Retour aux affaires après un break consacré entièrement au premier salon Vini, Birre, Ribelli qui, comme les échos semblent le dire, fut une grosse réussite.

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Bien sûr, si la mariée était magnifique en robe blanche, elle avait probablement besoin d’un bon gyneco, parce tout n’était pas trop au top, côté envers du décor, à commencer par les vols et la resquille.
Mais je reviendrai là-dessus plus tard… promis !

Ce qui me refait prendre la plume, c’est une réflexion issue de discussions informelles avec Carlo de Pasquale, Eric Boschman et quelques autres animateurs de la miam et la glousphère belge au sujet des sempiternelles disputes qui animent les réseaux en tout genre et qui ne font que sectariser, cliver un peu plus chaque jour des gens qui finalement ont un but semblable, faire la fête autour et avec le vin.

Trouver un imbécile heureux qui me dira aujourd'hui préférer un vin techno bien pollué d’intrants à la vigne et à la cave, ce n'est certes pas facile…. à moins que.. Nicolas de Rouyn, un jour de campagne guerrière, mais il paraît que même lui, est assez favorable au bio. Alors, pourquoi donc, se fait-on chier à secouer notre cocotier d’ego à longueur de pages et s’en envoyer des pas tristes en pleine tronche… ?

Et bien, à cause de trois atomes pas très gros mais utiles, deux oxygènes et surtout un soufre !

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Et c’est là que l’observation comportementale lors d’un salon comme Vini, Birre, Ribelli est fort intéressante, la molécule semblant régler les bons et mauvais offices de chacun selon leur appartenance à telle ou telle religion.
Or Vini, Birre, Ribelli n’est PAS un salon SANS soufre et ne le sera jamais… il est juste une rencontre entre des gens qui par leur démarche de vigneron ou de brasseur ont pris un chemin relativement rebelle, du moins face au formatage industriel. Ni plus ni moins. D’ailleurs si on veut vraiment parler soufre, il faut rappeler que la célèbre AVN française fixe une limite supérieure infranchissable de l’objet conflictuel à 30 mg/l ajoutés, alors que, pour les italiens, travailler entre 30 et 50 mg/l et se proclamer « Naturel » est plutôt la norme.

Comique donc d’observer des gugusses arpentant les stands, ces gusses qui, s’ils avaient pu se procurer une sonde électronique doseuse de soufre, crieraient à la déviance hérétique, par manque ou par excès selon le camp où on se trouve. Comme si "le soufre ou non" étaient responsables de tous les maux de l’humanité vinique, éludant au passage le fait que dans chaque catégorie, il y a des vins qu’on aime ou pas, et disons-le, des vins qui sont bons ou non, selon que déjà, ils soient bien faits…. ou non….  (et je ne parle pas ici de nos différences génétiques ou acquises !).

Mais, et c’est là le but de cette chronique, avoir un bouc émissaire, c’est tellement pratique, surtout si c’est pour publier sa mauvaise foi et lustrer son ego, et puis ça arrange vachement tout le monde, ceux qui y croient à leur quête, ceux qui aiment le pugilat du clavier… et surtout les lobbies de production de vins « pratiquement » synthétiques.

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Et tant pis si l’arbre à soufre cache la forêt, c’est même tant mieux, ça occulte, d’une part le fait que certains n’ont aucun talent pour faire du vin et font plus que de l’ombre à la forêt « naturelle », et, d’autre part, ça permet de faire passer comme une lettre à la poste toutes les merdes correctives dont on a besoin pour faire du vin à 200 hectos à l’hectare…

Alors, si une fois pour toutes, l’arbre à soufre, on lui faisait la peau et on ne se réoccupait plus que de boire et de parler des vins bons ET sains ? 

Ca vous dit ?