Carnets de Route
en Languedoc-Roussillon

 

02. Pierre et Murielle Quinonero
Domaine de la Garance

Quand le hasard fait que par de nombreuses et différentes sources, les noms du Domaine de la Garance et de son mentor, Pierre Quinonero, n’arrêtaient pas de me revenir, il presque est évident que ce domaine allait constituer ma première étape languedocienne.

Le domaine se situe à Caux, non loin de Pézenas et côtoie un certain Prieuré de St-Jean de Bébian depuis 1998, date de la prise d’indépendance par rapport à la Coopérative locale.

 

 

Petite angoisse de déranger, car il semble que notre prise de rendez-vous avait été oubliée. Angoisse vite effacée par l’accueil sympathique du colosse genre 2e ligne qu’est Pierre Quinonero. Très vite, on comprend qu’on va pas s’ennuyer et que ce sera pas triste du tout. Parce que le Pierre, il n’impose pas que par sa stature, mais aussi par sa verve totalement intarissable. Très vite on est fixé par le fait que le Monsieur a ses idées et qu’il compte bien nous les assener, bien que tout cela paraisse d’une logique imparable.
Première originalité pour un domaine où le Carignan est roi (la cuvée phare, les Armières en contient 90%), pas de schistes au programme. Et ce n’est pas parce que les parcelles se présentaient comme cela. Que nenni, il y a ici, quitte à courir sur 50 bornes pour les éviter. A la place, trois types de sols se partagent le gâteau : basaltes issus de coulées volcaniques, calcaires coquillers et graves roulés…tout un programme qui produit à du 17 hectos à l’hectare… pas vraiment des jeunes vignes.

 

 

Deuxième originalité, l’absence de soufre extérieur, même pas à la mise, comme dit Pierre, quand il y a un bouchon, pourquoi soufrer. Sur que les cuvaisons très longues (deux ans suivis d’un affinage en cuves béton de 6 mois) en barriques d’un an ou plus (deux ans) stabilisent le vin. Pour le reste, c’est bio au programme, vendanges manuelles, pas d’égrappage… on est plus sur le registre du « Couillu » que de la jeune fille en fleurs. Et pas question de vendre trop tôt…. En 2010, c’est 2007 à l’honneur, un peu, mais surtout 2003, parce que c’est bon comme cela, là, maintenant.
On ajoutera à tout cela une passion débordante pour le boustifaille et le jazz, et on comprend très vite qu’ici, on s’emm… jamais, à l’inverse de ce que clame la pancarte murale « Soyez brefs, vos minutes sont aussi précieuses que les nôtres. Et dire que je me tue à dire que le vin c’est du partage, du festif, de l’humain… moi, j’dis chapeau M’sieur Quinonero, vous avez le maximum des points avec palmes et honneurs. Finalement, le genre d’endroit, quand on a un timing à respecter, qu’on quitte avec un gros coup de cafard, parce qu’on voudrait rester, rester, rester…

 

 

Bon, parlons vin : les festivités dégustatives commencent justement par ces Armières 2007, VDP de Pays de l’Hérault, au Carignan encore à la jeunesse costaude mais qui pète de fruits et d’arômes de garrigues. Va falloir mettre la chose de côté parce que les tanins sont encore assez carrés, mais on pressent que cela ne peur que s’assouplir. Confirmation avec les Armières 2003, véritable tuerie de rondeur, de croquant mais où la chaleur du millésime ne transparaît pas pour un sou. A la place de la chaleur crainte, c’est la fraicheur de l’acidité et le jus de pierre qui mènent le bal. Du top de top !

On continue avec « A Coline 2002 » un vin qui contient très nettement plus de grenache qui lui autorise l’AOC Coteaux du Languedoc mais qui a donné 30% de son jus aux anges… sans ouillage et donc, on est censé être sur un oxydatif. Juste censé parce que le vin a gardé un nez plus conventionnel entre fruit rouges, noirs et épices, le tout avec une pointe de volatile pas dérangeante du tout qui se marque principalement par un côté balsamique plus prononcé.

Place ensuite à une petite surprise mais qui en a déjà secoué quelques uns sur la toile, visiblement : Le Pinot Noir « A Clara » Vin de Table 2009, une petite bombe de fruit en macération carbonique, un vin frais et festif à très haut indice de torchabilité ! Pas d’autres commentaires sinon celui que je serais bien parti avec quelques caisses, mais en début de séjour, faut faire gaffe !

On termine avec le blanc sec « Les Claviers 2009 » en Vin de Pays de l’Hérault, un assemblage de chardonnay, de clairette, de grenache gris et d’ugni blanc, issu d’un terroir de marnes calcaire et de gneiss et vinifié toujours sans soufre et élevé neuf mois en barrique.
J’avais goûté le 2008 l’avant-veille au restaurant et avait été un peu perturbé par le côté très granny-smith du nez et de la bouche. Ici on est sur un côté nettement plus gras et floral, avec des fruits blancs. En bouche, il y a une belle fraicheur tout en rondeur, mais le côté levuré un peu perceptible au nez prend ici plus (trop) d’ampleur. A revoir…

A part cette petite réserve sur le blanc, tout est donc ici du pur bonheur avec des styles aussi bien affirmés que leur géniteur, costauds, festifs et très loquaces !!! Une adresse incontournableuuuuuuu !

Domaine de la Garance
Pierre et Murielle Quinonero
Chemin de Sallèles
34720 Caux

TEL : 04 67 09 30 74
Web :
www.domaine-garance.com