Sauvons le droit d'expression de nos vignerons !

Le vin n'est pas une simple boisson qui contient de l'alcool mais bien une des plus fortes images de l'héritage culturel de millions d'artisans et de consommateurs qui n'y ont jamais vu un produit addictif mais bien un moyen de partage, social, culturel et gastronomique.
Le réduire à une simple boisson addictive serait réduire l'histoire de l'humanité à une vulgaire canette alcoolisée sans âme... et pourtant...
Dans un nouveau et récent rapport au gouvernement français, le professeur Reynaud enfonce le clou en l'incriminant comme une des boissons les plus dangereuses qui soient en termes d'addiction, plaçant les vignerons au même niveau que les producteurs industriels alors qu'ils ne sont que des agriculteurs qui véhiculent par leur travail des millions d'expressions différentes d'un aliment qui accompagne l'humanité depuis sa naissance...
...alors... s'il reste un peu de cette humanité en vous, ce dont je ne doute pas, puisque vous êtes de mes lecteurs, parlez-en, partagez sur les réseaux, et surtout signez la pétition !
Pour cela, rejoignez la page "Sauvons le droit d'expression de nos vignerons" https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/sauvons-le-droit-d-expression-de-nos-vignerons où vous trouverez aussi plus d'informations.
Les Vins Naturels Italiens et les Vendredid du Vin de Juin # 57 .... c'est parti

Nous sommes en juin, et donc depuis 4 jours, j'ai le plaisir de présider, ce mois, aux destinées de ces Vendredis du Vin avec comme thème les Vins Naturels Italiens.
OUI, oui, je vous tape sur le clou avec cela, MAIS ces vins valent très largement le détour....
Petit rappel, les italiens définissent leurs vins comme naturels s'ils sont issus de sols respectueux de la nature, et s'ils sont produit en respect avec l'artisanat historique tout en intervenant un minimum afin de conserver les marques de leur fruit et de leur terroir. S'ils ont effectivement souvent très peu de soufre embarqué, il n'y a pas là de règle absolue, juste du bon sens.
N'oubliez pas, surtout les djeunes, que vous n'êtes pas obligés de boire votre ou vos quilles le dernier vendredi du mois tout en faisant votre article le même jour... En fait, il est même conseillé de vous mettre en "chasse" au plus vite, de ne pas tarder à les ouvrir, dans le plus grand festoiement possible, de sorte d'avoir du temps pour nous pondre un bel article. Et... si la plume vous fait peur, rien ne vous empêche, comme nous à Bruxelles, de vous réunir en groupes et de trouver votre victime qui fera le rapport....
Enfin, ceux qui n'ont pas de blog et qui veulent rigoler avec nous, ils sont invités à m'envoyer leur texte par mail à patrick@bottcher.be, je publierai tout cela dans "Vins Libres" !

Bon, comme je suis sympa et qu'on sait que vous allez caler, voici une liste de gentils vignerons dont nous vous conseillons absolument les quilles : Luca Roagna, Belotti, Giuseppe Rinaldi, Giuseppe Mascarello, Augusto Cappellano, Bartolo Mascarello, Brovia, Trinchero, Sylvio Morando, Villa Terlina, Elisabetta Foradori, Musella, Corte Sant'Alda, Tenuta Grillo, Lo Zerbone, La Stoppa, Denavolo, Tenuta di valgiano, Podere le Boncie, Pacina, Colombaia, Fonterenza, Stella di Campalto, Montevertine, Pian dell'Orino, Paradiso di Manfredi, Fattoria di Caspri, Massa Vecchia, Podere Sanguineto, Le Coste, Emilio Pepe, Cantina Giardino, Ca del Noce, Lamoresca, COS, Occhipinti, Frank Cornelissen, Paolo Bea, et tous les inspirés de la Slovénie voisine, Gravner, Princic, Radikon, Vodopivec... et j'en oublie, forcément !!!!!
Et pour ceux qui sont près de Bruxelles, ce week-end du 8 juin, on vous rappelle ceci : http://www.vinslibres.net/archives/2013/05/13/27148664.html
Salute a tutti !
Sous les Pavés, La Vigne... J'en bave encore !

Un bref retour sur ce mini week-end parisien de l’aube de juin qui voyait mon pote et Vindicateur Antonin Iommi Amunategui gérer son premier salon des vins « Sous les Pavés, la Vigne » sous l’égide de « No Wine is Innocent », son blog et de Rue89, le tout dans une ambiance joyeusement et amicalement concurrentielle, puisque parallèlement deux cavistes à l’indépendance reconnue faisaient eux aussi abondance d’amis vignerons et de visiteurs, le premier, Thierry de l’Amitié qui Rit à Montreuil avec son salon « Naturisme », le second et truculent Paco dans sa cave d’Ivry, avec son bien nommé salon « Les Papilles Résistent, Francs-Tireurs de la Picole » à Montreuil.
Gare du Nord, Ivry, Montreuil et … la Bellevilloise à Ménilmontant où avait lieu le salon d’Antonin, le tout en 24 heures… une manière comme une autre de découvrir une grosse partie des stations de métro de Paname...

Revenons donc sur le gros morceau du WE, soit « Sous les Pavés, la Vigne », ses 45 vignerons*, ses animations avec Jonathan Nossiter (Mondovino), Xavier Denamur (République de la Malbouffe), Paco Mora d’Ivry (décidément très occupé ce WE) et Ophélie "Miss Glouglou" Neiman. Une librairie haut perchée aussi avec particulièrement François Morel qui venait dédicacer son « Le Vin au Naturel des éditions Sang de la Terre mais aussi et surtout presque toute l’équipe des «Tronches de Vin » entourée de leurs éditrices des Editions de l'Epure, et Marie Rocher pour autant de dédicaces. (Voir le document officiel en pdf)

Et c’est vraiment un vent de « Tronches de Vin » qui flottait dans la salle dès potron-minet, à H-2, alors que tout le monde s’agite fiévreusement pour accueillir les 700 visiteurs du dimanche et les 400 du lundi.
Un vent de Tronches de Vin, donc, parce que face au barbarisme commercialement orchestré d’un Grand Tasting, ici, on respirait la joie de vivre, les sourires en connivence, ce soupçon d’anarchie qui rend les choses si craquantes et vivantes. Bien sûr, il y avait du monde et du coup, il faisait chaud, mais comme cette chaleur se transmettait à la tocante, on vibrait bien, surtout que dans tout ce beau monde, il y en avait des rencontres à faire entre vieilles et naissantes amitiés.
Autant dire qu' après ça, les jours qui suivent, on fait que se « liker » à donf sur Facebook !

Qui plus est, malgré la chaleur ambiante (dans tous les sens du terme), ma première impression est la remarquable fraicheur qu’avaient les rouges … comme quoi, chassez le naturel, il revient du frigo ! Bon les blancs, aussi, ils étaient frais, mais parce qu’en plus de quelques frigos, des vrais ceux-là, le service livraison des blocs de l’Antarctique était top, ce qui est toujours pas le cas dans ce genre de festivités.
En plus de la fraicheur globale jubilatoire des vins, faut aussi dire que les bons canons, il y en avait à la pelle et donc revenir sur tous, ça va être durloche. Mais quand même, il y a des trucs qui m’ont méchamment retournés, en voici une petite liste à la Prévert :
Il y avait tout d’abord, bien mis pour garder l’entrée, Jean-Pierre Rietsch et ses quilles alsaciennes de plus en plus déchirantes de buvabilité et de précision ; son Crémant et ses sylvaners V/V et Zotz sont de vraies pépites !
Juste à côté, difficile de louper la très belle série de vins proposés par Audrey Binner avec une énorme maitrise du fruit et surtout de fraicheur sur des millésimes pourtant chauds comme 2009 et 2011, et pas au « Nord » de l’Alsace ! Pensée émue pour le Muscat et le Gewurz du jour !
Pas loin du tout de là, il y avait la superbe gamme ultra-aromatique des De Moor, incontournable ! Et ses chablis juteux et tendus d’annoncer des bourguignons rouges tout aussi craquants que ceux de Gilles Ballorin, sans oublier ses voisins Jean-Pascal Sarmin et Jean-Marie Berrux, heureux possesseurs d’une des plus belles maisons de négoce bourguignonnes et qui sont forcément de braves gens puisqu’ils ont plus qu’un intérêt majeur pour une certaine gueuze Cantillon, dont quelques bouteilles avaient trouvé fraicheur et gosier, parmi tous ces jus de treille !

Bon, là,je me rends compte que je suis parti pour y aller dans le descriptif longuet et que toutes les rangées vont y passer…, donc, faut que j’abrège, alors fonçons vers les gros coups de cœur, en vitesse, hein !

Avoir une cuvée qui s’appelle BAM et la faire déguster à Ménilmontant, faut oser mais c’est pari gagné pour cette merveille de l’ami Benoît Tarlant, inoubliable, malgré la présence de deux autres cuvées d’anthologie et le plus que noble voisinage de la Boulard Factory avec un Rachais immense (mais ça c’est pas nouveau) et une aussi jolie découverte des quilles d’Olivier Collin (Domaine Ulysse Collin) dont ce magique Blanc de Blanc les Roises !

On quitte les blancs, enfin qu’à moitié, pour aller méditer de bonheur chez Isabelle Perraud, avec les canons de son Domaine de la Molière, parce qu’effectivement son chardonnay et surtout son sauvignon méritaient le détour. Mais ce qui m’a mis à genoux, cailloux, hiboux, choux… c’est son Moulin à Vent dont la fraicheur faisait de l’ombre au pourtant superbes quilles voisines de Môssieur Alonso de Pur et au toujours superbe Vin de Kav du père Karim Vionnet ! Sans oublier le génial Domaines des Bodines, futur fer de lance en Arbois, je terminerai par une superbe émotion de TOUTE la gamme italienne présentée par mon Antoine et ma Justine, Ze Dealers de Vins et surtout, au-dessus de tout, les énormes cinsault et carignan d’Ivo Ferreira de l’Escarpolette, des vins en totale corrélation avec leur géniteur, un ENORME Monsieur en terme de joie communicante, un mec qui, je le sens, va avoir droit à des pages kilométriques sur ce blog. Bon d’accord, il est pas brune aux gros seins… nul n’est parfait ! Et puis, en plus, il semble qu’on tienne là un futur ambassadeur de Cantillon, à Montpeyroux, dans les Terrasses du Larzac.

J’en ai oublié, je sais, et puis, et c’est le seul point que je regrette, il y a ceux que le temps et surtout le monde m’ont empêché de voir de plus près, comme Laurence la Vigneronne ou le domaine Milan que je voulais pourtant tellement rencontrer !
Ce qui me fait dire à l’Antonin… t’as vraiment intérêt, mon pote avec tes petits copains et copines à refaire ça l’année prochaine, et tant pis si je dois fermer la pharmacie, je viendrai, le lundi… aussi !
BREF....
Un énorme merci à toi, Antonin, et ton équipe, en tous cas ! Et merci aussi à Nicolas Lefevre pour ses magnifiques photos dont je me suis emparé ! (avec son accord).

Merci aussi à Eva, Justine, Brigitte, Samia, Philippe, Laurent, OliF, Paco, Guillaume et mon Antoine pour tous ces sourires, ces moments partagés qui sont le meilleur antidépresseur du monde, avec le vin naturel, le cochon et le sexe!
Annexe :
Pour rappel, la liste de tous les vignerons présents : Autour de l'Anne, Audrey et Christian Binner, Domaine des Bodines, Patrice Hughes-Béguet, Le Petit Domaine, Domaine de la Bòria, Francis Boulard et Fille, Domaine de Brin, Andrea Calek, Clos Cristal, Clos des Cimes, Ulysse Collin, Côtes de la Molière, En Joue Connection, L'Escarpolette, Francuska Vinarija, Château Gombaude-Guillot, Domaine de la Grapperie, Dominique Léandre-Chevalier, Domaine Ledogar, Domaine du Mazel, Domaine Milan, Alice & Olivier de Moor, Noëlla Morantin, Domaine de Mouressipe, Olivier B, Domaine de la Pépière, Jean-Yves Péron, Pithon-Paillé, Production Unique Rebelle, Domaine de l'R, Jean-Pierre Rietsch, Domaine Rousselin, Sarnin-Berrux, Domaine de Soleyane, Tarlant, Domaine des Terres Promises, Les Trois Petiotes, Karim Vionnet...
VDVs #56 : L'arche de Noé des cépages rares et oubliés
Ils étaient venus nombreux, les Brusseleirs, dans leur tanière ixelloise (lire Bobosland Brussailois*) pour entourer un bon vrai jeune président des Vendredis du Vin en la personne de leur compère Jeff Heering du blog Balthazar Magnum, car c’est à lui effectivement qu’incombe la charge mensuelle de ce mai pluvieux de nous emmener sur la thématique de son choix : « L'Arche de Noé des Cépages rares et oubliés... »
* Bruxelles : ville qui au dire de Libération est une ville sâle et pleine d'insécurité, capitale d'un pays, selon le Nouvel obs, en cours d'évaporation!

Comme le dit lui-même le type de la photo çi-dessus : Un sujet qui traîne dans mes cartons depuis quelques mois, suite à des visites chez des passionnés de leur terroir, des vignerons qui, à contre-courant, cherchent, travaillent, replantent, repiquent des cépages identitaires oubliés ou rares de leur région, comme un acte de résistance à la conformité. Des vignerons des quatre coins du vignoble (français ou d’ailleurs) comme Nicolas Gonin en Isère, la famille Plageolles à Gaillac ou les Tarlant en Champagne. Des cépages qui ont pour doux nom le loin de l'oeil, la mècle de bourgoin, l’Arbanne, le Petit Meslier, la Folle blanche, le Prunelart, le Carignan blanc, des cépages oubliés face à la standardisation, des cépages d’un coin où la vigne disparait, des cépages peut être pas si faciles à travailler mais qui donne au vin toute sa typicité.
Et on comprend ses raisons au président du jour : Ces cépages étranges venus de la planète Bordeaux dans le but de faire de la Terre leur univers, Jeff Heering les a vus. Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva. Cela a commencé par une auberge abandonnée et par un homme devenu trop las pour continuer sa route. Cela a commencé par l'atterrissage d'un vaisseau venu d'une galaxie américaine. Maintenant, David Vincent sait que les merlots et les cabernets sauvignons sont là, qu'ils ont pris forme humaine (enfin presque) et qu'il lui faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé…

Un vrai sujet de passionné, donc, que ceux qui connaissent l’oiseau n’étonnera pas trop, tant l’animal, malgré sa jeunesse et sa jeune paternité montre déjà depuis des années un vrai talent dans la connaissance des vins de glou. (Jeff, t’oublies pas ma quille, hein ?). Un bon vrai beau sujet de Vendredis du vin qui va certainement en terroriser une part, en faire fuir une autre, comme d’hab, en fait….
Et pourtant, faut croire que ça existe partout ces petites choses rares ou oubliées puisque pour notre petite réunion, ce sont 19 quilles qui nous attendaient vaillamment, dont la plupart en monocépages… Et dire qu’on vit au pays de la bière….

En plus, une soirée sans merlot et sans cabernet sauvignon, on n'allait pas cacher sa joie…
Enfin... dire qu’on n’allait pas cacher notre joie… c'était avant, parce qu’au final, c’est une autre histoire…. Au point qu’il est difficile, même si on s’engage à ne parler que de ce qu’on aime et de ne jamais critiquer ce qui n’est jamais que pas à notre goût personnel, de toujours tenir cette philosophie à la lettre, tant, euh…, vous avez compris.
Croyez bien qu’il ne s’agit ici certainement pas d’un défoulement collectif bien présomptueux quand on est obligé de dire que ce n’est pas trop top.
Bon, que la fête commence…
Le premier des cépages « bizarres » est un Mauzac sous forme de bulles, apéro oblige. Malgré une relative simplicité, ce petnat « Mauzac Nature, Quand Même ! » 2011 des Plageoles en Gaillac s’avère une belle définition du glou, malgré une vinosité indéniable pour ce genre de liquide et des amers assez solides, bref, du chouette.

On continue ensuite avec du pointu, du rare, issu des tribulations d’un zigue en mal de riesling, rebref, un machin ultraconfidentiel et presque aussi disparu que le Dodo, une originalité campanienne, quoi : le Coda di Volpe. On le retrouve à 100% dans la cuvée Paski 2010, IGT Campania de la Cantina Giardino ; il s’y exprime avec énormément de caractère, d’originalité avec un nez puissant, complexe où quelques notes amusantes de térébenthine ajoutent du caractère mais surtout, il se livre avec une bouche tendue et équilibrée, qui ne refuse pas un peu de gras solaire, mais où prédominent surtout énergie, salinité le tout sur un joli lit d’écorce d’orange amère. Cette belle chose, on la doit à Antonio di Gruttola, un œnologue un peu fou recyclé en vigneron, qui a décidé, avec succès , de faire revivre en Campanie les cépages autochtones, sur les plus vieilles vignes possibles et en l’absence de toute saloperie industrielle… à suivre, on vous dit !

Pour continuer le périple, on reste en Italie, avec un cépage dont le nom nous éclaire directement sur ses origines : la Vitovska. Avec un machin comme ça, on flaire le Frioul, la frontière slovénienne, les amphores enterrées… et c’est forcément bingo, puisqu’on est face, ici, à la Vitovska 2005 IGT Venezia Giulia de Paolo Vodopivec, un des maîtres du genre… Las, pour une raison difficile à comprendre en l’état, tant les précédentes rencontres avec la chose furent emballantes, ici, à part du beurre, de l’artichaut amer, une forte sensation solaire, c’est morne plaine, si ce n’est l’espoir après deux heures d’aération de voire se pointer une promesse de fraicheur… Mais cela nous rappelle combien il faut accepter avec ces vins bien vivants qu’une ou l’autre bouteille s’enrhume…. (Paraît mùême qu'il y a des Bordeaux qui...)

On change ensuite de pays tout en restant sur la même latitude pour aller en Provence à la rencontre de ce qui m’étonnerait pas d'être le cépage vedette de ces Vendredis du Vin, le Carignan Blanc, pour ne pas le nommer, un raisin qui mérite assurément notre confiance. Et c’est Pierre Michelland, un vigneron féru de tradition et de naturel qui nous l’offre avec son «Cante Gau » 2010, Vin de France de son Domaine de la Realtière. Si le nez est assez réservé, concentré sur de léger fruits citriques, il respire la fraicheur, fraicheur qui prend une dimension supplémentaire en bouche avec un juteux plaisant et claquant, à haute buvabilité, donc, si ce ne sont les quelques notes boisées qui, bien que dispensables, ne perturbent pas l’édifice. Un très chouette vin !

Les habitués des errements bibitifs de notre club bruxellois n’ignorent pas que notre petite photographe à un certain tropisme affirmé (un bountche, comme on dit, ici) pour le domaine corse d’Antoine Arena, et si ce n’est pour ses quilles, c’est certainement le cas pour leurs géniteurs… Vous suivez ?

Et qui dit Arena, Corse, cépage oublié et/ou rare, dit Bianco Gentile, un nom qui sonne si juste à nos tympans, tant les voisines papilles ne rêvent que de cela, surtout en ces beaux étés qu’on ne nous promet plus. Mais en cette soirée, un peu comme pour la Vitovska, le carrosse Bianco Gentile 2008, Vin de Table de France d’Antoine Arena, s’est retransformé en citrouille un peu confite avec une dominance solaire indéniable, des notes oxydées un peu trop présentes, une amertume un poil trop présente mais avec aussi et quand même une belle acidité et de suaves fruits blancs bien charnus. Et quand on aime, hein, Brigitte, on….

Il y a des jours comme cela où l’amour doit être aveugle et ce n’est pas le suivant Terret qui peuple le Barral Blanc 2011 de l’éponyme Léon qui risque de contredire ces propos proverbiaux. Si le nez est plaisant, floral, plein de petits fruits frais, il annonce aussi un couac solaire qui s’exprime hélas que trop par une bouche rouillée, dure, à l’acidité carrée et à l’amertume métallique. Vu les petits bijoux que le maître Barral a l’habitude de nous fournir, on mettra cette petite déception sur le compte de l’engagement au très vivant ou finalement sur une bouteille pas exacte dans une soirée pas si facile.

On repart dans le grand rare avec le Rava Six, un cépage hybride qui s’étend sur 6 hectares de sols granitiques en décomposition en Haute-Loire et qu’on retrouve, ici, à 100% dans le Rav Par Six 2010 de la Cave Mondon-Demeure. Si l’acidité semble avoir été oubliée ou pour le moins muselée, ce vin se distingue toutefois par la puissance de son nez et de sa bouche avec beaucoup de fruit bien juteux et surtout énormément de caractère. Si ce n’est pas l’extase, le mérite de ce vin est de nous faire retrouver le sourire avant de passer aux rouges.

Pour entamer les festivités rouges, on s’attaque à nouveau à du pas commun, du moins en termes de notoriété, parce qu’à part la lointaine ressemblance de consonance avec un ailier bavarois, je dois avouer que c’est bien la première fois que j’entendais parler du Rybeyrenc . Il faut croire que je ne suis pas le seul, parce que Thierry Navarre s’est senti obligé de mentionner, « Cépage Oublié du Languedoc », sur son Vin de France 2011, totalement à base du dit cépage.
A-t-on la potentialité d’oublier ce qu’on ignore, ça, c’est une autre affaire....
Revenons au pinard pour dire que son nez nous tacle en finesse, avec un très bel effort du fruit sur l’aile droite pour terminer avec un bel obus de fraicheur tout en fruit, une manchette de tanins fins bien plus classe que celle du franco-bavarois et des épices et une buvabilité qui méritent bien une hola des supporters. Bon d’accord, on n’est pas non plus dans le côté émotif primaire à tendance psychorigide, on est sur le glou sans tralala mais très joyeux. Les petits 11° embarqués seraient-ils responsables de cette effervescence du public ?

Petite parenthèse en forme de retour sur terre pour parler très brièvement du Pineau d’Aunis qui a suivi, et, qui à l’instar du carignan blanc, risque d’être souvent à l’honneur dans ces joutes vendredivinesques de mai. La parenthèse s’achève déjà ici, tant il m’est impossible de parler du vin qui était censé l’illustrer et dont je tairai le nom, surtout le nom ! Je préfère rêver à cette cuvée Cantillon « Zwanze 2011 » où les grappes d’Olivier Lemasson mises en bière nous avaient fait littéralement décoller.
Impossible aussi d’éviter le combien subtil jeu de mot avec le cépage suivant : Icaunais, tu connais ? (La honte est un sentiment noble quand elle n’est pas hypocrite)
Bref… sans le connaître précédemment, il nous a bien plu, cet Icaunais 2008 des Cailloux de Paradis de Claude Courtois malgré son nez boisé, un poil surmaturé qui faisait craindre du lourd du Sud, parce que sa bouche a vraiment tout pour plaire : belle acidité, gros fruit croquant, belle longueur charnue, tanins veloutés et donc, belle buvabilité…
Maintenant, on connaît !

Aux confins de l’hexagone, en son Sud-Ouest profond, on trouve un Jurançon pas blanc parce qu’il est Noir. Ouais, Jurançon Noir, on te dit. Et Noir, c’est Noir chantait l’autre, ce qui, en plus des caractéristiques carrées du cépage a certainement inspiré “You Fuck my Wine” 2012, le Vin de Table du Mas del Périé de Fabien Jouves. Une sorte de rencontre de ring de boxe entre un De Niro pas content et la finesse de Johnny…
La petite Eva Robineau à la primesautière plume dans son blog Oenos a superbement décrit la chose : Parce que le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il envoie du lourd, ce vin. Ce n’est vraiment pas habituel. Au nez, on a des notes assez prononcées que je comparerais à celles des pruneaux ou des cerises qui ont passé des années dans l’alcool. Du fruit rouge cuit alcoolisé. C’est dense, avec de la matière, un peu de fraîcheur mais on sent bien l’alcool. Alors je ne le mettrais pas dans la catégorie des rouges glouglou pour pique-nique. Ce serait un coup à ne pas voir la fin du repas… Plutôt avec un plat riche et un peu épicé, ou comme je l’ai bu moi, en guise de verre de conclusion d’une soirée.
Pas de chance pour nous, on n’était pas en fin de repas…. Et je préfère les Bérurier, en tant qu’à faire… Comme disait un de mes potes voyant un de ses comparses tremper le bout de son engin reproducteur dans son apéro… « J’aime bien la guindaille, mais là, il y a des limites ! »
Définitivement, l’humour, c’est une des choses que je préfère… avec l’infanterie et les pieds paquets.

On reste dans le Sud-Ouest avec un cépage qui malgré sa rareté mérite l’AOC. Il s’agit de l’Abouriou et qui dit Abouriou dit « Bouriou » d’Elian da Ros, un Coteaux du Marmandais, ici, dans sa version 2011. Je persiste à me demander si Elian est capable de faire quelque chose que je ne trouverais pas "au moins" très plaisant. En tous cas, c’est pas ce vin qui me fera changer d’avis, mes compères, idem, tant ici on allie finesse fruitée du nez à finesse, équilibre, suavité, croquant de la bouche, velouté des tanins, et même s’il y a un peu d’amers, même si ce n’est pas terriblement long, putain, que c’est bon !

On l’appelle Braucol, mais aussi Fer Servadou, il semble se complaire en Languedoc, en tous cas il est le seul cépage rare à être cité deux fois dans ce périple oenobruxellois. Et pour commencer, on a droit au « Champ d’Orphée » 2011, une IGP des Côtes du Tarn de Stéphane Lucas. Et s’il n’avait pas son traitement sous bois, il aurait vraiment tout plaire, ce petit, avec son beau nez intense de fruits noirs, son bel équilibre de bouche, ses tanins et son amertume très maîtrisés et en fin son joli fruit bien juteux….

Pour suivre on a carrément droit à un assemblage de Marselan et de Caladoc (avec aussi un peu de carignan), parce qu’il y a donc des coins où les oubliés font la fiesta ensemble ! Et on trouve cette belle équipe dans le Château Gonflable Gonflable 2011 « Grand Q Glacé » de Cyril Alonso (P-U-R)… Avec un nom comme ça, soit tu fais comme Fuck…, et on discute, soit tu commets ce vin, et en plus de se marrer, on applaudit de bonheur et de buvabilité. Même le sucre légèrement résiduel et la surmaturité passent sans le moindre souci dans cette petite merveille de glou avec un F-R-U-I-T gros comme ça ! Réservez pour cet été qu’on vous dit !

On repart en Italie ensuite à la rencontre de la Bonarda. Bon d’accord, mes amis italiens diront qu’on en trouve encore beaucoup en Piémont, souvent en association avec la Barbera, mais j’avoue qu’avant de goûter cette chose justement en assemblage avec de la Barbera dans le Trebbiolo Rosso 2010 de La Stoppa en Emilie-Romagne, ben, je connaissais pô ! Mais dès qu’on y a goûté, on se dit que c’est trop naturellement bonnard, ce truc (je sais, c’est facile), bonnard non seulement en buvabilité pleine de fruit et de fraicheur, mais bonnard encore et aussi en terme de finesse, de complexité et de longueur… chouette !

On aurait dû avoir droit à un beau Cinsault avec l’Œillade 2007 du feu Plan de l’Om de Joël Foucou en Languedoc, mais une fois de plus, on suspecte un gros problème de bouteille.

Bon si vous suivez jusqu’ici, on vous rassure, c’est bientôt fini, encore trois petits vins et un bonus et zou, vous en aurez terminé avec nos divagations.

Et, pour commencer ce sprint final, rien de moins connu que le cépage Prunelart qu’on trouve à 100% dans le Gaillac Rouge 2008 de Robert et Bernard Plageoles un vin au nez plus classique avec quelques notes végétales et à la bouche équilibrée même si les fruits sont assez forts sudistes, que les tanins sont assez secs et que ce n’est pas non plus extrêmement long. Mais, comme une fille ne doit pas posséder tous les atours pour séduire, ici, c’est vraiment une sensation de pas mal du tout qui ressort avec, à nouveau, une buvabilité parfaite. Bien sûr, il y a plus cher et… plus pute !
Et puis, juste 8 hectares au monde… ça émeut...

Le second vin du trio final nous ressert le Fer Servadou, déjà rencontré plus haut, avec, ici, de la Négrette et du Cabernet Franc. Et comme cuvée, on fait pas mieux pour le moment puisqu’il s’agit du Mauvais Temps 2011, l’IGP Aveyron de Nicolas Carmarans. A nouveau un gros contraste entre un nez puissant avec une grosse volatile, un gros fruit bien solaire et… une énorme buvabilité, comme quoi, c’est bien en bouche que ça se passe !

Et on termine par un cépage italien bien rare mais que tout le monde connaît bien maintenant depuis qu’Elisabetta Foradori lui a redonné ses vraies lettres de noblesse et que, du coup, en Trentin, plein de vignerons se refocalisent dessus…. Vous avez dit Teroldego ? Of course… et ici dans sa version Foradori 2008. Ah oui, on vous en déjà parlé de cette quille… mais juste pour le plaisir on retape sur le clou : Nez fin, complexe, fruit rouge très frais et un léger bois, totalement maîtrisé. En bouche, la classe parle en fraicheur, en longueur et en glou, bref, un vin littéralement superbe et une géniale manière de terminer ce nouveau marathon vendredivinesque.

Reste à tenter une conclusion sur tout ce bazar… et bé… on s’est dit qu’on avait bu des trucs super buvables souvent, des machins passés aussi et quelques zozos bizarres… Mais globalement, au-delà de la buvabilité, ce maître atout qu'on vous accorde bien, on se dit que "sauver les Willy oubliés ou rares", c’est certainement bien pour conserver de la biodiversité, point à la ligne
Pour le reste, on a pas pu empêcher le groupe de conclure : les rares, c’est souvent pas mal du tout, mais... les oubliés, il y a peut-être une raison, parce que, souvent, à prix moindre, faut admettre qu’il y a des classiques tout aussi, si plus, bandants….

Mais donnez-nous tort, on demande que ça !
Seulement voilà, en plus du Teroldego pas si rare et pas si oublié que ça, et comme on avait encore soif (j'vous jure), on s’est attaqué pour finir à un Cot, plus exactement au KO « In Cot We Trust » 2009, Touraine Rouge de Puzelat… et...voilà le vin de la soirée, le truc génial qui descend tout seul, bref à lui seul, une forme de CQFD.

Bon...si tout le monde, en ce vendredi de mai automnal a fait comme nous, et bien le président, il risque de se marrer à tout compiler, parce que dans le dictionnaire Hachette des cépages de Pierre Galet, il y en a 9600 des cépages… Alors Jeff, du blog Balthazar Magnum, nous on te dit « Amuseer da goed ! », ce que les fins linguistes auront traduit sans difficulté par « Bien fait pour ta poire, président, fallait pas nous balancer un sujet comme ça…. »

Des Vini Naturali, le 8 juin à Bruxelles !

Dans le cadre des Vendredis du Vin de Juin 2013, dont j'assure la présidence éphémère, je vous invite tout le mois de juin (et même avant) a chercher, dégoupiller et glouglouter ces chefs d’œuvres que sont les vins naturels de l’Autre Grand Pays du Vin, et cela, seul (mais c’est triste) ou en groupe (c’est bien plus gai), une ou plusieurs fois, ce qui vous permettra, pour ceux qui le désirent, de nous préparer un article en béton armé pour le 28 juin, toujours dans le cadre des Vendredis du Vin.
Attention, je dis bien « pour ceux qui le désirent, ce qui se passera le samedi 8 juin n’étant absolument pas restrictif !
Quand on parle de Vins Naturels en Italie (ce que ni Michel Bettane, ni le Gambero Rosso ne semblent comprendre), on ne fait pas obligatoirement référence à des vins non ou minimalement soufrés, mais bien à des hommes dont la volonté est de revenir à une viticulture artisanale, libre dans son expression, en phase avec la nature, respectueuse de traditions séculaires. En fait, ce que les italiens appellent « le bon sens ».
Et en matière de vins de bon sens, il suffit de se balader dans les allées des salons de Vérone pour comprendre à quel point l’Italie a des trésors de goût et de précision à nous proposer.

Comme j’ai aussi l’occasion de pouvoir, à Bruxelles, compter sur mes potes « Brusseleirs », on a décidé d’ y organiser, ensemble, dans la capitale européenne, une journée « Italie Nature » qui va déménager et auquel on tient à inviter un maximum d’entre vous.
Ce sera, comme dit plus haut, le samedi 8 juin 2013 !
Au programme, nombreuses dégustations organisées par mes partenaires du jour Jean-François Basin de Basin & Marot, Wim Bunnens de Cantucci et un repas de gala avec la « Pasta » chez Caffè al Dente… la dégustation sera animée par le sommelier maison, Federico Mazzoni, pour qui, les trois mots Vini Naturali d’Italia sont une religion. Du très lourd à ne manquer sous aucun prétexte. Le tout à un prix très démocratique.
Ce sera aussi l’occasion de rencontrer les blogueurs et/ou cavistes agitateurs Monsieur Olif et Dame Olif, Antoine et Justine « Dealers de Vins », Eric Leblanc du Blog le P'tit Blanc sans col, Philippe Bon du blog Oenophil et son fils Mathieu ainsi que la vigneronne Laura di Collobiano de la Tenuta di Valgiano et peut-être aussi, avec un peu de chance, Francesca Padovani de Fonterenza.
Olivier Grosjean dit "Olif" est aussi un des truculents auteurs de "Tronches de Vin".... Profitez de sa présence à Bruxelles pour obtenir une dédicace sur votre exemplaire de cette bible !
On a une bonne vingtaine de places à vous proposer, les premiers inscrits seront les premiers servis…. Merci donc de vous inscrire par mail à patrick@bottcher.be .
Bonnes dégustations !
Salute !
Stella di Campalto, étoile à Montalcino

Au sud de Montalcino, à un jet de pierre de l’abbaye de Sant’Antimo, joyau d’architecture romane de la région, se situe un domaine attachant, le Podere San Giuseppe de Stella Viola di Campalto, plus connu aujourd’hui sous le nom de sa propriétaire. A l’image de l’abbaye voisine, tout y respire ici la vie, simple et pure et l’harmonie avec la nature. A l’origine de tout cela, une jeune et belle femme que rien ne prédestinait à la vigne.

Histoire
Il y a quinze ans, personne n’aurait pu prédire que la très jeune Stella di Campalto allait devenir une étoile montante du Brunello. Il est vrai qu’à l’aube de ses vingt ans, la jolie romaine issue de la noblesse de la région, très jeune mère de deux enfants, réside à Milan et n’est pas très attirée par le vin. De nombreuses possibilités s’offrent à elle dont une vie romaine, mais sa tante, personnage assez original de la famille, parvient à la persuader qu’il y a vraiment quelque chose à faire en Toscane avec le vin, des incitants financiers étant distribués à l’époque par la région pour planter du Sangiovese.
Ce qui fait vibrer sa tante, c’est que Stella et son mari ont reçu en cadeau de mariage des terres rachetées à l’église non loin de Castelnuovo dell’Abate, lieu de leur mariage. Ce domaine se nommait depuis 1910 San Giuseppe du nom de son précédent propriétaire, Giuseppe Martelli qui avait cependant arrêté ses activités agricoles en 1940. Il fut finalement cédé en 1992 à la famille de Stella.

C’est donc sur un coup de tête que Stella se retrouve munie d’une subvention obtenue à Sienne pour créer un vignoble sur les 13, 5 hectares de ce domaine, dont 5,5 hectares peuvent être voués à la vigne en DOCG Brunello di Montalcino. Le tout est de faire renaître ses terres à l’abandon. Si l’idée de départ est de tirer des ressources financières de ce domaine en louant son vignoble. Mais malgré cette première idée, l’état de la terre où tout est à refaire et l’état ruineux du corps de maison principal, Stella va littéralement tomber amoureuse de l’endroit, y voyant un endroit idéal, plein de liberté pour y faire grandir ses enfants. Signe de la vie, en quelques mois, la santé précaire de sa fille ainée s’améliore de manière inespérée. Le fait de devenir vigneronne à part entière s’impose désormais à elle.
Nous sommes en 1998. A peine les vignes plantées, Stella opte pour une viticulture bio dont elle obtiendra rapidement l’agrément. Cette idée s’impose à elle d’autant qu’elle a toujours été attirée par la médecine homéopathique et ce qui est en adéquation avec la nature. Sa rencontre avec Nicolas Joly va tout aussi rapidement la motiver de passer en biodynamie, ce qu’elle fera dès 2002, avec l’intérêt supplémentaire que la terre, abandonnée depuis la guerre, n’a jamais connu de pesticides, herbicides ou engrais, elle se prête particulièrement à réagir favorablement à cette forme de phytothérapie.

Pendant que les vignes, encore trop jeunes pour produire du vin de qualité, grandissent, Stella part à Bordeaux suivre des cours de sommellerie tout en y exerçant de stages bénévoles en sommellerie. De façon originale, son corps apprend le métier pendant que ses vignes se font à la terre. Le coup de tête s’est littéralement transformé en passion.
De retour en Toscane, elle va rencontrer Piero Palmucci du célèbre domaine voisin Poggio di Sotto qui va rapidement devenir son mentor.
C’est en 2001 que sont finalement produites les premières bouteilles, quelques centaines de Rosso di Montalcino. Elle attendra 2004 pour faire son premier Brunello, obsédée qu’elle est par l’idée de bien comprendre sa terre avant d’en tirer sa quintessence. La certification Demeter saluera ses efforts en 2005. Parallèlement à la vigne, Stella veut créer un environnement idéal pour son vin, et partant du fait que rien ne préexiste en termes de réelles installations de production et d’élevage, elle va faire construire un chais en contrebas de sa maison qui est achevé en 2002 et qui, sans rechercher un quelconque tape à l’œil, structuré sur trois niveaux permettra de traiter le vin de la meilleure manière.

A la vigne, Stella est aidée aujourd’hui par une équipe de 5 personnes dont Gianfranco Noi et par Leonello Aniello comme consultant externe. En plus de ces collaborations, Stella n’est sûrement pas une personne qui s’enferme avec ses certitudes et elle a récemment cofondé SPA, Sangiovese per Amico, une association entre elle, Francesco Leanza du Podere Salicutti, Caroline Pobitzer et Jan Hendrik Erbach de Pian Dell’Orino, association qui a pour but de promouvoir la réflexion commune autour du Sangiovese à Montalcino.

Un petit groupe où l’amitié prévaut qui fait furieusement penser aux Dolomitici et Elisabetta Foradori. Il est certain qu’on retrouve là énormément de valeurs liées à l’artisanat, au terroir et à la biodiversité que je défends dans ce blog. Une charte appelée « Manifesto of Diversity » a été récemment publiée pour définir leur collaboration. Stella a aussi rejoint le mouvement Renaissance des Appellations -Italia.
En quelques années, la jeune fille qui ne connaissait rien au vin est devenue une icône de la viticulture biodynamique à Montalcino.
Domaine et viticulture
A côté d’une zone de forêt et d’oliviers plantés en 1920, les 5 hectares et demi de vignes s’étendent autour du chai sous forme de 6 parcelles attenantes :
- La Vigna al Leccio d’exposition Sud-Ouest à 340m d'altitude
- La Vigna Curva d’exposition Sud-Ouest à 320m d'altitude
- La Vigna al Sasso orientée plein sud, à 290m d’altitude
- La Vigna Bassa orientée plein sud, à 270m au-dessus du niveau de la mer
- La Vigna all'Ulivo orientée à l’ouest, à 280m au-dessus du niveau de la mer
- La Vigna al Bosco orientée plein sud, à 240m d’altitude.
Les quatre premières parcelles sont vouées uniquement au Brunello, la cinquième est mixte en Brunello et Rosso di Montalcino, alors que la sixième produit des vins en D.O.C. Sant’Antimo.
De pentes douces à moyennes globalement semblables, ces parcelles diffèrent principalement par leurs types de sols, tantôt volcaniques, ferrugineux, calcaires à galets ou argilo-calcaires. Cette diversité de sols se marque de manière très perceptible quant à la manière très différente qu’ont les différentes graminées d’évoluer entre les rangs, ce que ne manquera pas de remarquer un œil avisé.
Si le domaine est divisé ainsi de façon parcellaire, c’est parce que chacune par la nature de ses sols possède son propre caractère d’expression des vins, ce qui explique leur élevage de manière séparée avant assemblage final.

La densité de plantation est de 4500 pieds à l’hectare avec une volonté de toujours rester entre 30 et 60 hl/ha en y favorisant les sélections massales. La notion de raisins autochtones est ici primordiale. Autour et entre les rangs de vigne, l’accent est mis sur la plantation d’environ 25 types de légumineuses, de graminées, de céréales et de plantes médicinales afin de créer les conditions idéales à l’épanouissement de la biodiversité, tant végétale qu’animale. Tous les traitements et leurs rythmes sont d’ordres biodynamiques. Les préparations utilisées sont mises en commun avec quatre autres domaines en biodynamie à Montalcino, dont ceux du groupe SPA. L’écimage des vignes n’est pas pratiqué afin de conserver un toit important (méthode dite de l’accapannamento) nécessaire à l’équilibre des parties foliaires.
Malgré une installation au début de l’histoire du domaine, le système d’irrigation présent est abandonné de par le risque d’apporter trop de soufre à la plante. Parallèlement, l’accent est mis à limiter l’usage du cuivre, actuellement de 700 grammes par hectare et en diminution, l’objectif principal étant bien de laisser la biodiversité assurer la défense des vignes. Les vendanges sont manuelles, en petits plateaux pour respecter les baies au maximum et une sélection rigoureuse leur fait suite.
La cave et l’élevage
L’année 2002 a vu la fin de la construction du chai à trois niveaux où tout est conçu en termes de gravité. Au premier niveau les raisins arrivant de la vendange sont triés et égrappés avant d’être descendus par gravité au second niveau où a lieu le pressurage lent puis la fermentation en futs tronconiques ouverts de 30 hl. La fermentation se fait sous l’action unique de levure indigène sans aucune tentative d’accélération du processus. Durant la fermentation, les lies sont remontées 4 fois par jour à l’aide de pompes péristaltique, le reste du travail étant essentiellement manuel.

Une fois la fermentation alcoolique terminée, le vin est descendu par gravité au niveau de vieillissement, à 15 mètres de profondeur et à température constante, où il atteindra sa maturité en barriques de 225 litres ou en foudres de 900 litres. Une partie des barriques (+- 20%) est remplacée chaque année par des barriques neuves. L’influence marquante du bois n’est toutefois pas recherchée. D’une manière assez intéressante Stella di Campalto défend l’idée que depuis qu’elle est en biodynamie, l’influence du bois sur le vin a été terriblement diminuée par rapport à l’époque où elle était en simple agriculture biologique.

Durant tous ces processus, les vins sont toujours séparés par terroirs, ce n’est que peu avant la mise en bouteille qu’ils sont assemblés, de même à tous moments, l’usage du soufre est réduit au minimum. Aucun enzyme ou autre adjuvant technologiques ne sont ajoutés et les vins sont clarifiés par précipitation naturelle et aucune filtration stérile n’est effectuée afin de préserver au maximum l’authenticité des vins avec un respect total de la variété induite par chaque millésime. Aucun assemblage avec un millésime plus ancien n’est donc pratiqué même si la DOCG le permet à raison de 15%.

Les mises se font au printemps ; Le Rosso est élevé 2 ans en bois et un an en bouteille, alors que le Brunello, majoritaire, est élevé 45 mois en bois suivi d’un an et demi en bouteille. La philosophie des deux vins se veut rigoureusement différente comme ce qui se fait à Fonterenza. Le Rosso a une vocation de vin de fruit, de soif et de pure buvabilité alors que c’est bien la profondeur et la marque des terroirs qui est recherchée dans le Brunello, bien qu’ici aussi, la notion de buvabilité reste un maître mot.
En 2006, la production de Brunello était de 11.000 bouteilles pour 7500 de Rosso. Une IGT de 100 bouteilles avec des cépages allochtones existe encore mais n’est pas dans la volonté du domaine quant à sa pérennité. Parallèlement, le domaine produit un peu de grappa et d’huile d’olive.

Dégustation
Nous avons eu le plaisir de goûter plusieurs vins sur fût ce qui est une entreprise pleine d’intérêt vu que les différents terroirs sont vinifiés séparément. Globalement les 2011 s’annoncent assez difficile, vu le caractère solaire important. A ce jour, difficile de s’exprimer vraiment, à côté d’une matière dense, serrée, assez fermée, l’acidité d’une excellente qualité permet tous les espoirs. Les 2010 sont nettement plus profonds, a côté de futs qui ne renient tantôt par leur solarité, tantôt par leur caractère purement juteux, la barrique qui contient le vin issu du Sasso, se montre tout simplement prodigieuse de profondeur et de salinité. Cette cuvée me fait penser à la minéralité des Morei d’Elisabetta Foradori. Le moins qu’on puisse dire c’est que tous les éléments sont là pour, après un assemblage judicieux, balancer un tout grand vin. Le 2009 a été goûté, assemblé, peu avant la mise, et s’il montre moins de profondeur que le Sasso, on peut parler de grande réussite en termes de jus et de buvabilité, tout en conservant cette notion de classe et de finesse qu’on ou devraient avoir les Brunellos. En finale, le côté sanguin juteux du Sangiovese domine, pour notre plus grand bonheur.
Les vins sont pour leur immense majorité d’une grande fluidité, pour ne pas dire buvabilité, respectant clairement les objectifs de Stella, aidés en cela par une superbe intégration des tanins, conférant aux vins un aspect satiné irremplaçable.
De retour en Belgique, nous avons goûté les deux vins actuellement commercialisés

A l’ouverture le Rosso di Montalcino 2009 surprend un peu par rapport aux standards de l’appellation. Le nez est assez puissant, riche, solaire, assez végétal et surtout, il développe des arômes de chocolat très mourvèdre. La bouche est très gourmande, ronde avec des sucres embarqués qui risquent de ne pas plaire à tous. Mais grâce à une fraicheur conservée, une sensation de véritable équilibre, on se dirige plus vers une image d’Amarone que de vin en surmaturité. Une belle pièce de viande devrait anoblir ce vin, il y a cependant lieu, à mon avis, de le servir à moins de 15°C. Il faut bien noter qu’on ne parle ici ni d’alcool, ni de tanins secs, ces derniers s’avérant à nouveau d’une grande souplesse. Avec l’ouverture, l’aération, cette puissance a, de plus, le mérite de s’assagir atténuant les sensations de rondeur au profit de la buvabilité et de la fraicheur.

Le nez du Brunello di Montalcino 2007 est nettement différent de son prédécesseur, plus en retenue d’abord, de plus en plus sur le fruit avec l’aération. Des notes boisées sont présentes mais sans excès. Par rapport à une certaine retenue du nez, la bouche explose de fraicheur, de jus mais aussi de structure, avec une profondeur indéniable. Par rapport à d’autres 2007 goûtés précédemment la souplesse est ici de rigueur, la maitrise veloutée des tanins alliée à une acidité presque tranchante étant certainement les maîtres d’œuvre de cette sensation. Le boisé, encore assez présent vu la jeunesse de la bouteille promet lui aussi une future intégration idéale. Personnellement, on tient ici un de mes meilleurs Brunellos de 2007. Clairement, aussi, il faut noter l’énorme différence entre le juteux très généreux du Rosso et la classe en retenue du Brunello, respectant à nouveau cette différence annoncée par la vigneronne. Mais dans les deux cas, la buvabilité interpelle, probablement due à cette incroyable intégration des tanins.
Conclusions
Tout cet article peut en fait se résumer par une citation de Stella que je me suis permis de traduire ci-dessous.
« Je veux que mes vins aient de l’authenticité. J'adore quand chaque vin a sa propre personnalité. Parfois ils sont plus fermés, parfois ils se battent, parfois ils sont détendus. Le vin doit être simple et complexe, simple et profond en même temps. Mon rôle n’est pas directeur, ce sont les vins qui font ce qu'ils veulent. Le vin est un message de la nature, du sol. Il peut changer, comme la musique. Il peut vous rendre heureux ou triste, mais il doit être vrai... Il doit toujours être vrai.".

Je me réjouis de goûter à ma prochaine visite des millésimes plus anciens, tant je suis intrigué de voir si tous proposent autant de finesse de simplicité et de buvabilité… à la hauteur indéniable du premier contact que j’ai eu au domaine avec sa propriétaire.
Encore une vraie « Bella Personna » à découvrir à travers ses vins.
Coordonnées
Azienda Agricola S. Giuseppe “Stella di Campalto”
S.P. 55 Della Badia di Sant’Antimo, Km 10,2
Castelnuovo dell'Abate 53024, Montalcino (Siena)
Casella postale, 6
Lat 42.98410; Long 11.52781
Tel & Fax: +39 0577 835754
E-mail: info@stelladicampalto.com
http://www.stelladicampalto.it
Pensée du jour : Grazie Belle Donne !

Stella di Campalto, Francesca et Margherita Padovani, Francesca Sfondrini, Helena Iomazzi, Giovanna Morganti, Arianna Occhipinti, Laura di Collobiano, Caroline Pobitzer, Elena Pantaleoni, Elisabetta Foradori.... J’en oublie, évidemment !
Il y a vraiment quelque chose qui « bouge » en Italie et le fait que cette mouvance qui cherche profondeur et authenticité soit marquée par tant de portraits féminins m’étonne de moins en moins.
Cela se ressent indéniablement dans les vins, ils ont une âme, une vibrance, un jus et ils s’éloignent tous d’un standard économique. Certains iront jusqu’à dire que ce sont des défauts. Je ne crois pas. Ce sont simplement des différences.
La vie est différente, elle n’est pas standardisante, elle est une course effrénée et anarchique à l’existence.
Seul l’homme, par son avidité, son égoïsme, dresse un chemin contraire à la vie et il est heureux de voir que ce sont des femmes qui nous ramènent à la vie, celle qu’elles ont l’habitude de donner.

Burps, la suite : et si on parlait prix ?
Burps... la suite
Et si on parlait "PRIX" ?
Suite aux nombreuses réactions sur mon article de hier, »Burps », pour ne pas le cite, je me permets d’en rajouter une couche....

Pour rappel, suite à une certaine impression d’indigestion d’offre de salons, où finalement on retrouve très souvent les mêmes têtes avec les mêmes cuvées, avec, en corollaire, quelquefois les mêmes vignerons, le même jour, à deux endroits simultanés dans la même ville, je me posais, en fait, la question de savoir ce qui pouvait bien justifier cette fièvre endémique car au vu de ce que j’ai lu chez les particuliers qui m’ont répondu, le sentiment de suroffre est unilatéral.
Je me permets de citer un de ces intervenants :
« Je regarde ce phénomène de surmultipliée et dérivés (off du off) se passer, d'un œil amusé, et j'avoue que vu de l'extérieur, je le sens presque comme un phénomène clivant, où "on s'amuse entre nous" en multipliant les évènements, pour faire mieux que son pote. Enfin, ceci dit, ce n'est pas mal pour les visiteurs, qui peuvent choisir entre les salons, mais sont-ils seulement la cible de ces salons? »
Ce sentiment est d’autant plus marquant qu’il me parait que c’est particulièrement dans le monde bio et naturel que cette surmultiplication a lieu. On est d’accord que la demande est croissante mais on s’étonnera de voir ce rythme ne faillir aucunement alors que l’on rentre dans une période où la terre nécessite une omniprésence, surtout après l’hiver que nous avons connu.
En fait, il semble bien, et c’était facilement perceptible à ceux qui y sont un peu habitués, que la plupart de ces salons sont un moyen pour le vigneron de vendre assez facilement sa production. Ceci n'est aucunement reprochable et il est clair qu’à ce niveau, surtout si c’est sous l’égide d’un ou plusieurs cavistes, avec des vignerons présents dans leurs rayons et au prix « particulier » normal.
Dans ce meilleur des mondes, aucunes des lignes qui suivent ne trouveraient de justification. Mais quand on regarde ce qui se passe entre autres à Angers et Saumur, à Seclin, à Olne (en Belgique) et ceci n’est que quelques noms parmi tant d’autres, on est frappé par ce phénomène de vente directe qui semble bien être le nerf de la guerre. Et que les choses soient aussi ici bien claires, je ne pense aucunement qu'il s'agisse là d'une quelconque volonté des organisateurs de salons.
De fait et de façon assez contradictoire, alors qu’ils doivent assumer le coût du voyage, du salon et des échantillons ouverts, certains vignerons n’hésitent pas à pratiquer des prix terriblement proches du prix « pro » aux particuliers de passage. Je dis bien contradictoire parce que je n’entends pas vraiment beaucoup de « rats » de service exiger des « prix »; il est vrai que beaucoup semblent avoir compris qu’ils s’adressent à des artisans qui ne vendent pas une bagnole neuve pas encore placée en chaine de production.
A titre d’information pour les béotiens de service, il existe trois niveaux majeurs de prix :
- Le prix importateur (aussi appelé à tort prix de sortie propriété, puisque hors réalité) à partir duquel l’importateur va fixer ses prix de revente aux revendeurs et/ou aux particuliers.
- Le prix revendeur, prix intermédiaire entre le prix particulier et importateur, justifiquement intermédiaire pas le fait que le revendeur a lui aussi besoin d’une marge mais qu’il prend nettement moins de risques en terme de quantités achetées.
- Le prix restaurateur, proche du prix revendeur, qui se justifie ici aussi par une mobilisation importante de bouteilles et par le fait que ces bouteilles sont revendues à table.
- Le prix particulier qu’on est censé trouver en bout de la chaine de la vente.
Et c’est par un joyeux mélange des genres, particulièrement aux salons non organisés par des cavistes, qu’on assiste, à mon un humble avis à une perversion de l’image du vigneron, des cavistes et des vins eux-mêmes.
Pour éviter le « gag » habituel pour le caviste de devoir justifier une différence sensible dans ses prix à un client qui est passé au domaine et s’est vu proposer les prix « importateurs », et dieu sait le rôle du caviste dans la vente des vins issus de production artisanales.
Pourquoi faut-il donc qu’au domaine, soient pratiqués des prix au rabais avec les clients de passages, alors que ceux-ci y sont accueillis malgré le travail journalier, qu’ils y reçoivent des dégustations souvent dithyrambiques, le plus souvent une visite du domaine, quand ils n’y sont pas nourris voire logés… Pourquoi encore faire des « prix » ? Tenez bien compte que je ne parle pas ici d’éventuelles ristournes ou levée de frais de ports en fonction des quantités enlevées ou envoyées, si je me réfère à la vente directe par internet ?
Ne serait-il pas temps de se REGARDER UNE FOIS POUR TOUTES dans le miroir et de pratiquer des prix définis, fonction du type d’acheteur, où que l’on se trouve. Cela semble, en fait, bien utopique, malgré que, au risque de paraître un idiot monumental, j’ignore la raison de ces pratiques qui font qu’à mon avis, tout le monde est perdant, à l’exception ponctuelle de l’acheteur final (et encore, là, j’ai des doutes)
Il existe pourtant des secteurs comme le mien, la pharmacie, où les délégués sont rétribués même en cas de vente directe de produits de la firme aux pharmaciens, où les grossistes obtiennent une marge, même s’ils ne servent que de répartiteurs en cas de commande directe.
Alors si c’est possible dans un milieu aussi pas toujours clair que la pharmacie, pourquoi, du moins pour la viticulture artisanale, les intervenants ne s’engageraient pas une fois pour toutes à adhérer et respecter une CHARTE où les prix seraient une fois pour toutes fixés en fonction du type d’acheteur. Impossible…. ? Certainement pas puisque beaucoup le font déjà et depuis l’aube des temps…
Alors avoir définitivement un peu de courage…. On peut toujours rêver, hein… et je suis prêt à parier que la plétore de salons non pros baisserait fortement…
Me laissera-t-on m'exprimer en public là-dessus lors de prochains salons ?
Burps !

Ce qui suit ne va pas faire obligatoirement plaisir à lire à tout le monde, mais que personne ne se sente vraiment visé en particulier, car je pense bien avoir pas mal d’amis concernés par ce texte, qu’ils soient organisateurs, vignerons ou simple participants.
Et que les choses qui suivent soient tout aussi claires, je ne jette aucunement le haro sur les salons dont je parle ici, ils sont indéniablement de qualité et méritent largement votre visite, je suis d'ailleurs partenaire de l'un d'entre eux...
Bref….
Comme pour vous, ma liste d’amis Facebook doit être constituée d’à peu près 85% de gusses qui tournent autour de la sphère vins bios - vins naturels, et comme vous, à moins d’être pris chaque nuit d’une quelconque lobotomie, je suis de plus en plus frappé par le nombre d’invitations à des salons de vins naturels que je reçois. Je pense que hier, lundi, j’en ai comptabilisé 4…
Et dire de plus en plus frappé, découle, de fait, d’une augmentation logarithmique du phénomène.
Si c’est bien la future présence conjointe de 3 salons à Paris début juin qui a généré ces lignes, ce n'est qu'un vague élément détonateur de ma réflexion car ce n’est certainement pas la première fois qu’une forme de doute me prend quant aux objectifs de cette joyeuse fanfaronnade qui depuis maintenant plus de deux ans s’impose à nous.
Comparé au milieu professionnel qui me concerne, la pharmacie, c’est même stupéfiant, puisque les apothicaires belges ont droit à un salon national tous les deux ans et à un ou deux salons plus privés, sur invitation par an. Les plus aventureux de mes confrères pointent du nez extra-muros pour profiter, en fait, une fois par an, d’aller faire la fiesta à Paname. Une fameuse et sacrée différence…. quand on y pense….
D’accord, je veux bien, la vague des passionnés des vins naturels est en train de se transformer en une belle déferlante, mais faut-il pour autant parler, par rapport au reste du Mondovino, de tsunami ? Alors pourquoi tant de vigueur, tant de (sur)multiplication ? N’est-on pas en train de s’étouffer soi-même ?
Côté explications, il y a évidemment le côté sympa qui règne dans le milieu du « glou », un climat qui fait que même sans visiteurs, pas mal de vignerons sont heureux de se revoir et boire de bons coups ensemble, c’est indéniable. Il y a aussi le fait que travailler éclatés dans de petits cadres sympathiques au cœur d’une belle ville, c’est mieux que d’^ter tous ensemble dans la froideur d’un hall des sports de périphérie.
Mais cela vaut-il le coup de balancer, par vagues incessantes, une telle offre ?
Les exemples de trop pullulent. Sans m’acharner sur la coexistence des trois salons parisiens du 1er juin, je pense que l’exemple des salons bio en Loire et dans le Sud est édifiant. Comme à Saumur et Angers, par exemple, où on part d’une sensibilité OFF compréhensible, et, où soudainement à côté de la Dive Bouteille, fleurissent quatre à cinq off du off, le temps d’un WE, où, le plus souvent, comble de la logique, chaque domaine est plusieurs fois représenté. Autre exemple, tout aussi édifiant, l’incapacité devant laquelle je me suis trouvé début avril, heureux que je sois d’avoir les moyens de voyager, de faire plusieurs salons, faute d’ubiquité. Parce que pendant que Vinitaly avec son étage officiel sur les vins naturels se déroulait à Vérone avec en corollaire au moins deux salons off tout aussi naturels, avait lieu la Beaujoloise et ses salons offs, de plus en plus nombreux, et la grand messe belge du vin naturel à Olne. J’ose pas penser à toutes les dégustations chez mes potes cavistes au même moment. Et ne croyez surtout pas qu’en Italie, il n’y avait pas de vignerons français, au contraire.. Et comme je pense être un « passionné normal », je me déplace en voiture, voire par Ryanair, et à mon avis, seule l’acquisition d’un hélico dernier modèle me permettrait d’être partout, et encore…
Cela peut faire sourire, mais je connais un pote qui de retour en pleine nuit de Vérone a peut-être dormi deux heures avant de prendre le volant à Bruxelles, direction le Beaujolais….
Evidemment à ce stade, vous allez me dire, mais, Patrick, tu ne DOIS pas être partout, puisque nous sommes partout, sois content de ne point trop devoir te déplacer pour lever le coude avec du bon jus. Encore que peut-on encore ne pas parler de déplacement quand en un jour et demi, on se voit confronté à 3 salons de qualité, autant de repas sympas, le tout aux quatre coins de Paris, et incluant évidemment le train Bxl-Paris-Bxl ? Au fait… on dort ?
Certes, je devrais être content mais, là, figurez-vous que je n’écris pas cet article en ne pensant qu’à moi…. Parce ce qui se passe à l’échelle de l’hexagone et des petites Suisse et Belgique avoisinantes, s’étend plus que visiblement au reste du monde, ça pullule tellement que pendant que Monsieur est aux States, Madame est à Londres pendant que le fiston est à Paris… Un peu fou non ?
On serait en février, moi, je veux bien encore comprendre qu’à part la taille, ce n’est pas le rush dans les vignes, mais là, on est en mai et juin, ça débourre de tous les sens, comment y font les supermans et superwomens ? Enfin, y font pas tous les zozos, parce que, côté de la botte, pour une tentative d’évènement en Belgique, presque tous les vignerons contactés ont dit que cela allait être difficile, le nature exigeant une présence de tous instants… Alors quoi, dans l’hexagone, les domaines bénéficieraient-ils d’équipes pléthoriques ? Ou alors, on préfère foncer, aller en surrégime, au point, comme une de mes amies vigneronnes, de littéralement craquer nerveusement l’année passée à la même époque, ou revenir récemment complètement malade d’un éprouvant voyage aux States ?
Et je parle pas de toutes ces joyeusetés en terme de logement, de quilles ouvertes, faut vraiment croire que tout roule ou alors que...
Bref…
Y a-t-il vraiment une demande qui nécessite une telle débauche d’organisations, y a-t-il une telle demande qui fait qu’en un an, je me retrouve une bonne quinzaine de fois vis-à-vis des même cuvées, aussi sympathiques soient-elles, vis-à-vis des même joyeuses bouilles de producteurs de glou ? Cela mérite-il d’aller puiser autant dans ses réserves énergétiques, alors qu’à un moment le public, devant tant d’abondance, ne sachant où donner les yeux de la tête (ça doit être belge comme expression, ça), se met à dire ou à penser : « quoi ,encore ceux-là, faisons l’impasse, de toutes manière, on aura bien encore l’occasion de les voir dix fois cette année ! »
Souvent l’abus de bonnes choses nuit.
Et comme, on peut vraiment parler de joyeuse entente dans le milieu, n’est-il vraiment pas temps de se fédérer, du moins de s’adjoindre un comité d’organisation qui établirait un calendrier objectif pour ce joyeux cirque en folie ?

N’est-il pas temps de réfléchir, avant que les visiteurs, tels des cormorans s’étant vu offrir un bac de poissons pour eux tout seuls, se mettent à errer, zigzagant, le ventre trop plein, en oubliant dès lors à s’attacher à la qualité et surtout l’émotion qui devraient accompagner les vins présentés ?
Ceci n’est qu’une simple réflexion, pas une râlerie de plus, mais, ce serait sympa si vous pouviez réagir, rien qu’en me disant où je fais peut-être fausse route.
Dites-moi….
Amphore, salinité, fruit

Petite observation consécutive à une expérience récemment menée par Elisabetta Foradori sur "Morei", sa cuvée de Teroldego la plus minérale en termes d’expression.
Comme je le décrivais dans mon article sur le domaine d’Elisabetta, le choix de procéder à de longues macérations en amphore a été principalement dicté par une volonté de se rapprocher au maximum de l’expression native du raisin ainsi que de sublimer sa minéralité, la grande dame du Trentin ayant été captivée à ce titre par les vins de Giusto Occhipinti de COS en Sicile.
Sans rentrer dans des débats trop foireux, il semble bien que les fermentations bénéficient d’un environnement anarchique dans le fait de l’irrégularité de surface interne des amphores et que cette anarchie profite bien plus qu’ailleurs aux diverses réactions enzymatiques, de façon imagée, un peu comme quand on utilise un grand verre où la surface de contact entre le vin et les parois est supérieur et où on augmente d’autant l’évolution du noble liquide.

Si la salinité obtenue des vins (ce qu’Elisabetta lie fortement à l’énergie du vin) était réellement remarquable et que cet objectif était ainsi pleinement atteint avec les amphores, la notion de serrer avec l’état natif du raisin, autrement dit, l’expression du fruit restait une question à vérifier, certaines personnes ayant affirmé que ce que l’amphore faisait gagner en minéralité et en profondeur, elle en faisait perdre en terme de fruité juteux, surtout du fait des longues expositions avec les peaux, classiques dans ce type de récipients.
L’expérience a donc fait dans quelques amphores séparer assez rapidement les jus de leurs peaux, comme dans un élevage classique afin d’espérer gagner ainsi du fruit. Il s’avère, en fait, qu’aussi judicieuse que pouvait être cette idée, les résultats sont assez décevants. Non seulement, il n’y a pas gain de fruit, mais le vin perd en profondeur, en aérien et en salinité, démontrant probablement ainsi que les siècles d’empirisme qui ont précédé ont lié le raisin et ses peaux à l’amphore dans un parfait… bon sens.
Ceci n’est évidemment qu’une idée qui d’écoule d’observations et d’une mise en question précise, si des lecteurs vignerons ou non, ont envie de réagir face à cela, qu’ils ne s’en privent pas.
Changement de nom... mais pas changement de vie !
Petite révolution sur « Monomaniaquement Alsace »… qui comme vous pouvez le constater…. change de nom pour devenir « VINS LIBRES ».
Non pas que j’ai décidé de me séparer de ma maîtresse alsacienne principale (en plus, j’écris ces lignes un verre de sylvaner à la main), mais parce que, il faut l’admettre, mes incursions, ailleurs et surtout en Italie, se font de plus en plus nombreuses.
Ce changement de cap devait donc s’accompagner d’un relooking… c’est fait !
Reste maintenant le titre …. « Vins Libres »…
Bien sûr, cela paraîtra un peu pompeux, mais plus j’y pense, plus cela correspond entièrement à ma philosophie du vin, qui se veut ici, embrasser TOUS les vins, tant qu’ils me donnent du plaisir, qu’ils aient connu un peu de soufre ou non, tant qu’ils émanent de vignerons passionnés, respectueux de l’artisanat et de l’héritage du passé, tant qu’ils émanent de gens qui font tout pour vivre en harmonie avec la nature.
Alors, profitez-en pour modifier vos petits liens, l’adresse est facile… : www.vinslibres.net

VDVs #55 : le Vin à Contrepied

A n’en pas douter, David Faria est l’homme- orchestre du mois. Déjà qu’il était Bicéphale et Buveur, le voilà autocatapulté président des Vendredis du Mois d’Avril 2012, avec un thème aussi évident que le bon sens, « Le Contre-Pied ».
Il avait dû bien sentir son poulpe, l’oiseau, mais pouvait-il vraiment à ce point deviner qu’au même moment les phalanges teutonnes nettoieraient la planète foot de ses ibères, vraiment pas assez rudes, ce printemps.
Et je ne vais pas m’appesantir sur le ballon rond… j’ai un tant soit peu remarqué que la chose n’avait pas trop la cote chez les adorateurs du glou, en tous cas chez les vendredivinistes bruxellois, qui chaque mois, se réunissent pour honorer la Vestale Iris de leurs oenodélires.
Et pourtant, c’est dommage, le foot, moi, j’adore. Surtout le contre-pied, le contrepet, n’étant lui point mon fort. J’adore parce que le contre-pied reste définitivement la meilleure façon de surprendre, donc d’arriver le plus vite à son but. Et un gars qui prend son pied à contrer les idées reçues pour arriver vite au but…. J’appelle ça un jouisseur, Madâme, un bon vieux ‘tain de jouisseur.
Donc Môssieur Faria, en plus d’être le Remy Brica de la toile, vous êtes assurément un ‘tain de jouisseur pour nous avoir jeté ce thème en pâture dans l’arène du glou..
Ça tombe bien, nous aussi, on est des ‘tain de … à Bruxelles. Et on va, une fois de plus, pas se priver, non peut-être, parce que des chrétiens de vins à dézinguer à contre-pied, ça manque pas…. visiblement.
"Force et honneur, j’en ai bien peur"
Alleï, une fois, Bicephallus, Imperator Naturalovinorum, Bibituri Bruocselli te salutant.
Elle pas belle mon intro, hein, Faria ?
Dans la notion de contrepied, deux directions sont évidemment possibles : soit on parle de déceptions qui ont pris nos neurones de buvabilité en défaut, soit on cause de machins, ovnis ou originalités qui nous ont mis tous les axones en surexcitation d’interconnexion, provoquant des raz de marée de plaisir dans le tube digestif et surtout ailleurs.
Afin d’éviter de parler des vins du futur catalogue des 3 intrants de B&D (la version épurée sans levures indigènes), nous avons choisi ici l’option surexcitation neuronale ou, quand le vin à contre-pied devient l’endorphine du pôvre c… (comme ne manquera pas de le dire Nicolas de Rouyn, en lisant ces lignes).
Pour ce qui suit...en italique, un peu de sérieux, mesdemoiselles, je vous proposerai quelques réflexions sur le mot thème du jour… Ne cherchez pas la relation avec les vins, il n’y en a pas… et il y en a tellement à la fois.
Attendez-vous à du bien subjectif, du poncif, du téléphoné, du guerrier, bref du défaut à 100%.
Départ en fanfare avec des bulles royales puisqu’il n’y a pas lieu de faire la fête sans une petite bulle du domaine Francis Boulard, dans sa version Rachais 2006.Chez les Boulard, c’est un peu comme le cochon, tout y est bon, mais il y a des morceaux d’anthologie, c’est sûr, et ces Rachais, en sont, assurément. Des bulles parfaites, étincelantes, un nez splendide, puissant, complexe avec du fruit mais surtout un floral énaurme…
Tout ça vous met déjà le Casillas à genoux, à une seconde du cébut du match!
Mais, surtout, dans c'te vin, il y a cette bouche, ample, complète, longue, slurpissime de fruit et de tension…
C’est trop bon !

Evidemment, les Zabitués de mes délires se demanderont en quoi le choix des Rachais est susceptible de prendre en défaut un Messi du Mondoglou…
Mais c’est qu’il faut le répéter : pour moi, les vins de la famille Boulard, ça a été comme la naissance d’un bon gros Jésus... et il y aura av FB et ap FB…
Tout ça pour dire qu’av FB, je trouvais les Champagnes emmerdants au possible, aussi intéressants en diversité qu’un Pepsi versus un Coca. Et puis, il y a eu l’ap Fb, la découverte qu’il y avait chez Francis et ses potes, Tarlant et consorts, de véritables bulles d’âmes qui avaient réussi et continueront à prendre mes conneries de préjugés en défaut.
Le contrepied, c’est quand des vignerons cherchent à conserver une dimension artisanale, plein de contraste et de risque, aussi anarchique que la vie dans son essence biologique, alors que le monde va à vaut l’eau pour permettre à une minorité de se sucrer grâce à l’abus de produits formatés.
Quittons les bulles pour une surface plus tranquille avec le candidat au titre suivant. Il a un bien beau nez citrique plein de pamplemousse mais aussi quelque note anisée. Il a surtout une bouche parfaite d’équilibre, tendue et enrobée, fruitée, presque mielleuse mais toujours fraiche, ce Muscadet « Miss Terre » 2012 de Marc Pesnot. Un vrai vin d’été, hors norme, que sont ces extraits de vieilles vignes, complètement sans soufre, à base de Melon de Bourgogne et élevées dans des cuves en verre sous la terre…. Quand Altobelli dribble les chardos du Tarriquet… quoi !

Le contrepied, c’est quand une revue trimestrielle comme le Rouge et le Blanc impose du contenu de qualité, sans intégrisme et surtout sans publicité, donc sans besoin de quelconque retour si ce n’est de plaire aux passionnés qui par leur suivi soutiennent l’existence de la revue alors que trop souvent la presse cherche à préfinancer la sortie de ses opuscules à coups d’encarts publicitaires qui ne font qu’alourdir dans tous les sens du terme ce que le lecteur attend d’eux.
La quille suivante est de prime abord plus fermée au nez, mais c’est parce qu’elle aime les prémices avant de se livrer dans sa complexité, florale et épicée.
Tout aussi complexe est la bouche, nette, pure, pleine de fruit, fraiche avec ici aussi un léger miel qui cohabite avec une kolossale sensation de minéralité saline. Il y a tout cela dans ce Sylvaner Vielles Vignes 2010 de Jean-Pierre Rietsch, un vrai vigneron qui s’y connait en termes de contrepied, que ce soit par ses cuvées quelquefois expérimentales, sa réflexion permanente, sa dimension artistique, sa « naturalité » proclamée et bien entendu cette volonté de s’accrocher au sylvaner, rejoignant ainsi les défenseurs du cépage mythique de Mittelbergheim.

Le contrepied, c’est quand un dénommé Albert Seltz fédère tout un village autour de son combat, de sa rébellion pour défendre le sylvaner, un cépage délaissé, en voie d’extinction, et allant jusqu’à faire de la tôle, obtient l’appellation Grand Cru Zotzenberg, alors qu’il aurait été si facile de faire pisser du jus de crémant.
On continue dans les blancs avec un vin au nez complètement déroutant, un peu avancé, entre caramel et hydrocarbures. En bouche, même si la limite de maturité se précise, même si l’alcool un peu capiteux est de la partie, cela reste soyeux et frais, l’acidité n’ayant perdu, quant à elle, aucune vigueur. Véritable OVNI de la viticulture champenoise, voici le Bouzeron 2005 d’Aubert de Villaine, qui nous prouve qu’il n’y a pas lieu de chercher dans le chardonnay, ce qu’on peut faire avec un cépage qui n’a hélas que trop la vocation de recevoir de la crème de cassis.

Le contrepied, c’est quand un vigneron, en plus de faire des grands vins, se met à se casser le cul pour concevoir avec d’autres artistes, de vraies étiquette, qui anime et décrivent le vin avant même de l’avoir humé, qui provoquent de la réflexion, cette première étape vers l’émotion, allant ainsi à total contre-courant du sacrosaint « label » de nos société industrielles.
Next one , White toujours … Nez puissant, presque un peu vert, mais qui à l’aération part sur le citrique, l’anis, puis un énorme vague florale,et, plus ça va, plus la complexité se marque, en fait.
De par l’acidité très présente, la bouche est extrêmement fraiche et si le fruit ne domine pas, c’est tout profit d'une salinité qui surprend pour une … jacquère, plus exactement la cuvée Marius et Simone 2011 du domaine Giachino, des potes savoyards au Berlioz qui vont faire parler d’eux.
Certes c’est encore très voire trop jeune, mais, purée, une telle salinité, si c’est pas du contrepied total pour ce cépage, alors qu’est-ce que c’est ? Au passage, merci à Stéphane de Zabonprés pour avoir déniché ce petit trésor qu’on trouve désormais chez un célèbre caviste de la capitale européenne.

Le contrepied, c’est quand un vigneron ou encore plus une vigneronne vous emmène pour une longue promenade bucolique dans ses vignes, se livrant totalement, en douceur mais sans pudeur, alors que vous n’avez rien à lui acheter, juste votre passion à lui offrir. Ce genre d’émotion que j’espère vous connaissez toutes et tous, ça vous la met la chair de poule, quand vous y repensez, et surtout, ça vous téléporte grave à des années-lumière d’une quille dans un rayonnage de grande surface.
Pour le vin suivant, on se retrouve à nouveau sur un vin fermé mais qui, lui aussi, laisse présager une belle complexité. En fait, ce nez est déroutant, très difficile à cerner, presque faisant penser à un chenin de Savennières.
La bouche est riche, puissante, un peu carbonique, mais aussi grasse, fruitée, épicées avec une salinité qui éclabousse littéralement la longue finale.Ca sent le terroir à donf et personne ne parvient à trouver le sauvignon dans cette cuvée « Silex » 2011 du Domaine des Eminades en Languedoc .
Tout, ici, nous prend à contrepied, le variétal inexistant, la structure presque nordique et l’absence de sensation de bois, bien que bien présent (vieilles barriques).

Le contrepied, c’est aussi quand une bien jolie bande de gugusses dont l’ainé pourrait être le père de la plus jeune vous balance dans la gueule un recueil de plus de 100 Tronches de Vin où le fait de basiquement décrire des vins voire une propriété est balayé pour mettre de l’âme, de la vie, simplement en parlant «humains »… A vous de juger par vous-même pour la suite… Il n’y a aucune ligne directrice, ici, juste du vécu…
On retiendra du vin suivant qu’il a toujours transcendé nos palais par son expression de salinité, totalement à l’ouest de ce qui se fait généralement en blancs du Roussillon. Hélas, dans la bien nommée cuvée « Fleur de Cailloux 2011 de Jean-Philippe Padié, ce soir, un ptit défaut de bouchon s’était inséré, juste ce qui faut pour pervertir ce bon jus.

Le contrepied, c’est quand un caviste s’investit, se mouille, prend des risques et devient un acteur positif en vous faisant découvrir et/ou aimer ce qui vous faisait peur, ce pour quoi vous aviez des préjugés, et cela, sans lignes directrices, à nouveau, si ce n’est celle de faire partager son plaisir. Vous avez dit Nicolas….. Non, pas vraiment, chef…
Toujours en blanc, voici venir un nez bien chardonnay avec du beurre, des agrumes et de la pierre à fusil. En bouche, point de déni, le beurré signe le cépage, mais pas de boisé ici, juste un gras ultraminéral avec une tension qui vous la fait trop buvable !
Même s’il est léger et que l’âge se fait sentir ; il descend vraiment tout seul, ce Moutheron, chardonnay 2007 en VDP de Franche-Comté…
Bien sûr, on vous voit venir… y en a d’autre de bons chardos comme ça….mais soyez honnêtes, avec une étiquette dans ce genre là et une telle appellation, il fallait vraiment oser l'acheter, hein,... Et qui l'a acheté... Ben, nous… et, pan, dans la lucarne !

Le contrepied, c’est arrêter de trouver des liens de cause à effet quand un vin n’a pas l’aromatique formatée à laquelle vous espérez vous attendre, en incriminant je ne sais quel non soufre, quelle levure, quelle manière de travailler; le contrepied,c’est quand vous arrêtez de dire que ça pue, parce que VOUS n’aimez pas, et surtout quand vous acceptez que vos goûts ne sont pas universels, que d’autres sont libres d’aimer autre chose et par-dessus tout que vous les laissiez LIBRES, les autres,d’exister comme ils le désirent.
Alors maintenant, Faria… t’en veux un bon gros de contrepied, le truc qui fait peur même aux martiens tellement qu’il surprend…. ? Alors en veux-tu en vlà, et c’est du bon, celui-là, ce vin du nord du Douro qui porte le doux nom de Quinta do Ameal Escolha 2008…
Un pif royal de complexité, de fruits murs, presque joyeusement surmuris, une bouche à la fois ronde et droite, parce que le soleil joue ici les bons équilibres avec la fraicheur... Et puis, il ya cette aromatique qui laisse interdit et cette classe qui vous place la barre à plus de 6 mètres… su’l cul !

Le contrepied c’est quand des humains fiers de leurs traditions, défenseurs des variétés de la vie font résistance aux lobbies de la graine, ces lobbies qui vont même jusqu’à tenter de corrompre les politiques pour empêcher les agriculteurs de replanter leurs propres graines… Un comble...
Un clone pour les gouverner tous, c'est ça... le Mordor Moderne….
Le contrepied, c’est quand on revient aux sélections massales, malgré tous les risques que cela comprend, juste pour éviter qu’un jour, tout goûte la même chose.
Allez… les rouges, une fois !
On débute avec une véritable révélation du récent salon de Seclin, soit Les Bonichons 2011, une Côte Roannaise du Domaine de Perrière. Par ce que là, faut-être honnête, dans un salon comme Seclin, il y a tellement de truc de dingues que tu te rues pas directement à la table de Roanne locale, surtout qu’à la place de la nana super bien roulée ou d’un gars « genre livreur de Pizza », t’as le tôlier, Philippe Peulet, à côté de qui le Francis Boulard paraît décharné.
Mais il y a ce foutu nom…. « Bonichons », ça, ça accroche et comme sous l’étiquette, il y a pas la plage mais un putain de vrai jus vineux qui déchire, avec de la matière et une fraicheur de malade…. On en devient vachement libidineux (enfin encore plus)….
Du grand et bon bonnet !

Le contrepied, c’est quand un resto abandonne sa cuisine prétentieuse juste bonne à égayer les prime time sur TF1 pour balancer des mets gouteux et des vins, pas ceux qu’on trouve partout, du chariot d’un avion aux tables du groupe Accord, mais ceux qui descendent tous seuls, ceux sur lesquels on empoche pas triplette ou quadriplette, ceux qui font réadorer la gastronomie, même aux petits portefeuilles.
Les deux vins suivants, on se doit de les commenter ensemble parce que, mine de rien, leurs géniteurs ont balancé un fameux pavé dans la mare en s’attaquant à l’amphore et en lui conférant ses lettres de noblesses. Ce soir pour nos avides papilles, c’étaient le Terlodego Sgarzon 2010 d’Elisabetta Foradori et le Cerasuolo di Vittoria Classico 2009 de COS qui nous ont prouvé que malgré un climat sensiblement différent, il est possible de faire des vins énormes, fins, minéraux, gouteux, ultrasalins, de purs vins de terroirs selon moi, bref de véritables petits bijoux.
Si Sgarzon et Morei sont ce que j’ai goûté, à ce jour, comme meilleur vins de Nord-Est de l’Italie, ce Cerasuolo est tout simplement mon meilleur vin sicilien de tous les temps… Je dis je...mais... les autrescompères, ils étaient bien d’accord, avec moi, même notre nouveau joyeux membre, un œnologue italien qui vient de se recaser à Bruxelles, 126 rue Blaes pour y partager ses coups de cœur dans son bar à vin…. Quelle bien bonne idée !


Le contrepied, c’est quand tu utilises les connaissances modernes, par pour faire plus vite, moins cher et plus formaté, mais pour comprendre… pour comprendre mieux et utiliser l’héritage millénaire que nous ont laissé nos aïeux. Avant que Giusto Occhipinti de Cos et Elisabetta Fordadori ne fassent éclater au grand jour des vins de qualité, élevés dans des amphores, tout le monde se demandait… « Oui, d’accord, mais.. », parce que c’est un fait, pas une amphore est la même, rien ne sera obligatoirement écrit à l’avance, mais quand tu goûtes des vins aussi précis, purs, go^teuxt, pleins et surtout vibrants, tu y penses de plus en plus souvent aux aïeux….
Et la chanson des Wallons de résonner…. « Et fiers de nos aïeux, nom de Dieu, disciples de Bacchus et du Roi Gambrinus… »
Allez hop, on arrive à la fin…. si, si…
Retour au bon jeu de mot, avec, après les pénos multiples, l’art du coup franc enveloppé et flottant, le ballon pourri à la Ronaldo qui tue….
Sauf, qu’ici, avec ce Franc Tireur Carignan 100 % VDP Cötes Catalanes 2010 du domaine Réveille, c’est pas pourri, que nenni, c’est pas flottant, que nenni, c’est juste le jus sudiste parfait pour finir une soirée, le truc puissant qui malgré les tanins, le bois, la matière, le soleil, vous balance un upercut de buvabilité… faut juste l’aérer, hein, parce jeune padawan, encore, il est !

Le contrepied… de nos jours…en fait, ce n’est que du bon sens….le sens de la marche de la vie….
Faria, si t’as encore des sujets comme çô en rayons, c’est quand tu veux, ma poule !
Et pour finir en beauté… un seul « portrait », pour une fois mais pas le moindre…. Celui de Mamzelle la photographe…. Et son regard qui tue !

PS : Bon, c'est vrai, en rouge, on a aussi dégusté Le Marginal 2011 du Domaine Tour Trencavel et Rozeta 2010 de Maxime Magnon … ils étaient très bons, juste pas trop en forme, ce soir-là.
Ou alors c’est nous qui commencions vachement… parce que qu’à Bruxelles, chez ces gens-là, Monsieur Faria, on ne crache pas, on cause pas, on flingue… les quilles !
La Tenuta di Valgiano
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Au Nord de la Toscane, s’étend la Tenuta di Valgiano, véritable oasis de verdure entièrement voué à l’agriculture biologique et la biodynamie, où 30 hectares de vignes et d’oliviers règnent en maître sur les 60 hectares d’un domaine bicentenaire. Mais, bien plus, au-delà des chiffres, ici tout respire la vie, l’harmonie et l’équilibre, que ce soit dans les sols, dans leurs produits ou dans le caractère des hommes qu’ils font vivre. S’écartant au maximum d’une culture oléo-vinique intensive, le domaine n’étonnera en rien le visiteur averti quand il dévoilera ses nombreux potagers mais aussi ses élevages de porcs (Cinta Senese), poules, pintades et d’abeilles, permettant à ses résidants de vivre en presque totale autarcie.

Photo : Emilio Bianchi *
Cet équilibre, le domaine le doit incontestablement à la personnalité hors normes de sa propriétaire, Laura di Collobiano, grande dame dans la taille et dans l’âme, véritablement passionnée de botanique et amoureuse de la nature. Mais c’est la dualité d’esprit qui fait la vraie richesse des lieux. Dualité parce qu’à côté de la fougue de Laura, il faut évidemment associer le talent de Saverio Petrilli, le responsable des chais et un des personnages les plus enthousiastes et dynamiques du monde du vin. Il est plus que tout, le fer de lance de la biodynamie locale. Un peu comme une association « eau » et « feu », ce duo nous livre avec la Tenuta di Valgiano, un endroit des plus captivants qui soit, à la fois orienté vers la recherche perpétuelle d’une meilleure cohabitation avec la nature, et à la fois profondément ancré aux traditions locales.
Afin de mieux comprendre ce domaine, ses maîtres d’œuvre et ses vins, plusieurs rappels géographiques, historiques et légaux me paraissent incontournables.
* Sur la photo d'Emilio Bianchi, on voit sous le corps d'habitation un grand champ de blé. Celui-ci occupe alors l'ancienne parcelle de 1959 arrachée en 2001 qui s'appelait « Scasso dei Cesari ». On a laissé respirer ainsi la terre avant de replanter en 2012. Le nom "Scasso dei Cesari" provient du nom local ancestral "Scasso Imperiale". En 1959, plus de 30 familles avaient creusé profondément (1,50 mètres) pour y planter les vignes en les recouvrant de terre. Le terme Scasso signifie "Creuser le sol".

Photo Emilio Bianchi
Géographie
La Tenuta di Valgiano est sise à une altitude moyenne de 250 mètres, à 15 km au Nord-Est de Lucca (Lucques) au Nord de la Toscane. Sa proximité de la mer Tyrrhénienne, et sa situation au pied des Apennins lui garantissent un climat variable avec des précipitations et des vents bien plus abondants que l’idée que le touriste peut se faire de la Toscane. Ces conditions sont très favorables à la viticulture particulièrement en termes de tanins et de couleur, ce qui permet d’obtenir des vins à la fois intenses, vibrants, mais non dénués de douceur, cette douceur qui est finalement l’élément climatique marquant de la Lucchesia (Région de Lucca).

Issus, entre Paléocène et Miocène, lors du soulèvement des Apennins, d’un double accident géologique assez récent et comparable à celui survenu en Alsace, les sols présentent en profondeur une grande mosaïque géologique où dominent des sols marno-calcaires et marno-gréso-silicieux. Les calcaires roses sont typiques de la région où ils portent le nom d’Albarese. La nature des sols en surface est principalement argileuse et sablonneuse avec une présence marquée de galets.
Cette structure des sols possède par-dessus tout une grande capacité de drainage et permet donc une excellente gestion des eaux de pluie ainsi que du ruissellement de la montagne, procurant, en été, une excellente résistance à la chaleur. La proximité de la mer apporte, quant à elle, une luminosité importante qui agit en véritable agent dopant de la photosynthèse.

Photo Emilio Bianchi
Histoire de la région
Les vins des collines de Lucca (Colline Lucchesi) sont présents depuis l’époque romaine et y seraient arrivés sous l’influence des Etrusques et de Ligures. Mais c’est à partir du 13e siècle, sous l’influence commerciale grandissante de la ville, que la viticulture va fortement s’y intensifier, d’autant que les écrits de l’époque rapportent des vins d’une excellente qualité, dotés d’une grande buvabilité.
De par la haute réputation de sa soie et de par les « Compagnies de la Soie » que Lucca va installer dans les villes de l’Europe du Nord, les vins et les huiles de la région vont alors profiter à la fois en termes d’exportation et en termes de l’accueil local des marchands affluant à la recherche de la soie.
La découverte des Amériques va toutefois marquer la fin de cette hégémonie, entrainant consécutivement, une destruction du vignoble au profit d’une agriculture plus classique, le vin revenant dès lors à une dimension nettement plus locale.

Photo Emilio Bianchi
Un nouveau changement majeur survient au début du 19e siècle quand Napoléon fait cadeau de la ville de Lucca à sa sœur, Elise Bonaparte Baciocchi. L’arrivée parallèle des troupes bonapartistes marque effectivement le rétablissement d’une production viticole plus intense tout en y apportant une « french touch » à travers les cépages embarqués dans les coffres, soit, le merlot, la syrah, le chasselas, la roussanne, le sauvignon et le chardonnay.
Le cabernet sauvignon, lui, n'est pas présent à Valgiano, parce que son arrivée en Toscane est bien plus tadive, soit après la deuxième guerre mondiale, d'abord à Carmignano, puis de façon plus médiatique avec la création de Sassicaia à Bolgheri.
Les Français vont, en fait, totalement restructurer l’agriculture locale, attribuant la production de légumes aux terres les plus maritimes, celle de l’huile aux terres plus élevées, les terres les plus hautes, comme à Valgiano, étant dédiées au vin, l’intérêt des expositions sud des flancs autour du village n’ayant pas échappé aux occupants. La chute de l’empire ne modifiera pas grandement cet héritage et déterminera profondément jusqu’à nos jours l’agriculture locale, faisant des vins et des huiles de la Tenuta de Valgiano une forme de testament laissé aux générations futures.
Les appellations régionales
Dans la région de Lucca, on produit des vins sous l’appellation DOC Colline Lucchesi. Cette DOC fut une des premières à être créée en 1968 en récompense de l’engagement et plus encore du maintien des traditions dont faisaient preuve les producteurs autour de Lucca. Seuls les vins rouges sontt alors couverts par la DOC. Celle-ci permet encore aujourd’hui, autour du Sangiovese (Sangioveto à Lucca), des assemblages avec des cépages ancestraux tels Canaiolo, Ciliegiolo et Colorino, mais aussi avec les cépages plus bonapartistes comme le Merlot et la Syrah. Sont aussi acceptés en faibles proportions le Moscati et l’Aleatico.
En 1985, ce fut le tour des blancs de recevoir la DOC Colline Lucchesi. En plus du traditionnel Trebbiano, ceux-ci peuvent désormais contenir en plus faible proportions de nombreux cépages : Vermentino, Greco, Grechetto, Malvasia del Chianti, Chardonnay et Sauvignon , voire plus petites quantités de cépages locaux.
En 1997, certaines évolutions permirent la production de vins en monocépages , tels les Sangiovese Lucchese, Merlot Lucchese ou encore Vermentiino et Sauvignon Lucchese.
A cette production sous appellation, il faut encore ajouter le Vin Santo et les surtout les vins en IGT.

Photo : Eric Flogny
Le Domaine et ses Maîtres
Le domaine de Valgiano fut fondé au 15e siècle. Il en demeure encore aujourd’hui, sur un de ses plateaux supérieurs, le majestueux corps d’habitation principal et certaines dépendances. Dans la roche, sous la maison principale, les écuries de l’époque ont laissé la place au vin afin de permettre son élevage. Même si le vin faisait partie historique intégrante de la région, il n’y avait donc pas au 15e siècle, une vocation particulière de production de vin. Toutefois des vignes lui ont toujours été associées. Témoin de cette époque, les bouteilles de la feu cuvée nommée « Scasso del Cesari » issues d’une vigne très proche de la demeure et dont les vignes de 1959 ont été récemment arrachées en 2009 pour être replantées avec du blé, cela avant de retouver bientôt une vocation vinique.
Laura di Collobiano, d’origine turinoise, travaille au début des années 90 dans les chantiers navals proches et quand, en 1993, elle découvre le domaine avec son mari, Moreno Petrini, c’est le coup de cœur immédiat avec la non moins immédiate obsession d’y produire un grand vin. A peine, la propriété achetée, Laura parle de son projet à Saverio Petrilli, qui même s’il oppose à l’époque quelques remarques, accepte de s’investir pleinement dans son projet… et il y est toujours bien ancré aujourd’hui, entre autres comme incontournable chef de Cave.
La Tenuta di Valgiano est née !

Laura di Collabiano (Photo Emilio Bianchi)
Pendant les cinq premières années, le corps principal et les dépendances sont remises à neuf pour atteindre leur aspect actuel. En 1996, les premiers vins du domaine sont réellement produits et c’est finalement 1999 qui verra naître la première étiquette « Tenuta di Valgiano », soit le vin fait à base des plus vieilles vignes.
Les vignes s’étendent aujourd’hui sur 22 hectares, principalement, dans un cirque orienté plein Sud et attenant au domaine, cirque superbement protégé des vents froids des Apennins par la montagne toute proche.
Les blancs occupent le versant Ouest, plus frais, alors que les rouges s’épanouissent plus en son centre et sur le versant Est.

Saverio Petrilli (Photo Emilio Bianchi)
Revenons à l’histoire du domaine : plus les années passent, plus la collaboration et la complicité entre Laura et Saverio s’intensifie et c’est fort logiquement qu’ensemble, ils passent dès le milieu des années 90 en bio, puis en biodynamie dès 2001 (certification Demeter), tout en évitant toujours les pièges de la modernité et surtout en s’accrochant respectueusement dans les traditions locales. Rapidement les vins s’affinent pour connaître aujourd’hui un réel succès d’estime international.

Photo Emilio Bianchi
L’huile d’olive vient très vite s’ajouter à la production de vins, puis, plus récemment le miel. Ces productions se pratiquent toujours dans l’esprit de la biodynamie, celle-ci ayant permis bien plus qu’ailleurs, selon Laura, aux abeilles de s’épanouir. A côté de cette production pour la vente, le domaine multiplie les expériences telles potagers et élevages animaliers (voir plus haut) afin de vivre le plus que possible de ses propres produits.
Dès le premier coup d’œil, la magnifique cuisine rappelle au visiteur qu’ici, on est en totale adéquation entre produit, tradition et recherche du plaisir de communier ensemble autour de la table.

Si je n’ai pas, à ce jour, eu l’occasion de beaucoup échanger avec Saverio, les heures passées avec Laura m’ont profondément convaincu qu’ici, on ne trichait pas, on ne cherchait aucunement l’ostentatoire, mais bien cet art de vivre tellement proche de la nature. Une humanité pleine de bon sens. Une promenade à travers les magnifiques jardins et les vignes du domaine achèvera de persuader le plus dubitatif des sceptiques, tant, à tout moment, Laura nous y prouve sa moindre attention de chaque détail de mère nature, en permanence à la recherche d’une harmonie que j’avais déjà rencontré avec Elisabetta Foradori, sa meilleure amie. C’est ailleurs avec elle que l’on rencontrera le plus souvent les deux dames dans les dégustations de « Renaissance », dont, en France, elles représentent le fer de lance.
Ajoutez à ces impressions très bucoliques, l’imparable tempérament de la Donna di Valgiano, qui jamais, ne garde sa langue dans la poche, quand il s’agit de prendre position. Jouer au technicien géologue ou à l’adorateur de cabernet sauvignon avec elle, mal vous en prendra….
Mais c’est avec beaucoup de peine par contre que vous quitterez ce personnage combien attachant, quoiqu’il arrive !

Jeunes vignes proches du corps d'habitation
Culture et Vinification
Les 30 hectares de vignes s’étendent entre 230 et 270 mètres d’altitude à raison de 5700 pieds à l’hectare. On attend environ 5 ans avant d’utiliser les plus jeunes vignes alors que les plus vieilles sont en général arrachées et replantées après 40 ans, comme la vigne de Sasso dei Cesari qui a été conservée jusqu’à l’âge de 52 ans. La culture des vignes est menée en agriculture biologique et biodynamique (certification en 2001), soit par l’utilisation de produits dynamisés et de semis de légumineuses, de graminées et de plantes aromatiques. C’est l’ensemencement qui est déterminant pour l’aération des sols puisqu’aucun labour n’est pratiqué. Cet ensemencement est pratiqué soit, sur un rang sur deux, soit, sur un rang sur quatre, ou plus uniformément selon la nécessité. Comme pour beaucoup d’autres éléments, il n’y a pas de règles strictes au domaine.
Dans les années les plus chaudes, en automne et selon la nécessité, pour éviter une évaporation trop importante, le domaine utilise un appareil à 40 dents appelé « REHABILITATOR » qui a été développé par le biodynamiste Alex Podolinsky.

Les cépages rouges sont composés à la fois de cépages ancestraux comme le Sangiovese (majoritaire), le Cillegiolo, le Canaiaolo, le Montepulciano, La Barbera, le Tazzelenghe mais aussi de Syrah et de Merlot pour les raisons expliquées plus haut. Si la plupart de ces cépages s’épanouissent sur les sols argilo-calcaires, la syrah et le merlot s’adaptent mieux aux sols argilo-gréseux qui contiennent des galets roulés. Ces derniers types de terrains ressemblent très fort à ceux des Côtes du Rhône.
Côté cépages blancs, le Vermentino occupe la moitié de la surface plantée, l’autre moitié étant composée de Trebbiano, Malvoisie, Chardonnay et Sauvignon.
Une grande partie des vignes est issue de sélections clonales, principalement les vignes qui ont été plantées à l’arrivée de Laura au domaine. Aujourd’hui, on refait appel, partiellement, à la replantation de greffes issues de sélections massales de la vigne de Sangiovese de 59. Bien sûr, le domaine serait tenté d’aller plus loin dans la généralisation des sélections massales, mais les propriétaires y opposent deux éléments : la philosophie des lieux, avant tout, où l’esprit de liberté s’oppose à toutes formes d’intégrisme et, ensuite, le fait qu’une généralisation absolue de ce type de sélections est connu, dans la région, pour favoriser la propagation de maladies de la vigne, même en biodynamie.
Aux vendanges, Les grappes sont cueillies à la main et transportées dans des petites caissettes.
Pour les vins blancs, les raisins sont pressés rapidement, puis, séparés des peaux, mis en fermentation dans des cuves inox. Seul le Vermentino est laissé 2-3 jours à froid, avant fermentation, en contact avec les peaux pour permettre une légère macération avant de rejoindre les cuves de fermentation. L’élevage est poursuivi un an, 1/3 en béton, 2/3 en barriques d’un an et plus, avant la mise en bouteille. Les bouteilles sont encore conservées un an avant la mise en commerce. Pour la très rare cuvée Tenuta di Valgiano Bianco, l’élevage est de 5% en bois neuf.

Pour les vins rouges, les raisins sont, après récolte, triés et égrappés avant d’être placés dans de petits foudres tronconiques en bois, où ils seront foulés au pied à l'ancienne ou pressés mécaniquement lentement et sous faible pression. Aucune levure exogène n’est utilisée. Après fermentation, les mouts sont placés par gravité en barriques bourguignonnes dont, en moyenne, 20% sont neuves. Les derniers millésimes ont vu la proportion de neuf se réduire à 5%. La moitié des vins issus de jeunes vignes sont élevés, en cuve, quant à eux. L’élevage est poursuivi pendant 16 à 18 mois avant la mise en bouteille. Le vin est encore conservé ainsi pendant 12 mois au domaine avant sa commercialisation, du moins pour les plus jeunes vignes.
Un peu plus de 80 000 bouteilles sont généralement produites chaque année dont 80% de rouges et dont une grande partie est exportée en Europe avec une prédominance pour la Suisse et la Scandinavie. Ces dernières années, l’Allemagne a marqué un vif intérêt pour les vins du domaine. Le marché français (Oenotropie) est assez important alors qu’un effort est fait actuellement vers la Belgique via Basin et Marot pour relancer ce qui était une part importante des demandes en Europe. Côté « nouveaux Mondes », c’est le Japon et les USA qui sont les meilleurs importateurs mais les pays émergents montrent un intérêt de plus en plus grandissant pour les vins du domaine.

Les vins
Ce chapitre tient compte des données techniques fournies par le domaine et des dégustations effectuées sur place en compagnie de Laura di Collobiano.
Tenuta di Valgiano Rosso
Appellation : DOC Colline Lucchesi
Assemblages moyens : Sangiovese 60 à 65%, le reste à part égales de Syrah et Merlot. De très faibles quantités des autres cépages autochtones peuvent rejoindre l’assemblage.
Age moyen des vignes : 18 ans Pressurage au pied
Macération de 10 à 15 jours en fûts tronconiques avec remuages légers à la main ou au pied.
Elevage de 12 mois en barriques bourguignonnes (5% neuves). Assemblage et fin d’élevage de 6 mois en cuves de ciment.
Mise en bouteille sans collage ni filtration.
Stockage des bouteilles : un an avant commercialisation
Alcool moyen : 14 à 14,5%

A propos du vin :
Le nez s’exprime à la fois en intensité et élégance et raffinement avec des arômes de fruits noirs et rouges légèrement sanguins, des notes d’épices et de pierre. La bouche est ample, structurée avec beaucoup de fruit, des tanins mûrs et doux, le tout avec un équilibre et une longueur qui permettent une garde de 20 années. Les derniers millésimes montrent une grande finesse acquise, avec des tanins de mieux en mieux intégrés. La grande capacité de tampon hydrique des sols ainsi que l’usage du « rehabilitator » ont permis de conserver beaucoup de fraicheur aux millésimes 2011 et 12. Il est très intéressant de voir avec cette cuvée, débutée en 1999, combien l’influence du travail de Saverio et Laura a éloigné les vins d’un goût trop européen pour aller vers la classe et la finesse. Il faut toutefois remarquer qu’à la dégustation, le 1999 a conservé énormément d’équilibre et de fruits, même si l’évolution sur un boisé plus marqué est déterminante. Il s’agit encore certainement d’un vin bien vivant !
Palistorti Rosso
Appellation : DOC Colline Lucchesi
Assemblages moyens : Sangiovese 70%, Merlot 20% et Syrah 10%. De très faibles quantités des autres cépages autochtones peuvent rejoindre l’assemblage.
Age moyen des vignes : jeunes vignes de 5 à 14 ans
Pressurage au pied et mécanique à faible pression
Macération de 10 à 15 jours en fûts tronconiques avec remuages légers à la main ou au pied.
Elevage de 12 mois en barriques bourguignonnes (5% neuves).
Assemblage et fin d’élevage de 6 mois en cuves de ciment.
Mise en bouteille sans collage ni filtration.
Stockage des bouteilles : un an avant commercialisation
Alcool moyen : 13 %

A propos du vin :
Les vins rouge issus des jeunes vignes proposent une robe très intense, profonde où le rubis domine, accompagné de nuances pourpres qui rappellent la jeunesse des ceps. Tout comme la robe, le nez est souvent très intense, épicé, mais plus que tout, c’est le fruit juteux qui domine ici l’équilibre, surtout dans les derniers millésimes. Malgré la jeunesse des vignes, les tanins sont très souples, intégrés et l’acidité caractéristique donne énormément de buvabilité au fruit du vin, même dans sa prime jeunesse. On peut toutefois le conserver facilement 7 ans avant qu’il n’atteigne son apogée. Si le Palistorti Rosso 2010 est pleinement juteux, ample et dense, avec une très belle longueur en bouche, la surprise vient du 2011, où malgré la sécheresse en Toscane, le vin propose une étonnante tension, ce qui donne beaucoup de fraicheur à une matière qui ne manque pas d’ampleur. Une cuvée qu’il faudra suivre absolument !
Palistorti Bianco
Appellation : IGT Toscana
Assemblages moyens : Vermentino 50%, Trebbiano et Mavoisie 25 % et Chardonnay et Sauvignon Blanc 25%
Age moyen des vignes : 20 ans
Pressurage au pied et mécanique à faible pression
Macération : 3 jours à froid avant fermentation et uniquement pour le Vermentino
Fermentation en cuve métallique sauf 5% en vieilles barriques
Elevage : 1 an 2/3 en béton, 1/3 en barrique non neuves
Conservation avant commercialisation: 1 an en bouteille
Alcool moyen : 12 %

A propos du vin :
Le Palistorti Bianco se révèle d’une aromatique intense avec des arômes citriques de pamplemousse, des notes florales et quelques touches plus exotiques comme de l’ananas. L’acidité, souvent importante, est compensée par une matière riche, structurée, où malgré le caractère sudiste indéniable, finesse et équilibre font bon ménage. On peut dire, sans exagération aucune, qu’ici aussi, les vins ont excellemment résisté aux dernières sécheresses.
Tenuta di Valgiano Bianco
Appellation : IGT Toscana
Assemblages moyens : 1/3 Vermentino, 1/3 Chardonnay et 1/3 Sauvignon Blanc
Age moyen des vignes : 25 ans (les plus vieilles vignes en blanc)
Pressurage au pied et mécanique à faible pression
Macération : 5 jours à froid avant fermentation et uniquement pour le Vermentino
Fermentation en cuve métallique
Elevage de 5 mois en foudres de 5-6 ans puis 6 mois en cuve métallique.
Conservation avant commercialisation : 1 an en bouteille
Alcool moyen : 12 %
A propos du vin :
Cette dernière cuvée officielle est certainement la moins connue, d’abord parce qu’elle n’est pas disponible chaque année, et, ensuite, parce qu’elle est produite en de faibles quantités. La sélection des plus vieilles vignes apportent ici plus de classe et de finesse, sans que la faible proportion de bois neuf ne viennent alourdir l’édifice. Si l’aromatique et la bouche sont pleinement comparables au Palistorti Bianco, on ressent finalement une grande différence dans le potentiel de garde du vin. Le 2007, ouvert sous nos yeux s’est avéré extrêmement jeune, droit, précis et plein de fraicheur. La plus grande surprise vient sans doute du 2010, ouvert depuis 6 jours avant notre dégustation, qui avait conservé énormément de fraicheur, rendant ainsi le vin encore très équilibré malgré une matière plus grasse et plus dense, le tout avec une finale à la longueur plus que notable.
Autres cuvées
Comme dit plus haut, la Cuvée rouge Sasso dei Cesari s’est éteinte avec l’arrachage des vignes en 2001. Cette cuvée ne constituait toutefois pas un volume ayant permis une commercialisation objective. La politique, aujourd’hui, est d’enrichir les cuvées Tenuta di Valgiano avec les vignes les plus âgées. Enfin, une cuvée de Vin Santo est quelquefois libérée à l’usage des meilleurs amis, comme en 1994 et 1998.

Conclusions
Faut-il vraiment se plier, après un texte aussi long, à la discipline des conclusions… je ne sais vraiment. Mais à la relecture, je voudrais simplement remettre en avant quelques mots qui caractérisent les vins de la Tenuta di Valgiano.
Féminité : c’est probablement l’élément le plus évident à tous, surtout sur les cuvées Palistorti. Par féminité, on pensera aussi à élégance aérienne, douceur sphérique
Equilibre : un mot qui traduit l’évidence buvable de toutes les cuvées, que ce soit à partir des jeunes ou des plus vieilles vignes.
Harmonie : Tout est ici entre finesse, fraicheur et structure, les vins respirent littéralement de la vie telle qu’elle est au domaine ! Cette impression est particulièrement palpable sur les derniers millésimes.
Liberté : Il n’y a pas de dogmes, rien n’est figé, tout se discute, tout se met en question, mais toujours à l’écoute de la nature et des traditions.
Toutes ces qualités font de la Tenuta di Valgiano et de ceux qui l’animent, un incontournable élément tant dégustatif à travers les vins qu’admiratif à travers tout ce qui les entoure.
Grazie Laura, grazie Saverio !
Patrick Böttcher, Monomaniaquement Alsace, Avril 2013

Coordonnées
Laura di Collobiano
Tenuta di Valgiano
Via di Valgiano 7
55012 VALGIANO (LU)
tel: +39 0583402271
fax : + 39 0583 572141
e-mail : info@valgiano.it
web : www.valgiano.it
facebook : https://www.facebook.com/tenutadi.valgiano
Pastaaaaaa!!!!!
La Favola della Pasta della Sera
Nouvelles du miam et du glou sur Bruxelles-la-Belle….

Au Caffè al Dente, il y avait déjà tout pour rendre fou un gastronomoenophile zinzin d’Italie : l’Osteria (traduisez restaurant à tueries de vins), le Negozio (traduisez magasin de tueries gastronomiques) et une Enoteca (traduisez vente au détail de vins tueries). Et, selon toute logique, ces 3 éléments étaient en totale interpénétration, l’Osteria venant se servir au Negozio et à l’Enoteca pour ses clients… et cetera. Quand on a les meilleurs produits à portée de main, pourquoi se casser la tête, hein ?
Comme dans toute Enoteca, (je dis cela uniquement au cas où vous venez de débarquer de tchétchénie profonde après y avoir séjourné 30 ans dans une grotte), on pouvait, à celle du Caffè al Dente, acheter des quilles (traduisez bonne bouteille de vin) mais aussi et surtout boire un ou plusieurs verres ou une ou plusieurs « quilles » entre potes, le tout dans un univers très sympa autour de grandes tables d’hôtes.

Oui, on pouvait faire cela, mais ça, vous le savez bien, puisque vous ne venez pas de cette grotte en Tchétchénie ou que vous n’êtes pas supporter de la Lazio. Et puisque vous le savez, vous savez aussi que la maison ne rechignait jamais à vous proposer pendant vos libations de délicieuses petites soucoupes apéritives.
Oui…. mais… si vous étiez du profil « plusieurs verres » ou « plusieurs quilles » au point de souvent décider de zapper le resto avant d’aller trémousser votre petit popotin (parce que, avec des vins pareils, on n’a pas envie de lever son dit popotin de sa chaise), vous n’avez certes pas manqué de ressentir les effets physiologiques naturels du bon boire : la FAIM.
Et les soucoupes avaient beau être sympa, on sortait quand même assez souvent de ces lieux merveilleux avec l’envie de dévorer 3 chapons bien gras et deux sangliers rôtis.

Alors un peu avant la Pentecôte (vous savez quand l’esprit du p’tit Zésus qui en avait marre de s’emmerder au paradis est revenu sur terre pour faire la fiesta avec ses potes), donc un peu avant la Pentecôte, un esprit fort sain, ma foi, est descendu sur le Caffè al Dente pour y suggérer « LA PASTA DELLA SERA ». (mais oui, chou, ça veut dire la pâte du soir).
Comprenez que maintenant, avec vos divins verres, si la faim gargantuesque vous prend, vous pourrez vous taper une belle et bonne assiette de pâte…. la PURE, la VRAIE, LA Pasta al Dente... et dont la recette sera à l’humeur du chef.
Et si vous êtes gentils, z’aurez même droit à des antipasti…. Bande de veinard(e)s!
Bref…. Le Caffè al Dente avec la Pasta della Sera... c’est encore plus incontournable !!!
Pour en savoir plus :
http://www.caffealdente.com/
https://www.facebook.com/caffe.aldente
Rue du Doyenné 85, 87
1180 Bruxelles
info@caffealdente.com
TEL : +32 2 343 45 23
Sous les pavés... la Vigne !!!!
Rue89 et "No wine is innocent" présentent...

Le salon Rue89 des vins :
Sous les pavés, la vigne !
Une manif de vins organisée par Rue89 ? Des vignerons qui battent le pavé ? La drôle d’idée. …
De quoi s’agit-il ?
Comme le dit son organisateur principal, Antonin Iommi- Amunategui : Le vin qui nous intéresse en premier lieu ici est idéaliste, marginal, minoritaire, quasi-héroïque... voire impossible selon certains tenants de l’establishment vinique (ceux-là même qui, parfois, perpétuent une pseudo-tradition, trahie et rendue factice par les égarements techno-chimiques de ces dernières décennies).
De fait, ce vin « idéaliste » est porteur de valeurs, des conceptions artisanales et humanistes de l’agriculture ou du commerce, qui peuvent intéresser un média indépendant tel que Rue89. Et ces thèmes sociétaux seront en effet abordés durant le salon, notamment par le biais de débats... Mais c’est bien pour déguster des vins – issus de cette minorité délicieuse – qu’on se rendra au « salon Rue89 des vins » les 2 et 3 juin prochains !

(Voir le document officiel en pdf)
Pour mettre cela en musique, une quarantaine de vignerons réunis, des centaines de vins, venus de France pour la plupart (et de Serbie aussi). Ce ne sera pas un simple salon des vins, mais 48 heures d’échanges dédiés aux vins actuels, alternatifs, naturels...
On pourra goûter – et acheter pour certains – les vins de domaines déjà bien installés (tels Binner en Alsace, ou Boulard en Champagne), et d’autres parfaitement méconnus (comme le domaine des Bodines dans le Jura, ou celui de Brin dans le Sud-Ouest)….. En voici la liste : Autour de l'Anne, Audrey et Christian Binner, Domaine des Bodines, Domaine de la Bòria, Francis Boulard et Fille, Domaine de Brin, Clos Cristal, Clos des Cimes, Ulysse Collin, Côtes de la Molière, En Joue Connection, L'Escarpolette, Francuska Vinarija, Château Gombaude-Guillot, Didier Grappe, Domaine de la Grapperie, Dominique Léandre-Chevalier, Domaine Ledogar, Domaine du Mazel, Domaine Milan, Alice & Olivier de Moor, Noëlla Morantin, Domaine de Mouressipe, Olivier B, Domaine de la Pépière, Jean-Yves Péron, Pithon-Paillé, Production Unique Rebelle, Domaine de l'R, Jean-Pierre Rietsch, Domaine Rousselin, Domaine Saladin, Sarnin-Berrux, Domaine de Soleyane, Tarlant, Domaine des Terres Promises, Les Trois Petiotes, Karim Vionnet...
En plus des vignerons, des tas d’animations sont prévues avec le réalisateur Jonathan Nossiter (Mondovino), le restaurateur Xavier Denamur (République de la Malbouffe), le vigneron Gilles Azzoni, le caviste Paco Mora et la journaliste Ophélie "Miss Glouglou" Neiman.
Côté livres seront présents : Editions de l'Epure, Marie Rocher, Sang de la Terre.
Du lourd !
Et puis… il y a les partenaires… la crème des crèmes : La Pipette aux 4 vins, Olif, Du morgon dans les veines, Oenos, Dealers de vins, Chef toi-même ... et Monomaniaquement Alsace
Ça se passe les dimanche 2 et lundi 3 juin 2013, de 10h à 19h à La Bellevilloise (21, rue Boyer - Paris XXe)
PAF 10€ (verre Riedel offert)






