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VDV n°37 : A boire... oui,
et à manger pour l'été

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Ce mois-ci, c’est Nathalie Merceron, ambassadrice de gourmandise avec « Saveur Passion », qui emmène le petit monde des VDVs à la conquête des mets et vins de l’été avec tout le slurp et le glou qui conviennent à la pratique de ce sport sans trop de couverts mais avec au moins un verre.

C’est donc avec beaucoup de bonhommie que les p’tits gorets des VDV Brusseleirs ont sauté sur l’occasion de sortir chèvre et cochonnailles pour arrondir, s’il le fallait encore, les breuvages à destination « ad profondis » qui conviennent à ce genre de réunions très porcines. Et ils furent nombreux à pointer du groin, emportant souvent bien plus d’une quille sous le jambon… ce qui fait que si on continue comme ça, va falloir penser à agrandir la cour de Môssieur Jean-François, dit Basin chez les dames, heureux possesseur du divin lieu de vente de liquides à haute buvabilité que sont les établissements Basin et Marot et qui accueille nos agapes (the Blues).

Un truc amusant… alors que c’est pratiquement introuvable chez les Belges, on était deux à avoir pensé aux charcuteries de l’Antica Macelleria Falorni de Greve in Chianti, un des plus hauts lieux, il est vrai, de la cochonnaille made in Italy… (Pour les belges qui lisent ceci, c’est chez Belli e Buoni à Bruxelles-les-bains).

Arrivage presque frais du jour avec une quille qui nous annonce furieusement que l’été, il est là, on ouvre le bal avec Moussamoussettes 2010, le Pet Nat rosé d’Agnès et René Mosse (Vin de France à base de Grolleau Gris et de Gamay). La « chose » est fidèle à elle-même, une tuerie de buvabilité (à un point où c’en devient dangereux !), encore un poil sur les sucres, mais ce festival de fruits rouges frais… que c’est BON ! Avec son blanc « Avant l’été », "Not' R'né" sait vraiment y faire avec ses pet nat.

Après cette  mise en bouche proposée par notre hôte, on attaque les blancs du thème du jour avec un Cheverny « La Frileuse » 2003 du Clos du Tue-Bœuf de Messieurs Puzelat (assemblage de sauvignon et chardonnay). Côté buvabilité c’est en plein dans le mille, sans pour autant manquer de complexité : au nez, la bête d’abord très très fumée s’ouvre sur du floral et de l’exotique, ôssi !

La bouche est tendue et saline et le fait de découvrir le millésime, nous laisse assez pantois, tellement ce vin parait peu solaire mais totalement accroché au terroir. Sur le chèvre et sur le lard de Colonnata, cela fait merveille, tout particulièrement sur le second pour lequel Fredon (from BHV) n’hésite pas à payer de sa personne pour nous montrer comment engouffrer ce met délicat…

On continue avec un duo alsacien made in André Ostertag en commençant par le Riesling « Vignoble d’Epfig » 2009, pur vin de soif de la maison, qui prouve que même en entrée de gamme sur un millésime bien solaire avec des acidités souvent aux abonnés absents, on peut faire du frais et tendu, tout en profitant d’un côté jus d’agrumes à la limite du confit.

Cette tension bien présente dans ce vin pousse Philippe à la poésie en nous rappelant que ce qu’il aime dans la fraicheur du vin, son cardiologue approuve totalement. Merci Philippe, pour ce moment d’une grande profondeur d’âme… tu reprendras bien une tranche de lard, mmmh ?

Changement léger de cap, tout de même avec le Sylvaner « Vieilles Vignes » 2010, qui balaye la rondeur de son prédécesseur au profit d’un côté sec et frais remarquable, tout en nous rappelant par sa salinité qu’on n’a pas affaire ici au banal sylvaner de Zinc, loin de là. Et il n’y a pas que la salinité, y a aussi du gras qui fait que les sauciflards ne refusent pas l’accord, même si le plus truffé s’avère encore un peu fort sur ce genre d’accord. Bref en 43 mots comme en 10.000, s’il y a un sylvaner qu’il faut boire cet été, direction Epfig…

Re « Cap » à 180° avec l’avant dernier blanc du jour, soit le Vin de Table « B-G » 2008 d’Antoine Arena (B-G pour les 100% de Bianco Gentile que contient ce vin). Au nez, c’est très complexe, entre fruits exotiques, un léger beurré iodé et plein de petites notes florales.

La bouche est féminine et gourmande, ce qui semble plaire à mon voisin qui déclare, féminin, certes, mais y a de la coucougnette ôssi…Aaah, les femmes couillues, y a que ça de vrai, hein, le marseillais ?

Pour revenir au vin, la bestiole est dotée aussi d’une belle fraicheur, surtout sur la finale très agrumes et très torchable… l’ambiance monte d’un cran.

Last but not least (faut toujours dire çô avec les vins de Graziella), on attaque la dernière chicane des blancs avec ce  Chardonnay VDP de Franche-Comté 2009 du Domaine Cavarodes d’Etienne Thiebaud. Si le nez divise un peu, la pomme grany ou la poire William, avec quelques champignons qui passent par-là, on aime ou on aime pô çô, la bouche met tout le monde d’accord. C’est à la fois sec et charnu, avec une très grosse impression de matière et une longueur au top.

Et de tous, les blancs, c’est celui au fonctionne le mieux sur les cochonnailles, particulièrement sur la saucisse au foie qui me faisait des yeux doux depuis une bonne demie heure. Joli coup, Mam’zelle ! C’est du bien bon Jura que cela.

Passage aux rouges, et au vu de ce qui traine en viandu sur la table, il risque d’y avoir du gamay qui va descendre tout seul.

Pour ne pas me donner raison (mais aussi pour des raisons de timing), le premier rouche à sortir est « La Mémé » 1997 du  domaine Gramenon.

La robe est très évoluée et  un peu trouble, certes.  Le premier nez est pas mal sur l’alcool, re-certes. Mais c’est aussi plein d’épices… et en bouche, la matière est serrée autour d’une acidité superbement conservée, tout en relargage de fruit et de sang, surtout sur la finale. Bon le monstre des lieux, il va pas vraiment avec la thématique, mais personne ne semble s’en plaindre et c’est tant mieux !

Le suivant de ces messieurs  n’est toujours pas gamay mais bien un Saint-Joseph 2002 de Messieurs Dard et Ribo. Un 2002, ça ? Non j’crois pas… c’est trop une bombe… déjà au nez ça y va et pas un peu, surtout sur les épices et le cuir. Mais en bouche, ‘tain, après un ptit côté sanguin et poivré, ça part à fond sur le gourmand, le tout avec une descente d’enfer ! Un de mes gros coups de cœur, Dard et Ribo, encoeur….

Et puis et puis, y a l’Ovni…  Ça commence un peu comme Alerte à Haribo… à vrai dire, ça fait même un peu peur, la framboise au sucre, surtout. Mais cela ne dure pas et on se prend ensuite des machins bien plus floraux … En bouche, cela s’inscrit sur un mode très AVN, mais très contrôlé avec un fruit qui règne en maître absolu dans sa version plus torchable que moi tu meurs.

Le responsable de cette énorme buvabilité, c’est un assemblage helvétique de pinot noir, de gamay (enfin !) et de gamaray, soit le Pépie 2008, VDP de Suisse de Paul-Henri Soler. Le premier qui m’en trouve, j’en prends six et j’en offre trois à la présidente du jour, rien que pour le plaisir qu’elle a appelé dans son thème. Le coup de cœur absolu du jour et qui fonctionne drôlement bien avec  le côté fenouil d’un des saucissons ritals du jour.

Ensuite, pour me donner quand même un peu raison, arrive un gamay de gamay, le Chiroubles Vieilles Vignes 2007 de Msieur «  Noun » Descombes.

Chais pô pourquoi, mais pour le moment, les vins de Noun me mettent chaque fois à genoux, et ce n’est pas celui-ci qui va me faire changer d’avis. Dès que tu laisses ces petites choses murir un peu au fond de la cave, elles prennent des dimensions en puissance et en complexité absolument géniales, y a du cuir, y a de la viande, y a de la pierre… et le vrai bonheur, c’est la bouche gourmande et précise à la fois… et toujours… cette buvabil « été ».  J’adoooore… bien sûr… que c’est moi qui l’ai apporté (non mais !)

Pour le suivant de ces messieurs, on a l’impression de repartir sur du bojo, et c’est vrai que du Gamay, y en a, mais pas que… me dit la jeune péninsulaire de Graziella qui siège à ma droite.

En fait, on est déjà de retour sur le djeune avec ses dreads (comme dit Olif), Msieur Thiebaud et son Domaine de Cavarodes, sur son Vin de Pays de Franche-Comté rouge 2009. Et à côté du Gamay, y a du pinot noir, du trousseau, surtout et des tas de petites choses avec… Si le nez est un tantinet fermé, idem sur les premières attaques de papilles, ça part très vite sur le plein de fruits bien tendus (au moins 15-9), avec une grosse structure pour s’épanouir. L’acidité est très loquace, surtout en finale où elle passe un poil trop au-dessus du fruit. Si c’est déjà bien buvable, faudrait que la quille retourne un peu s’arrondir pour qu’elle nous botte complètement. Cela dit avec le sifflard aux truffes, j’aime beaucoup. (pour l'étiquette, c'est tout dit la même que le blanc)

Fin des votes du jury « Osmotique » avec  le Beaujolais Villages « Amène » 2009 de Cyrille Alonso mis en bouteille pour le collectif P-U-R, le tout provenant de vignes septuagénaires.
Ach, bojo und 2009… Les connaisseurs, y hurlent tous au grand machin, mais mué, à chaque fois, j’trouve cela un peu fermé, on va dire encore un peu fermé. Et derrière la porte, c’est sûr qu’il y a du vin et un peu de volatile, et aussi, plus cela s’ouvre, des fruits à l’alcool. La bouche… j’aime bien plus, c’est plus « Amène la cochonnaille » on va s’en descendre une, en toute simplicité, en tout fruit. Beaux tanins aussi et une belle longueur en plus… vivement dans un an.

En after (si, si !, chez les belges même après 39 rieslings, on fait 10 after), et ce juste pour dire que ils ne s’inscrivent pas à donf dans la thématique, le maître des lieux nous sort une rareté de sa grotte alibabesque, soit un Domaine de Montcalmès blanc 2007 et un Ormiale 2007, Bordeaux AOC issu de 0.63 ha travaillés par Fabrice Domercq et Jasper Morrison. Ce dernier vin, vais pas tarder à en parler un de ces jours…. Mais plus tard, juste pour la petite histoire, c’est ce même Fabrice qui réside partiellement chez les belges qui avait amené le Colonnata du jour.

Avant de conclure cette jeune et belle aventure que les VDVs nous a permis de créer et qui semble (on se demande pourqwé) faire l’unanimité, petit clin d’œil à l’arroseuse arrosée ci-dessous notre reporter très unioniste Brigitte qui nous comble de ses clichés… y en a d’autres, y sont ICI


Czernia ? C'est toi ?

Merci à Nathalie, notre présidente du mois, pour nous avoir permis de sortir tout le mato de l’été un poil à l’avance et de nous sentir déjà en pleines vacances…. Mille excuses aussi pour la longueur de ce machin, j’imagine que si on te fait tous ce coup là, tu vas y passer quelques nuits à tous résumer….

Oui, je sais, Olif, on aligne vraiment trop les quilles chez les belges…