poids, et que cette médiatisation leur confère une telle notion alternative qu’ils génèrent beaucoup trop d’excès, comme une présence effectivement trop forte dans un milieu surtout parisien où le jus n’est hélas qu’un prétexte d’auto-mise en alternative, qui va souvent à l’aveuglement de proclamer irrésistible un vin bourré de défauts.
Cette attitude caricaturale, je la combats chaque jour, bien plus que vous, Monsieur Rosebud, parce que c’est précisément elle qui porte le plus atteinte à un monde de vignerons qui n’en demandait pas tant, loin s’en faut.

La seconde raison, qui découle des nombreux salons, livres et reportages des récents mois, c’est que la nébuleuse des Vins Naturels fait peur, cette fameuse « peur de l’autre » qui fait systématiquement réagir la majorité en espèce menacée par ces différences qui dérangent.
Et probablement qu’ils n’ont pas tout à fait tort, car ce mouvement est bien en train d’égratigner l’image de leur oenophilie confortable, même si, de fait, la dernière chose que désire le microcosme des vins naturels, c’est de rentrer en guerre pour devenir calife à la place du calife.

Parmi ce qui fait la différence, la plus grande part restera toujours socialement la peur de l’inconnu.

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Permettez-moi à ce stade, une digression que je sais que certains trouveront malheureuse : Quand nos pays connurent leurs premières vagues d’immigration africaine, elles ne dérangeaient strictement personne parce qu’elle se limitait, au royaume du plein emploi, à 100 pieds sous terre dans les mines ou autre enlèvement des ordures.
Bref, on ne la voyait pas. Mais du jour où ces frimousses basanées ont montré leur nez, la peur pointa vite son nez, cette peur qui s’appuie sur la méconnaissance absolue de l’autre, j’entends par là, de tout ce qui entoure « l’autre » et qui se fait jour.

Quand Overnoy, Lapierre, Chauvet, Bellotti, Frick et autres compères ont lancé il y a déjà tant d’années la notion de vin naturel, ils ne dérangeaient non plus personne…

Digression, certes, malheureuse peut-être, mais pourtant qui colle si bien au modèle, à l’image du vin naturel, d’autant que ce dernier n’a, à ce jour, même pas de définition réelle. Et c’est probablement là que le bât blesse le plus, sans définition, trop « nébuleux » comme je le caricaturais plus haut, l’inconnu est pris carrément pour une forme de peste à combattre avec la plus grande véhémence.

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J’en étais là de mes réflexions quand, hier soir, la fatigue des jours intenses du salon Rue89 passant, je me suis attaqué au courageux opuscule d’Antonin Iommi-Aminategui, « Manifeste pour le Vin Naturel », « manifeste » où le grand communicateur et désormais bloggeur RVF de l’année (No Wine is Innocent) qu’est notre Vindicateur réussit avec beaucoup de brio à dresser un état des lieux du vin qu’il défend, allant même jusqu’à le définir.

Ce « livre-essai » réussit en effet, sans la moindre trace de véhémence, à dresser un portrait objectif du vin naturel et surtout de le replacer à l’endroit qu’il se doit d’occuper, une TAZ ou « Temporary Autonomous Zone » alimentaire dont la raison d’existence est plus que probablement, de la part des vignerons qui en sont « coupables », une volonté de contre-culture.

Et j’avoue adhérer totalement à ces écrits d’autant que cette contre-culture va exactement dans le même sens que celle qui, au niveau « solide », motive le mouvement Slow Food, cette contre-culture qui fait que la destruction du système par un schéma révolutionnaire classique n’est plus un préalable à l’établissement d’une société idéale, alors qu’au contraire, les alternatives dans le réel et le présent ont la capacité, par la preuve de leur viabilité, de révéler les contradictions de l’ordre établi et de le faire vaciller. Ces propos de Steven Jezo-Vannier que cite Antonin dans son ouvrage collent très bien à la peau du vin naturel. Ils sont le préalable absolu à l’ébauche de toute définition du mouvement et expliquent parfaitement l’émergence de la virulence des réactions à son encontre, tout comme si le vin naturel devait être soudainement combattu à la façon d’Ebola… parce que le vin classique, que le « naturel » met en réflexion sans le combattre, se sent soudainement désemparé et préfère dès lors la confrontation en règle.

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Antonin Iommi-Amunategui

Je convie donc tout un chacun, Monsieur Rosebud compris à se procurer le « Manifeste » en cause, tant, au-delà du vin lui-même, en moins de 20 pages, il apporte une réflexion très juste sur ce que représente notre avenir alimentaire et donc… social.

Il apporte aussi beaucoup de paroles apaisées et apaisantes de vignerons, bloggeurs, écrivains qui n’ont pas commencé hier, avec le vin naturel, et qui, jamais, à l’instar des sieurs Overnoy, Puzelat, Feiring et Grosjean n’ont induit dans leur passion quelque fureur que ce soit, au contraire, seule  la joie de vivre, dans la communauté festive, a été leur manifeste d’existence.

Un nouvel ouvrage, incontournable, donc !

Manifeste pour le Vin Naturel
Antonin Iommi-Amunategui
Les Editions de l’Epure-Marie Rocher
ISBN -978-2-35255-219-2
Prix : 7 euros
Actuellement uniquement disponible sur
www.epure-editions.com et sur évènements.
Disponible dans toutes les bonnes librairies dès le 24 août 2015 !

28 avril 2015

Et maintenant... Slow Food !

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Toutes les choses évoluent dans la vie, avec souvent, comme ligne de force, une direction à l’origine insoupçonnée mais qui s’avère au fil du temps une évidence.
Après 20 années de passion vinique, usé de voir les choses profondes liées au vin (vigneron, histoire, terroir, combats) trop souvent supplantées par une forme de technicité de dégustation qui transforme les amateurs de jus de treille en chromatographes en phase liquides à la limite de la masturbation intellectuelle, je me suis doucement éloigné de ce milieu pour créer ce blog.
Initialement appelé « Monomaniaquement Alsace » par affinité pour cette région du roi riesling que j’adore toujours, il porte aujourd’hui le nom de « Vins Libres » pour célébrer « librement » tous les vignerons de France, d’Italie et d'ailleurs, qui à travers leurs vins, leur parcours et leur humanité ne cessent de m’émouvoir les papilles un peu, le cœur, surtout.

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Ensuite, les choses se sont enchaînées un peu logiquement mais avec la force d’une boule de neige qui dévale une longue pente de belle poudreuse… : une collaboration pour diffuser le Rouge et le Blanc, quelques articles dans la Gazzetta du Caffè al Dente et dans la revue Pietre Colorate, plusieurs clubs de vins jouissifs dont les Vendredis du Vin et les vieilles Copines, et enfin mais surtout l’aboutissement de cette route sous forme de la réalisation de deux rêves : le livre collaboratif Tronches de Vin 2 et le salon Vini, Birre, Ribelli.

On me l’aurait dit, il y a deux ans que je ne l’aurais pas cru… mais voilà, c’est chose faite et, en plus, ces aventures sont lancées dans la continuité, parce que d’autres livres suivront et que le salon verra sa seconde édition en novembre de cette année 2015.

Un aboutissement définitif…? Non, pas vraiment !

Au fil de l’évolution de ma passion, de mes rencontres, de mes amitiés, l’évidence trop souvent boudée des medias français que la bonne chère est strictement indissociable du bon vin, a fait que le besoin de dégoupiller des quilles juteuses, festives et surtout SAINES me rapprochait de plus en plus d’une nourriture au diapason, à travers de nombreux restos qui m’ont ému et que j’ai souvent relayé ici, mais plus encore par le besoin de retrouver et de partager chaque ces aliments et ses vins éthiquement respectueux de la nature, de l’homme, de notre santé et de notre plaisir de retrouver des goûts authentiques.

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Tout cela mis en ensemble comme un puzzle qui s’est assemblé sans plan d’origine fait qu’aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous annoncer qu’il faudra désormais ajouter au tableau l’administration du Slow Food Metropolitan Brussels, le nouveau Convivium de « l’Escargot qui régale sainement » et qui va tenter avec énergie de faire partager à la grande communauté urbaine de et autour de Bruxelles ces aliments et ces vins authentiques.

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Pour cela, j’ai donc rejoint une équipe joyeuse en couleurs d’origines, de passions, d’activités professionnelles, une variété qui devrait bien faire notre force de persuasion. Et ces braves gens, les voici donc :

  • Tom Smeets, notre Président, un néerlandais très actif dans le tissu socio-économique et associatif bruxellois,
  • Jean-Pierre De Leener, maraicher belge et bio à Sint-Pieters-Leeuw dans la périphérie bruxelloise où incarne le symbole de l’engagement pour une agriculture biologique, respectable du terroir local,
  • Magdalena Wawrzonkowska, notre Vice-Présidente, polonaise, active au niveau de l'Union Européenne, passionnée de communication (son métier) et de nourriture,
  • Marta Messa, notre Secrétaire, une italienne, originaire de Bra, qui a rejoint les rangs de Slow Food International pour qui elle exerce aujourd’hui le rôle d’Officier de Liaison à Bruxelles, 
  • Jean Hummler, notre Trésorier, un français qui gère avec brio dans l’esprit Slow Food les fabuleux Moeder Lambic à Bruxelles,
  • Philippe Renoux, lui aussi français, mais surtout un des plus authentiques et truculents chefs de la capitale qui nous émeut avec ses produits vrais et sa cuisine empreinte de ses origines perpignanaises.

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Tom Smeets

Avec cette légion multipolaire, nous voulons surtout créer un espace de convivialité alimentaire et pour cela, nous avons besoin de VOUS, par votre écoute, votre confiance, votre participation active et vos idées car nous voulons construire sans diriger !

Alors si l’aventure vous tente, il y a déjà plusieurs possibilités qui s’offrent à vous :

Alors, vraiment, de tout cœur, c’est avec impatience qu’avec toute notre équipe, nous vous attendons pour faire une révolution pacifique, une révolution qui comme l’a dit Paolo Di Croce, un dirigeant de Slow Food International, voyant arriver, comme un lent tsunami, une révolution sociale presque inévitable, serait une manière de la faire exploser dans la douceur, avec, comme vecteur central, l’alimentation…

Patrick

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23 avril 2015

25 avril : Journée alsacienne de lancement de « Tronches de Vin 2 »

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Que ma passion insatiable de l’Alsace ai un poil contribué à ce que de nombreuses tronches vigneronnes locales apparaissent dans le deuxième volume de Tronches, certains le sous-entendent… mais ce n’est alors que simple justice et la liste n’est certainement, après deux volumes, pas exhaustive.

Et puis, comme souvent, à ceux qui lui montrent de la passion, l’Alsace le leur rend bien !

La preuve en est ce que Jean et Charly (cavistes au Fil du Vin Libre à Strasbourg) et les autorités culturelles de la ville capitale de l’Europe (si, si, c’est un bruxellois qui le dit), à travers le CEACC ont organisé pour célébrer l’opuscule de notre collectif de blogueurs !

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Au passage, impossible de me refuser à citer ce que les responsables de ce magnifique CEACC qui nous accueilleront ont réussi à dire en résumé du livre… :

Tronches de vin 2 est le deuxième tome d’un guide sans notes, sans classement, sans médailles. 120 portraits de vignerons authentiques, vrais, entiers, qui veulent transmettre ce que leur donne la terre, sans la détruire. Soucieux de ce qu’ils vont laisser à leurs enfants, à nos enfants. C’est un guide qui ne se prétend pas objectif, qui met en avant des rencontres, des échanges, en présentant la philosophie de chacun.

En plein dans le mille, as we say !

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Un grand coup de chapeau aussi à Jean Walch et son équipe qui a réuni autour de cet évènement une superbe brochette de tronches qui viendront faire déguster (avec possibilité d’achat) leurs récentes cuvées :

Pour l’Alsace : Antoine Kreydenweiss, Catherine Riss, Jean-Pierre Frick et Florian Beck-Hartweg
Pour le Jura: Jean-Baptiste Menigoz « Les Bottes Rouges »
Pour la Bourgogne: Emmanuel Giboulot
Pour la Loire: Moses Gaddouche et Pascal Potaire « Les Capriades »

Et d’autres petits coucous vignerons comme Patrick Meyer ne sont pas impossibles

Et puis, il y aura aussi de quoi équilibrer l’ingestion des divins liquides avec les Pizzas et Tartes flambées bios de Pizzamap, les pizzas des champs, ainsi que les huîtres de Stéphane le Mareyeur!

Tout cela aura lieu ce samedi 25 avril de 10H00 à 18H00 au Centre Européen d’Actions Artistiques Contemporaines (CEACC).

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7, rue de l’Abreuvoir
67000 Strasbourg
TEL : (+33) 03 88 25 69 70
Web :
http://ceaac.org/

Une consigne de 5€ par verre sera mise en place pour les dégustations.

La journée se poursuivra avec un diner-vignerons au restaurant « A Bout de Soufre »

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Au menu :

Velouté d'asperges, et pointes d'asperge, tartine fraîche
Lomo de cochon noir Ibérique, jus corsé, légumes de printemps, ail des ours
Pommes et poires rôties, compotée de rhubarbe, craquant chocolat, réduction de vin rouge

Menu boissons non comprises : 39 euros
Formule boissons : 15 euros
Réservation impérative auprès du restaurant au +33 3 90 24 93 25

Adresse :
"A bout de soufre"
Rue de la Courtine - 67000 Strasbourg
Web :
www.aboutdesoufre.fr
Facebook :
https://www.facebook.com/aboutdesoufre

Organisateurs de l’évènement

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Au Fil du Vin Libre !

Quai des Bateliers, 26 - 67000 Strasbourg T
EL : +33 3 88 35 12
Horaires d'ouverture : lundi de 14h à 19h30 et du mardi au samedi de 10h à 19h30
Email : jean.aufilduvinlibre@orange.fr
Web : www.aufilduvinlibre-strasbourg.com
Facebook : https://www.facebook.com/AuFilDuVinLibre?fref=nf

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22 avril 2015

Les Liberterres...

… une histoire de rébellion contre les dérives de l'industrie agro-alimentaire Les Liberterres" suit le parcours de 4 paysans qui ont tourné le dos, définitivement, aux méthodes de l’agriculture conventionnelle. Rebelles et passionnés, ils sont des personnages émouvants et provocants, des histoires qui s’entrecroisent pour parler un seul langage : la terre libérée…  

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En cette journée de la Terre, permettez-moi de revenir sur une véritable émotion partagée hier lors de la projection en première du film « Les Liberterres », le film-documentaire de JEAN-CHRISTOPHE LAMY et PAUL-JEAN VRANKEN.

Pour voir le trailer du film, cliquez ici.

Je pense qu’on aurait pas pu choisir un meilleur film, aussi humain, aussi apolitique, aussi constructif pour mettre évidence la problématique de l’agriculture intensive qui nuit à la terre et à ses habitants, animaux et humains, tout comme pour suggérer de nouveaux horizons.
Et bien qu’il ne parle pas spécifiquement de vignerons, ce documentaire est pour le métier de la vigne un message très fort, un message complètement en phase avec les travaux de Lydia et Claude Bourguignon.

Car, c’est un fait évident, notre manière d’imaginer notre production alimentaire déconne pour de bon, et du coup, notre alimentation déconne…

Nous observons avec complaisance l'explosion de la consommation de viande de ces dernières décennies qui s’accompagne d’une surproduction de CO2, d’arrachage de forêts oxygénantes juste pour nourrir ces porteurs de protéines animales…
Alors que l’'image de la « vache dans le pré » se limite désormais aux races laitières sur des cartes postes, on s’esbaudit devant les formes de super héros d’un blanc bleu belge de compétition.

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Et malgré tous les scandales qui ont émaillé l’agriculture intensive moderne (vache folle, dioxine, viande chevaline), seule continuent à guider les marchés alimentaires la pression de la compétitivité et la chasse au prix le plus bas.
Ce prix-roi a remplacé la qualité et, en permanence, le système tire le niveau de plus en plus vers le bas. La standardisation qui accompagne cette politique débile, s’attaquant de front à son pire ennemi, la biodiversité, même nos paysages en sont aujourd’hui altérés et par là même, nos cultures et notre mode de vie.
Et pour compenser l’effet déprimant de cette standardisation du goût, les laboratoires de la chimie alimentaire rivalisent d’ingéniosité pour lancer sur le marché de nouveaux colorants, conservateurs et correcteurs de goût qui modifient lentement le fonctionnement de notre flore intestinale, qui altèrent notre notion du plaisir du goût, et, selon de nombreux scientifiques participent largement à l’épidémie de dépressions dans nos pays prétendument développés.

Entretemps l’objectif initialement poursuivi par ces pratiques, soit, enrayer la faim dans le monde, est un échec avéré.

Malgré l’absence de résultat, cette politique agro-industrielle épuise le potentiel vivant de la terre, particulièrement sa biomasse dont on estime, en Europe, avoir atteint une destruction proche des 80%.
Et comme on ignore presque tout de la durabilité de l’activité des pesticides, plus aucun scientifique n’ose encore s’aventurer à émettre une théorie faite d’un peu d’espoir quant à la capacité réelle de nos sols à retrouver la vie, naturellement.

Ces modèles industriels ont littéralement, lors des trente dernières années, arraché l’agriculture et la pêche des mains des paysans et des pêcheurs artisanaux qui travaillaient vis-à-vis d’une clientèle modéré avec des visées locales.

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Et pourtant les choses bougent… lentement mais sûrement. De nombreuses études et rapports montrent que les millions d'agriculteurs que compte notre terre peuvent encore, en accord avec la nature, largement répondre aux besoins alimentaires de notre planète en optant définitivement pour une production naturelle et une de consommation locale des aliments produits.

Cette vision d’une agriculture alternative est clairement aussi celle du film les Liberterres qui veut redonner de la fierté aux agriculteurs, qui en exerçant honorablement et éthiquement le métier, méritent intégralement le respect du consommateur.
Car la solution est claire, c’est le consommateur, par sa résistance qui doit réellement faire infléchir les pouvoirs publics à donner aux producteurs la chance de proposer une alimentation saine et naturellement goûteuse.
Il est donc bien de notre devoir de les aider à investir les moyens financiers pour leur permettre de nous offrir une production de produits de qualité élevée, de produits de terroirs respectueux de la tradition culturelle que nos ancêtres ont connus pendant des millénaires.
Cela commence par le choix de NOS aliments dans NOS assiettes et en militant activement :
 

  • Pour faire accepter un prix qui respecte une production qualitative des agriculteurs, des pêcheurs et de leurs collaborateurs,

  • Pour soutenir le respect de la biodiversité et la pérennité des biotopes et du paysage, ainsi que toutes les actions de refertilisation des sols,

  • Pour susciter le respect de la vie animale dans et autour des exploitations agricoles et marines,

  • Pour dénoncer l’usage prophylactique d’antibiotiques et faire limiter leur utilisation curative,

  • Pour combattre activement l’utilisation et la production d’organismes génétiquement modifiés et promouvoir à la place les espèces anciennes de graminées et de légumes.

  • Pour favoriser autant que possible la consommation d’aliments locaux et de saison,

  • Pour diffuser toutes les techniques qui diminuent la production de CO2 et l’usage d’énergies fossiles,

  • Pour qu’on investisse sur la qualité et le goût et en dénonçant la standardisation et les modificateurs de goût. 

Bref, comme les quatre agriculteurs rebelles de « Liberterres », mobilisons-nous, nous aussi, pour bâtir un nouveau marché, pour réapprécier les aliments issus d’une production traditionnelle saine, respectueux de l’agriculture bio et des chaines courtes, des aliments issus d’une agriculture humaine et non-industrielle, soucieuse de promouvoir des salaires permettant une agriculture équitable.  

Tout autant si plus que « Résistance naturelle », le film Les Liberterres est un vrai cri d’amour pour la sauvegarde de notre agriculture de vie et pour notre humanité. Faites-lui le meilleur accueil en l’achetant dès maintenant sur le site web dédié : www.lesliberterres.com.  

Ce texte est largement inspiré du texte-manifeste de Tom Smeets, président du Convivium Slow Food Metropolitan Brussels, a écrit en néerlandais pour militer pour une agriculure et une pêche respectueuses de la vie.

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15 avril 2015

Changement climatique

15 avril, 25°C annoncés.
T'es en vacances en Belgique profonde, la terre du milieu.

Tu te lèves tôt pour partir en bagnole à 8H00. Direction Costa Belgica !
Le temps de faire pisser les gosses et le reste, tu démarres à 9H00...
T'arrives à Ostende à 13 heures...
T'aurais été plus vite en vélo... sans les gosses....
Et oui, t'es pas le seul à avoir des idées à la con.

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A 13 heures, plus une place de libre dans une terrasse ou ailleurs, les moins cons ont pris le train...
Sont arrivés à 10H30, z'ont pris la place...
Les gosses ont faim, ils hurlent, t'es déjà à bout et ils ont pas encore vu la mer, cette mer verte, poisseuse, pleine d'écume, de pisse et le reste... De toutes manières, on s'en fout, elle est bien trop froide.
Ca, t'aurais pas dû le dire aux gosses, ils hurlent encore plus, il étaient putain de cool devant leur PS3.... sans tes idées débiles, Andouille !

Il est 14H30, après avoir cherché cinquante minutes une place à 5 euros de l'heure, t'as toujours pas bouffé, t'as à peine bu, la glace que t'as filé aux gosses leur fout mal au bide, trop froid, trop de sucre à jeun.

Tu craques, il est 15H00, tu veux pas rater ces oléoabrutis du PSG se faire atomiser, tu fais ton calcul, pour peu qu'un crétin se crashe à Gent Sint-Pieters, direction la terre du milieu, t'en as 5 heures pour le retour...
Tu décides de rentrer... les gosses n'hurlent plus, c'est différent, un son... inhumain... Tu souffres.

Avec l'essence, la glace de merde, le buscopan chez l'apothicaire, t'aurais pu payer une baby sit pour les emmener en forêt, les y perdre ou les noyer dans la piscine d'Uccle et toi aller te complaire dans un bar à vin naturels...
Mais... t'as pas... ta journée est foutue !
Et.. c'est pas fini... Pour te faire pardonner vis à vis de ta marmaille, faudra lui payer un cinéma cruche, et tu rateras quand même les débiles racistes du PSG se faire enfiler par les artistes hispaniques...

25°c en plein avril, tu les perçois maintenant les effets pervers du changement climatique ?

Ta femme, revenue du boulot, t'attends à la maison.... depuis 4 heures... ton portable est RIP depuis longtemps, tes gosses l'ont niqué pendant l'embout aller.
Elle te dit : "Alors, cette journée à la mer ? " 

SA seule question...

...

Alors, tu vas militer pour une agriculture durable, hein ?

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14 avril 2015

Insecticide, mon amour !

Vous êtes convaincu que manger « Slow Food » est à la fois positif en terme de goût et de qualité sanitaire et à la fois contribue à faire revivre des sols que l’agriculture industrielle avait vampirisés ; cela nous n’en doutons pas !
Mais quand vous accompagnez votre repas d’un vin, avez-vous le même réflexe vis-vis du contenant de cette bouteille qui accompagne votre assiette « vivante » ?
Avez-vous conscience que la majorité des vins est encore le fruit d’une des pires agricultures en termes d’usage de pesticides, d’engrais et d’ajout de produits correcteurs, au point qu’ils se présentent souvent à vous comme une encyclopédie de tous les composants indésirables que vous refusez pour votre alimentation ?
Certes, le bio existe et se développe de plus en plus en viticulture, mais vous, quand vous achetez une bouteille de CAVA à moins de 5 euros en grande surface, que pensez-vous avoir en main sinon l’équivalent d’une petite bombe de toxicité pour votre organisme ?

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Un récent documentaire autour des traitements sur la maladie de la flavescence dorée véhiculée par un petit insecte, la cicadelle, met en évidence les enjeux entre une viticulture propre, respectueuse de sa terre génitrice et une viticulture de traitements prophylactiques tout aussi aberrante que l’usage préventif d’antibiotiques. Un dociment

Ce reportage, Insecticide mon Amour, réalisé par Guillaume Baudin, est disponible en location (un euro/mois) sur le site web Montparnasse VOD à l’adresse suivante : http://www.montparnassevod.fr/movie/insecticide-mon-amour.

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Ce documentaire met, entre autres, en évidence le combat d’Emmanuel Giboulot en Bourgogne tout simplement en faveur du bon sens.
Et c’est toujours un plaisir d’y retrouver Lydia et Claude Bourguigon...
Après l’avoir visionné, vous ne verrez plus obligatoirement ces bouteilles de Cava à moins de 5 euros de la même façon…

Pour compléter votre information sur le sujet, n’hésitez pas à réécouter l’excellent document audio de France Inter que la RTBF a relayé très récemment, dans le cadre de l’émission « Les Docs du Printemps » sur le podcast suivant : http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=2007946&channel=lapremiere

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Question aussi de retrouver toute la verve d’Olivier Cousin, vigneron ligérien rebelle.

Et puis tout cela me rappelle un certain théâtre 140 en 1978 et un certain Ultravox...

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06 avril 2015

Au Marché Noir, des produits brillants !

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Décidément, ça bouge dans le Food à Bruxelles !

Après la vague Buvette, Neptune, Bouchéry, Max, Kamo, Les Filles, Gaspar, le Garage à Manger et le Comptoir des Galeries (liste non exhaustive) qui a mis au couvert des produits du jour, frais, bios en conservant le principe de proximité et en agrémentant le tout d’une belle fontaine de vins naturels, voici qu’un nouveau souffle semble bien se lever du côté de l’incontournable commune de Saint-Gilles en région bruxelloise.
Son nom, un original duo de djeunes le signe d’un M et N à la pointe du couteau de cuisine : AU MARCHE NOIR.

Et à l’heure ou je vous en parle, alors qu’on est encore à 15 jours de l’ouverture officielle, déjà beaucoup d’encre a coulé et on peut assurément parler d’énorme buzz médiatique qui regroupe déjà pas moins de 1370 mentions « j’aime » sur sa page Facebook et plus de 3000 inscrits à la soirée d’ouverture au point qu’on se demande comment au 36 de la Rue Adolphe Demeur, on va gérer cela le 30 avril dès 16H30 !

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Mais qu’est-ce qui fait que ce projet attire donc tous les regards ?
Qu’est-ce qui fait que le logo « Au Marché Noir » flotte déjà à ce point, tel un drapeau pirate, sur la ville de Bruxelles ?

A vrai dire une idée vraiment révolutionnaire, issue de la rencontre fortuite entre deux trentenaires au cursus et à l’activité professionnelle totalement différents, mais avec un but unique : créer un environnement de fooding avec des plats à emporter (ou non), mais des plats qui respectent à la fois la qualité et les exigences des grandes enseignes précitées tout en proposant des prix absolument, totalement, résolument hyperaccessibles, soit de 6 à 8 euros pour un repas végétarien (un de leur pilier principal), ou 10 à 12 euros quand un poisson ou une viande les accompagnent.
Et tant qu’on y est, accompagner tout ce bazar de vins naturels ou de bières bios aux mêmes exigences de prix. Tout cela, question de faire voler en éclats la frustration de nombreux amateurs de bons et beaux produits, pleinement calés dans l’esprit Slow Food, mais qui leur sont le plus souvent inaccessibles, la crise et ses effets sur le pouvoir d’achat faisant trop souvent de nous des mangeurs de merde forcés.

Vous avez dit « initiative citoyenne » ?

Voilà, le pitch étant jeté, passons au casting… un casting qui s’est rencontré il y a quelque mois à peine, par le hasard des annonces et du bouche à oreille, un casting d’où est issu spontanément une étincelle créatrice.

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Tout d’abord, c’est du moins dans cet ordre-là que les deux larrons se présentent, il y a Jérôme Hubert, cuisinier diplômé qui, après de nombreuses années à assumer tout le poids du travail en restauration, abandonne les casseroles pour la ferronnerie, faute de trouver le moyen de s’exprimer réellement.
Pendant ces années, il n’en abandonne pas moins les fourneaux pour ses amis, pour sa petite fille et surtout pour sa compagne végétarienne.
En sus de cette nouvelle voie de créativité dans le végétarien, Jérôme en profite aussi pour développer ses connaissances en termes de nutrition, de diététique mais surtout en termes de cuisine saine, ce qui l’amène inévitablement à se limiter aux aliments provenant de l’agriculture biologique, mais encore plus aux aliments de saison, des aliments locaux, traçables, issus de terroirs vivants dans notre petit pays.
Après avoir repris tant bien que mal la profession de cuisinier et retrouvé partiellement ses premières frustrations, il garde toutefois son énergie en attente d’un « signal » qui va venir de son binôme.

Ce binôme, le second à se présenter, Martin Ringlet, pour le nommer, lui, s’il a développé un intérêt personnel pour les mêmes guidelines que Jérôme, il vient d’un univers très différent et à des lieues des fourneaux : la communication.
Longtemps effectivement employé en com chez Atrium, une agence régionale de commerce, il va doucement prendre conscience lors de ses repas au restaurant de la frustration qu’on une majorité de gens face à la fois à des prix durs et face à un niveau de qualité trop moyen qui amène trop souvent les amoureux de choses bonnes et vivantes de manger… à la maison.
Les cours de cuisine, qu’il suit, entre autres, chez Tan, achèvent de le persuader qu’il y a quelque chose d’urgent à faire pour proposer de la belle gastronomie à tout un chacun.

Avec ces deux profils aussi complémentaires, pas étonnant que le courant passe très vite et que soient jetées avec beaucoup d’intelligence les fondations du Marché Noir, avec comme objectif final, dispenser aux prix ciblés une cuisine éthique, enthousiasmante qui regroupe tous leurs pôles d’intérêt précités, un objectif dont la solution de l’équation est la vente de plats variés, rapides, faciles et abordables pour le repas du soir, le projet se limitant actuellement à cette tranche horaire.

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Pour cela, en dehors de rénover et mettre en fonction des lieux qui leur permettent, sinon d’y attabler des légions, au moins de cuisiner pour répondre à la forte demande qui s’annonce, voilà le duo parti depuis des semaines à la chasse aux terroirs, à la chasse au « produit » qui tourne le dos à l’uniformisation et l’insipidité pauvre dispensée en cantine et en supermarché, un produit sans pesticides, sans engrais chimiques, sans OGM, directement sorti du champ de producteurs engagés, bienveillants, de confiance, à taille humaine, avec qui ils veulent développer une collaboration en circuit-court.
Pas étonnant de les voir trainer chez le fantastique Jean-Pierre De Leener et sa ferme bio au Pajottenland, pas étonnant de les croiser dans les meilleures manifestations de vins naturels et de tout ce qui se rapporte à la vraie cuisine vivante…
Une plateforme participative a elle-aussi été mise en place et a atteint largement ses objectifs de collecte, elle est consultable ici :  
http://www.kisskissbankbank.com/au-marche-noir-bruxelles.

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Pratiquement, dès le 3 mai 2015, du dimanche au vendredi, le Marché Noir proposera de 11h30 à 21h des plats du jour en édition limitée comme ses suggestions déjà travaillées pour l’occasion : boulettes veggie, spaghettis de courgette & coulis de poivron (7€), entrecôte de bœuf et ses frites de légumes (12€), cette dinde à la terrine de légumes et au riz sauvage (10€), maquereau, salade de haricots & orge perlé (11€).

En tous cas, nous, nous sommes tous réellement impatients de participer à ces fonds baptismaux naturels, le jeudi 30 avril jusqu’à petite heure, quitte à en oublier le brin de muguet du lendemain...
Et.. je ne serais pas étonné, d’ici là, de voir très prochainement Sophie Moens et Carlo de Pasquale se pencher sur cette affaire, si ce ne sont pas les « Pigeons » ertébéèffiens qui s’y mettent les premiers.

Paolo di Croce, un dirigeant de Slow Food International, voyant arriver, comme un lent tsunami, une révolution sociale presque inévitable, me disait son souhait de la voire exploser de manière pacifique, avec comme vecteur central, l’alimentation…
Et si cela commençait vraiment à Bruxelles en cette veille de premier mai 2015 ?

Coordonnées

Au Marché Noir
Avenue Adolphe Demeur, 36 (entre la place Van Meenen et la chaussée d'Alsemberg)
1060 Saint-Gilles
Web :
www.aumarchenoir.be
Mail :
aumarchenoir.bxl@gmail.com
Facebook :
https://www.facebook.com/aumarchenoir
Ouvert du dimanche au vendredi, de 11h30 à 21h.
Ouverture officielle le 30 avril 2015 à 16H30

Titulus, caviste et bar à vins vivants

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Baptiste Lardeux, Vivien Blot et Philippe Mesnier ont créé, voilà déjà plus de trois ans, Titulus, une cave à vins, une épicerie fine, un bar à vins, en fait, bien plus encore, car les possibilités d’y bien boire, d’y bien manger et de découvrir y sont infinies.
Une recette menée avec beaucoup d’intelligence et plus encore de passion, une recette qui se paie aujourd’hui par un énorme succès au point qu’il vaut mieux arriver très tôt aux nombreux évènements qu’ils organisent.

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Et pourtant, savaient-ils arrivés à la majorité légale, que leur futur serait fait de ce sympathique endroit de la chaussée de Wavre à Bruxelles, non loin du quartier de Matongé ?
Pas vraiment, probablement, mais les rencontres, l’amitié qui lie ce trio majoritairement français a fait que doucement, ils ont quitté leur pays natal, leurs professions et études initiales pour voguer vers ce monde qui les unissait, celui des vins naturels et de la bouffe, celle où le produit vivant est roi.

Et c’est d’ailleurs vers la bouffe que cette jeune association va d’abord s’intéresser en reprenant le très bien nommé restaurant « Le Tournant », à un jet de pierre de la cave actuelle, resto pour lequel leur dynamisme et leur modestie dans l’approche va leur amener un premier gros succès d’estime.
Mais rapidement, ils vont se rendre compte que leur vraie passion absolue, c’est le vin naturel, et leurs incessants voyages en France, en Italie, leurs stages de formation entre autres chez Lise et Bertrand Jousset, un de leur couple-vigneron fétiche, vont achever de les persuader qu’à la restauration classique, c’est bien l’esprit caviste-bar à vins qui est leur véritable destinée.

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L’aventure Titulus est donc née, elle va cohabiter au début avec celle du Tournant, le temps de laisser le moineau affirmer son plumage, compléter ainsi son offre, avant que les parts du restaurant soient cédés à un groupe d’amis dont ils sont restés très proches, dont la remarquable et remarquée sommelière Rachel Devresse.

Récemment, Un quatrième larron, Emilio, d’origine anversoise, est venu compléter l’équipe en place chez Titulus, principalement pour s’occuper de la communication.

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Et le nom me direz-vous ? Et bien, le « Titulus Pictus» est l’ancêtre romain de l’étiquette des bouteilles de vin. Il s’agit d’une sorte de cachet qu’on trouvait sur les amphores antiques et  qui renseignait sur l’origine et le cépage des vins contenus.

Mais reprenons les deux points forts des lieux : Intelligence et Passion...

L’intelligence, c’est former une équipe soudée qui peut se permettre de travailler sur des horaires lourds, le bar à vin étant ouvert six jours sur sept de midi à 22 heures (à l’exception du lundi où la plage horaire est plus serrée) avec la possibilité d’y manger à toute heure assiette charcuterie, fromage, produits de la mer, tartinables, et des produits plus spécifiques comme ces huitres qui s’annoncent le jeudi soir, et, avec pour tous ces produits, fraicheur, qualité et plaisir en label obligé.
C’est aussi de former une équipe suffisamment nombreuse que pour se permettre de continuer d’aller à la rencontre des vignerons dans leurs vignes tout e gardant la cave ouverte.

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C’est encore la volonté permanente d’organiser des évènements comme LEUR salon annuel des vins naturels (toujours un énorme succès de foule) ou encore des dégustations thématiques en soirée où le but est mieux faire connaître le monde du vin.
C’est enfin, quand l’entente est telle qu’elles est dans ce trio, de profiter des polarités intrinsèques de chacun pour étoffer la gamme de produits proposés dont plus de 100 références de vins, avec une grosse proportion de vins au verre.

 

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La passion, quant à elle, elle se ressent dans leur discours, dans l’aménagement lounge des lieux et surtout dans le choix de tous les produits, les vins en particuliers, chacun d’eux étant les représentants de vignerons qui ont une âme, une histoire, ce petit plus qui fait qu’on s’attache à eux comme à leurs cuvées, et, pour en citer quelques-uns : Les Jousset, les Landron, la Grange Tiphaine, Matthieu Cosme, Olivier Lemasson, Laurent Cazotte, Philippe Pacalet, Jean-Baptiste Sénat, le Domaine des Tournelles, le Domaine Zusslin, Eic Pfifferling, Hervé Souhaut, Savo Fotti et tant d’autres encore.

 

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Leur charte d’engagement est claire ; elle proclame la promotion de vignerons :

  • qui travaillent dans leurs vignes sans intrants chimiques et dans le respect de leur terroir
  • qui interviennent le moins possible sur leurs productions en menant une vinification sur la base des éléments naturels contenus dans les raisins.

Y-a-t-il vraiment lieu, dès lors, d’en dire plus ? Non assurément, parce que vous êtes déjà persuadés de l‘incontournabilité de l’endroit que ce soit à la lecture de ce « plaidoyer » ou, plus encore, parce que vous y êtes déjà passés et… restés.
En tous les cas, en plus de la nombreuse clientèle de particuliers des meilleurs tables de Bruxelles et de Belgique ont-elles-aussi compris que Titulus avait des références incontournables à mettre à leur carte !

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Coordonnées

Titulus
167A chaussée de Wavre
1050 Bruxelles (Ixelles)
TEL : +32 (0)2 512 98 30
Mail :
tituluspictus@gmail.com
Web :
www.titulus.be
Facebook :
https://www.facebook.com/titulus.pictus?fref=nf&pnref=story
Ouvert : le lundi de 17 à 20H30 et du mardi au samedi de 12 à 22H30
Fermé : le dimanche