Vins Libres

28 septembre 2014

SAKA 20, lieu de vie et de vigne !

 

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J’avoue toujours avoir eu des soucis avec ces néo cavistes qui, surfant sur le côté branchouille de ce qui devrait rester une passion et du partage, vous font sortir de terre des lieux aussi branchés que froids où le contenant est bien mieux mis en évidence que le contenu, mais peu importe, puisque chez ces gens-là, on ne vise que deux bouts de papiers : l’étiquette pour appâter et le ticket de caisse pour achever.
Et ce qui est souvent remarquable dans ces lieux-là, c’est que l’incompétence de tôlier est directement proportionnelle à la dose de confiture de la tartine.

Heureusement, ces lieux d’aveuglement ne sont finalement pas tellement légion au plat pays et, face à eux, se dressent de plus en plus d’endroits tellement craquants qu’on a déjà envie d’y retourner… à peine sorti.
Que je les aime ces endroits où le vin n’est qu’un vecteur de partage humain face à l’isolement créé par notre civilisation TV-GD.

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Parmi ces lieux de vie, SAKA 20, le bar à vins carolo de Joévin, Christian et de l’incontournable Philippe est assurément… exemplaire.

Avant tout, il y a l’accueil… UNIQUE en son genre.
A peine la porte poussée, impossible de faire demi-tour, on est dans le salon, assis autour d’une table qui ressemble furieusement dans mes racines germaniques à une Stammtich, comprenez par-là, qu’on est « invité ».
Au centre, tel un DJ de la treille, trône l’imposant Philippe, qui en un temps et un mouvement te fait comprendre que le moteur des lieux, c’est une passion débordante et pas que physiquement.
Et là, quand il vous sert ses vins, assis, là à 50 centimètres de  « ses invités », il anime, il cause et fait causer et par-dessus-tout il se transforme en véritable avocat pour chacune de ses quilles.
A ce jeu, là, il ne pourrait y avoir que 4 bouteilles en vente, on serait quand même scotché, parce que la sincérité et la passion, c’est drôlement adhésif.

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Quatre quilles suffiraient au bonheur, mais bien évidemment, il y en a bien plus, douze en dégustation lors de ma visite et surtout, un peu partout, sur les murs proches, la gamme…
Une gamme terriblement éclectique qui feraient fuir intégristes et djihadistes de tout bord, mais les tôliers n’en ont cure, ils font côtoyer Trimbach et Kreydenweiss parce qu’ils aiment ça, pas pour l’étiquette, mais pour le contenu. Ils aiment ça, pas pour la symbolique embarquée mais tout simplement parce que le jus leur plaît, en apéro ou, plus encore, pour accompagner la bouffe, véritable religion de cette chapelle. Bref, du pur bonheur où finalement tous les goûts s’y retrouveront.

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Et puis, il y a aussi les « dépendances », le second salon pour quand la table d’hôte déborde, ou mieux encore, la jardin Vinguette où à la manière d’une fête entre amis, chacun vient poser sur la table, la quille qu’il a dégoupillée juste pour partager, le tout, toujours en musique, l’autre passion des « patrons ».

Mon T-shirt affichait ce jour-là « tant qu’il y a de la vigne, il y a de l’espoir », j’y aurais bien ajouté, tant qu’il y aura de tels lieux pareils, l’humanité aura de l’espoir.

Merci, Messieurs !

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Saka 20
Rue de la Chapelle, 66 à 6030 Marchienne-au-Pont
TEL :  +32 71 51 93 38
Mail :
philippe@saka20.com
Web : www.saka20.com
Fessebouc :  https://www.facebook.com/SAKA20.BARAWINE
Twitty : @Saka20Charleroi

PS : les photos sont piquées au site de SAKA 20, les tôliers me pardonneront !

 

 

 


17 septembre 2014

Pietre Colorate.... une grande première pour moi

Et oui, me voici de retour après un break d'été nécéssaire à plusieurs activités dont l'avancement du Salon Vini, Birre, Ribelli... qui, oui, sera "Magnifique" !

Mais une des raisons de ce retour, c'est le premier article de ma Life dans une revue de vin ! Un article, c'était dèjà une forme de rêve, mais dans une revue hyper pointue et en italien, en plus, alors là, j'ai le cou qui gonfle !!!

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Alors l'article, il se trouve au milieu du numéro 18 de Pietre Colorate, l'équivalent dans la botte du Rouge et le Blanc, il parle d'Alsace, de frontières, de terroirs, le tout avec des interventions de Philippe Bon, Jean-Pierre Frick et Jean-Michel Deiss... la classe... surtout que mon seul précédent coup remondait à 1977 où j'avais réussi à publier dans un Zine, un interview de Jean-Jacques Burnel...

Pour plus de détails sur ce n°18, c'est ici : www.pietrecolorate.com

Allez, on se débouche une petite bulle, là-dessus et puis ... on va aussi voir la liste des participants à Vini, Birre, Ribelli ... énorme !

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30 juillet 2014

Accords Mets-Vins : Mijoté de Poulet aux saveurs Thai

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 Accords Mets-Vins

Dans cette rubrique, retrouvez des accords met-vins réalisés avecmon second blog culinaire jumeau, celui de Florence Atlas, le bien nommé "Loft Kitchen ". Ils sont issus de défis que Florence prendra désormais l'habitude de me donner, via sa tribune culinaire du quotidien belge "Le Soir".

Mijoté de Poulet aux saveurs Thai

Pour ce premier défi belgo-belge, Florence veut frapper fort...

Et pour comprendre pourquoi je m'exprime ainsi, laissons-la parler de sa recette que vous trouverez en détail ICI :

« Avec cette recette, on est un peu dans l’esprit tajine, en ajoutant tout ce que j’aime dans la cuisine thai : gingembre, galanga, citronnelle, piment, sauce poisson… Etrangement, accompagné de semoule, ça le fait complètement. Mais on pourrait imaginer aussi des pommes de terre, cuite dans le bouillon ou simplement du riz. J’ai gardé le principe de cuisson à la casserole pression, mais on peut utiliser un tajine ou même une cocotte. Comme il me restait beaucoup beaucoup de jus, j’ai conservé la moitié (que j’ai surgelée, je l’utiliserai pour concocter un risotto de dieu bientôt), et j’ai fait réduire de moitié le reste, sur les conseils de mon amie Anca. Et vous le verrez, comme tous les plats mijotés, le lendemain, c’est encore meilleur ! »

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 « Voici donc le premier défi que je lance à Patrick. Il sait déjà que je préfère le vin blanc au rouge… je lui serai dès lors grée de me trouver une bouteille de vin blanc donc, pour accompagner ma recette. En voiture Simone ! »

Bon ... d’accord, du blanc, mais elle en a de bonnes… Simone… car un Bojo du style Morgon « naturel » ou un classique Côtes du Rhône jeune, ça me l’aurait fait tout autant… ou même un rosé, mais alors, genre Clairet ou Tavel.
Mais en blanc, c’est une autre affaire… parce que coriandre, citronnelle, citron, épices thaï, ça balance à donf… aromatiquement !

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On entame les festivités avec un blanc sec originaire de Sicile et plus exactement du Domaine COS, le Rami 2011 à base de 50% Grecanico et 50% Insolia. Voilà un vin, puissant, fumé, plein d’épices et d’agrumes, complexifié par des notes plus pierreuses qui devrait s’accorder fusionnellement avec les arômes majeur du plat.

Chez Swaffou (Anvers), Cantucci, Rob et Caffè al Dente (Bruxelles)

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Toujours sur le concert agrumes et épices majeurs, avec ici une belle note de cannelle poivrée, je vous emmènerai bien toujours au Sud, en Roussillon exactement, avec l’Iglesia Vella 2008, un Vin de Pays des Pyrénées Orientales de la divine Marjorie Gallet en son domaine du Roc des Anges. Ce vin, issue à 100% de vieux grenache gris sur des schistes apporte par rapport à son prédécesseur plus de rondeur et de gras ainsi qu’une salinité plus ample.

Chez Wine Not (Bruxelles)

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Vient ensuite, en troisième possibilité, l’incontournable Gewürztraminer Alsacien. Je le choisirais à la fois complexe, profond, minéral et à la fois sur ses notes typiques de fruits mûrs et d’épices, mais relativement sec pour un tel cépage. Pour illustrer ce choix, rien de tel qu’un Gewürztraminer Rotenberg 2008 du domaine Louis Sipp à Ribeauvillé dont le palais ample et gras accompagné d’une pointe de douceur maitrisée rappelle un millésime frais mais riche en terme de maturité, tout en conservant beaucoup de fraicheur et de tension grâce à l’acidité tartrique typique de 2008.

 

Au Domaine à Ribeauvillé

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Il reste un accord qui pourrait effrayer les gens qui ont peur de l’aventure mais qui éveillera beaucoup de malices chez un chef averti, c’est celui du chenin blanc de Loire, mais en version volontairement demi-sec (quand même 84 gr de résiduel), et là je suis encore modéré parce que je l’aurais carrément bien tenté avec un Coteaux du Layon moelleux. Un peu comme pour le riesling, le chenin apporte dans les millésimes frais comme 2008 et 2010 une fraicheur acide remarquable qui tempère le sucre résiduel, surtout quand le vin exprime bien ses origines terriennes, salines…. minérales. Issu d’un terroir de schistes et d’argiles, l’Anjou Blanc « Rouchefer » 2010 d’Agnès et René Mosse semble convenir parfaitement dans cette aventure en sucré-salé…. Laissez-vous tenter !

Chez Basin & Marot (Bruxelles)

Prochain défi ?...

07 juillet 2014

Accords Mets-Vins : Fricot de berniques comme à Noirmoutier

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 Accords Mets-Vins

Dans cette rubrique, retrouvez des accords met-vins réalisés avec le blog jumeau de Marie-France Thiery : « Une Cuillerée pour Papa ». Ils sont issus de défis que ous avons désormais l’habitude de nous donner, Marie France me proposant ses recettes alléchantes à assortir, alors que je lui propose de temps en temps un vin précis à accorder avec une recette.

Fricot de berniques comme à Noirmoutier ou l’Île-d’Yeu

Et voici le troisième défi lancé par ma poitevine jumelle, Marie-France Thiery… Un défi tout « vacances » qui respire bon la terrasse face à la mer !

On commence par les ingrédients :

1 kilo de berniques
500 g de pommes de terre grenailles de Noirmoutier
5/6 petits oignons grelots
2 pointes d’ail
1 petit verre à digestif d’eau de vie
20 cl de vin blanc sec (Gros plant)
1 petite poignée de gros sel
1 pincée de poivre blanc de Penja
1 cuillère à soupe de salicorne au vinaigre
1 cuillère à soupe de farine Beurre salé, Huile
1 pincée de curcuma
1 cuillère à soupe de persil haché 1 cuillère à soupe de crème fraîche

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Marie-France décrit, afin de mieux encore me guider, sa recette ainsi :

Globalement, on est sur une saveur très iodée, bien évidemment avec la bernique, mollusque à la chair très ferme.
Côté épices : on a le poivre Moungo, dont les aromes sont très corsés, et le paprika surtout pour la couleur car la saveur est relativement neutre.
La touche finale avec la salicorne au vinaigre amène un peu d'acidité à la sauce, contrebalancée par la crème à la fin.
Côté vin, dans la sauce, j'ai mis un gros plant car ce plat est à la base un "plat du pauvre", ainsi nommé par les pêcheurs qui le cuisinaient avec ce qu'ils avaient sous la main. Je l'ai un peu modernisé avec le poivre, la salicorne et le paprika.

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Pour lire l'article complet de Marie-France.... c'est ici !

On a donc un plat fortement iodé, très corsé, épicé, mais relativement neutre en termes d’acidité, tenant compte de la présence de crème ; allez, hop... défi !

Pour les accords avec la mer, surtout mollusques et crustacés, je ne suis pas trop chaud à tenter le vin rouge, parce que soit on est sur un vin peu tannique où le fruit va ne pas trouver sa place par rapport au plat, soit parce qu’avec un vin plus structuré, plus austère, on a des tanins qui vont se comporter comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.
Reste donc les blancs dont on doit aussi éliminer toutes traces de soleil ou de sucres résiduels excessifs.

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Pour commencer et tonifier le plat, un accord très régional s’impose avec le Muscadet de Sèvre et Maine cuvée Orthogneiss 2010 des compères Guy Bossard et Frédéric Niger Van Herck au Domaine de l’Ecu.
Même si ce vin n’est pas dénué aromatiquement d’agrumes, le côté relativement frais du millésime dope la tension, lui conférant un côté presque tranchant qui va soutenir le plat.
Mais c’est surtout dans le volume de matière et la complexité de la bouche que ce vin va littéralement se fusionner à la recette de Marie-France avec ses notes épicées, minérale, iodées, ainsi que la salinité et le fumé perçus, tout en restant dans le registre de la haute buvabilité… c’est l’été, il fait soif !

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On continue avec un vin franchement fusionnel sur le côté mer, une espèce de monument de notes iodées minérales, un vin qui tient sa structure de son lit de Muschelkalck (calcaire coquillaire de moules) sur lequel il a grandi : Le Riesling Windsbuhl 2010 du Domaine Zind-Humbrecht.
Tout en étant par sa structure plus profonde, plus minérale, plus austère un vin plus méditatif, hautement gastronomique dont la présence pourra surprendre sur un « plat du pauvre », ses sucres résiduels faibles, son acidité élevé et cristalline, sa pureté de bouche droite, élancée et surtout sa longueur énorme tellement « mer » ne pourront que, c’est évidemment mon avis, faire un accord monumental.

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On termine tout en puissance et toujours sur le millésime 2010 avec un Chardonnay Côtes du Jura « La Mailloche » de Stéphane Tissot, un des chardonnay les plus épicés du domaine, où l’on retrouve aussi des notes fumées très prononcées, notes que j’aime à retrouver sur des plats où un peu de crème vient parachever l’ensemble.
A nouveau, on est sur une structure élancée, tendue, vivifiante, due au fait que les argiles de la Mailloche sont « magiques » et se rapprochent bien plus du calcaire que des lourdeurs de marnes de plaines.

Trois accords donc, un sur la fraicheur pure, un sur la minéralité iodée et enfin un sur les épices fumés et la puissance… à vous de choisir.

06 juillet 2014

Jumelages Mets-Vins : Bigamie, ma seconde jumelle s'appelle Florence Atlas du blog Loft Kitchen !

Depuis le récent 31 mai de l’an de grâce deux mil quatorze, pour rappel, nouvelle et joyeuse quête nous a été suggérée sur la blogosphère glou-miam : provoquer des jumelages entre blogs culinaires et blogs vins, cela, à l’initiative prise par Stéphane Gigandet, animateur jeune et vorace du site Mets et Vins. Cette idée de la recherche de la moitié complémentaire est, pour rappel, largement décrite sur la page web dédiée et aussi parallèlement, sur la page Facebook, bref.. comme déjà dit, l’anneau unique pour tous nous réunir et tous nous assouvir dans nos désirs oenogastronomiques.

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Enfin, on dit LA moitié complémentaire, L’anneau unique, c'est bien beau.. mais un petit problème se pose tout de même : pour 1 blog pinard, il y a bien 10 blogs miam… et donc, pour les blogueurs avinés dont je fais partie, il y a presque nécessité de polygamie. Pour moi qui dans la vie suis un monogame à haute fidélité (si, si, plus de 33 ans), pas facile de me faire à l’idée que sur la toile je devrais briser ce serment, d’autant que ma Marie-France Thiery, ma première jumelle ace son blog « Une Cuillerée pour Papa »…, elle en vaut bien 10 tellement elle est joyeusement hyperactive et qu’elle me défie à tour de bras… quand elle n’est pas en vacances (et encore) !

Mais bon, l’homme à la cinquantaine est faible dans sa chair et dans son cœur, et il me fut impossible de succomber aux chants siréniens d’une autre jeune donzelle, Florence Atlas, égérie culinaire avec son blog « Loft Kitchen » hébergé par le site web de « Le Soir », le plus grand quotidien belge. Rien que ça. 

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 Ne croyez pas que j’ai craqué parce que Madame était si bien hébergée, même si il s’agit évidemment d’un indéniable critère de qualité annoncée. Nan ! Ce qui m’a littéralement fait fondre, c’est, sans la moindre esbroufe, l’intérêt multidirectionnel dont respire Florence, à commencer par le vin, qu’elle aime (et plus) mais dont elle ne prétend aucunement connaître quoi que ce soit (bien que ce soit loin de la vérité). Mais bon, que voulez-vous, quand la moitié de mon âge avec un sourire débordant et une fraicheur débordante me dit qu’on va bien rigoler avec une collaboration miam-glou, je craque… non peut-être ! En plus, elle aime bien la zizique, elle mixe même !

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Alors voili voilou, en attendant de voir ce nouveau jumelage officialisé par Florence, elle-même et en attendant ses premiers défis, je vous invite très fortement à aller faire un tour sur son blog Loft Kitchen.

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10 juin 2014

Accords Mets-Vins : Médaillons de fraises en gelée de safran

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 Accords Mets-Vins

Dans cette rubrique, retrouvez des accords met-vins réalisés avec le blog jumeau de Marie-France Thiery : « Une Cuillerée pour Papa ». Ils sont issus de défis que ous avons désormais l’habitude de nous donner, Marie France me proposant ses recettes alléchantes à assortir, alors que je lui propose de temps en temps un vin précis à accorder avec une recette.

Médaillons de Fraises en Gelée de Safran

Donc... voici un nouveau défi lancé par ma poitevine jumelle, Marie-France Thiery…
Et pas des moindres puisque la recette du jour ressemblerait bien à un dessert, la terreur des accords mets-vins, non peut-être.

Pour ses "Médaillons de Fraises en Gelée de Safran", Marie-France nous propose les ingrédients suivants :

  • 150 g de fraises
  • 500 g d'eau
  • 80 g de sucre
  • 6 filaments de safran
  • un peu de poivre de Tasmanie (note de thym)
  • gélatine

Pour lire l'article complet de Marie-France.... c'est ici !

Ouf… je respire un peu, il s'agit d'un dessert certes, mais pas trop sucré ni doucereux, et avec le fruit, la fraicheur et les épices en avant, sans oublier, en dehors de son pouvoir aromatique, la légère amertume qu’apportera le safran.

Alors… que les choses soient claires, vu la relative légèreté du plat et la fraicheur apportée par les fraises, j’aurais pu foncer sur un Champagne Rosé, plus ou moins dosé, ça aurait plaisir aux fiiiilles, mais c’est un peu facile, non.
Et puis d’un dosage à l’autres, pas facile de trouver le bon équilibre en sucrosité avec la recette, d’autant que si la quille a son prix, un flop sera d’autant plus désagréable.
 

Donc... varions un peu…

En tant que plaire aux filles, et pour rester dans une région proche de ma divine jumelle, fonçons sur le « Piège à Filles », un Pétillant Naturel Rosé du Domaine des Capriades (près de Tours) à base de 75% de côt et 25%  de gamay, une douce gourmandise très fraiche, où le duo aromatique framboise/cerise devrait bien se marier avec les fraises et la sucrosité du plat.

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Un peu dans le même registre, mais pour aller carrément à un arôme fraise sur fraise, allons sur un must des apéros de l’été, le « Moussamoussettes » Pétillant Naturel des angevins Agnès et René Mosse auquel les 80 grammes de sucres embarqués dans les médaillons ne devraient pas écraser le côté volontairement voluptueusement croquant.

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Quittons fruit juteux et bulles, pour nous aventurer maintenant sur des tentatives d’accord plus spécifiques, tout en restant sur des vins qui ne dépassent pas 15-20 grammes de sucres résiduels et qui conservent du fruit.

Commençons par la recherche d’un accord sur la légère amertume dégagée par le safran avec un Sylvaner « Hors la Loi » 2007, une VT cachée produite par le facétieux Seppi Landmann à Soulzmatt, tout au sud de l’Alsace, un vin qui donne une sensation plus concentrée que ce qu’on attend du sylvaner, avec pas mal de minéralité mais aussi une fraicheur conservée.

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Passons ensuite sur un accord plus respectueux du côté épicé que fournit le poivre de Tasmanie à la recette en tentant de dégoupiller un vrai monstre, le Pinot gris Windsbuhl 2008 du Domaine Zind-Humbrecht. Bien sûr, il annonce 37 gr de sucre résiduel au litre, l’oiseau, mais la formidable acidité et la tension fraiche du millésime modèrent énormément cette impression de sucrosité, offrant, en sus des épices, un équilibre sucré-salé parfait, léger, pur et une finale très salivante.

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Il me reste deux accords bien plus osés mais tout aussi tentants…

Le premier, pour dynamiser les fraises, tout en fonçant sur le côté purement digestif, serait de tenter un « Vieux Macvin du jura » de Fanfan Ganevat où l’alcool est parfaitement intégré tout en balançant la sauce de la puissance et velouté dans un tourbillon de fruits confits.

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Et puis, il y a le second « machin très osé », soit celui de tenter, pour revenir aux bulles, un bonne petite… bière.
Oui, mais pas n’importe laquelle : une Kriek Grand Cru Lou Pépé de Cantillon, celle mise en bouteille cette année qui a un peu plus de sucrosité embarquée par rapport aux cuvées qui l’ont précédées, une bière millésime élaborée avec des lambics de 3 ans d’âge et 300 g de fruits par litre, pour offrir un fruité inégalable, qui combiné au goût vineux apporté par les barriques bordelaises, nous emportent les papilles.

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Bon miam, bon glou !

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09 juin 2014

VDV #67 : Rencontres du 3e type

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Comme chaque année, à peu près à la même époque, j'ai le plaisir d'animer de façon éphémère "non-peut-être" la présidence des Vendredis du Vin et après vous avoir fait voyagé dans l'oenotourisme, vous avoir rappellé qu'en été, on abandonne pas son caviste, après vous avoir (sans grand succès d'ailleurs) amené dans l'Italie naturelle, me voici de retour au B,A-BA de notre passion : la rencontre avec des vignerons qui nous émotionnent.

Mais avant d'aller au vif du sujet, préamble pour le pourquoi du comment...

Lors des derniers débats qui ont alimenté, de la manière la plus stérile qui soit, la glousphère au sujet des vins naturels, j’ai souvent été amené à préciser ma position concernant le fait qu’un blog, au-delà de ces petites guéguerres, ne devrait se limiter qu’à parler des vins qu’on aime, même si cela paraît assez logiquement aux yeux de beaucoup tantôt bisounoursien, tantôt terriblement subjectif, tantôt digne d’une forme de pensée unique.
Oui, mais voilà, alors que loin de moi de vouloir imposer cela aux autres, il y a tout autant très très peu de chances que je fasse machine arrière, parce qu’en fait, une bouteille de vin représente aujourd’hui tout sauf un contenant de verre avec comme contenu un liquide alcoolisé à base de raisin.
La faute à Roland Barthes qui m’a fait très jeune verser du côté signifiant de la force, rejetant systématiquement l’importance du signifié…? Peut-être mais pas que et loin de là.
En fait, la faute en revient littéralement aux vignerons à qui je dois cette passion dévorante qui me fait tant de bien à l’âme depuis tant d’années et qui a suscité tant de joyeuses libations dans le partage ! Parce que, comme tant d’autres, parti il y a 30 ans de l‘étape basique du signifié à laquelle on peut associer, entre autres, une étiquette (avec ou sans cloche), un évènement majeur m’a fait soudainement mettre au grenier guides en tout genre ainsi que vendre belle collection de quilles à étiquettes : cet évènement était
ma première rencontre du 3e type avec un vigneron.
 

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Faisons d’emblée table rase de ces rencontres brèves et fortuites au bord d’une route de vacances où on essaie de vous fourguer un maximum de quilles ou, pire encore, ces salons trop mondains sous une pyramide de verre où le « contact » se borne à un verre rempli au-dessus de 3 rangées d’épaules…
Nan, ici je me réfère à la définition de l'astronome J. Allen Hynek qui décrit la chose comme « une rencontre par des témoins directs d'êtres qui ne proviennent pas de notre planète, en liaison avec une observation d'OVNI », avec en ce qui nous concerne ici, un terroir et des vins bouleversants en guise d’OVNI et ce qui pourrait s’associer à d'êtres qui ne proviennent pas de notre planète en la personne des vignerons.

Bien sûr, je ne mets pas à comparer les vignerons à des martiens (quoiqu’entre le bon Hubert à la cloche dorée et les coquins de Mars Attack, euh…).
Que nenni ! Voyez-y plutôt cette sensation étrange, jubilatoire au possible, complètement incontrôlée qui peut survenir quand on croise un beau jour un vrai vigneron artisan qui se met à vous captiver à son terroir, à ses vignes, à son travail et à ses vins.
Voyez-y cet espèce de coup de foudre balancé par un Kââ des vignes qui vous emporte au bout de sa passion, ce moment de total abandonnement qui vous ferait laisser là amis et famille pour accompagner sans hésitation l’original dans son vaisseau intergalactique.

Bien entendu, je reste pathologiquement un actif émotif primaire et cela ne se soigne pas, mais je suis certain que mon cas est loin d’être unique, au lu de tous ces blogs qui ne font que confirmer que ça a voyagé aussi pas mal chez les autres. 

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Ces rencontres du 3e type qui ont forgé ma passion, j’en dévoilerai certainement fin de ce mois, mais c’est évidemment les vôtres qui m’intéressent, et cela, pour en revenir à ce bon vieux signifiant, à ces bouteilles que vous avez ramené de VOS voyages interstellaires à travers la galaxie du glou. Car ces bouteilles, aujourd’hui, pour vous comme pour moi, sont le moyen idéal de revivre toutes ces images et ces moments magnifiques, comme si elles représentaient un concentré absolu d’une énergie passionnelle qui n’attend que d’un «plop » pour fermer les yeux et repartir au bout du rêve.

Le mot d’ordre de ces Vendredis du Vin de juin 2014 sera donc :

«Par ces bouteilles, souvenir de vos voyages dans la galaxie du glou, faites-nous revivre vos rencontres du 3e type avec ces vignerons qui ont fait du monde du vin, votre passion indestructible».

Et pour revenir un instant sur terre, avouez tout de même que comme thème, on ne pouvait pas faire plus facile… et rappelez-vous, on veut du rêve, de la passion, du « sur »humain, de la vie dans vos textes !

Pour participer, publiez le lien de  votre article sur votre blog sur la page Facebook de l'évènement, sur la page Facebook du groupe ou sur les deux, ou encore, si vous n'avez pas de blogs, envoyez moi vos textes et images à patrick@bottcher.be, je les relaierai via mon blog !

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08 juin 2014

Arianna Occhipinti

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 Aspetti, osservi, pensi, fai strategie.
Poi raccogli una volta all’anno.

Attends, observes, réfléchis, imagines des stratégies.
Ensuite une fois par an, récoltes le fruit de cela.

Elle est belle, de cette beauté rayonnante qui rappelle une Aphrodite hellénique, au corps taillé par son travail, elle est sur tous les médias, on se l’arrache…
Mais lorsque je l’ai rencontrée, que j’ai parlé avec ses amis et que j’ai lu son livre, j’ai surtout vu une personne tellement humaine, tellement sensible et fragile, une personne qui a tellement besoin des autres pour se rassurer, une personne qui a plus que tout tellement besoin, d’être près de ses vignes.
Si la face médiatique de son personnage aurait dû me faire m’encourir à toutes jambes, c’est avec l’autre face, cette partie sensible qu’Arianna Occhipinti m’a fait fondre sur place.

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Historique

Un grand destin existe-t-il pour chacun de nous ? On le dit… Doit-on ou peut-on le forcer ? Plus que probablement. D’une certaine manière, Rosaura et Bruno, les parents d’Arianna Occhipinti avaient forgé le destin d’Arianna dès sa naissance en 1982, à Marsala, en lui donnant le nom d’une des épouses de Bacchus. Giusto, l’oncle de Vittoria, qui commençait à peine depuis deux ans à faire du vin avec ses potes, avait-il influencé ce choix ? Peut-être bien.
Cette année-là, Nick cave terminait sa trilogie « Birthday Party », un peu comme un clin d’œil à une future grande fan de son œuvre…

Des signes, diront certainement ceux qui aiment y croire, et pourtant, il semble bien certain que, jeune adolescente, Arianna n’a pas vraiment du tout la vigne dans ses projets. Elle préfère, à cette époque, vivre au jour le jour avec ses amis, batifolant dans cette campagne près de Vittoria, au sud-est de l’île, une région qu’elle a découvert plus petite lors de ballades avec ses parents, une campagne sauvage et envoutante.
Et en tant qu’avenir, elle préfère rêver à une carrière diplomatique, influencée certainement par Claudio Chelli, le meilleur ami de son grand-père, lui-même diplomate. Et puis, comme un coup de dés du destin, un beau jour de ses quinze ans, l’oncle Giusto lui suggère, suite à un rêve, de l’accompagner à Vinitaly pour l’aider à la représentation du domaine COS.
Cette demande étonne de prime abord Arianna, parce qu’à l’époque, elle est assez distante de l’activité viticole de son oncle, voyant en lui plus l’architecte que le vigneron. Mais, d’un autre côté, la chose lui plaît assez, rien que par le fait que ce voyage lui permettra de rater quelques jours d’école.
Et puis, comme tous ceux qui connaissent Giusto, même si sa demande paraît de prime abord farfelue, l’homme a ce charme lent et profond qui fait craquer tant de personnes et Arianna accepte finalement sans réticences.
Et de soudainement voir ce monde multilingue de goût, de plaisir, de passion, ainsi que de côtoyer cet oncle qui vient de sortir les amphores de l’argile d’Espagne et qui reconstruit pas à pas un grand vin à l’image de son terroir, elle craque littéralement pour cette vie, rassurée d’avoir à ses côtés le meilleur professeur possible.
Son lycée terminé, elle part donc pour la Faculté d’Oenologie de Milan, encore pleine de questions, sans certitudes sauf celle d’être un jour vigneronne.

Encore pendant ses études et en accord avec sa famille, elle achète 1 hectare de terres au lieu-dit Fossa di Lupo, un lopin de terre dans l’Appellation actuelle Cerasuolo di Vittoria, un lopin où survivent des vignes abandonnées de 20 ans d’âge de Frappato et de Nero d’Avola…

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Ses études terminées et désormais définitivement de retour dans SA Sicile, Arianna reste toujours assez perturbée par ces professeurs milanais qui lui ont fait apprendre le vin comme un produit alimentaire dont on veut contrôler chaque molécule, dont le processus de vinification est rigidifié par des règles précises ou encore dont la fermentation est contrôlée par des levures sélectionnées alors que tout devrait être pris globalement avec le goût plus directeur que les analyses.

Certes, des certitudes, Arianna n’en a jamais été réellement empreinte et ne le sera probablement jamais, mais ces certitudes que ses professeurs de faculté ont tenté de lui inculquer lui font souvent assez peur.
En fait, elle a toujours avancé dans sa vie professionnelle par un questionnement permanent particulièrement avec son oncle Giusto qu’elle continue à voir aujourd’hui au moins trois fois par semaine, mais aussi au contact de personnes captivantes, comme Elisabetta Foradori ou Nicolas Joly, personnes que ses voyages d’études et d’agrément lui ont permis de rencontrer.
Et en Sicile, en plus de l’aide de Giusto, elle va continuer ces rencontres avec des personnes qui comptent encore beaucoup pour elle aujourd'hui, comme son amie Patricia ou Frank Cornelissen. Bref, un peu comme un puzzle, ce sont toutes ces petites pièces humaines qui l’ont façonnée et continuent petit à petit de la façonner.
De par toutes ces rencontres, quand, heureuse d’enfin quitter cet enseignement de Milan qu’elle a toujours trouvé si rigide, elle retrouve « sa » terre de Sicile, Arianna a en tête un idéal de vin qui passera par le respect du sol, par la biodiversité, un vin qui sera fait le plus naturellement possible.
Ce vin sera léger, élégant, frais, moins chargé en alcool que ce qu’on retrouve souvent sur son île, bref, tout en buvabilité. Un idéal, certes, sauf qu’elle doit encore tout apprendre, tout observer, pour comprendre comment y arriver.
Qu’importe, elle apprendra « sur le tas », elle se veut combattante, un peu comme son oncle Paperone qui a commencé dans la vie avec « un cent » !
 

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Le 7 janvier 2004, sur ce seul et unique hectare de vigne qu’elle possède alors, au lieu-dit Fossa di Lupo, elle effectue son premier jour de travail dans SES vignes, sa première taille… elle a 21 ans. Pour ce premier millésime, à part cet hectare, Arianna ne possède pas grand-chose, à commencer par un chai et ce premier millésime sera vinifié chez Nanfro à Caltagirone, des amis qui acceptent de lui offrir un peu de place.  De ce millésime seront issus 20 hectolitres de Frappato et à peine plus de Nero d’Avola.
Il en est de même pour son matériel qu’elle doit entreposer loin de ses vignes Il faudra attendre 2005 pour voir l’achat des premières installations lui permettant d’y assurer sa propre production.

Entre 2005 et 2006, 8 hectares supplémentaires de vignes sont plantés, toujours sur le lieu-dit « Fossa di Lupo », toujours en Frappato et Nero d’Avola, mais cette fois additionnés de deux cépages blancs, le Zibibbo et l'Albanello ; en 2006, ce sont 2 hectares de vieilles vignes de Frappato et Nero d’Avola sur le lieu-dit Pettineo qui viennent s’ajouter au domaine.

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Jusqu'à au 2008, seuls deux vins étaient mis en vente : le Frappato et le Siccagno. Mais, en fait, dès 2006, Arianna élève sa première cuvée de Cerasuolo di Vittoria Classico, un assemblage fait avec les meilleures parcelles de Frappato et de Nero d’Avola qu’elle appelle « «Grotte Alte », une cuvée vouée à un long élevage et affinage en bouteille.

C’est en 2008 qu’apparaissent les premières « SP68 », réalisées à partir des jeunes vignes des deux cépages rouges plantés à partir de 2005. Parallèlement, 2009 voit la naissance de la première cuvée SP68 blanc toujours à partir des jeunes vignes plantées dès 2005.

En 2010, le domaine s’agrandit encore avec l’achat de 2,5 hectares de vignes sur le lieu-dit de Bastonaca.

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C’est en 2012 que survient le plus grand changement historique du domaine d’Arianna, avec l’achat, à environ un kilomètre des premières installations, de l’Azienda Bombolieri qui possède alors 6,5 hectares de Frappato et Nero d’Avola de 20 ans d’âge et toujours cultivées en bio.
Dès le début de l’année suivante, sur ce site de l’ex-Azienda Bombolieri, les travaux de construction du nouveau chai sont entamés et se terminent en septembre de la même année pour accueillir juste à temps les raisins de la vendange 2013.

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A peine le chai terminé, Arianna se lance dans la rénovation du corps de maison attenant au chai afin d’en réaliser un havre de paix où travail et futurs visiteurs, résidant ou non, pourront se côtoyer agréablement, un peu comme son oncle Giusto l’avait réalisé quelques années plus tôt à COS.

Parallèlement, Arianna achète une oliveraie de 15 hectares, tant elle se sent aussi proche de cet autre fuit, tout comme son oncle Giusto.

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Pendant toutes ces années, Arianna va doucement acquérir un statut de star, de par la qualité grandissante de ses vins avec leur côté gourmand imparable, de par la joie de vivre qu’elle communique lors des salons, lors de ses interviews, de par l’aura que lui octroie son livre « Natural Woman en 2013, et enfin de par toutes les manifestations en faveur de l’équilibre biologique et de sa Sicile auxquelles elle participe.

Malgré toute cette Jetset qui désormais lui tourne autour, Arianna veut obstinément rester maitre de ses vignes et de son chai. Vu l’ampleur du travail actuel, Arianna est, pour cela, aujourd’hui largement secondée par son ami Nicola Massa, particulièrement pour la représentation à l’étranger car, malgré ce statut de star qui désormais est lié à son image, Arianna reste viscéralement attachée à sa terre et n’accepte de la quitter que très rarement.

Aujourd'hui, le domaine possède donc environ 20 hectares de vignes (ce qui reste petit, lorsqu'on compare aux 400 hectares et plus de Planeta), pour un total d’environ 120.000 bouteilles produites sur six étiquettes différentes :

  • SP68 Rosso (Frappato et Nero d’Avola)

  • SP68 Bianco (Zibibbo et d'Albanello)

  • Il Frappato

  • Siccagno

  • Grotte Alte Cerasuolo di Vittoria classico

  • Passo Nero

Géographie

Les vignes d’Arianna Occhipinti sont toutes sises sur la zone d’Appellation du Cerasuolo di Vittoria (en jaune sur la carte çi-dessous), la première DOCG de Sicile, une appellation à laquelle Giusto Occhipinti à grandement contribué dans sa création et dont Arianna occupe aujourd’hui la vice-présidence du Consorzio.
La « Plaga Mesopotamium » qui héberge aujourd’hui cette zone est une plaine naturelle et verdoyante qui se situe au sud de la Sicile, entre les villes d’Agrigente et Syracuse, protégée des vents d’Est par la chaîne des « Monti Iblei », centrée autour de la ville historique de Vittoria.
Pour plus d’information sur l’Appellation Cerasuolo di Vittoria, n’hésitez pas à consulter l’
article sur Giusto Occhipinti et COS. 

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Cette plaine limoneuse et argilocalcaire, située de 250 à 300 mètres d’altitude, s’étend sur près de 2000 hectares et repose sur une assise de calcaires rouges ferrugineux. Elle a été formée sous l’influence de deux rivières, le Dirillo et l’Ippari qui rendent les lieux très fertiles.

La viticulture y règne aujourd’hui en maître, favorisée par un climat sec et chaud, marqué par la forte ventilation du Sirocco ainsi que par de fortes variations de température entre le jour et la nuit. Ceci favorise l’obtention de vins élégants, minéraux, possédant de très belles acidités et des degrés alcooliques faibles pour une latitude aussi chaude.

Mais plus encore, le climat sec, les nuits fraiches et la forte ventilation permettent l’établissement d’une résistance naturelle importante aux maladies de la vigne. Cette résistance ainsi que la fertilité des couches supérieures ont fait qu’historiquement cette région (comme souvent en Sicile) a résisté à l’usage intensif tant des engrais que des pesticides, faisant que la plupart des terres sont nativement « propres » et ne nécessitent pas de revitalisation.

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Les sols du vignoble sont couverts de sables rouges qui tapissent à peine la puissante assise calcaire ferrugineuse où les racines plongent profondément, ce qui donne aux vins une dimension très minérale, le sable permettant une meilleure gestion des équilibres hydriques tout en favorisant la protection des vignes contre les maladies.
Les sols calcaires participent aussi à l’élégance et la finesse aux vins avec des notes très florales et fraiches pour des vins du Sud.

Viticulture

Le corps et plus que tout, les mains, se façonnent avec la vigne

Les vignes sont majoritairement disposées en « espalier » à raison de 5000 pieds par hectare et, dans une moindre mesure, en « albarello » (en arbustes autour d’un pieu) à raison de 8000 pieds à l’hectare, une taille en buisson autour d’un pieu central à laquelle Arianna est très attachée, car elle permet de travailler tout autour et, plus que tout, elle permet au vent d’assécher plus facilement la vigne en cas de forte humidité et prévenir ainsi mieux les maladies.
Les grappes sont situées en moyenne entre 50 à 70 cm du sol. 
 

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L’enherbement est maintenu un rang sur deux , principalement avec des graminées et des fèves et un travail de labours a lieu au printemps sur environ 20-30 cm de profondeur au printemps, ce qui permet d’oxygéner la terre et l’enrichir en éléments nécessaires à la vie.

Aucun pesticides ou fertilisants chimiques n’est utilisé et un maximum de travail manuel est prodigué.
Si Arianna a converti l’ensemble de ses parcelles en bio et qu’elle favorise les traitements phytos sur la vigne (tisanes d’ortie, de calendula,…), elle ne s’obstine pas à suivre les principes de la biodynamie et particulièrement les 500 et 501. Elle n’en voit en effet pas l’utilité en tant que revitalisants des sols alors que dans la zone du Cerasuolo di Vittoria, la grande majorité des terres n’ont pas connu les pesticides, de par leurs caractéristiques très résistantes aux maladies (voir géographie).
A part cela, seuls le cuivre et le soufre sont utilisé à raison de 3 à 4 traitements par an.

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L’entièreté des vignes est menée en sélection massale plutôt que clonale afin d’augmenter l’effet de biodiversité de la vigne et enrichir ses composantes organoleptiques.

Les vendanges sont manuelles et étalées de septembre à fin octobre du fait de la disparité de maturité des différents cépages. Les raisins sont amenés au cuvier en petits cageots.

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Vinifications

Le vin naturel est un vin humain, comme une personne

Depuis septembre 2013, toutes les étapes de vinification ont lieu dans le nouveau chai, creusé sur environ 5 mètres dans la roche calcaire, en forme de L, où toutes les étapes sont accessibles sur le même niveau, avec comme chez Giusto Occhipinti, une possibilité d’accès aux cuves de ciment par le haut, au niveau du sol.

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Arianna aime la complexité du vin, mais se refuse à chercher une forme de standardisation de ce qu’elle produit. Elle veut le vin exubérant et intense comme elle ; elle intervient donc le moins possible parce qu’elle veut son vin différent tous les ans, parce que la nature est différente chaque année. Elle n’a donc aucune règle précise en termes de contrôle de l’acidité ou de la température. Cette dernière n’est pas « contrôlée techniquement » et la vigneronne n’interviendra sur ces moûts au moyen d’une circulation d’eau dans ses cuves que si la température est vraiment trop élevée.
Toujours pour éviter toute forme d’uniformisation, Arianna ne fait appel qu’aux levures indigènes et travaille avec des taux de soufre totaux assez bas, allant de 20 à 60 mg/l selon les cuvées, alors que le maximum permis par le Consorzio est de 160.

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Les vinifications sont en général menées comme suit :

  • Pour les blancs, après foulage mécanique des baies, les fermentations et macérations sont prolongées 10 à 15 jours en cuves d’acier avec des remontages journaliers avant de passer au pressurage proprement dit qui sera suivi d’un élevage de 6 mois en cuves d’acier et d’un affinage d’un mois en bouteille.
  • Pour les rouges, après foulage des baies, Arianna favorise des macérations et des fermentations longues, allant de 30 jours à 50 jours, soit en cuves d’acier pour le SP68, soit en cuves de béton pour les autres cuvées. La cuvée SP68 est ensuite élevée 6 mois en cuve d’acier puis affinée un mois en bouteille, alors que pour les autres cuvées, les vins sont élevés, selon, de 14 mois à 4 ans en grandes barriques slovènes de 25 hectolitres.. De même, selon la cuvée, les vins seront affinés en bouteille entre un et six mois.

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Si aucune standardisation n’est donc recherchée, Arianna essaye toujours que ses vins conservent une image précise : Rigueur et harmonie pour le Nero d’Avola, fraicheur, pureté et haute buvabilité pour Frappato, totalement sur la fraicheur et le croquant pour ses cépages blancs.

Vins

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SP68 Bianco

Appellation : IGT Bianco Sicilia
Sols : sables rouges sur calcaire ferrugineux
Cépages : 50% Albanello et 50% Zibibbo
Taille des parcelles : 2.3 ha
Taille des vignes : Guyot
Densité de plantation : 6000 pieds/hectare
Age des vignes : 10 ans
Rendement : 45 quintaux/hectare
Altitude : 280 mètres
Vinification : 10 à 15 jours de fermentation et macération en cuve d’acier de 30 hlsuivi d’un élevage de 6 mois en cuves d’acier et d’un affinage d’un mois en bouteille.
Pas de clarification ni de filtration.
Soufre total moyen : 40 mg/l
Production moyenne : 10.000 bouteilles/an
Autres caractéristiques : le nom de la cuvée est donné par le nom de la route qui borde les vignes.
Accords Mets-Vins : apéritif, antipasti à base de fromages frais et de légumes, poissons
 

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SP68 Rosso

Appellation : IGT Rosso Sicilia
Sols : sables rouges sur calcaire ferrugineux
Cépages : 70% Frappato et 30% Nero D'Avola
Taille des parcelles : 6 ha
Taille des vignes : Guyot
Densité de plantation : 6500 pieds/hectare
Age des vignes : 10 ans
Rendement : 50 quintaux/hectare
Altitude : 280 mètres

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Vinification : 30 jours de fermentation et macération en cuve d’acier de 30 hl suivi d’un élevage de 6 mois en cuves d’acier et d’un affinage d’un mois en bouteille. Pas de filtration
Soufre total moyen : 45 mg/l
Production moyenne : 27.000 bouteilles/an
Autres caractéristiques : le nom de la cuvée est donné par le nom de la route qui borde les vignes.
Accords Mets-Vins : viandes au four (chevreau, agneau)

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Il Frapatto

Appellation : IGT Frappato Sicilia
Sols : sables rouges sur calcaire ferrugineux mêlé de strates argileuses.
Cépages : Frappato
Taille des parcelles : 4 ha
Taille des vignes : Guyot et Albarello selon les parcelles
Densité de plantation : 6500 pieds/hectare
Age des vignes : 55 ans
Rendement : 40 quintaux/hectare
Altitude : 270 mètres
Vinification : 50 jours de fermentation et macération en cuve de béton suivi d’un élevage de 14 mois en grande barrique de Slovénie de 25 hl et d’un affinage de 2 mois en bouteille. Pas de filtration.
Soufre total moyen : 40 mg/l P
roduction moyenne : 27.000 bouteilles/an
Accords Mets-Vins : Fromages vieux et piquants (caciocavallo, ragusano frais, pecorino primosale au poivre noir), viandes au four (chevreau, agneau), lapin aigre-doux.

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Siccagno

Appellation : IGT Nero d’Avola Sicilia
Sols : sables rouges sur calcaire ferrugineux mêlé de strates argileuses.
Cépages : Nero d’Avola
Taille des parcelles : 3 ha
Taille des vignes : Albarello et Cordon
Densité de plantation : 6500 pieds/hectare
Age des vignes : 40 ans
Rendement : 50 quintaux/hectare
Altitude : 270 mètres
Vinification : 40 jours de fermentation et macération en cuve de béton suivi d’un élevage de 16 mois en grande barrique de Slovénie de 25 hl et d’un affinage de 6 mois en bouteille. Pas de filtration.
Soufre total moyen : 40 mg/l
Production moyenne : 11.000 bouteilles/an
Accords Mets-Vins : Viandes rouges grillées, daubes de gibier et fromages vieux (ragusano au-delà de 10 mois).

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Grotte Alte – Cerasuolo di Vittoria

Appellation : DOCG Cerasuolo di Vittoria
Sols : sables rouges sur calcaire ferrugineux
Cépages : Frappato 50% et Nero d’Avola 50%
Taille des parcelles : 1,5 ha de vieilles vignes
Densité de plantation : 6000 pieds/hectare
Taille des vignes : Guyot et Albarello
Age des vignes : 40 ans et plus
Rendement : 50 quintaux/hectare
Altitude : 270 mètres
Vinification : 40 jours de fermentation et macération en cuve de béton suivi d’un élevage de 48 mois en grande barrique de Slovénie de 25 hl et d’un affinage de 6 mois en bouteille. Pas de filtration
Soufre total moyen : 40 mg/l
Production moyenne : 4100 bouteilles/an
Accords Mets-Vins : Viandes rouges grillées, daubes de gibier et fromages vieux (ragusano au-delà de 10 mois).

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Passonero – Nero d’Avola Passito

Appellation : IGT Passo Nero Sicilia
Sols : sables rouges sur calcaire ferrugineux
Cépages : Nero d’Avola
Taille des parcelles : 0,45 ha
Densité de plantation : 6000 pieds/hectare
Taille des vignes : Guyot
Age des vignes : 15 ans
Rendement : 45 quintaux/hectare
Altitude : 270 mètres
Vendanges : tardives après la mi-octobre

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Vinification : Vin de paille avec raisins séchés sur claies de canne pendant 12 jours. 7 jours de fermentation et macération en cuve de béton suivi d’un élevage de 24 mois en barriques. Pas de filtration
Soufre total moyen : non communiqué
Sucre résiduel : 80 gr/l
Production moyenne : 1300 bouteilles de 50 cl/an
Accords Mets-Vins : Poitrine de canard laquée avec une sauce à base de cerises, desserts à base de chocolat
 

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Dégustation

Dans son livre Natural Woman, Arianna conseille l’ordre de dégustation que nous avons mené pour illustrer cet article :

1.  SP 68 Blanc 
2.  Siccagno
3.  SP 68 Rouge
4.  Grotte Alte
5. Frappato
6. Passonero

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La dégustation a été menée au sympathique restaurant bruxellois « Le Garage à Manger ».

1.  SP 68 2013 Blanc

Est-ce la production encore faible par rapport à la demande mais le seul SP68 blanc que nous avons pu trouver pour cette dégustation est le 2013 ? Tant mieux dans un sens puisqu’il s’agit là d’un millésime qui allie théoriquement puissance à fraicheur !
Au nez, on n’est pas déçu face aux attentes, vu la puissance aromatique, la complexité et la fraicheur embarquées : une véritable petite bombe d’agrumes (orange, pamplemousse, ), de notes de muscat frais (le Zibibbo est un cépage cousin du muscat d’Alexandrie), d’épices et surtout, à l’aération, d’un floral très aérien, le tout sans la moindre sensation solaire.
En bouche, si l’objectif de ce vin est clairement la soif et donc pas une recherche absolue d’une longueur infinie, on atteint tout de même une forme d’excellence avec un équilibre parfait, une tension digne d’un grand Loire sec, une fraicheur imparable, et puis, il y a de nouveau cette complexité aromatique inouïe faite de floral, de fumé, de tabac blond et de pierre à fusil, cette dernière note participant à la belle sensation minérale qui se dégage du vin. Q
ue dire de plus, sinon, très grande réussite !

2.  Siccagno 2011

Changement de cap avec ce premier rouge au nez plus fermé, plus serré, la qualité première du Nero d’Avola n’étant cependant pas la puissance aromatique. L’aération apporte des notes de fruit noirs et de viande fraiche sans jamais atteindre d’explosivité mais sans la moindre trace alcooleuse, aussi, ce qui est loin d’être une généralité avec les Nero d’Avola siciliens.
Sans jamais non plus atteindre la puissance absolue, en bouche, le fruit se fait plus présent et il accompagne, dans un équilibre parfait, une tension absolument pas sudiste.
C’est l’impression de haute buvabilité qui domine ici, même si, jeunesse le dictant, une légère amertume de verdeur apparaît en finale. Encore serré mais très prometteur, rien que sur la profondeur.

3.  Siccagno 2010

Par rapport au 2011, le nez se fait ici bien plus ouvert, tout en gardant une tenue plus réservé qu’une fantaisie militaire baroque. Dans cette sorte d’austérité tout en profondeur le fruit rouge accompagné de notes d’encre de chine et d’iode s’en donne à cœur joie, ce qui confère à l’ensemble un côté très « nature ».
La bouche est plus explosive avec une rondeur de fruit intense qui est parfaitement balancée par une acidité d’orfèvre, avec une grande sensation de fusion de tous les composantes de ce vin.
Tout est ici totalement exceptionnel, particulièrement la profondeur, la haute buvabilité et l’impressionnante longueur.
Un vin énorme, un modèle absolu !

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4.  Siccagno 2009

On n’aura pas dû s’enfoncer très loin dans cette dégustation pour comprendre ce qu’Arianna Occhipinti entend par laisser la nature s’exprimer à travers le millésime et ne surtout pas rechercher une forme de reproductibilité, si ce n’est… la qualité.
Parce que dans la famille Siccagno, ce 2009 ne ressemble que très peu que ce soit au 2010 ou au 2011, et un an de plus en bouteille n’explique évidemment pas tout.
Le nez, tout d’abord est puissant ouvert, complexe, pur, fumé, exubérant de fruit, à la limite même du compoté, le genre de de pif qui tend les zygomatiques en position bonheur.
En bouche, le fruit est omniprésent avec une certaine élégance, les tanins, eux aussi, bien que bien veloutés, montent plus au parloir, ce qui confère au vin un peu moins de jus. Et puis, et surtout, il y a cette acidité gigantesque qui encourage l’explosivité du fruit, rafraichit les tanins, mais confère à la finale un côté acidulé qui fera fuir les adorateurs des vins opulents castelnovopapaux.
Un choix évidemment… personnellement, en accompagnement de la sardine qui nous était proposée, j’ai adoré, mais autant que tout le monde soit prévenu.

5.  SP 68 2013 Rouge

Tout en jeunesse, tout en puissance gourmande et juteuse, cap ici sur le fruit rouge très “nature” pour entamer la série des SP68 rouges.
La bouche est bien équilibrée, la tension est au rendez-vous, le fruit est présent mais un peu à la limite (je dis bien à la limite) de la réduction, ce qui rend l’ensemble très droit, sérieux par rapport au nez.
Toutefois la sensation de matière, les tanins assez bien structurés et la très belle longueur rendent la chose très prometteuse, mais j’attendrais volontiers encore 6 à 12 mois… pour voir !

6.  SP 68 2012 Rouge

Pour reprendre ce qui a déjà été dit sur le Siccagno 2009, un vigneron est libre de ses choix : quand le millésime est aussi infernal (50°C et plus pendant les vendanges) que 2012, soit on vendange encore vert et on corrige à mort, soit on laisse les choses s’exprimer comme elles sont.
C’est clairement le second choix qui a été prôné par la vigneronne avec l’exploit de faire ressortir de petits fruits rouges et noirs sans alcool au nez et de réussir, et ce n’est pas le moindre, à garder à la fois tension et minéralité dans ce vin, avec en plus, une belle buvabilité.
Evidemment, l’ensemble reste plus serré, plus maigre et la longueur souffre de ce millésime sorti des profondeurs de l’Etna.

7.  SP 68 2011 Rouge

A l’image du Siccagno 2011, cap ci sur un nez moins intense, plus austère, qui demande de l’aération avant de livrer son fruit.
En bouche, même chose, de la matière, de la tension mais des tanins et de l’amertume qui confèrent de l’austérité au vin plus que de la buvabilité. La finale est bien plus prometteuse que le milieu de bouche, avec un fruit qui s’ouvre et surtout une sensation minérale proche de la caillasse qui semble dicter une belle garde en réserve.
N’oublions pas, non plus, qu’il s’agit ici de très jeunes vignes plantées entre 2005 et 2006 et qu’Arianna se refuse à intervenir sur son vin.

8.  SP 68 2010 Rouge

Quand on laisse à ce point la nature s’exprimer, on en accepte les conséquences dans les millésimes faibles mais on en récolte pleinement les fruits dans les grands millésimes.
A l’image du Siccagno 2010, seul un clone du schtroumpf grognon, d’un prêtre calviniste et d’un antialcoolique primaire trouvera ici un défaut, tellement tout dans ce vin est joyeusement parfait.
Le nez est fin, complexe, évolué, gourmand et mûr. La bouche aussi exprime pleinement ce fruit mûr parfaitement élancé par une acidité idéale et des tanins structurant juste ce qu’il faut.
Un édifice de grande classe qui en plus brille d’une très grosse buvabilité…  La classe !
 

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9.  Grotte Alte 2008

Pour continuer dans l’esprit du Cerasuolo di Vittoria dont le SP68 en a les composantes mais n’en réclame pas l’appellation, on attaque ici le fleuron déclaré du domaine, aussi rare que mythique, il faut dire que 4000 bouteilles par an et une volonté de ne sortir le vin du domaine que plus de cinq ans après la vendange, cela participe largement à la naissance d’un mythe.
Alors évidemment, le dégustateur attend un feu d’artifice, il attend ce moment d’émotion qui fait que sa passion existe.
Et vous l’avez déjà compris, je ne serai pas si bavard en préambules si dans nos verres ne s’était déposé un véritable chef d’œuvre en termes d’émotions. Prévert serait nécessaire pour faire la liste des qualités et des composantes de ce vin.
Si au nez, il ne possède pas de raton laveur, par contre on énumèrera sans trop de peine puissance, droiture, aérien, pureté, minéralité, fruit gourmand, fraicheur.
Et en bouche, même topo, allons-y pour équilibre, acidité de diamantaire, soyeux, épices, fruit juteux, minéralité de la mort qui tue, chair, amis aussi élégance, structure et énorme longueur.
Un vin grandiose, de quoi affirmer des notes de noblesse à toute la Sicile et certainement à l’appellation Cerasuolo di Vittoria.
Vous savez ce qui vous reste à faire, malgré le prix assez élevé, chercher sans relâche et partager ensuite ce moment d’intense émotion.

10. Frappato 2012

L’effet de séquence, vous connaissez ? Si jusqu’alors, l’ordre de dégustation paraissait logique ou, du moins, ne prêtait pas à discussion, ici, autant le Frappato peut être un cépage jouissif, autant passer d’un 2008 sur les meilleures parcelles à un 2012 sauvé des enfers, c’est pratiquement mission impossible.
Sans tenter donc d’interpréter de trop ce vin, il faut reconnaître que fruit et fraicheur ont pu être conservés, buvabilité aussi, et cela, malgré des tanins, une rigueur serré et un effet solaire bien présents.
A revoir seul et pour lui-même plus tard.

11. Frappato 2011

On monte clairement d’un cran dans le plaisir avec ce Frappato 2011, plus léger et complexe au nez, mais aussi affublé de notes plus lactées, boisées voire caramélisées que ce qui nous a été proposé jusqu’alors.
En bouche, malgré une acidité qui a de quoi, à nouveau, effrayer les âmes sensibles, malgré une matière assez serrée, le fruit bien présent donne du gourmand qui assure le plaisir. L’acidité permet aussi de rafraîchir des tanins très présents, encore jeunes.
Il semble bien que les Frappato du domaine exigent de la garde pour pleinement s’exprimer.

12. Frappato 2010

Si les millésimes 2011 et surtout le 2012 avaient de quoi un peu désarçonner de l’image du Frappato ultra gourmand de l’oncle Giusto, le 2010 retrouve bien plus de lettres de noblesse avec un fruit généreux, proche d’un pruneau gourmand, des épices et de la fraicheur.
On retrouve ces qualités en bouche avec en sus une acidité cinglante, amis on retrouve aussi des tanins importants, qui au vu de la très belle longueur, demandent encore de la patience pour cette bouteille qui globalement reste très qualitative.
Et de comprendre, dès lors, l’ordre suggéré de dégustation, parce que l’acidité, les tanins, sans parler d’une solarité plus marquée (sans excès, toutefois) n’auraient aucunement été compris en tête de dégustation. Il en va de même pour la sensation de potentiel de garde qui a clairement été croissant au fil de cette superbe série de 11 rouges classiques.

13. Passonero 2008 et 2010

On passe au rouge « passito » sur un accord avec une ganache chocolat relevée de basilic.
Si le 2008 ne répond pas présent, plus que probablement suite à l’œuvre pernicieuse du liège, qui sans se déclarer comme tel, rend toutefois le vin cireux, vernissé, lourd et creux, on peut largement dire que cette dégustation finit en feu d’artifice avec le grandiose Passonero 2010.
Car même les plus réticents aux plaisirs sucrés rendent ici les armes face, tant au nez qu’en bouche, à un fruit aussi mûr, gourmand, juteux, épicé et surtout digeste tout en restant vineux avec des tanins juste parfaits. Du très grand art !

Conclusion

On ne part pas à l’assaut des vins et de la personne d’Arianna Occhipinti la tête pleine de tracas et d’idées préconçues, parce qu’en fait, il y a lieu de laisser beaucoup de place à toutes les surprises qui émaillent une telle rencontre.
Comme largement décrit plus haut, à la place d’une star qui vous en impose à tous niveaux, c’est une personne d’abord timide, fragile ensuite que j’ai rencontré d’abord à Milan, ensuite sur ces terres.
Une personne qui vous donne clairement l’impression de ne pas vouloir trop se livrer parce tant de choses lui paraissent encore si peu maîtrisées alors que ces vins suggèrent pourtant tellement le contraire.

Je n’oublierai probablement jamais ce petit bout de femme, grelottant sous l’effet d’un vent qui refusait de se mettre au printemps, alors que les neiges de l’hiver refusaient de découvrir un Etna en sommeil ce jour-là.

Je n’oublierai jamais ce regard tellement interrogatif, tellement inquiet, quand passant d’un fût à l’autre, d’une cuve à l’autre, je portais les divins liquides à mes lèvres, comme si tellement de distinctions passées ne pesaient que pour des plumes face au ressenti d’un nouveau visiteur.

Je n’oublierai pas non plus cette joie profonde de montrer ce calcaire environnant la cave, de montrer ces traces de racines profondes à travers la roche, mais cette humilité aussi, alors que ce chai est tout simplement magnifique.

J’oublierai encore moins ces yeux pétillants de bonheur quand ensemble nous avons abordé le millésime 2013 qui pour de nombreuses cuvées sommeille encore pour mieux murir, ces yeux qui remercient le ciel d’avoir donné le plus beau des cadeaux qu’un vigneron puisse souhaiter.

Et par-dessus tout, jamais je n’oublierai la cohérence absolue entre le cheminement philosophique d’une jeune et belle personne, belle surtout dans le sens que la langue italienne donne à « Bella Personna », la cohérence absolue entre le cheminement d’Arianna Occhipinti et ses vins.
Une émotion de plus, une émotion en plus, une émotion qui ne peut qu’encore faire grandir ma passion pour les vins et mon irrésistible attirance pour l’Italie.

Quelle est belle à mes yeux, cette route provinciale n°68 qui abrite une telle fée…..

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Livre

Natural Woman, La mia Sicilia, il mio vino, la mia passione
Arianna Occhipinti
Editions Fandango Libri, 2013
ISBN 978-88-6044-307-6

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Coordonnées

Azienda Agricola Arianna Occhipinti

Chai et Vignes

SP68 Vittoria-Pedalino km 3,3
97019 Vittoria (RG) – Sicile

Siège Social

Via dei mille 55
97019 vittoria (RG) – Sicile

TEL : +39 0932 1865519
Web : www.agricolaocchipinti.it et http://ariannaocchipinti.blogspot.be/
Mail : info@agricolaocchipinti.it

07 juin 2014

Le Garage à Manger.... mais pas qu'à manger, à vivre aussi !

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Il y a de ces restaurants où on se dit « ils ont tout pour plaire » et pour une raison ou une autre, sauf l’envie, on y reporte toujours sa première visite.
Un de ces nombreux exemples dans mes modestes pérégrinations est certainement le
Garage à Manger à Ixelles (Bruxelles).

Bon d’accord, l’endroit n’est pas non plus ouvert depuis des siècles, mais il n’empêche qu’avec à sa tête un duo hors norme aux commandes, j’aurai été censé y courir de toute urgence : je veux parler, en salle, de la pétillante Clémence Friedmann qui a fait les joies de nombreux beaux endroits comme le Selecto, et aux fourneaux, le sympathique, truculent, talentueux et même footeux Joël Geismar, très connu pour sa présence aux meilleurs marchés bruxellois et autres évènements sous la forme « mobile » d’El Camion….
Tout un programme !

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Il a fallu une dégustation de vin hors norme, celle de 14 quilles d’Arianna Occhipinti, pour que le sortilège néfaste disparaisse et que je fasse, très bien accompagné, ma joyeuse entrée dans ces lieux dont je ne savais rien si ce n’est ses joyeux animateurs.

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Et qui dit Clémence et Joël, dit hors norme… et là, je n’ai pas été déçu ! Le Garage à Manger porte son nom à merveille, puisqu’il s’est installé dans un ancien garage Mazda qu’il partage avec bonheur avec le formidable bric à brac d’achat-vente multiculturel bruxellois qu’est « Pêle-Mêle ».
Le restaurant occupe principalement l’ancien show-room et qui dit show-room dit vaste espace, un espace qui ne s’est pas acéré une gageure pour Joël, qui en a fait un « lieu » original et en dehors de toutes normes… coin apéro, coin caravane, tables aérées et pleines de couleur, cuisine ouverte, une recette patchwork qui fait mouche tellement, dès la première seconde, malgré le look post-moderne nucléaire des murs et plafonds, on s’y sent bien.

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Et qui dit Clémence et Joël, dit aussi vins glous et super glous, petits bijoux naturels à ravir les pailles assoiffées.
Une carte au choix assez restreint, parce que Joël a horreur de l’abondance dans la variété, mais un choix d’une bonne trentaine de quilles qui parlent au cœur, que ce soit au verre et à la bouteille, et toujours, comme pour El Camion, des prix minis, minis !

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Et tant qu’on est aux prix minis, minis, venons-en à la carte menées en tableaux deux versions 3 ou 2 plats à 18 ou 15 euros et cinq euros de plus pour le dessert si gros appétit, il y a !
Une formule « table d’hôte » imparable, chaque jour modifiée (consultez absolument
la page Facebook) qui fait aussi mouche que les lieux et les vins, parce que pour ce genre de prix miraculeux pour le quartier le plus bobos du royaume, les produits toujours frais du jour sont au rendez-vous !

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Normal me direz-vous, il suffisait de rendre fixe une formule mobile savamment éprouvée depuis des années sur les marchés. Il y en a donc pour tous les goûts et à l’inverse de ces batards de Quick, il y a vraiment ici le « goût », toujours dans la simplicité, certes, mais que c’est bon la simplicité !!!

Alors, vous savez ce qui vous reste à faire… d’autant que si vous êtes footeux, sachez que TOUS les matchs du Mundial 2014 y seront retransmis sur grand écran… un très gros must en prévision !

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Garage à Manger

185 rue Washington
1050 Ixelles
TEL : +32 2 880 67 74
Web : www.garage-a-manger.be

Facebook avec le menu du jour affiché chaque matin : www.facebook.com/garageamanger

Ouvert lun - jeu: 10:00 - 18:30
             ven: 10:00 - 21:00
             sam - dim: 10:00 - 18:30
Fermé le dimanche

03 juin 2014

Accords Mets-Vins : Pintade à l'alliet de printemps

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Accords Mets-Vins

Dans cette rubrique, retrouvez des accords met-vins réalisés avec le blog jumeau de Marie-France Thiery : « Une Cuillerée pour Papa ». Ils sont issus de défis que ous avons désormais l’habitude de nous donner, Marie France me proposant ses recettes alléchantes à assortir, alors que je lui propose de temps en temps un vin précis à accorder avec une recette.

Pintade à l’aillet de printemps et aux pommes de terre de Noirmoutier

Pour ce premier défi de notre jumelage de blog, Marie-France me propose une bien attirante Pintade à l’aillet de printemps et aux pommes de terre de Noirmoutier… Je lui laisse la parole :

L’aillet, vous savez cette jeune pousse d’ail que l’on ramasse principalement au printemps. Un ail nouveau, qui sent bon les premiers jours de soleil, un ail tendre, moins piquant que son frère plus mature. L’avantage, c’est que vous pouvez le consommer sans avoir une haleine de cow-boy… cow-boy, si tu m’écoutes, sorry guy ! Il était de coutume à la maison de le manger cru, juste ciselé, et mélangé à une petite crème ou bien un fromage frais, le tout tartiné sur une tranche de pain grillé. Un bonheur tout simple. Cette pratique se rencontre d’ailleurs dans de nombreux foyers du sud-ouest où l’aillet est une vraie institution de la cuisine familiale, même si j’ai l’impression que ça se perd un peu par chez moi… enfin, il me semble. Après m’être fait une petite tartine d’aillet et de chèvre frais pour ne pas rompre avec les bonnes habitudes du passé, direction cuisine parce que je me suis dit que ce petit aillet, il pourrait parfumer agréablement une belle pintade de Challans qui attendait sagement que je la passe à la casserole. 

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Pour en savoir plus sur cette recette, rendez-vous sur le blog de Marie-France.

Propositions d’accords

On est sur une volaille en cocotte avec un caractère aromatique bien présent apporté par l’alliet. Si la volaille permet une très large possibilité d’accord, il faut donc tenir compte de cette structure supplémentaire apportée par ce jeune ail, d’autant que les Noirmoutiers ont elles aussi leur petit caractère. Et le défi du jour est d’accorder ceci avec des vins de la botte….

Théoriquement, l’accord facile serait sur un Chianti Classico 2008 pas trop boisé, comme un Podere le Boncie 2008 ou une IGP Rosso Toscana 2008 de chez Colombaia (tous les deux avec du Sangiovese en majorité), le premier apportant derrière la structure du Sangiovese, beaucoup de finesse, le second, avec ses tanins plus souples mais son caractère aromatique plus élevé permettant de rivaliser avec le plat sans l’agresser pour autant. 

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… Mais le plus slurp des accords, dans ce cas-ci, serait de partir vers un Teroldego « Morei » 2010 IGT Vigneti delle Dolomiti de la superbe Elisabetta Foradori, un vin profond, très minéral mais aussi suave, sans mettre la barre de la puissance trop haut. Un vin d’amphore que j’ai maintes fois relaté sur ce blog et qui représente à mes yeux un sommet gastronomique méritant largement cette appétissante pintade.

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A bientôt pour un nouvel accord !

01 juin 2014

Et ma jumelle s'appelle Marie-France Thiery du blog "Une Cuillerée pour Papa"

En ce 31 mai de l’an de grâce deux mil quatorze, nouvelle et joyeuse quête nous fût désignée par la blogosphère glou-miam :  provoquer des jumelages entre blogs culinaires et blogs vins, cela, à l’initiative prise par Stéphane Gigandet, jeune vorace animateur du site Mets et Vins.
Cette quête de la moitié complémentaire est, pour rappel, largement décrite sur la
page web dédié et parallèlement, non peut-être, sur la page Facebook , l’anneau unique pour tous nous réunir et nous assouvir dans nos désirs oenogastronomiques.

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En ce qui me concerne, j’enfourchais sur le champ Clavier 17.043, mon fidèle destrier, à la recherche de la fameuse moitié, laissant là à leurs occupations, laquais, favorites, veuves et orphelins.
Cet emballement était d’autant plus justifié qu’il faut bien l’admettre, si dans les tournois à la Mimi, Fifi, Glouglou, j’aurais tendance à ne pas toujours fréquenter la tente-hôpital, côté gastronomique, il ne m’arrive que très très rarement de ferrailler, préférant nettement le rôle de spectateur-jouisseur, non peut-être.

Fallait-il encore trouver cette âme-sœur avec les qualités d’usage exigées par ma bannière flamboyante : cuisine de terroir, généreuse, rustique, produit pur, respect de la nature, presque détestation des grandes surfaces, connaissance quand même un peu avouée des vins, surtout s’ils ont le goût et la couleur de la Loire et l’Alsace, envie de découvrir d’autres horizons comme ces vins d’Italie qui me renversent les papilles.

Vaste programme aurait dit le général, mais ici dans un autre contexte bien plus épicurien…

La chance semble réellement sourire à ceux qui la cherchent, car à peine la route entamée que tombe sur les téléscripteurs facebookiens le cri d’une blonde, mais pas que, dans la jungle poitevine :

« Si toi aussi tu aimes les blondes à forte poitrine…. Passe ton chemin ! En revanche, ici, tu trouveras des nourritures terrestres non botoxisées, saines, naturelles, préparées avec simplicité, sans chichi, sans tralala… Chez moi, la blonde elle est plutôt du Bas-Poitou, authentique, voire rustique. Elle a les pieds sur terre mais le regard longuement tourné vers la mer et adore s’acoquiner avec quelques lurons sous le sable et les rochers abandonnés, ou ramenés du grand large dans ses filets. Elle est prête à se noyer dans le calice de qui lui fera boire jusqu’à la lie de délicieux breuvages des bords de Loire… mais aussi savourer quelques nectars d’Alsace qu’elle affectionne…. ou bien déguster jusqu’à plus soif quelques philtres magiques de Bourgogne. »

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L’auteur de ce noble cri qui avait tout pour me séduire s’appelle Marie-France Thiery qui anime le blog « Une Cuillerée pour Papa »…
Bref, en un temps, deux mouvements, la donzelle s’avérant peu farouche, l’affaire fut rondement menée.

Et à peine le jumelage célébré en grande pompe, me voici parti à dévorer son blog très jubilatoire, fait de recettes innombrables, de visites, de conseils… plus complet que cela tu meurs.
J’avoue même en sortir bien humble, de cette lecture, tellement, le mien de blog, paraît, en comparaison une bien petite chose.

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Petite constatation supplémentaire, aussi, c’est que le hasard fait bien les choses, à moins d’un an près, je pense, nous avons poussé notre premier cri « FAIM et SOIF » !

Alors, Marie-France, entamons donc cette route de concert…

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Et comme dit l’autre, les fruits de ce divin idylle ne sauraient tarder… attendez-vous donc, dans les prochaines semaines, à des accords mets-vins multiples, lancés sous forme de défis divers selon qu’on se trouve d’un côté ou de l’autre.

Merci encore à toi, Stéphane Gigandet, pour cette heureuse initiative !

31 mai 2014

Jumelages Mets-Vins... un bien beau projet !

Plus le temps passe, plus une évidence apparaît à tous les blogueurs passionnés : que ce soit on-line ou, et plus si affinités, physiquement, la toile oeno-gastronomique est un formidable outil de rencontre et de partage ; elle rejette aux oubliettes des partis-pris la notion que le blogueur est une espèce qui vit cloîtré dans sa chabrette, coincé derrière son écran.

Une preuve supplémentaire de cette joyeuse collaboration est l’initiative prise par Stéphane Gigandet, jeune vorace animateur du site Mets et Vins, de provoquer des jumelages entre blogs culinaires et blogs vins… voici son cri au-dessus des verres et de l’assiette :

« Les mets et les vins sont fait pour s'accorder, et si on accordait les bloggeuses et blogueurs culinaires avec les bloggeuses et blogueurs vins ? L'alliance d'un met et d'un vin peut révéler des richesses inattendues, et la mise en commun de la passion, de la sensibilité, du talent et de la créativité de deux bloggeuses ou blogueurs d'univers différents mais très complémentaires pourrait également être très bénéfique aux deux parties et à leurs fidèles lecteurs ! »

 

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Pour en savoir plus, rien de tel que la page web dédiée au projet et parallèlement, non peut-être, une page Facebook pour proclamer ses demandes d’adoption !

Et donc… à mon tour de crier à toute la blogosphère :

ADOPTEZ-MOI… ou plutôt JUMELONS-NOUS …

… Si vous avez un blog culinaire et surtout si vous aimez :

  • L’Italie sous toutes ses formes, en vert, en rouge et en blanc
  • Les vins blancs bien secs et hypertendus avec un gros penchant pour riesling et chenin blanc
  • Les accords mets-bières avec de vrais produits historiques comme la gueuze Cantillon
  • Tout ce qui tourne autour de la préservation de notre bonne vieille terre, du produit noble et donc du bio, de la biodynamie, du terroir et du plus naturel possible
  • Tout ce qui s’éloigne des saloperies de marques vendues en grande surface

Vaste programme !

Donc, si vous êtes tenté par une collaboration avec mes délires, contactez-moi via ce blog ou la page Facebook du projet.

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21 mai 2014

Vini Birre Ribelli : un nouveau souffle, de nouvelles idées, de nouvelles frontières

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Bruxelles 7-8/12/2014


Chers amis,

Comme vous avez pu le lire hier sur ce blog ou sur les pages Facebook/Twitter de l’évènement, nous avons été obligés d’annuler le salon Vini Birre Ribelli des 22-24 novembre 2014, du moins, sous la forme et aux dates initiales.

Les raisons de cette annulation étaient diverses, en voici quelques-unes que l’équipe de Vini, Birre, Ribelli a analysées :

  • Nous avons organisé et réservé des infrastructures sur base d’une estimation inexacte de vignerons alors que nous aurions dû avoir les confirmations écrites des vignerons avant de réserver quoi que ce soit, ce qui a amené à un gros problème de cash-flow.
  • Nous avons espéré en un nombre trop important de vignerons sans tenir compte de la concurrence de salons importants hors Europe et de certaines problématiques dans les chais fin novembre, particulièrement en Piémont.
  • Nous n’avons pas assez fait comprendre le caractère de rencontres entre le vin et la bière dans l’optique « rebelle » et nous n’avons pas privilégié, en ne nous intéressant qu’à l’Italie, l’intérêt de d’autres pays pour une véritable rencontre entre le vin naturel et les bières rebelles.
  • Nous n’avons pas assez utilisé la potentialité d’une ville comme Bruxelles en nous attachant à tenter une organisation lourde sur 2 villes.

Pour ces raisons, nous proposons donc une nouvelle formule :

  • Tout d’abord, nous ne parierons plus d’emblée sur un nombre farfelu de participants. Viendront ceux qui veulent vraiment venir parce que l’amitié entre le monde du vin naturel et de bières comme Cantillon est quelque chose de tangible. Nous serons 10, 25, 50 ou plus, peu importe mais seuls viendront ceux qui veulent vraiment être des nôtres.
  • Ensuite, et c’est probablement le plus important, nous ouvrons littéralement les frontières et nous invitons tous les amis français, autrichiens et autres à participer à ce salon, toujours dans cette esprit de communion vin et bière. Nous conserverons toutefois notre titre italien d’origine : Vini, Birre, Ribelli.
  • Nous changeons la date, la précédente posant problème à plus de personnes que nous le pensions, et ce sera les dimanche 7 et lundi 8 décembre 2014. Nous ne ferons donc le salon que sur deux jours pour alléger l’emploi du temps de tous les intervenants. 
  • Nous n’organiserons le salon QUE sur Bruxelles, mais nous offrirons à chaque participant, la possibilité de profiter de tout ce que la ville peut offrir en termes de folklore et de gastronomie. Pour cela, nous renforcerons notre collaboration avec beaucoup de restaurants sympas qui proposeront les vins et les bières du salon à leur menu, en fonction de leur possibilité, et, surtout, nous profiterons de l’expérience de notre nouveau partenaire principal, le Moeder Lambic.
  • Nous conserverons l’esprit du salon Rue89 de Paris où films, conférences, visite, côtoieront la partie réservée aux stands.
  • En ce qui concerne les vignerons, comme nous le proposions pour notre première tentative, nous contacterons tous les cavistes/importateurs afin qu’ils puissent eux-mêmes s’occuper de la vente des vins au public, après acceptation de participation par le vigneron.
  • Nous clôturerons assez vite la période d’inscription. Celle-ci prendra fin le 6 juillet 2014, avec ensuite, encore un mois où il sera possible de s’inscrire mais sous réserve du fait que nous n’ayons que trop peu d’inscriptions en date du 6 juillet 2014.

Pour cette dernière raison nous vous invitons à vous inscrire le plus vite possible sur notre site web : http://www.vinibirreribelli.net/index.html . Après réception de votre inscription, un acompte de 40% vous sera facturé dans les jours suivant cette inscription.

Attention, ces formulaires d’inscriptions ne concernent actuellement que les vignerons ou les brasseurs. La presse, le monde de la restauration et les autres visiteurs seront invités à s’inscrire par la suite.

Voilà, on vous promet, Nicoletta, Jean et moi, une très grande fête, unique, axée pleinement sur le partage et nous espérons que tous ceux qui sont sensible à notre rêve viendront nombreux. Et là aussi, nous avons besoin de VOUS vignerons, cavistes, presse, simples amateurs pour parler autour de vous de cet évènement parce que les vrais amateurs/producteurs de vins et bières rebelles, vous en connaissez probablement plus que nous ne pouvons tous les connaître.

Merci d’avance pour votre confiance !

Nicoletta Dicova, Jean Hummler, Patrick Böttcher

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20 mai 2014

Vini, Birre, Ribelli - RIP

Et voilà, c’est (déjà) fini, comme dit la chanson.

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Face à mes rêves et ceux de Nicoletta, la réalité aura finalement dicté sa loi et j’ai pris, en termes de passion, une des décisions les plus tristes de mes dernières années en annulant hier soir le Salon Vini, Birre Ribelli. A ce stade, en effet, malgré une énergie follement dépensée, trop peu de vignerons ont répondu définitivement présent, et même si j’ai entièrement confiance dans les très nombreuses promesses de participation, je ne peux pour autant risquer d’aventurer notre jeune ASBL dans ce qui risque de plus en plus de devenir un gouffre financier auquel, sans réserves personnelles, je ne peux faire face. Tout cela d’autant que des évènements ou des circonstances imprévues sont venues noircir le tableau, comme une difficulté, en novembre, pour les vignerons du Piémont à être présents ainsi que plusieurs évènements concurrentiels au Japon, face auxquels la petite Belgique se trouve bien menue.

Et pour ce genre d’évènements, sans l’assurance de pouvoir avoir le nombre de vignerons suffisant, il serait d’une grande naïveté de tenter de faire appel à des investisseurs, les temps ne sont pas à ce genre de choses.

J’ose espérer dire que j’annule aujourd’hui sur la ou les dates et la forme prévues mais que ce n’est que partie remise, mais il faudra une nouvelle énergie pour cela que je n’ai pas pour le moment.

A tous ceux qui y ont cru, qui m’ont apporté leur soutien, ou leurs promesses de soutien, je vous dis merci du fond du cœur, quant aux autres, ceux qui ont préféré quitter le bateau encore à quai ou qui n’ont pas voulu s’engager plus fermement, qu’ils sachent bien que je n’ai et n’aurai pas de rancune, visiblement, tous ensemble, nous n’étions pas encore prêts à créer un grand salon de vins naturels italiens en Belgique.

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17 mai 2014

Dikkenek - Naturellement Bruxelles

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Depuis que j’ai la chance de voyager pour et dans le vin et que je n’ai de cesse de rencontrer de sympathiques visages de l’hexagone, une chose m’a toujours frappé, particulièrement dans le chef des passionnés des vins naturels, c’est leur incroyable fascination pour le film Dikkenek.
Et si, en Belgique on trouvait énormément d’accrocs au film, toujours avec cette dose d’autodérision si typique, que l’intérêt pour les vins naturels était toujours plus croissant, j’avais jamais vu un lien évident entre les deux mondes.

Et puis, là, depuis le 9 mai de l’an de grâce deux mil quatorze, trois amis, Didier, Philippe et Sabrina viennent soudainement de changer la donne et… cette donne-là va vite devenir cultissime.

Tout commence par une trouvaille, un vieux café bruxellois en face de la gare d’Uccle Calvoet, un de ces cafés à l’ambiance magique dont se détourne la société strass et paillettes d’aujourd’hui, un de ces cafés où ne restent que de vieux fidèles venant hydrater de bière leur partie de billard, un de ces trop rares cafés où subsiste l’âme du vieux Bruxelles, celle que Brel aimait à chanter avant que le produit-roi ne vienne doucement transformer tous ces lieux en Quick ou Mac si vulgaires.

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Pour le trio, l’objectif premier est de faire revivre ce lieu, sans y toucher ou presque, sans bousculer ses anciens clients, juste en y ajoutant une touche ou deux qui se veut enfoncer clairement le clou « Bruxelles ».
C'est évidemment là qu’arrive, plein de bon sens, le nom de l’établissement, Dikkenek, parce que les réalisateurs du film avaient dans l’humour atteint bien plus qu’on ne pourrait le croire cet esprit bruxellois qui doit survivre, cette zwanze à laquelle il faut s’accrocher.
Comme de bien entendu, les acteurs du film adhèrent sans sourciller au projet à tel point qu’on peut lire sur le site web du bistrot :

« Au Bistro-Dikkenek, le concept est que chaque acteur du film a sa table attitrée et que son nom y figure. Si vous êtes assis à la table de J.C. ou Claudy et que l’un d’eux débarque à l’improviste, à vous de vous faire accepter à leur table … ou d’en changer ! »

Et quelques délicieuses tapas aussi de s’ajouter, parce qu’il faut quand même bien se mettre quelque chose sous la dent, non peut-être !

Culte ! On vous dit ….

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Et puis, pour donner cette « final touch », arrive la passion explosive de Didier, un des membres du trio, pour les vins naturels français. A côté de la bière pression (sous les 2 euros), il va créer une carte des vins naturels des plus époustouflantes, bien aidé par des importateurs qui en savent long sur la question, comme Jean-François Basin et Laurent Mélotte. Epoustouflante… à tel point que j’oserais dire que même dans le coin le plus branché de France, j’ai jamais vu cela… Pas convaincus… ouvrez-donc donc le tarif pdf …. Et accrochez-vous. Et quand on pense que ce n’est qu’un début…. On se met à rêver.

Vous avez compris, on est à peine sorti de là, qu’on veut déjà y revenir, saisir sa canne pour une partie de trois bandes, avec sa quille de Sebastien David, de Fanfan Ganevat, de JP Rietsch, causer avec les « anciens » de Bruxelles, de leur Bruxelles, de notre Bruxelles, leur offrir un verre, reconstruire le monde, retrouver le sourire de Julie qui rayonne de l’ambiance locale.

Amis français, faudra vous y faire, votre prochaine visite passera inévitablement par la terrasse face à la gare… amis belges.... vous savez ce qui vous reste à faire....

 

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Bistro Dikkenek

Dieweg, 2 1180 - Bruxelles (Uccle)
Tel.: 02/374.47.19
info@bistrodikkenek.be
www.bistrodikkenek.be
https://www.facebook.com/bistrodikkenek

Horaires :

Lundi, Mardi, Mercredi de 10:30 à 22:00
Jeudi & Vendredi de 10:30 à 24:00
Samedi de 16:00 à 24:00
Dimanche Fermé

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