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Vendredis du Vin # 41:
Les bulles de Mariage

Elle est jeune, elle est  belle, elle aime les vins de glou, elle est la copine d’Eva Robineau, elle a un Blog au titre rêveur « Un Mets, Dix Vins » et elle a accepté d’endosser la lourde tâche de Présidente des Vendredis du Vin de Novembre, bref, Stéphanie « UMDV » représente aux yeux de tous le parti idéal !!!
Mais ce n’est pas de son mariage dont Stéphanie s’inquiète, mais bien celui de son frère !
Que proposer comme vin, surtout à l’accueil, avec tous ces amateurs qui poussent en France et ailleurs, tels des trèfles au printemps…  C’est sûr que les Rachais de Francis Boulard, ce serait pas mal, mais bon, il y a Monsieur Budget qui est pas vraiment d’accord.
L’affaire est donc problématique au point d’en faire le sujet de ces
Vendredis du Vin de Novembre, et de quémander sa sphère Glou pour fournir moultes idées.

En y réfléchissant, bulles ou pas bulles, nous, au VDVs Brusseleirs, on tape rarement dans les boutanches plus chères qu’un plein d’essence, au contraire… mais serait-ce erratique de penser que souvent, moins il y a de soufre, moins les prix s’envolent… ?

En y réfléchissant aussi, faut-il vraiment des bulles pour faire « fête »… ?
 Ça, On n’en est pas vraiment sûr dans notre petit groupe de demi-dingues.

Alors, on s’est dit, finalement,  qu’on allait faire notre dégustation comme d’hab, en mettant un peu plus de bulles que d’hab et qu’on ferait surtout la fête, d’autant que le président-fondateur à vie de notre entité, moi, pour les intimes, fêtait à l’occasion ces 51 bougies.
Et donc… pour tout embrouiller, et ben, certaines quilles s’avèreront un peu hors budget mariage quand même, ou un peu rares pour ce genre de festoiement, mais l’occasion fait le larron, non ?

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Bon... Parlons donc quand même un peu  bulles…

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Faut-il qu’elles soient absolument champenoises pour plaire ?
Tout individu censé connaît la réponse…. je pense, non ?
Et si elles sont ou  ne sont pas absolument champenoises, faut-il qu’elles soient chères ?
A nouveau, je ne pense pas du tout…
En Alsace, on peut trouver sans trop de difficultés autour de 9 euros du crémant et du bon…. Les exemples se bousculent dans ma tête, au domaine, les extra-brut de Lucas Rieffel, Jean-Pierre Rietsch ou Louis Sipp sont les premiers auxquels je pense… mais il y en a des tas comme cela en Alsace et en Loire, pour ne citer que ces exemples.
Pour peu qu’on fasse ensuite de son plus beau sourire avec le comité organisateur, et on reçoit les droits de bouchon….
Finalement, on  aura gagné, en plus, un mini-trip en Loire ou en Alsace…
Et sinon…. Il y a les Poirés, c’est bon et on peut en boire beaucoup…

Il y a encore des variations plus funs encore comme cette « Moussamoussettes » de René Mosse vendue cet été +- 12 euros chez les Bons Cavistes, qui a maintenant bouffé pas mal de son résiduel pour donner un très chouette pet nat rosé à base de Grolleau Gris et de Gamay…

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C’est en tous cas avec cette quille qu’on a commencé nos hostilités et personne n’y a trouvé à redire…. Et son nouvel OVNI au père René, le pet nat Rouge « Moisson Rouge » à base de gamay teinturier, goûter 2 jours plus tard (merci René) ne nous démentira pas…

Côté crémant, c’est le Crémant d’Alsace 2000 du domaine Julien Meyer (pinot gris et blanc) avec zéro dosage qui prenait ensuite le relais. Là, on est un gros poil hors budget, et surtout, l’objet est rare, mais qu’est-ce que c’est bon…  évidemment si on veut cela pour une fête, faut être visionnaire, parce que la bestiole a quand même besoin de 5-7 ans pour murir et donner un nectar d’arômes secondaires comme ce le fut dans notre cas…

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Catégorie plus djeunes et  « Rock ‘N’ Roll »,  le Ze Bulle « Zéro Pointé » a certes souffert de son prédécesseur… Ils sont pourtant nombreux à bien l’aimer ce Pet Nat rouge Vin de Table du Château Tour Grise (cabernet franc 100%). Pour nous, il a paru un peu léger, en fait, mais nous sommes de vilains gâtés au pays des Belges….

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A propos de gâterie, question de quand même prendre un Champagne, on a décidé de frapper à sens inverse…  Si les sous, il faut quand même les mettre, alors qu’on s’éclate, bon dieu…
Donc…  évidemment hors concours pour l’objet du désir de notre présidente du mois, et parce qu’il m’est impossible de parler bulles sans en ouvrir une,  la Cuvée Petraea  « 97-2006» de l’ami Francis Boulard (60% Pinot Noir, 20% Chardonnay, 20% Pinot Meunier) a fait comme Omar, il m’a tué (et les autres aussi) par sa tension, sa pureté et sa longueur…  Avec c’te quille et aussi avec sa cuvée « Les Rachais », je n’ai de cesse d’être emporté au paradis… normal, ça me tue !

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Voilà donc quelques idées, non-idées, réflexions et tout le bazar…

Et nous, alors, on allait quand même ne pas s’arrêter à 4 bulles et puis dodo….  Surtout que si certains considèrent qu’une fête sans bulle n’en est pas une, moi, je dis que sans blanc tranquille et sans rouge, ça va pô….. mais pô du tout, alors !
Donc, pour accompagner les charcuteries , fromages et autres délicatesses de l’entrée ainsi que le plat « de consistance », pas moins de 14 quilles frétillaient d’impatience de rencontrer nos palais. Il y en avait bien quinze, mais la Roussette Marestel de Môssieu Dupasquier, elle avait pris du bouchon… Probable vengeance de mes chakras qui, après avoir perdu quelques batailles à l’aveugle, ont dû envoyer des ondes négatives pour réveiller les tricloromachins de cette normalement superbe bouteille. Mort aux tricloromachins !

Pour ouvrir la session postbullienne, un petit clin d’œil à notre douce Véronique Attard du Mas Coris avec  sa cuvée  « La Coulée Douce » - Coteaux du Languedoc Rosé « Cabrières » 2010, première ébauche d’une grande série. Côté tension, c’est un peu léger après la « droiture» calcaro-boulardienne, surtout qu’on est ici sur un vin bien plus solaire, mais j’aime bien la finesse et la très belle buvabilité ! Et… enfin, un Mas Coris, aux VDVs  Brusseleirs !

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Vient ensuite une des  autres tueries de la soirée avec le 100% Romorantin Cour-Cheverny « Les Sables » 2007 de Philippe Tessier. Son nez « agrumes » très complexe et surtout sa droiture minérale en bouche me mettent  littéralement « à genoux ». Une première rencontre pour moi, mais bon dieu, quelle rencontre ! Encore un parfait exemple d’un vin qui peut renverser une assemblée d’œnophiles conviés à un… mariage… A 11 euros environ chez les cavistes belges, on imagine le prix pour 100 caisses au domaine…. Faut-il hésiter ?

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Pour faire le malin, ensuite, un nerveux de l’Alsace propose une de ses cuvées Dada, soit le Pinot Gris A360P 2009 d’André Ostertag dont les raisins grandissent sur le mythique Grand Cu Muenchberg. Le nerveux, il a voulu frapper fort, surtout que le souvenir de la cuvée bue au domaine restait exceptionnel, mais André Ostertag, il l’avait bien mieux placé, son vin, au domaine…. Ici, l’acidité du Tessier et la rondeur typique des 2009 alsaciens créent un effet de série qui dessert trop le vin, malgré une matière et une minéralité de grande classe….

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Re-changement de cap avec le Pouilly Fuissé « Clos Reyssier » 2003 du Domaine Valette, très sec, superbement tendu, à nouveau, finement oxydatif (d’où le changement de cap) mais surtout monumental de minéralité, le machin qui vous redresse les papilles comme une meute de suricates mis en émoi par le survol d’un aigle royal… encore un très grand moment !

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Et pour commencer les rouges… rien de tel qu’un gamay jeune et  félin de M’sieur Cyril Alonso , soit le Bojo Villages 2011 «COUGAR »  de P-U-R, qui, en plus d’voir un bien joli contenant, n’en est pas moins un bien beau primeur, frais à souhait, non sans notes minérales et épicées… glou, glou…

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Et puis, comme ce genre de vins a le mérite de garder quelques mois… si notre présidente avait le talent d’en placer au mariage de son frangin, ce serait quand même vachement couillu !!! (Stéphanie, si t’en trouves plus, je te garde un BIB, on sait jamais). En tous cas, sur la cochonnaille, ça fond comme des sucettes à l’anis.

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Le plat de consistance donne signe de vie à travers le four qui le transforme pour son sacrifice final… Derrière la porte de verre et de métal, le plus grand cassoulet du monde, celui de Jean-Yves du Coin des Artistes nous envoie des effluves prégargantuesques…

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Un appel au crime, un appel en tous cas à continuer sur Bojo… Ça tombe bien, 2 Régnié et un Moulin à Vent ploppent en cœur pour l’occasion.
Le premier Régnier est le 2010 de Christian Ducroux, et c’est une bien belle surprise : si le nez est un poil discret, la bouche est  équilibrée, dense, veloutée et fraiche. Malgré sa concentration, cela descend vraiment tout seul… c’est le but, non ?

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Et puis, il y a le Régnié V/V 2009 du Noun Descombes dont je n’ai envie de dire que 2-3 mots : BOMBE THERMO-NUCLEAIRE. En général, les crus du Noun, j’aime bien les laisser reposer 4-5 ans et j’aime bien aussi quand il n’y a pas trop (pas du tout, en fait) d’expression de boisé, mais là, il faut avouer que c’est parfait, aussi torchable que puissant. Achetez !!!!!

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Enfin, pour clore la série des crus de Bojo, il y avait le Moulin à Vent 2009 de  J.P. Dubost, dont je ne dirai que trois, quatre mots : Grand incompris de la soirée.

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Les haricots magiques et leurs atours désormais en fusion appellent la suite et du pas triste, s’il vous plaît…
Mais, évidemment, quand on mange du Cassoulet de Môssieu Jean-Yves, c’est plus difficile de se concentrer et donc après 4 jours assez, heu, festifs, pas trop facile d’aller réveiller les neurones. On me pardonnera donc un soudain rétrécissement de mes délires.

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Dans l’ordre ont été servis :

Cornas 1995 de Thierry Allemand
Bandol 2001 de la  Tour du Bon
Rosso di Montalcino 2009 du Campi di Fonterenza
Chianti Classico « Le Trame » 2008 du Podere le Boncie
Côtes de Francs Château Le Puy 2009 de J.P. & P. Amoreau

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Le Cornas fut à mon humble avis le plus grand vin de la soirée, magique, profond, du vin de roche… une de mes grandes émotions de l’année !

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Comme un poisson dans l’eau sur la puissance du cassoulet, le Bandol nous a rappelé que 2001 est un énorme millésime et qu’au domaine, on fait des vins qui ne goûtent pas que le chocolat et de loin, on ferait plutôt dans le genre « grand vin ».

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Dois-je encore m’appesantir sur les deux vins suivants sinon insister encore sur le fait qu’il faut avoir au moins goûté des deux nectars dans sa vie, rien que pour savoir ce que sont les vrais arômes des sangiovese et sangiovese grosso ?

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Et si vous voulez vraiment en savoir plus (je n’en doute pas un instant) sur les domaines de ces dames qui m’ont fait chavirer le cœur, c’est ici, pour le Campi di Fonterenza des Padovani Sisters et c’est ici pour le Podere le Boncie de Giovanna Morganti.

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Et puis pour finir le bal, il avait ce Côte de Francs, une quille de vrais malades à commencer par les producteurs qui clament sur leur étiquette… « Vins issus de cultures et de vinifs naturelles depuis 1610 », le pendant industriel au préphylloxérique, quoi. Et malgré un succès d’estime (le vin le vaut bien), le domaine se refuse à jouer « business »… alors les prix en restent abordables à souhait…
Et si je dis qu’après toutes les autres quilles, c’était, ici, de nouveau, une émotion ?

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Et si j’ajoutais que vu le niveau des prix, chère présidente, si vous en faisiez le rouge du repas, les VDVs Brusseleirs se proposent à offrir leurs services…. pour le service ?

En fin de soirée… les plus résistants ont eu droit à un magnum de Château Cornélie  Haut Médoc 2005, une autre émotion, différente, parce que pas mal de bloggueurs connaissent l’histoire de ce vin qui a fait l’objet d’une des plus belles pages de l’histoire du glou on the web…  Mais c’est vraiment une autre histoire et j’attends que Pierre Bellemaere en cause…

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Bon… je pense qu’on a encore frappé, une fois, mais c’est chaque fois un peu meilleur et il ne faut jamais aller voir l’apothicaire le lendemain… mais pourquoi doudou dis-donc ?
Il me faut évidemment remercier mes joyeux collègues…. Grâce à eux notre club est devenu un vrai lien d’amitié festive, un machin où on préfère boire que de se prendre la tête à faire des commentaires professionnels…
En l’espace de 7 mois, on est devenu un truc où on a vraiment envie de vite dormir 30 jours… 
Merci à eux aussi pour mes « cadeaux «  du jour avec une mention spéciale pour le trio Pastis 51, boules OBUT et ramasse-boules pour les vieux chnoques…

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Merci évidemment aux Vendredis du Vin et à Stéphanie, présidente du mois élégante en diable, de nous avoir fourni le prétexte  de nos agapes !

Finalement, avec deux quilles encore plus tardives, on a fait 2 Mets, 20 vins… c’est tout dire…

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