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Racines et Liberté

Si le hasard peut influencer le cours des choses, souvent, ce sont les racines d’un lieu ou d’une vie qui restent les éléments déterminants. A Pacina, ces racines sont en fait un héritage bien plus que matériel, fait de murs et de toit, mais bien celui d’un écosystème où la biodiversité existe en harmonie depuis des siècles. Cela a été pleinement compris et intégré par Giovanna Tiezzi, héritière de ces lieux, et Stefano Borsa, son mari, agronome de formation. De plus, ils ont réussi, à force d’obstination, dès leur prise en charge des lieux en 1992, à magnifier cette terre qui leur avait été léguée pour en faire le terroir d’un grand vin, probablement le plus proche de cette identité d’un vin naturel, artisanal et respectueux  des traditions ancestrales.

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Une fois encore, plutôt que de vous parler de vin à travers quelques bouteilles, je vous invite à la découverte d’une attachante aventure humaine.

Histoire

L’histoire de Pacina commence peu avant l’an mille avec un monastère qui s’établit sur cette colline proche de Castelnuovo Berardenga, au sud-est du Chianti, une colline que d’anciennes légendes attribuent comme demeure au Bacchus étrusque… Commence ainsi une longue histoire faite de vignes, d’oliviers de champs et de bois, une histoire tellement profondément liée à celle de la région. Jamais en plus de mille ans, la terre qui entoure le domaine n’a cessé de vivre au rythme d’une biodiversité naturelle et c’est dans les murs érigés sur les fondations de l’antique monastère, que,  peu après la première guerre mondiale, la première génération des Tiezzi de Pacina s’établit. Au rythme de 4 générations, cette famille va vivre presque tous les évènements qui ont déterminé, jusqu’à nos jours, l’histoire du Chianti : Ces générations verront en 1924, sous l’action des Ricasoli se créer à Radda le “Consorzio per la difesa del vino Chianti e della sua marca" qui plus tard deviendra le Consorzio Chianti Classico "Gallo Nero". Elles verront aussi, Chigi Sarracini, grand propriétaire des terres de la région et cofondateur du Consorzio, s’opposer pour des raisons politiques aux ascendants fascistes de la région  et doucement faire glisser les terres de Pacina sous l’appellation Chianti Senesi… quelques exemples parmi tant d’autres !

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Pacina verra enfin l’arrivée passionnée et passionnelle de Giovanna et Stefano  en 1992. J’utilise ces adjectifs-là intentionnellement, parce qu’on peut vraiment parler, avec ce couple, d’un véritable coup de foudre, à la fois humain et terrien… A peine se sont-ils rencontrés qu’ils décident d’emblée de prendre le relais familial au domaine, et si, jusqu’en 2001, Stefano travaillera à l’extérieur, d’abord, jusqu’en 1997, comme gestionnaire à San Felice,  un splendide projet d’agriturismo voisin, puis comme directeur à Volpaia, il ne sera jamais avare d’heures supplémentaires pour Pacina.

Très vite, l’idée de produire un grand Sangiovese traditionnel devient une obsession pour le couple, et pour marquer cette dynamique nouvelle, en 1995, l’étiquette actuelle de « Pacina » voit le jour. Petit à petit, les efforts conjugués portent fruit et, suite à de multiples reconnaissances, dès 2009, plus une seule goutte de vin n’est vendue en vrac, l’entièreté de la production devenant ainsi pour la première fois liée intrinsèquement au nom du domaine. Motivés sans concessions par leur projet, ils finiront par décider en 2009 que toute forme de compromis avec l’appellation « Chianti Colli Senesi » ne vaut aucunement de pervertir la nature du vin qu’ils produisent ou encore de subir en permanence les frustrations d’une administration qui cible avec beaucoup de subjectivité les producteurs connus pour minimiser l’usage du soufre. Ils opteront dès lors pour l’IGT.

Parallèlement, ils n’auront eu de cesse de raffermir les liens avec ceux de leurs collègues toscans qui partagent leur vision, comme leur voisine Giovanna Morganti de Podere le Boncie, ou plus largement avec l’association Vinatur dont ils sont membres actifs.

Quelque part, dans cette vallée proche de Sienne, un vent de liberté s’est levé !

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Situation

Située à 300 mètres d’altitude moyenne face aux « Crete Senesi », la colline de Pacina s’appuie contre les montagnes du Chianti, qui la protège des vents du Nord. Elle a vu de nombreuses fois pendant la préhistoire la mer submerger ses terres, leur procurant une assise argilo-sablonneuse mêlée de cailloux, assez différente des terres plus au nord, nettement plus rocailleuses. Sur la couche superficielle, le sable et les sédiments marins sont ainsi omniprésents, rendant les sols plus faciles à travailler et aussi plus résistants aux maladies. Mais, plus principalement, la grande perméabilité de cette couche sablonneuse rend le sol plus résistant à l’érosion et permet aux racines de rapidement atteindre la couche inférieure plus argileuse qui sert de réservoir d’eau, particulièrement pendant les années sèches. Ce sable très compact, appelé « Tufo » dans la région sert en autres de piste de course aux chevaux lors du Palio dans la Sienne toute proche, mais sa force de cohésion lui permet aussi d’y creuser des caves importantes, comme c’est le cas à Pacina.

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Située à 60 kilomètres de la mer à vol d’oiseau, les pentes exposées au Sud bénéficient d’une forte luminosité, tout en étant protégées des autres influences maritimes, comme les vents humides, par le Mont Amiata et ses montagnes environnantes. Cette situation inchangée au cours des derniers millénaires a permis à un véritable microclimat de s’installer et de permettre à de nombreuses espèces végétales et animales de s’y complaire, favorisant ainsi, depuis aussi longtemps, l’intérêt de l’homme pour cette biodiversité foisonnante. Giovanna et Stefano intègrent totalement leur travail dans le respect de ce biotope : sur les 65 hectares de propriétés, 10 sont voués à la vigne, 8 aux oliviers, d’autres parcelles plus petites permettant la production de pois chiches ou de riz, alternativement. Une très grande partie des terres est donc laissé, en toute liberté, à cette nature foisonnante et diverse, ce qui a pour première conséquence de détourner les insectes d’une vigne qui, sans cela, serait leur unique cible. Reste, dans un espace ouvert comme cela, l’éternel problème des sangliers et des cervidés… A ce sujet, Stefano avoue avoir toujours résisté à se protéger mécaniquement, rien que par respect pour cette nature, mais il pense bien ne pas pouvoir le faire encore de nombreuses années, tant le problème devient croissant avec les années.

Il ne faut pas être spécialiste pour se rendre compte de la réalité de cet « ’équilibre du vivant » omniprésent à Pacina, une preuve récente en étant l’invasion récente de milliers de papillons blancs qui avaient choisi sélectivement le domaine comme lieu de villégiature…

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Viticulture

Si le Sangiovese est aujourd’hui  le plus planté au domaine, Stefano a toujours voulu que soient bien présents dans ses vins, les autres cépages historiques de la région, soit, le Canaiolo, le Cillegiolo, le Trebbiano et la Malvoisie. Seul le Colorino n’a pas été repris ou conservé, de par son manque d’adaptation aux sols sablonneux. A cet encépagement autochtone, Stefano a ajouté de la syrah pour en faire un vin séparé et cela une raison bien précise que nous expliquerons dans la partie réservée à la cave. La moyenne d’âge des vignes est de 40 ans. Les différentes parcelles sont interpénétrantes et il n’est pas rare de voir différents cépages coexister sur un même rang. A ce titre, le domaine ne vendange et ne vinifie distinctement ces cépages que depuis 1987, la tradition ancestrale étant, auparavant, de travailler dans un esprit de vinification globale. Stefano mène le travail des vignes seul avec son épouse et ses enfants, n’élargissant l’équipe que pendant les vendanges, mais toujours avec la même équipe locale avec de conserver le maximum d’expérience.

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Les sols sont labourés à raison d’un rang sur deux, mais la fréquence de labour peut dépasser largement une année, si la nécessité ne s’en fait pas sentir. Côté sélections, massales et clonales se côtoient selon l’âge des vignes. Si, pour replanter des vignes, Stefano a toujours tenté d’opter pour les sélections massales, voyant en leur concurrentes des plants qui n’ont pas évolué avec, entre autres, le réchauffement climatique, il a conscience du risque de travailler uniquement en sélection massale, principalement en ce qui concerne la fragilité aux maladies. C’est pourquoi, il a entamé récemment un processus visant à repartir des sélections massales les plus vigoureuses et les plus intéressantes en termes qualitatifs pour cloner ces dernières. Parallèlement, depuis l’arrivée du couple au domaine, un effort particulier a été fait pour arracher les parcelles les plus basses et ainsi favoriser  au maximum dans les vins les raisins issus de celles sises à 300 mètres d’altitude, soit les plus proches de la cave. Ces démarches n’étonneront que peu le visiteur averti tant il est clair que dans son obsession de faire le meilleur possible, le couple se veut en effet toujours mêler l’expérience de la tradition agricole aux connaissances obtenues par les développements de la science, d’abord pour comprendre, ensuite pour améliorer, si la nécessité s’en fait sentir, l’objectif final étant d’obtenir un grand vin bio. A ce titre, il est évident qu’il ne sera jamais question d’utiliser tout matériel phytosanitaire industriel, ce n’est pas à cette science-là que Stefano fait allusion. Comme beaucoup de ses amis et compagnons de route, il est d’ailleurs persuadé que l’équilibre dans la biodiversité rend les vignes plus résistantes et permettent ainsi de minimiser les interventions, tout comme en cave, quand l’état du raisin est bon.

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Ce travail s’inscrit aussi totalement dans le principe du développement durable, soit, comme le dit Stefano, « dans le but de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins ». Revenons au travail des rangs : pendant la croissance des baies, l’accent est mis sur l’éclaircissement du feuillage, afin de permettre à la peau de celle-ci de s’épaissir, ce qui aura pour effet de les rendre plus résistantes ensuite, mais dès la véraison, la couverture foliaire est nettement augmentée afin de protéger les grappes du soleil. Tout comme le reste des travaux, les vendanges sont manuelles, les vignes étant proches de la cave, le risque de dommage lié au transport étant ainsi minimisé. Tout cela pour en arriver finalement à des rendements de 5 tonnes de fruit à l’hectare, soit approximativement 35hl/ha.

Vinification

La vinification se fait en général avec un schéma assez classique, où la macération et la fermentation alcoolique se font dans de grandes cuves en béton émaillé, toujours uniquement en présence de levures indigènes. Selon la nécessité, les moûts peuvent être transférés en cuve d’acier en début de fermentation si les températures ont tendance à être excessives ou inversement, en fin de fermentation, pour soutenir inversement le processus. Mais, généralement, si Stefano peut se passer de l’acier, il le fera, surtout pour la cuvée « Pacina ». Si en fonction des cuvées, macération et fermentation alcooliques varient entre deux à 6 semaines, dans les années difficiles comme 2012, on laisse le moût plus longtemps à fermenter dans les cuves en béton, 10 mois en l’occurrence dans ce dernier cas.

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La fermentation malolactique peut se faire selon les cuvées dans les mêmes cuves en béton, en cuves d’acier ou encore en foudre. De même, la destination finale du vin, justifiera ou non un élevage en bois dans des foudres de Slavonie ou en barriques de 3 ans, ainsi qu’une période plus ou moins longue d’affinage en bouteille, le but étant de vendre le vin dans sa meilleure condition. Durant l’entièreté de ces processus, le vin est contrôlé avec tous les moyens que les connaissances modernes permettent, ce qui ne sous-entend pas une volonté d’interventionnisme, au contraire, tout particulièrement pour ce qui est de l’usage du soufre qui sera soit minime, soit nul. En général, le soufre libre dépasse rarement 8-9 mg/l et le soufre total, 25 mg/l, ce dernier étant abaissé dans certains millésimes à 10 mg/l. Comme déjà explicité plus haut, cette volonté de minimiser le soufre a amené le domaine à sortir à partir de 2009 de l’appellation Chianti Senesi pour aller vers l’IGT Toscana, évitant ainsi toute frustration de se voir refuser un vin sanitairement parfait parce qu’il n’a pas été « suffisamment » soufré, et lui permettant ainsi de conserver pleinement ses caractéristiques naturelles, l’idée centrale des vinifications restant que si les raisins sont rentrés dans le meilleur état à la fois sanitaire et de maturité, il n’y aura pas lieu d’intervenir de quelque manière que ce soit. Toujours dans le même état d’esprit, les vins ne sont ni clarifiés, ni filtrés.

Une particularité du travail dans la cave à Pacina, par contre, est d’utiliser les différentes cuvées « secondaires »,  afin de permettre à la cuvée « Pacina » d’être la  meilleure possible qualitativement. Dans cette optique la cuvée syrah est élevée dans les barriques neuves afin d’adoucir celles-ci et de les préparer idéalement à recevoir ultérieurement l’élevage de la cuvée éponyme du domaine. La cuvée de rosé « Rosa di Pacina » va, quant à elle,  prélever les jus de saignée lors des premières heures de macération pour concentrer l’extrait sec dans cette même cuvée « Pacina ». Autre exemple, si le Cillegiolo est utilisé à raison de 20% comme activateur de fermentation dans la cuvée à base de syrah, ce sont bien ses propriétés intrinsèques qui sont utilisées pour affiner, adoucir le caractère plus dur du Sangiovese, alors que le Canaiolo, lui, apportera de la complexité par ses tanins plus aromatiques. La cuvée « Secondo » permet enfin de séparer de la cuvée Pacina, les raisins issus des vignes les plus jeunes ou moins qualitatives. Il faut encore noter, à côté de tout cela, que, dans le même esprit que la cuvée « Pacina », depuis 2011, Giovanna et Stefano proposent la cuvée « Villa Pacina » qui, en plus de poursuivre les objectifs de la cuvée éponyme, est issue d’une sélection des meilleur grains et d’une absence totale de sulfites ajoutés, une forme ultime dans le cheminement philosophique du domaine. Cette cuvée ne sera produite que dans les meilleurs millésimes.

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Les niveaux les plus profonds de la cave sont réservés soit à l’affinage en bouteille, soit à l’élevage en foudre ou en barriques, la structure naturelle des murs en Tufo amalgamé permettant une grande inertie des températures.

Vins

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Villa Pacina

Appellation : IGT Toscana
Caractéristique : vin créé en 2011 et issu d’une sélection des meilleurs raisins et totalement vinifié en l’absence de sulfites ajoutés ; produit uniquement dans les années exceptionnelles.
Surface d’origine des vignes : 10 hectares Terroir : Tufo de Sienne (argilo-sablonneux)
Rendement : 30 hl/ ha (40 quintals/ha)
Cépages :  Sangiovese 97%, Canaiolo er Cillegiolo 3%
Vinification : Macération (+- 8 semaines), fermentations et élevage (12 mois) en cuve de béton émaillé ; affinement en bouteilles de minimum 3 mois.
Production : 4000 bouteilles (2011)

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Pacina

Appellation : IGT Toscana (DOC Chianti Colli Senesi jusqu’en 2011)
Surface d’origine des vignes : 10 hectares
Terroir : Tufo de Sienne (argilo-sablonneux)
Rendement : 35 hl/ ha (50 quintals/ha)
Cépages (assemblage moyen) : Sangiovese 97%, Canaiolo et Cillegiolo 3%
Vinification : Macération (+- 7 semaines) et fermentations en cuve de étont émaillé ; élevage de 14 mois en foudres de 500 litres ou en barriques en chêne de l’Allier de 17 à 25 hl et de  trois ans ou plus. Affinage d’un an minimum en bouteille.
Production : 22.500 bouteilles (2008)

 

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Il Secondo di Pacina

Appellation : IGT Toscana
Caractéristique : vin issu majoritairement  des jeunes vignes du domaine
Surface d’origine des vignes : 10 hectares
Terroir : Tufo de Sienne (argilo-sablonneux)
Rendement : 35 hl/ ha (50 quintals/ha)
Cépages (assemblage moyen) : Sangiovese 97%, Canaiolo et Cillegiolo 3%
Vinification : Macération (+- 7 semaines) et fermentation alcoolique en cuve de béton émaillé ; fermentation malolactique en cuve d’acier puis retour en cuves de béton pour un an d’élevage ; commercialisation dès la mise.
Production : 13.000 bouteilles (2011)

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La Rosa di Pacina

Appellation : IGT Toscana
Caractéristique : vin servant à la concentration en extrait sec de la cuvée Pacina
Surface d’origine des vignes : 10 hectares Terroir : Tufo de Sienne (argilo-sablonneux)
Rendement : 35 hl/ ha (50 quintals/ha)
Cépages : Sangiovese 100 %
Vinification : Vin de presse naturelle issu de la saignée des raisins de la cuvée Pacina lors des 4 premières heures de macération ;  fermentation alcoolique en cuve inox suivi de la malolactique et de l’élevage en foudre de 500 litres ; commercialisation dès la mise.
Production : 3.000 bouteilles (2011)

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La Malena Pacina

Appellation : IGT Toscana
Caractéristique : vin permettant de vieillir les fûts les plus jeunes mais produit avec l’optque d’en faire un vin de garde.
Surface d’origine des vignes : 30 ares
Terroir : Tufo de Sienne (argilo-sablonneux)
Rendement : 35 hl/ ha (50 quintals/ha)
Cépages : Syrah 80%, Cillegiolo 20%
Vinification : Macération (+- 7 semaines) et fermentation alcoolique en cuve de béton émaillé ; fermentation malolactique et élevage de 12 mois en barriques neuves ou de un/deux ans suivi d’un affinement en bouteilles de minimum 3 mois.
Production : 2000 bouteilles (2008)

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Cillegiolo

Appellation : IGT Toscana
Caractéristique : vin issu de vignes étant arrivée à maturité fortement avant les autres
Surface d’origine des vignes : Parcelle basse du domaine dite « Fontina » plantée en 2005
Terroir : Tufo de Sienne (argilo-sablonneux)
Rendement : 35 hl/ ha (50 quintals/ha)
Cépages : Cillegiolo 100%
Vinification : Macération et fermentation alcoolique en cuve d’acier, fermentation malolactique et élevage en foudre de 400 litres
Production : 500 bouteilles (2013)

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La Sorpresa

Appellation : Vino di Tavola Bianco Dolce
Caractéristique : vin de type Vin Santo
Surface d’origine des vignes : 35 ares
Terroir : Tufo de Sienne (argilo-sablonneux)
Rendement : 35 hl/ ha (50 quintals/ha)
Cépages : Trebbiano Toscano, Malvasia del Chianti 50/50

Vinification : Assèchement (Appassimento) de 3 mois sur claies, fermentation naturelle lente de 5 ans en petits tonnelets de châtaignier ou de chêne de 50 à 80 litres (Caratelli).
Production : 600 bouteilles de 375 ml (2006)

Le domaine produit aussi selon les millésimes quelques blancs, dont, actuellement, une nouvelle cuvée est encours d’élevage en barriques de châtaignier, avec une volonté d’en faire un vin proche des cuvées ouillées d’Overnoy, en Jura… A suivre, évidemment.

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Dégustation

Ces notes se basent sur la dégustation faite au domaine ainsi qu’à Bruxelles, au Studio 126

La Rosa Pacina 2012

Si prélever les premiers jus lors de la macération ‘est pas totalement inhabituel, rarement, toutefois, le résultat est une robe aussi soutenue et prometteuse. Promesses largement tenues, rien qu’aromatiquement, déjà, avec un nez puissant, et assez gourmand sans la moindre solarité pour autant. Tour de force en bouche pour proposer un tel équilibre et une telle buvabilité alors que l’acidité est tout simplement énorme. Mais c’est probablement lié à cette matière, ce fruit omniprésent et cette indéniable vinosité que de joyeux petits tanins viennent mettre en valeur. L’acidité soutenue procure du coup beaucoup de longueur à ce vin, qui si vous aimez ce qui est droit et hypertendu, vous ravira à l’apéro ou sur un choix de sushis !

Ciliegiolo 2012

Ici aussi b, la robe rouge rubis foncé annonce la couleur, il y a de la matière en vue bien que le nez soit fin, tout en retenue, avec doucement un fruit rouge bien gourmand qui se dévoile, suivi rapidement de notes d’épices et de poivre, le tout étant assez proche d’un Pineau d’Aunis. Très belle bouche équilibrée avec une acidité soutenue qui apporte énormément de fraicheur pour le millésime, un fruit très généreux, presque solaire, accompagné de notes de café, des tanins affirmés mais jamais agressifs. La longueur est intéressante, sur le fruit, rehaussée par la structure tannique. Un vin bien plus gastronomique que son cépage laisserait entendre.

La Malena Pacina 2010

Très dense, avec des fruits noirs affirmés au nez, on est ici plus sur le registre de la puissance que de la finesse, avec une trame aromatique finalement très languedocienne. Malgré un bois présent mais moins envahissant que ce que la présence de bois neuf sur de la syrah pourrait faire penser, le vin ne manque pas d’équilibre, dopé par une acidité à nouveau bien tranchante. Le fruit est toutefois, ici, moins exubérant, voire même un peu en retrait sur une finale à laquelle des notes amères confèrent plus d’austérité.

Il Secondo di Pacina 2011

Très prometteur à la robe, bien dense et au nez assez évolué mais complexe où se mêlent fruits rouges, noirs et épices, toujours aussi séduisant avec une attaque fougueuse, pleine, vivace et gourmande, à nouveau, le vin a ensuite tendance à se refermer un peu, exprimant à la fois un peu de sensations solaires et surtout une austérité plus rustique, le responsable en étant plus probablement les tanins assez serrés des jeunes vignes. Mais ces sensations rustiques ne sont pas à proprement parler dérangeantes, elles étonnent, en fait, un peu, pour un vin issu d’une région où l’on travaille de plus en plus dans le sens de la volupté. Et on se dit finalement que sur des pâtes al ragu, cette bouteille fera parfaitement l’affaire !

Pacina 2009

Très net changement de cap, ici, par rapport au vin précédent. D’emblée, c’est la finesse complexe qui parle. Si on retrouve au nez le trio fruits rouges, noirs et épices, c’est réellement ici avec une splendide légèreté, rehaussée de sensations réellement minérales. La bouche est irréprochable mêlant équilibre, fraicheur et réel plaisir, la superbe intégration des tanins donnant à la fois du soyeux et une buvabilité imparable, tout en restant clairement sur un vin plein de classe, de matière, avec un caractère gastronomique indéniable. Tout simplement un vin superbe pour un « passage en IGT » somptueux !

Pacina 2008

On retrouve ici la trame aromatique et la complexité du 2009, mais avec un côté tantôt plus fermé, tantôt plus sauvage et rustique. Toujours parfaitement équilibré, soutenu par une belle acidité, à nouveau, c’est du côté des tanins que les choses se font ici un peu plus austères. Mais la longueur très prometteuse, un peu de temps et un plat plus soutenu feront dans quelques années de ce vin un excellent compagnon de table.

Villa Pacina 2011

J’avoue être passé un peu « à côté » de ce vin quand je l’ai une première fois dégusté au domaine, probablement distrait par une discussion à la fois passionnée et un état de fatigue avancé, fruit d’une lutte sanguinaire avec  des moustiques d’une rare voracité nocturne. J’avoue aussi, avant d’ouvrir cette nouvelle bouteille, m’être interrogé sur le côté « plus mieux » de la cuvée, tant on a pu comprendre que pour Stefano et Giovanna, la cuvée Pacina représentait déjà, en tant que tel, un idéal absolu. Mais… quand on va à la rencontre de ce vin, on comprend assez vite que le couple n’a pu résister à isoler des raisins d’une indéniable qualité. Malgré un côté encore jeune, presqu’animal, on ressent une indéniable concentration rien que par la complexité aromatique du nez, des notes florales venant se mêler au fruit, aux épices et aux sensations réellement pierreuses, terriennes. Mais le plus surprenant, c’est cette inouïe intégration des… 15,5° embarqués ! En bouche, on retrouve toutes les composantes du Pacina 2009, avec chaque élément plus en puissance, tout particulièrement l’acidité et la structure tannique, n’oublions pas qu’on est, ici, encore face à un bébé qui ne demande que de s’époumoner. La longue finale, le fruit énorme, les épices envoutants font de ce vin un futur incontournable, le temps permettant certainement d’assagir un sucre qui montre un peu encore son nez avec l’évolution en fond de verre. A placer, dans 5 ans, sur une pièce charolaise ou florentine !

La Sorpresa 2007

Annoncé officiellement en vin de dessert et « Vin Santo » dans l’esprit, on se rend assez vite compte, rien qu’en observant la densité de ce vin en le servant, qu’on est pas ici sur ce genre de Vin Santo de grande surface made in Frescobaldi, mais bien sur une énorme matière sucrée avec un fruit totalement colossal. Ceux qui aiment tremper leur cantucci dans ce genre de vin se réjouiront de cette concentration voluptueuse jamais amère. Ceux à qui 200 grammes de résiduel font trembler les hépatocytes se concentreront sur le reste de la gamme. Probablement qu’une véritable éducation toscane est nécessaire pour pleinement comprendre ce vin….

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Conclusion

Difficile de ne pas craquer pour « Pacina », ses vins et les formidables personnalités qui sont derrière, à la fois pour leur gentillesse, leur simplicité, leur volonté de partager leurs expériences, leurs mines si réjouies quand on parle de leur vins, mais surtout pour cette incroyable obstination, contre vents et marées des modes toscanes, à produire un vin tellement proche des racines historiques de cette terre millénaire dont il est issu, tellement libre de tout système administratif qui par sa rigidité va jusqu’à empêcher ce genre d’héritage.

Des racines, de la liberté… l’aventure humaine n’est pas prête de s’éteindre…

Coordonnées

Giovanna Tiezzi & Stefano Borsa
Pacina Società Agricola Semplice
Loc.Pacina, 7 53019 Castelnuovo Berardenga Siena-Italia
TEL :  0577/352040
FAX : 0577/352040
Mail: pacinatiezzi@gmail.com

Web :
www.pacina.it  

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